Ainsi donc, vous les conpaîtrez par leurs fruits
Jésus voulait former des disciples, qui, après
avoir été instruits par lui, pussent enseigner à leur tour. Aussi les avait-il comparés, dans leur vocation future, aux prophètes qui avaient été avant eux, et leur avait-il donné cette grande idée de leur ministère, qu’ils devaient être le sel de la
MATTHIEU, VIT, 15-20. 145 terre et la lumière du monde. Mais, pour que vous soyez cela, avait-il ajouté, 1l faut que les hommes voient vos bonnes œuvres, et que ce soient elles qui les disposent à glorifier votre Père qui est dans les cieux. (V, 12-16.) Il revient ici, en finissant, à cette déclaration, afin de montrer que faire étant une condition nécessaire pour enseigner (V, 19), ceux qui ne pratiquent pas ce qu'ils préchent doivent être mis au rang des faux prophètes, desquels il faut que les disciples prennent soin de se garder.
Si des gens de cette sorte se sont mêlés à leur troupe, ils ne sont pas pour cela du troupeau. Ils auraient beau se cacher sous une peau de brebis, ce sont des loups dans la bergerie, et si même ces fausses brebis imaginaient de se transformer en bergers, ce ne seraient cependant toujours encore que des loups ravissants.
Que les disciples ne consentent donc à se laisser conduire que par ceux qui y sont véritablement appelés. Les vrais et les faux prophètes se feront également connaître à eux par leurs œuvres. Comme les fruits apprennent ce que sont les arbres, ainsi les œuvres révèlent ce que sont les hommes. Jean le Baptiste avait déjà fait ce rapprochement (HI, 10); Jésus le fait à son tour. Il y revient même à plusieurs fois, tournant en quelque sorte en tous sens cette comparaison, afin de mieux inculquer aux siens la leçon qui en doit ressortir. Ceux qui persistent à mal faire sont aussi déplacés dans les
146 MATTHIEU, YVII, 45-20 %R15:429 25.
rangs des disciples, et à plus forte raison dans les rangs des prophètes, que les arbres portant des fruits mauvais le seraient dans un verger. Les mauvaises œuvres accuseront les faux prophètes, et l’on connaîtra par elles ceux à qui l’on doit refuser de s'attacher, parce que, n’observant pas ce qui est juste, ils ne sauraient avoir mission de l’enseigner
VII, 21. Où räs 6 Xfywv VII, 24. Ce n’est pas tout hompot” Kôpie, xÜpte, eicsAeüsetat me qui me dit : Seigneur ! Seieg Ty Pasthelay toy odoavüv: gneur! qui entrera dans le &NN 6 rotwvy ro 0£Amua Toù xa- royaume des cieux, mais celui TRÈS [LOU ToÙ Ev oÙpavois. qui fait la volonté de mon Père
qui est dans les cieux.
Si les disciples ne regardent pas à la marque que Jésus vient d'indiquer, ils risquent de suivre comme prophètes des gens qui n’auront pas même entrée au royaume des cieux. Et comment pourraient-ils y entrer, puisque, ne faisant pas la volonté du Père de Jésus qui est dans les cieux, ils sont au niveau des scribes et des pharisiens, desquels il a dit qu’ils n’y entreront point ? (V, 20.) La seule différence entre eux et ces faux docteurs, c’est qu'ils donnent à Jésus le nom de Seigneur, tandis que ceux-ci ne le lui donnent pas; mais s'ils ne se conforment pas à ses lois, ce n’est à qu’une hypocrisie de plus, et par conséquent aussi, qu'une raison de plus pour qu’ils soient exclus du royaume.
VIT, 22. IoxAot époÿot pot VII, 22. Plusieurs me diront en ëv dxeiyn tn Auépz Kôpte, xb- ce jour-là : Seigneur ! Seigneur
pie, où T& oG) ÔVÉMATL TpoEN- TEUGAUEV, LA TO où véuart darpovrx ÉÉEÉdROUEY, Kat TO dc dvéparTt JUVAUELS TORAGG ÉTOU GAULEY ;
23. Kat Trôte ôuoloynow adrois” Ott oÙdérore Eyrwy bac” dmoywpeire dm’ EWob où épyalé- [LEVOL Tv AvOou.iay.
n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, et en ton nom que nous avons chassé des démons, et en {on nom que nous avons fait beaucoup de prodiges ?