‹ Essai d'analyse grammaticales suivant les principes de l'abbé Girard [microforme]Chapitre 38 sur 58 · Bi Le Telli l'accord du · texte numérisé non relu

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bien que, et décide que le verbe doit s’accorder avec le pre. mier, parce que c’est ce substantif qui fixe particulièrement l’attention, qui joue le principal rôle.

En suivant les principes de l'abbé Girard, je trouve que le roi est le seul subjectif de la phrase; et que le groupe de mots aussi bien que ses ministres, est un circonstantiel composé par régime. Pour le prouver j'analyse ce circonstanciel de la manière suivante.

L’adverbe de manière bien, autour duquel sont groupés les autres mots de ce membre de phrase, peut, étant seul, former un circonstanciel simple. Æx. Le roi veut bien la paix, Dans ce circonstanciel composé, l’adverbe bien est élevé au degré de comparaison par l'adverbe de comparaison avec égalité aussi. La conjanction conductive que, conduit le sens de la comparaison entre ses termes, qui sont le roi et ses ministres.

La netteté du sens décide de la place que doit occuper le circonstanciel composé. Plaçons différemment ce circonstanciel pour voir si la phrase offrira toujours le mêine sens. Aussi bien que ses ministres, le roi veut lu paix : le roi veut

| la paix aussi bien que ses ministres : le roi veut uussi bien la

paix que ses ministres. Prenons un temps composé du verbe et disons : le roi aurait aussi bien voulu la paix que ses mi. nistres. Le sujet d’une phrase ne peut certainement pas ainsi changer de place et se diviser sans en altérer le sens.

Duvivier, en disant que le premier substantif joue le principal rôle, semble vouloir indiquer que c'est le subjectif. Les deux virgules entre lesquelles cette partie de la phrase est placée, confirnent mes observations. D’où je conclus que la phrase que je viens d’analyser n’a qu’un seul subjectif exprimé par les mots le roi, et que les mots aussi bien que ses ministres, forment un circonstanciel qui modifie lattributif veuf en exprimant une parité ou égalité entre la

L volonté du roi et celle de ses ministres, en faveur de la paix.

En conséquence je place ainsi mes signes analytiques : I. Le roi V. aussi bien que ses ministres, II. veut III. {a

M paix : ph. 3, 5, 8, 10.

87. Biens, dignités, honneurs, tout disparaît à la mort. Le Tellier, dans sa grammaire, page 146, en parlant de l'accord du verbe avec son sujet, dit : ‘* on met le verbe

au singulier, malgré les pluriels qui précèdent, lorsqu'il y a une expression qui réuuit tous les substantifs en un seul”, et explique ainsi pourquoi dans la phrase précédente le verbe disparait est au singulier. Cette explication répand une espèce d'ombre mystérieuse sur le subjectif de cette phrase : on se demande pourquoi plusieurs substantifs au pluriel n’exigent pas que l'attributif, ou le verbe, soit au pluriel. Ce mystère n’existe pas dans le système analytique de l'abbé Girard. L’auteur de cette phrase, vivement ému par la vérité esprimée par ces mots, tout disparait à la mort, veut la faire passer dans l’esprit de ceux à quiil s’addresse, en la faisant porter parculièrement sur quelques espèces de pertes qu’il a spécialement en vue. Pendant le feu de la composition, il laisse échaper ces mots, biens, dignités, honneurs, qui appuient plus fortement sur sa pensée, et qui tous trois forment un adjonctif composé par jonctidn. L’adjonctif, ainsi que le circonstanciel composé, est en régime libre, et peut par conséquent se placer partout où la clarté du sens le permet. Mais par malheur, en ce cas, il est placé avant le vrai subjectif de la phrase tout, et voilà toutes nos anciennes méthodes en défaut, parce qu’elles ne donnent qu’une idée bien imparfaite de ce que l’on nomme adjonctif. Plaçons autrement cet adjonctif, et disons : à {a mort tout disparait, biens, dignités, honneurs ; ou, biens, dignités, honneurs, à la mort tout disparait ; et l’on a la même pensée exprimée par les mêmes mots sans altération du sens.

Il ne me reste plus qu’à placer ici mes signes analytiques.

VII. Biens, dignités, honneurs, I. tout II. disparait V. à la mort.

88. I. L’ambitieux II. sacrifie XII. tout IV. à la fortune: ph. 3. 5. 8 10. ;

Un savant visiteur de l'école des Glacis, voulant s’assurer si un des élèves de cette institution, qui venait d’analyser ainsi cette phrase, comprenait bien ce qu'il disait, la changea en la mauière suivante :

C'est à la fortune que sacrifie l’ambitieux.

L'élève dit, sans hésiter : Monsieur, vous en avez fait

deux p l’attrib conde et lem On v qu’il ne E« effet rement 4 le voit c Rema seconde, et qu’ent que celle première quons en d aucune D'où je comme «« sur {a cho ciant à sa bien dire comme q!

l'ambitieu:

bien habill IT, Voi.

Les di mot voilà :

prépositior tive, Mai est compos Dans l’exer verbe est impératif, plicite, par à la second mais On m ‘adresse le Cation encor Phrase au E

il y ul”, tele and ette fs au it au ique ment ‘ait à qui il iques ndant biens, ur sa sé par

deux phrases : dans la première c’ est le subjectif, est est l'attributif, à da fortune est le terminatif ; et dans la seconde phrase, que est le conjonctif, sacrifie est l’attributif, et l’embilieux est le subjectif.

On voit que l’élève s’attachait fortement au sens, puise qu’il ne fut pas trompé par la place qu'occupait le subjectif. Eu effet, dans la forme expositive, le sujet se place ordinairement avant le verbe, et l’objet se place après, comme on le voit dans la première phrase.

Remarquons, dans la première phrase comme dans la seconde, que les mots à la fortune forment un terminatif ; et qu'entre ces deux phrases il n’y a de différence matérielle que celle qui provient de l’absence de tout, objectif de la première phrase, qui est omis dans la seconde, Reinare quons encors que €” ou ce, pronom indéfini, ne se rapportant à aucune chose particulière, n’est ici qu’un subjectif indéfini, D'où je conclus que les mots c’est et que ne figurent que comme adjonctif, je veux dire pour appuyer plus fortement sur la chose énoncée par le terminatif, Ainsi, em dppréciant à sa juste valeur le sens de cette phrase, je puis très bien dire dans Ja pratique ; c’est, que, gallicisme, c’est comme qui dirait: à [a fortune sacrifie ’ambilieux ; ou l'ambitieux sacrifie à la fortune,

89. [. Le papillon IL. n'est VI. qu’ IL. une chenille bien habillée : ph. 2. 5.8. 10.

IT, oi. IV. là LIL. Le petit-maitre : ph. 2.4, 8 et 9, 10.

Les dictionnnaires ne sont pas d'accord sur l’espèce du mot voila : lee uns en fout uu adverbe, les autres en font u.: préposition, et l’abbé Girard en fait une particule exhib: tive. Mais enfin on commence à reconnaître que ce mot est composé . du verbe voir accompagné de ladverbe (a, Dans l’exemple précité on peut dire, avec Duvivier, que le verbe est à la seconde personne du singulier du mode impératif. Le signe ph. 9, indique que la phrase est implicile, parce que dans la forme impérative on supprime, à la seconde personne, le pronom qui devrait être le sujet ; mais on met en apostrophe toute dénomination à qui s'adresse le discours. On trouvera peut-être cette expli cation encore plus évidente en mettant ainsi cette dernière phrase au pluriel :

VIT, Messieurs, IL. coyez IV. là LIT. le petit-maître.

Dans toutes les occasions où l’on emploie voi-là, on ne peut pas toujours dire que le verbe voir soit à la seconde personne du singulier de l'impératif. Souvent on peut aussi bien dire que 5oi est à la première ou à la seconde personne du présent de l’indicatif. Par exemple si je dis : consultons le dictionaire que voi-là ; l'homme que voi-là te connai bien: il me semble que c'est comme si je üisais que je vois là ou que tu vois là.

Dans la pratique je dis: voi-là, gallicisme ; n’est comme qui dirait vois là ou lu vois là, suivant que l’un ou l’autre est applicable à la circonstance.

Quant à l’orthographe de cette ancienne locutiou, il est inutile d’en parler, puisque ce n’est que depuis environ trois siècles que les Français ont commencé à avoir des grammaires et des dictionaires de leur langue.

: T'out ce que nous avons dit de voi-la s'applique à voi-ci.

Pour signaler cette découverte, j’écris ces deux mots avec un liret.

On voit, par ce que nous venons de dire des troisanciennes locutions &/y a, c’est, et voi-là, que le français peut attirer toute l’attention de l’auditeur sur aucune des parties constructives de la phrase, en mettant particulièrement cette partie en évidence par lemploi judicieux d’une de ces locutions, tout aussi bien que ie latin peut Île faire avec les

terminaisons de ses noms. Je ne parle que de emploi judicieux de ces expressions, car leur retour trop fréquent retarde la marche de l'esprit et rend le discours fastidieux. Ilne me faudrait pas chercher très longtemps pour trovver de nombreux exemples de semblables {ournures adjoncuves, si je traitais de la construction oratoire. (voyez No. 72.) La Grammaire Française à l’usage des Ecoles Chrétieunes, donne l’annalyse des quatre phrases suivantes, dans un chapitre intitulé DE A CONSTRUCTION.

Je les annalyse suivant ma méthode pour mettre le lecteur à même de comparer et de juger,

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