‹ Essai critique sur l'esthétique de KantChapitre 116 sur 118 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Kant a été plus sensible à la beauté de la nature qu’à la beauté de l’art : l’intérèt pris à celle-là révèle toujours le signe d’une belle âme, . ...,.. ...

I. Théorie Kantienne de l'art. — Le génie, faculté des idées esthétiques. Division des arts en arts parlants, arts figuratifs, arts de produire « un beau jeu de sensations », d’après les moyens d'expression des hommes. — Objections : 4° La théorie de l’art ne se rattache pas à la théorie Kantienne du Beau : si Kant avait été conséquent, il aurait déclaré que l’art ne fait pas partie du Beau. — 2° Dans la théorie du génie, celui-ci n'aurait pas dû être expliqué par un « heureux rapport » de l'imagination et de l’entendement, mais de l'imagination et de la raison. — 3° Le principe de division des arts est inadmissible : il fait correspondre au geste non seulement la mimique, mais encore le coloris. — Faiblesse de la théorie Kantienne de l’art : il faut reprendre la question. . . . , .

II. Origine et nature de l'art. — Théories d’Aristote, de Hegel. — Il faut, là comme ailleurs, procéder non @ priori, mais psychologiquement, et remonter jusqu'aux origines de l'instinct artistique, — Loi générale : tout sentiment fort demande à se dépenser en mouvements. — Mouvements eæpressifs incoloutaires : lu mimique. Les trois principes de Darwin. Le principe d'association de Lehmann. — Mouvements expressifs volontaires : 1° Le langage : à l'origine, les mots étaient des manifestations expressives de sentiments, et non d'idées générales. — Les mots primitifs avaient tous un sens imagé. 2° Les mouvements expressifs de jeu : les mouvements de jeu ne sont pas exécutés en vue de fonctions vitales importantes,

mais uniquement pour le plaisir de l’activité elle-même. — La danse : mère de tous les arts. — Jeux des animaux, des enfants, des adultes. Le jeu d'esprit. . . III. Mouvements expressifs de l’art, — L'art est avant tout un mouvement

expressif d’une émotion, il est un langage, un jeu, et un jeu d'imitation, Mais il est encore quelque chose de plus. — Facultés de l'artiste : une émotivité supérieure à celle de la moyenne, hyperesthésie de la sensibilité, — L'émotion que l'artiste exprime est une émotion sympathique : le peintre sympathise avec la lumière et la forme, le musicien avec le son, ete. Quand cette émotion sympathique se traduit en mouvements, intervient l'instinct d'imitation : lois de l’imitation de M. Tarde. — Limitation est encore une résultante de la sympathie, — Les mouvements d'imitation, dus à des émotions sympathiques, sont des mouvements de jeu : l'art est né de l’utile, mais il ne devient vraiment art que quand il ne vise plus exclusivement le besoin. . . . . . . . ..

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IV. Les mouvements de l’art étant des mouvements d'imitation, de jeu, jaillis d’une émotion sympathique, sont encore quelque chose de plus. Quoi ? — Il faut qu'à l’émotivité de l'artiste s'ajoute une faculté nouvelle, l'imagination. — Théorie Kantienne : l'imagination productive est, elle aussi, sensible et @ postesiort. Il n'y à pas d'imagination a prioritique. — L'image est un écho affaibli de la sensation : la rêverie, le rêve, l’'hallucination, la folie. — Les différents types de l'imagination : le #ype abstrait et concret, le type visuel, auditif et moteur. — L'artiste est un homme chez lequel un de ces trois types, ou deux d’entre eux, ou tous les trois à la fois sont développés exceptionnellement. — L'imagination imitative.— Théorie de Taine : les rapports et les dépendances mutuelles des parties, le caractère essentiel de l'objet, la swbordination des caractères, degré d'impor-

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