AU LECTEUR
Toute l'inspiration de ces poésies de jeunesse, nous est venue en fesant usage de quelques heures de loisir employées à la réflexion.
Les faits, les événements de la vie humaine, ses douleurs ou ses joies ont été successivement les sujets de nos méditations : heureux, si pour peindre ces scènes parfois émouvantes, nous avions pu disposer de meilleurs pinceaux.
Ce sont donc des pièces publiées sans prétention aucune de- la part de l'auteur, qui volontiers s'écrierait, — quoiqu'avec infiniment moins d'autorité qu'un po'éte célèbre de nos jours, — Alfred de Musset :
« Ce livrent toute ma jeunesse ; Je l'ai fait sans presque y songer.
Il y paraît, je le confesse.
Et j'aurais pu le corriger.
Mais quand l'homme change sans cesse, Au passé pourquoi rien changer ?
Va-t-en pauvre oiseaU passager, Que Dieu te mène à ton adresse !
Oui que tu sois qui me liras,
Lis-en le plus que tu pourras,
Et ne me condamne qu'en somme.
Mes premiers vers sont d'un enfant,
Les seconds d'un adolescent,
Les derniers seront-ils d'un homme * ?
Si l'on nous reprochait de ne pas avoir suivi ce conseil d'Horace : gardez neuf ans votre ouvrage avant de le publier:
Si quid tamen olim
Scripseris, in Metii descendat judicis aures,
Et patris, et nostras, nonumque premahcr in annum
Ars Poctica, v., 386 etc.,
nous repondrions, que place dans la double alternative d'avoir à désobéir ou au poète latin, ou bien aux
L auteur avait dit: Us derniers à 'peine d: un //omw(?, car c'est presqu'en inournnl, ot suivant r|u'il semble vouloir le lairu entendre, pour ainsi dire défuillanl, «lu'il a composé ce sonnet.