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(4) « Matthieu, XII, 49 : Z! ne contestera point, elc. Quelle « leçon pour tous et surtout pour les chrétiens! » (Agenda de M. Vinet. Note du 9 octobre 4837.)
où natedEet, ‘at Alvoy tuoôme- « seau cassé, et il 'n’éteindra voy où oéécet” Éws dv éxédAn «point le lumignon qui fume, els vixos Thv xolotv (1) « jusqu'à ce qu’il ait fait triom- « pher le jugement; 21. Kat vo ôyéuart adroù 924. «Et les nations espéreront EOvn ÉATtodoL. « en son nom. »
Instruit des mauvais desseins des pharisiens dont il venait de rejeter la doctrine et de braver l'autorité, Jésus se retira de leur ville. Il s’en alla, suivant saint Mare, au bord de la mer de Galilée avec ses disciples. Ge n’est pas seulement, d’après cet évangéliste, des contrées d’où l’on était venu précédemment pour le suivre (Matthieu, IV, 24, 25), qu’on accourut alors auprès de lui, mais aussi de l’Idumée et des environs de Tyr et de Sidon. Jésus guérit tous les malades qui se trouvaient parmi ses nombreux visiteurs. Il en résulta dans leurs rangs une exaltation si grande, qu’il jugea nécessaire d’en arrêter les manifestations. Elles avaient commencé par les cris de quelques démoniaques guéris par lui, qui, se souvenant sans doute du nom que la voix du ciel lui avait donné à son baptême, le saluèrent comme le Fils de Dieu et se prosternèrent à ses pieds. (Marc, IL, 7, 8, 11, 42.) Quand la foule lui donna le même nom, il lui imposa également silence, parce qu’elle était, comme eux, hors d’état de le connaître véritablement, et
| (4) La fin de ce verset est d’une traduction difficile. Richard Simon a traduit : « jusqu’à ce qu'il rende victorieux le jugement, » et M. Albert Rilliet, que j'ai suivi : « jusques à ce qu’il ait fait « triompher le jugement. » L'idée me paraît être : « jusqu’à ce « qu’il triomphe par le jugement; » mais si l’on peut faire sortir cela du grec, il n’y a rien d’approchant dans l'hébreu.
par.conséquent aussi de le faire connaître. H lui aurait été facile de se servir contre les pharisiens de la surexcitation de la multitude; mais s’il ne voulait pas arriver à la popularité par un moyen de ce genre, 11 voulait tout aussi peu lui devoir des avantages sur ses adversaires. Il réprima donc ces démonstrations, afin d'agir, en cette occasion encore, dans le véritable esprit de son ministère.
Matthieu ne pouvait mieux marquer cette intention de Jésus qu’en le représentant, à ce moment important de son histoire, où l’opposition des pharisiens commençait à devenir menaçante contre lui, tel qu'il avait résolu d’être dans l’accomplissement de son œuvre. Ésaïe avait tracé autrefois le portrait du serviteur auquel Dieu prend plaisir. (Ésaie, XLII, 1- 4.) L'évangéliste s’en sert pour faire voir, comme dans un miroir, la belle image qu’il désire offrir aux regards. Il importe peu, d’ailleurs, de savoir si le prophète s’est expressément proposé ou non de peindre le Messie sous ces traite (1) : comment, en effet, le Messie ne ressemblerait-il pas au serviteur de prédilection de l'Éternel? Le but qu'il a en vue est saint; la manière dont il le poursuit l’est aussi.
(1) Les Septante ont pensé qu’il s'agissait du peuple élu dans ce passage, et ils se sont crus autorisés à introduire leur interprétation dans leur version, en y ajoutant les noms de Jacob et d'Israël qui ne sont pas dans le texte : ‘Iuxo8 à maîs pou, dvrtAmbomat abtoù. Topañh à Exhextés mou, mposedéËaro adrèv h Juyh proue (Ésaïe, XLIL, 1. LXX.) Plus tard les Juifs ont admis qu'Ésaïe parle ici du Messie. De Wette suppose qu'il a voulu parler de lui-même. (De Werre, Xurze Erklærung des Ev. Malthæi, page 140.)
MATTHIEU, XII, 19-21. 147 L'esprit de celui: qui l’envoie est sur lui, pour qu’il fasse connaître aux peuples leur responsabilité devant Dieu et le Jugement qui sera prononcé sur eux. Mais avec quelle douceur il s’acquitte de ce message ! Comme il s’abstient des disputes et du bruit! Comme il use de mansuétude et de patience, dans les cas mêmes qui pouvaient paraître désespérés ! Comme il réserve les rigueurs pour le jour de la finale sentence, en sorte que les nations mêmes qui sont sans espérance puissent jusque-là apprendre à espérer en son nom!
Rien n'aurait pu donner une idée plus parfaite de l'esprit paisible et de la longanimité de Jésus que la citation de ce morceau d’'Ésaïie; mais l’évangéliste a dû, pour l’utiliser, en retrancher quelques mots çà et là, et accommoder ailleurs sa traduction à lapplication qu’il voulait faire du passage (1). C’est vers la fin surtout que les différences sont considérables. Les Septante s'étaient déjà beaucoup écartés de l’hébreu dans leur version. Matthieu renchérit encore sur eux. Il parle du jugement à venir et de l'espérance des nations en des termes qui ne répondent nullement à l’original. D’autres exemples nous ont appris de quelle liberté1l use en reproduisant les prophètes. Elle est si grande ici qu’on pourrait se demander si ce n’est pas d’après quelqu'un des targums en langue chaldaïque en usage de son temps qu'il a traduit ce
(4) I suffit, pour s’en assurer, de comparer les versets 3 et 4 du chapitre XLII d’Ésaïe avec les versets 20 et 24 du chapitre XII de saint Matthieu.
148 MATTHIEU | XIL, 15-21,122-29.
fragment en grec (1). En tout cas, il est évident que remanié ainsi qu’il l’a été par Matthieu, qui, dans la dernière partie, fait dire à Ésaïe tout autre chose que ce qu'il a dit, il ne pouvait absolument pas être allégué par lui comme une prophétie. Aussi n'est-ce pas à titre de prophétie qu’il le cite, mais seulement, comme 1l cite ailleurs d’autres passages de l'Ancien
Testament, pour accentuer plus fortement ce qu'il
veut dire.
XII, 22. Tére rpoonvéyôn adtTé daumovtéémevos, TupAdS La UPS, Al ÉPELATEUGEV aù- TÔY, GotE Tov TUpAdY XaL AWGÈY Hat AaEty rat PAËTEL.
23. Kat 2Ëloravro mavrec oi ét xat Eheyoy” Mt obréc égtiy Ô Vidc Aauts-
24. Où dÈ Dole 4xoÜGAY= rec: elmov : OÙros oùx EnbdA er Ta dauévix, Et pui Ev To Bec) Ge6odA APAOVTL To Gauioviwv.