‹ Essai critique sur l'esthétique de KantChapitre 110 sur 118 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Méthode d'exposition. La Dialectique reprend les questions traitées par l'Analytique en arrivant à des conclusions différentes, et dans cette Analytique est insérée la déduction des jugements esthétiques, — Aucun progrès dans l’exposition., — La méthode d'exposition de la Critique du Jugement est imitée de toutes pièces de celle des deux Critiques antérieures : lettre du 18 décembre à RENOM ET CNRC CR TPE

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IT. Méthode de técouverte. Pour Kant c’est @ priori qu'il faut rechercher les principes & priori du sentir, aussi bien que du connaitre et du vouloir. Méthode dogmatique : € après avoir chassé la spéculation par pur concept par la porte de devant, Kant l’a fait rentrer par une porte de derrière. » Théorie de Kuno Fischer et de Bona Meyer : la méthode de découverte des trois Critiques est inductive, a posteriori, introspective. — Les deux grandes questions de la Critique : l’affirmation de l'existence d'éléments & priori de la connaissance et la possibilité de l'application de ces éléments a priori aux objets d'expérience. Pour toutes deux, Kant n’emprunte rien à l'observation interne, mais procéde dogmatiquement. La méthode kantienne est la méthode mathématique : elle part de données dont elle ne discute pas la possibilité, et en tire, par voie déductive, tout ce qu’elles con-

tiennent. — Pour la Critique du Jugement Kant procède par raisonnement 4%alogique : « on peut supposer par analogie » que le Jugement contient aussi, pour lui-même, un principe & priori législatif pour le sentiment du plaisir et de NO PME M EE PS OS RC RC

II. Méthode proprement dite. Problème général des trois Critiques : comment des jugements synthétiques a priori sont-ils possibles? — Question préalable : peut-il y avoir des connaissances a priori? Trois essais de démonstration : 1° L'expérience ne donnant jamais à ses jugements une nécessité absolue et une univetrsalité rigoureuse, et les mathématiques et la physique supposant cette nécessité et cette universalité, toutes nos connaissances ne peuvent pas être empruntées à l'expérience. — Reponse : Kant n’a pas démontré que les propositions mathématiques ne sont pas dues, en fait, à des inductions primitives. 2° L’impossibilité de la non-conception de certains concepts. — Réponse : l'impossibilité de la non-conception vaut aussi bien pour les concepts @ posteriori que pour les concepts @ priori. 30 Sans les concepts & priori l'expérience elle-même serait impossible. — Réponse: Kant, comme Aristote et Descartes, admet, qu'au début de toute connaissance, il y à des éléments premiers etirréductibles qui ne peuvent pas être tirés d’un connu antérieur, et qui s'imposent nécessairement à tout esprit humain. Nous sommes donc ramenés à la seconde démonstration. Kant, comme tous les philosophes, d'ailleurs, est obligé de partir de postulats, mais il aurait dû en faire l’aveu. . ,

IV. Le problème du Beau ramené à la question de savoir comment sont possibles des jugements synthétiques & priori esthétiques. — Il serait ridicule d'appeler une chose belle parce qu’elle nous plait à nous. Faiblesse de cet argument. L'universalité et la nécessité sont beaucoup moins probables et beaucoup moins indispensables en matière de Beau, — en matière de sentiment, — qu'en matière de science et en matière de morale, — Alchimie de Kant. . . , . .. . ..

V. Rapports de l'esthétique de Kant avec l'esthétique de Leibnitz et l'esthétique des Anglais. — Contrairement à l'opinion de Kuno Fischer, ce n’est pas le caractère subjectif de la théorie du Beau de Kant qui la différencie de celle de ses prédécesseurs, — Combinaison de la théorie de Leibnitz et de la théorie de Burke : 1° Le Beau n’est pas une connaissance confuse du parfait, mais c’est un sentiment. Le Beau n’est pas une sensation, mais un sentiment qui est ex même temps un connaître. 2e Les jugements esthétiques sont universels et nécessaires, mais leur -universalité et leur nécessité ne dérivent pas de concepts. Les jugements esthétiques sont identiques chez tous les hommes, mais cette identité ne provient pas de l’organisation identique de la sensibilité humaine, mais bien de l’organisation identique, chez tous les hommes, de la faculté de juger . . , . , .

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