PÉRIODE D'INITIATION PRÉ-SCOLAIRE
PARTICULARITÉS SEXUELLES
L'une des grandes surprises de nos tests, — on l’a vu, — c’est la découverte de particularités sexuelles dans le comportement enfantin, beaucoup plus tôt qu’on ne le soupçonnait jusqu’à présent. De 3 à 4 ans, la capacité d’attention est sensiblement égale chez tous les enfants; maïs de 4 à 6 ans, les fillettes se montrent nettement supérieures. Nous pouvons donc dire que l'influence du sexe commence de se manifester psychologiquement vers la cinquième année.
Les garçonnets témoignent alors d’une supériorité visuelle dans les épreuves de dactylésie. Cette supériorité est éphémère d’ailleurs. Elle paraît infirmée même lorsque la vision est uniquement subjective et perceptive. Plus avancés pour la discrimination des couleurs, de 4 à 6 ans, les garçonnets perçoivent mieux aussi les ressemblances’. Enfin, la mémorisation kinesthésique et automatique semble meilleure chez eux. Par contre, les fillettes du même âge conçoivent plus vite l’ordre des cubes, par schématisme visuel plus précoce probablement.
1. Ces conclusions résultent des tests et analyses que le lecteur a pu juger. Segers, dans le Journ. de piych. (23% année, n°° 6 et 7), confirme notre point de vue quant à la perception des couleurs s’il émet un avis contraire pour celle des ressemblances. Il est vrai qu'il a examiné les enfants sans la distinction du sexe, qui joue un rôle. Nous nous trouverons d'accord avec Claparède, Pérez, James Sully et Queyrat. On verra plus loin que le comportement différent au point de vue du sexe, provoque des orientations différentes comme le montre l’expérience d'Odessa (Journ. psÿch., 1928, 495).
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CARACTÈRES GÉNÉRAUX
L'enfant de cet âge n’est plus l’infans, au sens latin, puisqu'il sait parler. Il parle français ou bien patois, mais l'étape préverbale est franchie. On lira avec profit, sur ce point, les études de H. Delacroix et Karl Bühler (Journ. de psych., 1926, page 597), c’est vers 4 ans que commence à se manifester l’attention disciplinée ou scolaire. Ceci montre bien que nous n’avons pas besoin, pour notre sujet, de descendre au-dessous de cet âge. Si l’enfant de 4 ans sait déjà bien se servir de ses yeux, — ce qui dépend beaucoup de l’éducation qu’on lui aura donnée, comme Marc D.…., qui, à 4 ans 3 mois, me reconnaissait, en uniforme inconnu, sur une toute petite photographie de guerre, — il est encore monoperceptif. Faute d’activité synergique suffisante, les anastomoses indispensables restant encore à créer, il perçoit, d’une manière discontinue, sans ordre dans la suite de ses percepts. La catégorisation spatiale manque encore. Pendant longtemps, et jusqu’à 4 ans d’après certaines institutrices d'école maternelle, le bambin ne peut acquérir la notion du nombre 3. Ce que nous avons remarqué dans les dessins de cet âge fait ressortir les mêmes lacunes.
Vers cette époque cependant, une synergie plus complète s'établit entre la vision et la dactylésie. Il en résulte un schématisme visuel qui se révèle dans les deux sexes. C’est ainsi que les formes sont mieux perçues que les couleurs et que, dès 6 ans, les croquis sont mieux compris que les images complètes. Nous avons souvent constaté ce fait dans les classes maternelles et enfantines. Un croquis très sommaire, au tableau noir, est tout de suite identifié s’il évoque les aspects caractéristiques d’un objet visuel ou d’un animal familier. Nous placerons donc à cette époque la genèse du schématisme sous sa première forme visuelle avec précocité féminine marquée.
L'importance de l’image mentale, base indispensable de la première élaboration psychique, est capitale chez l’enfant. M. Delacroix (Le langage et la pensée, 105, 107, 385, 388, 436) l'explique tout en formulant, à propos des opinions contradictoires de Binet, en la matière, une appréciation qui confirme
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