‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 73 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

385 MATTHIEU, XXV. 14-30. | che accomplie, et sans qu’il y ait perte sur les moyens d'action, qui demeurent les mêmes. Dans la distribution du travail, le maître a eu égard à ce que les différents serviteurs étaient en élat de faire. Ne vous découragez pas, vous qui sentez que, malgré votre bonne volonté, vous n'êtes propres qu’à peu de chose : votre Seigneur n’exigera de vous que ce qui esten votre pouvoir. Bien que leurs tâches n'aient pas été semblables, et que les résultats ne l’aient pas été non plus, les deux premiers serviteurs ayant fait tout ce qu’ils pouvaient faire, avec leurs aptitudes et les moyens dont ils disposaient, leur maître les a loués et leur a promis, dans les mêmes termes, de plus grandes marques de sa confiance. Parce que leur fidélité a été la même, leur félicité sera la même aussi. Si le troisième serviteur, qui avait reçu un seul talent, avait été fidèle, son maître lui aurait témoigné également sa satisfaction, alors même que son incapacité ne lui eût pas permis de faire autant que les autres. Il lui déclare, en effet, expressément, qu’il aurait été content de lui si, faute de savoir s'y prendre mieux, il avait du moins été porter son ergent aux banquiers pour qu'ils le fissent valoir. Voilà assurément quelque chose qui est à la portée de ceux qui peuvent le moins : pourquoi donc ne l’a-t-il pas fait ?

La raison qu’il en donne, c’est que, connaissant la sévérité et les exigences de son maitre, il se croyait sûr de ne pouvoir, en aucun cas, le satisfaire, en sorte qu'il s’est décidé à ne pas même l’essayer. Il «

MATTHIEU, XXV, 14-30. 95] cafoui son talent; c’est dire qu'il l'a volontairement rendu improductif : il a passé son temps dans loisiveté ; 1] a perdu sa vic. L’excuse qu'il allègue ajoute à sa faute. Ïl savait, dit-il, que son maître moissonne où 1] n’a pas semé, qu'il amasse où il n’a pas répandu; maïs le talent qui lui a été remis, n'est-ce pas l'équivalent de la semence? Ce n’est donc pas elle qui a fait défaut, c'est le travail. Au lieu de s’y sentir excité par l’idée qu'il s'était faite de la rigidité de son maître, il a négligé ses intérêts, et la crainte dont il parle était d’une étrange sorte, puisqu'elle ne Jui ἃ pas fait surmonter sa paresse. Aussi le dépôt qu’il n’a pas fait valoir lui est-il retiré, et est-il remis au serviteur fidèle qui s’est montré le plus capable et le plus diligent, pour qu’il en tire parti avec ce qu'il avait déjà en mains. Les choses se passent ordinairement ainsi parmi les hommes, et comme le dit un proverbe susceptible de diverses applications (AE, 142), ail sera donné à celui qui a, et il aura «davantage ; mais pour celui qui n’a pas, même ce a qu’il a lui sera ôté. » Cela signifie ici que celui qui a été fidèle dans l’accomplissement de sa tâche, on lui en donnera une plus grande, avec tout ce qu’il lui faut pour la remplir; mais qu’on retirera tout ce qu'on lui avait confié, à celui qui n’aura voulu en rien faire. Pour lui, serviteur inutile, qu’il ne s’attende pas à être associé, comme ses compagnons de service, à la joie de son Seigneur. Bien loin d’être admis à eatrer pour y avoir part, 1l sera mis dehors, et là, dans les ténèbres, il se désolera du malheu-

reux sort auquel son maître l’aura condamné, après qu’il se le sera préparé lui-même.

Je n'ai eu besoin que d'appuyer sur quelques-uns des détails de la parabole pour en faire ressortir le sens. Toute autre explication serait donc superfue. Elle enseigne aux disciples de Jésus qu'il faut qu'il fassent, pendant qu’il est jour, les œuvres qu’il leur: donné à faire, comme il avait dû faire lui-même les œuvres de celui qui l’avait envoyé. (Jean, IX, 4.) Δ nature en est déterminée pour chacun d’eux par les choses auxquelles il est propre et par les circorstances dans lesquelles il est placé : la tâche est toujours en rapport avec la capacité, et elle se mesure d’après les moyens fournis pour l’exécuter. Α l'un qui avait de grands biens, il fut dit : « Vends ce qu « t'appartient, et le donne aux pauvres. » (XL, 21, 22.) Mais voici la promesse du Seigneur à ceux qui n’ont pas de grands biens et à ceux qu'il appelle à faire un autre usage, pour son service, d’une partiede ceux qu'ils ont : « Quiconque donnera à boire à l'un «a de ces petits, ne füt-ce qu’un verre d’eau froide « pour son nom de disciple, en vérité, je vous le dis, « il ne perdra pas sa récompense. » (X, 42.) Il es est de même de toutes nos obligations : différentes selon les individus, elles se resserrent ou elles s'é tendent, en outre, selon les facultés, la vocation εἰ les possibilités de chacun. Toutefois nous aurons à rendre compte de l’emploi de tous les dons que nous avons reçus. Il n’est pas vrai que le Fils de l’homme moissonne où il n’a pas semé; mais il est très-cer-

tain que là où 1l a semé, il prétend moissonner. C’est faire le mal que de ne pas faire le bien dont on est capable ; ceux donc qui, de propos délibéré, ne l’auront pas fait selon leur pouvoir en son absence, n'auront pas d'office à attendre de lui à son retour, et seront exclus alors et des priviléges de son alliance et des douceurs de sa communion. ([. Jean, Ι, 3, 6.)

Mais c’est assez de paraboles. Jésus, en terminant ses instructions, va répéter encore une fois, sans recourir aux figures, quel est l’essentiel de la tâche qu’il donne aux hommes à exécuter ici-bas, et dont il leur demandera compte, lorsque, à l'accomplissement du siècle, 1] redescendra du ciel où il va monter bientôt. Écoutons-le décrire à l'avance ce qui ar-

rivera en ce jour-là :

XXV, 31. Ὅταν δὲ ἔλθῃ ὃ XXV, 34. Or, quand le Fils de vs τοῦ ἀνθρώπου ἐν τῇ δόξῃ l’homme viendra dans sa gloire,

αὑτοῦ nat πάντες οἱ [ἅγιοι] ἄγγελοι μετ᾽ αὐτοῦ, τότε χαθίσει ἐπὶ θρόνου δόξης αὑτοῦ,

34, Τότε ἐρεῖ ὃ βασιλεὺς τοῖς ἐχ δεξιῶν αὑτοῦ - Δεῦτε. oi εὐλογημένοι τοῦ πατρός μου,

et tous les saints anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire;

32. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs;

33. Et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

34. Alors le Roi dira à ceux ἃ sa droite : Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume

νὴν ὑμῖν βασιλείαν ἀπὸ xataδολῆς χέσμου.

36. Γυμνές, χαὶ περιεδάλετέ με΄ ἠσθένησα, yat ἐπεσχέψασθέ pe" ἐν φυλαχῇ ἤμην, χαὶ ἦλθετ πρός με.

37. Τότε ἀποχριθήσονται αὐτῷ OÙ δίκαιοι λέγοντες " Κύριε, πότε σε εἴδομεν πεινῶντα, χαὶ ἐθρέψαμεν: À διψῶντα, χαὶ ἐποτίσαμεν:

39. Πότε δέ σε εἴδομεν ἀσθενῇ À ἐν φυλαχῇ, rai ἤλθομεν “οἷς σε;

40. Καὶ ἀποχριθεὶς ὃ βασιλεὺς ἐρεῖ αὐτοῖς" ᾿Αμὴν λέγω ὑμῖν, ἐφ’ ὅσον ἐποιήσατε Evi τούτων τῶν ἀδελφῶν μου τῶν ἐλαχίστων, ἐμοὶ ἐποιήσατε.

41. Τότε ἐρεῖ χαὶ τοῖς ἐξ εὐωνύμων’ Πορεύεσθε ἀπ᾽ ἐμοῦ οἱ χατηραμένοι εἰς τὸ πῦρ τὸ αἰώνιον. τὸ ἡτοιμασμένον τῷ διαδόλῳ nat τοῖς ἀγγέλοις αὐτοῦ.

49. Ἐπείνασα γάρ, χαὶ οὐχ ἐδώχατέ pot φαγεῖν: ἐδίψησα, χαὶ οὐχ. ἐποτίσατέ με’

43, Ξένος ἤμην, rat οὗ τυνηγάγετέ με’ γυμνός, χαὶ οὐ me

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