Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu
On a commencé de bonne heure à étudier parallèlement les quatre Évangiles. Saint Augustin en avait donné l'exemple; Gerson l’a suivi au quinzième siècle, André Osiander au seizième. À cette dernière époque, d’autres commentateurs se mirent à étudier séparément le quatrième Évangile, et ne comprirent plus que les trois premiers dans leur étude parallèle. . Calvin fut du nombre; il s’est expliqué en ces termes, en tête de son Harmonie Évangélique, sur l'utilité de la méthode qu’il a suivie : « C’est une chose hors de « doute qu’on ne peut bien et proprement exposer « l’un des trois évangélistes sinon en le conférant « avec les deux autres. Et pourtant (à cause de cela) « les bons expositeurs et bien entendus travaillent « principalement à accorder ensemble ce qi est dit « par les trois. »
Malgré le parti que Calvin a su tirer de l’étude simultanée, renfermée dans ces limites, je suis moins
frappé, je l'avoue, des avantages de cette manière d'étudier les Évangiles que de ses inconvénients. Il me serait impossible de comprendre comment, en partageant systématiquement son attention entre plusieurs écrivains, on arriverait à des résultats meilleurs qu’en l’accordant successivement tout entière à chacun d'eux. Le résultat du premier travail sera sans doute de faire ressortir, d’un livre à l’autre, les ressemblances et les différences ; le second seul mettra sur la voie du plan que chaque écrivain s’est proposé de réaliser, à supposer qu’on en puisse reconnaitre de distincts dans leurs écrits.
J’entretenais depuis longtemps ces pensées, lorsque J'en trouvai l’exposition plus complète, et par conséquent aussi la confirmation, dans le célèbre ouvrage de M. Baur sur les Évangiles canoniques. Ce savant a très bien fait voir que comme tous ceux qui écrivent Vhistoire de leur temps, les évangélistes ont dû écrire sous l'influence des circonstances au milieu desquelles ils ont vécu, en se préoccupant, plus qu’on ne semble le penser, des opinions et des intérêts des lecteurs qu'ils avaient en vue. « La première question de la « critique au sujet des Évangiles, dit M. Baur, ne
« peut donc être que celle-ci : Qu’a voulu, que s’est « proposé chaque auteur? Ce n’est qu’au moyen de « cette question qu'on peut arriver sur le terrain « ferme de la vérité historique concrète... Qu'on ose « donc s’enquérir de ce que chaque évangéliste a « d’individuel èt de particulier, et examiner avec tout « le soin dont on est capable s’il n’est vraiment,
INTRODUCTION. ÿ « amsi qu'on l’a supposé, qu’un simple narrateur « de l’histoire évangélique, où s’il nous révèle çà et « là quelque chose de lui-même, qui nous permette « de regarder plus avant dans son âme et de nous « rendre compte des intérêts et des motifs qui l’ont « déterminé à écrire comme il Va fait. » Voici la conelusion remarquable à laquelle arrive l’auteur que je cite : « S'il était une fois prouvé, ne füt-ce que pour un seul Évangile, qu’un Évangile est autre chose « encore qu'un récit historique, que c’est aussi un écrit qui poursuit un but (eine Tendenzschrift), c’est généralement par ce côté que la critique devrait envisager les Évangiles (1). »
La vérité de ces remarques est indépendante de leur application. Rien ne m’empêchait donc d’en faire un usage entièrement différent de celui que M. Baur en à fait. M'identifiant autant qu’il m'était possible avec les contemporains de Matthieu, dont le nom est associé si étroitement à celui du premier Évangile, j'ai recherché dans quelle situation il s’est trouvé visà-vis des Juifs, en vue desquels, d’après des témoignages très anciens, cet Évangile a été composé. Tenant compte ensuite de ce qu’on sait de leurs idées et de leurs sentiments à cette époque, je me suis demandé ce qu’il a dû se proposer essentiellement en s'adressant à eux.
Peut-être toute personne un peu au fait de l’histoire évangélique, à qui la même question sera posée,
(1) F.-C. Baur, Xrifische Untersuchungen über die Kanonischen Evangelien. 1847. Pag. 73-76.
trouvera-t-elle la réponse très facile. La majorité des Juifs, dira-t-elle, ayant refusé de reconnaître Jésus pour le Christ, parce qu’il est mort sans rétablir le royaume d'Israël conformément à leur attente (Actes, I, 6), on peut supposer que Matthieu a surtout eu le dessein d’opposer au vain espoir de la restauration de la royauté nationale qu’ils entretenaient, l’idée de ce royaume spirituel, ou comme disent les évangélistes, de ce royaume des cieux ou de Dieu, que seul, à les en croire, le Christ devait fonder.
Or, cette réponse que tout le monde ferait, est aussi la mienne. J'ajoute seulement que comme le simple récit des faits contenus dans le premier Évangile, quoiqu’ils soient tous en rapport avec ce but, n'aurait pas été suffisant pour le faire ressortir, 1l me paraît nécessaire d'admettre en outre que ces faits, choisis et coordonnés tout exprès comme ils le sont, ont été pour Matthieu, pendant le temps où il a exercé la charge d’apôtre dans sa patrie, le texte d’un enseignement polémique approprié à sa nation. Après son départ, ils furent réunis en un volume, auquel le titre d’Evangile selon Matthieu (1) a probablement été donné parce que leur choix et leur enchaînement avaient été déterminés par le plan d'enseignement de cet apôtre, et qu'ils étaient très propres à rappeler ses lecons orales à ceux qui les avaient entendues. Peut-être est-ce à cela que le recueil devait essentiellement servir; mais son utilité réelle a été bien autre : les
(4) EdayyéAtoy xarà Maratov.
INTRODUCTION. 9 souvenirs les plus précieux pour l’humanité y ont reçu la forme qui en à assuré la conservation.
Je n’attendrai pas d’avoir fait sur le premier Évangile tout entier l'essai de l’hypothèse que je présente ici en peu de mots, pour dire quelles en seraient les conséquences si elle était adoptée.
Il est évident, d’abord, que la date de la rédaction de l'Évangile selon saint Matthieu serait fixée par la nature même de la polémique qu’il aurait été destiné à soutenir. Telle que je l’ai résumée, cette polémique ne correspond, en effet, qu’au temps où les Juifs, qui avaient refusé de croire que Jésus fût le Christ, attendaient encore le Christ comme roi temporel. Après la période des faux Christs, et surtout après la ruine de Jérusalem, tout débat ayant pour objet de combattre les espérances nationales des Juifs aurait été un anachronisme. Si donc l'Évangile selon saint Matthieu a été la base d’une polémique ayant le but que j'ai indiqué, il ne peut appartenir par son origine qu’à Pépoque où il leur était encore possible de nour-
ir de telles illusions.
En second lieu, si Matthieu ne s’est pas proposé d’écrire toute une vie de Jésus, s’il n’a voulu rassembler d’autres renseignements sur son histoire que ceux qu'il pouvait utiliser pour un but déterminé, on ne doit plus s'étonner de ne pas trouver dans l’Évangile qui porte son nom beaucoup de faits rapportés ailleurs. Il serait tout simple, par exemple, dans le cas où il aurait exclusivement voulu opposer la prédica-
tion du royaume des cieux par Jésus à l'attente trom-
peuse de la restauration du royaume d'Israël, qu'après avoir fixé le commencement de la vie publique de son maître au baptême de Jean, il ne l’eût racontée qu’à partir du moment où celui-ci se retira en Galilée après l’emprisonnement de ce prophète (IV, 12), et y donna pour la première fois à son enseignement cette forme et cette direction (IV, 17), qu'avant lui, comme Matthieu le remarque, Jean, au désert de Judée, avait données au sien (II, 4, 2). Tout ce qui ne pouvait pas aider Matthieu à mettre en relief la grande idée du royaume des cieux étant étranger à son plan dans cette hypothèse, se trouverait ainsi exelu de son livre par son plan même; et l’on ne serait plus dans le cas de se demander, ainsi qu’on l’a fait quelquefois, si c’est parce que les trois premiers voyages de Jésus à Jérusalem et son séjour prolongé en Judée, mentionnés dans le quatrième Évangile, n’ont pas eu lieu, que l’auteur du premier Évangile n’en a pas parlé, ou si c’est parce qu’il les a ignorés. Le silence de Matthieu sur toute cette époque aurait, en effet, cette raison parfaitement suffisante, qu’il n’eût pu s’en occuper sans nuire à l'unité de son enseignement.
Mais une fois engagés dans cette voie, nous arréterons-nous dès le premier pas, et après avoir recherché quel a été le plan de Matthieu, ne voudronsnous pas examiner si l’on peut également en attribuer un aux deux autres synoptiques ? Il est vrai qu’un mot de Papias, évêque d’Hiérapolis, en Asie Mineure, vers l'entrée du second siècle, rapporté par Eusèbe d’après le presbytre Jean, nous apprend que « Marc à écrit
INTRODUCTION. if « avec soin, mais sans ordre (ou sans plan) tant les « paroles que les actions du Christ (1), » et qu’on ne peut guère, après cela, espérer trouver une disposition particulière des faits dans son Évangile. Mais s’il en est ainsi, ce mot est de nature, au contraire, à nous encourager à en rechercher une dans l’Évangile selon saint Luc; car la négation de Papias ne se rapportant qu’à Marc équivaut presque à une affirmation quant aux autres évangélistes, et confirme ainsi, dans une certaine mesure, ma supposition (2). Les retranchements, les additions, la disposition différente des matériaux, proviendraient alors, chez Luc, de ce que l’enseignement auquel son Évangile correspondait, tout en se proposant le même but général que celui de Matthieu, roulait cependant sur un thème différent, et était disposé, à cause de cela, d’après un autre plan. Je ne veux rien affirmer de plus ici; aussi n’est-ce que comme en passant et pour éclaircir ma pensée que J'ajoute qu’il aurait suffh à Luc d’avoir voulu donner au préjugé national des Juifs une autre expression, celle-ci, par exemple : Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël (Luc, XXIV, 21), pour nécessiter contre ce préjugé une autre argumentation que celle de Matthieu, motiver par conséquent de nom-
(1) .… dxpt6s EVpadev, où pevror taber, ta brd Toù Xptorob h Aeydévra à roay0évra. (Euses., Hist. Eccl., lib. III, c. xxx1x.)
(2) Je puis dire avec M. Schérer, mais sans le suivre plus loin dans l'appréciation du texte que j'ai cité : « Papias insiste sur ce «terme (où té£er); il a en vue une qualité ou un défaut distin- « guant Marc des autres relations évangéliques qui lui étaient Con- « nues. » (Revue de Théologie, tome I, p. 447.)
breux retranchements, et faire admettre, en compensation, parmi les faits destinés à la soutenir, une foule de souvenirs pleins d'intérêt, omis à dessein par l’auteur du premier Évangile, parce qu'ils n'auraient pu y trouver place sans en troubler l’économie.
J'aurais préféré me borner ici à ces indications et laisser le temps aux personnes qui voudront bien en prendre la peine, de considérer mon hypothèse dans sa généralité avant de passer aux détails. Mais il m’a paru que les deux premiers chapitres de l'Évangile selon saint Matthieu présentaient quelques difficultés particulières que je devais essayer de lever avant de proposer à d’autres d'envisager cet Évangile au point de vue où je l’ai fait. Si j'y suis parvenu, c’est, je l'espère, sans tours d'adresse dans la manière de traduire, bien que je traduise quelquefois autrement que mes devanciers, et par le simple emploi des procédés historiques les plus ordinaires, je veux dire par l’examen des détails avec la préoccupation constante de l’ensemble, et par ces tâtonnements incessants qui font découvrir quelquefois, entre des faits vrais, les liens longtemps inaperçus au moyen desquels ils se rejoignent et ils s'expliquent les uns par les autres. Des expériences d’un ordre différent, qui ne pouvalent me laisser aucun doute sur la valeur intrinsèque des Évangiles, m’ont fait entreprendre cette étude sans défiance, ou pour mieux dire, avec une entière confiance. L’ayant étendue à tout l'Évangile selon saint Matthieu, j'ai pu me convaincre que la plupart des difficultés qu’on rencontre dans ce livre
INTRODUCTION. 13 résultent uniquement de la méconnaissance du plan. Habitué, ainsi qu’on l’est depuis des siècles, à le lire comme s’il avait été écrit en vue des hommes de tous les lieux et de tous les temps, et sans beaucoup songer aux Juifs contemporains, il n’est pas étonnant qu'on ait cessé de bonne heure de se rendre compte de l'intention qui a présidé à la réunion des matériaux qui y sont entrés. Mais pour peu qu’on repense à ces Juifs du premier siècle, et qu’on se les représente lecteurs du livre après avoir été les auditeurs de l’apôtre , 1l est aisé d’apercevoir le rapport qu’il y a entre ces fragments d'histoire et l’enseignement qu’ils servaient à donner. Le plan reparaît alors comme de lui-même, tel que je l’ai indiqué; et tout lecteur qui lira cet Évangile en l’ayant présent à la pensée, sera frappé de voir à quel point 1l répond aux besoins de l’époque où 1l a été publié. Je dis plus, à mesure qu’on avancera dans sa lecture, on ira de surprise en surprise, en reconnaissant que tous les détails sont éclairés par l’idée générale et reçoivent, de la clarté qu’elle répand sur eux, une signification plus distincte, qui les met en rapport plus étroit avec le récit tout entier.
J'ai dû faire allusion, dans cette Introduction, à quelques-unes des questions les plus ardues agitées aujourd’hui autour des Évangiles. Les personnes qui se sont émues de ces discussions en raison de ce qu’elles leur paraissent mettre en péril, s’étonneront peut-être de ce que j'y suis demeuré complétement étranger dans ce travail. Il me suffira de leur dire que, placé
sur un terrain nouveau, je n'ai rien à voir dans les débats anciens. Comment pourrais-je être appelé à jusüfier des interprétations que j’abandonne, ou à contredire des objections graves qui me paraissent, pour la plupart, très fondées ? Tout ce que je dois me proposer, c’est d’obliger mes lecteurs, si cela m'est possible, à convenir qu'avec mon interprétation lés relations des évangélistes ne donnent plus lieu aux objections suscitées par les interprétations antérieures. Les critiques ne se sont certainement pas attaqués au texte par suite d’une sorte de haine préconçue, mais seulement parce qu'aucun sens meilleur n'étant opposé, malgré leurs justes contradictions, au sens attribué à certains passages, 1ls ont dû croire que ce sens était le véritable et que le texte lui-même se trouvait ainsi en cause. Mon interprétation, entièrement différente de celles qui ont prévalu, les appelle à un nouvel examen, qui leur fera découvrir peut-être des difficultés que je n’ai pas su voir; mais dans ce cas ce seront des difficultés autres que celles exposées parmi nous, depuis quelques années, par des hommes de beaucoup de science et de talent. Bien que Je n’aie pas, comme je l’ai dit, à discuter ces dernières, 1l m'a semblé qu’il pouvait être utile de les remettre sous les yeux de mes lecteurs. Plus ils en reconnaïîtront la portée, plus ils seront disposés à admettre la nécessité d’une interprétation contre laquelle on ne puisse pas les faire valoir. En les reproduisant en appendice, dans les termes mêmes où de savants écrivains les ont présentées, J'étais certain de les faire bien connaître, et
. INTRODUCTION. 19 J'évitais de donner un caractère polémique à cet essai : c’est le parti auquel je me suis arrêté.
L'idée première qui domine tout ce travail a été pour moi le résultat d’une étude prolongée du premier Évangile considéré dans son ensemble. Je sens très bien que je ne demande pas peu de chose à mes lecteurs en les priant de s’en servir dès l’entrée pour l'interprétation des détails. S'ils veulent bien me suivre, 11 ne s’agit de rien moins pour eux que de se débarrasser l’esprit d’une foule d'explications de mauvais aloïi, mal liées entre elles, qui se sont imposées à eux sans qu'ils sachent trop comment, et de s’associer tellement au dessein que j'attribue à Matthieu qu’il leur paraisse tout simple de rechercher attentivement quel est le meilleur usage qu’il a pu faire des matériaux qu'il a rassemblés et qu’il nous a transmis sans autres renseignements.
Ces matériaux sont de deux sortes : le plus souvent, ce sont des paroles de Jésus, auxquelles le récit des circonstances qui les ont amenées sert de cadre; quelquefois aussi et particulièrement dans les premiers chapitres, ce sont des pièces indépendantes du reste du volume par leur origine, puisque les souvenirs personnels de Matthieu n’ont pu y avoir de part, et qu’on ne peut néanmoins se dispenser d’envisager dans leur relation avec ce qui suit, puisqu'ils en forment l’introduction. Plus la différence entre ces chapitres et les autres est marquée, plus on y trouve de difficultés et d’étrangeté, plus ils me paraissent propres à servir de pierre de touche pour l'hypothèse que je présente,
et qui, pour se faire accepter, doit pouvoir beaucoup expliquer.
Mais quel rapport, dira-t-on, peut-il y avoir entre l’enseignement relatif au royaume des cieux que j'attribue à Matthieu et la généalogie ou la visite des mages, placées en tête de son Évangile ? Le rapport, selon moi, est dans le contraste. Cette table et ce souvenir, abandonnés à eux-mêmes, n’étaient propres évidemment qu’à tourner les pensées des Juifs vers un royaume de la terre. La première tâche de l’apôtre, qui savait quel aliment ils offraient aux préjugés de son peuple, était done d'empêcher qu’on n’en tirât de fausses conséquences, et c’est ce que Je prétends qu’il a fait dans les leçons orales dont son Évangile me paraît avoir été la base. Mais est-ce donc assez? Ne devait-il pas, au lieu de se borner à enregistrer ces pièces, nous mettre sur la voie de son intention ? Il est bien certain que dans ce cas il n’y aurait pas eu de problème. Ne pouvant supprimer eelui-ci, qui n’existait au reste, dans mon hypothèse, ni pour les auditeurs de Matthieu, ni pour ses premiers lecteurs, quoiqu'il existe pour nous, il faut bien nous appliquer à le résoudre. Je l'ai entrepris dans ces pages, où j'arrive à cette conclusion que Matthieu n’a allégué la généalogie placée en tête de son Évangile que pour la rejeter, et qu'il n’a raconté la visite des mages qu’en raison des erreurs populaires qui se rattachaient à ce souvenir et qu’il voulait corriger.
M'appuyant sur les constatations modernes de la science, J'ai envisagé comme un phénomène naturel
INTRODUCTION. 17 l’apparition de létoile que les mages ont vue en Orient et revue sur le chemin de Bethléhem. Cette explication n’ôte au récit de Matthieu rien de ce qui lui est propre : le merveilleux ajouté disparaît; mais l'intervention d’en haut reste entière et reprend, avec sa vraie signification, tout son caractère divin. Mon interprétation fait tomber les objections auxquelles les diverses suppositions relatives à cette étoile avaient donné lieu. Elle sert, non-seulement à la solution de plusieurs des petites difficultés que présente le commencement du récit de saint Matthieu, mais aussi à la conciliation du premier et du troisième Évangile, pour l’époque de l’enfance de Jésus. Contraire à la tradition reçue, elle n’en renferme donc pas moins sa preuve en elle-même. J’ajouterai que c’est par suite du plan général que j'ai attribué à l’apôtre, que j'ai été conduit à l’admettre, et que cette subordination de mes preuves les unes aux autres est, à mes yeux, la démonstration que mon système d'interprétation n’a rien d’arbitraire.
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