‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 14 sur 189 · BEN · texte numérisé non relu

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d'Angleterre, comme on peut en juger d'après les descriptions de We eawer et Griffith %), on retrouve aussi en Irlande entre les couches de houille ces failles remplies de diverses substances minérales, semblables à celles dont il a été question plus haut.

Dans la description de la formation houillère de Tyrone et d’Antrim, qui d'ailleurs n'offre rien de particulier, Berger 27) fait mention d'une couche de Trapp de 2 pieds de puissance, qui dans les mines de Bolling-castle est interposée entre les couches de grès; mais il n'énonce aucune hypothèse sur la cause de ce phénomène. Ce trapp se sépare en pyra- . mides triangulaires, et ses parties constitutives sont de lamphybole crystallisée et un peu de Feldspath blanc; il agit sur l'aiguille aimantee et, au chalumeau, il se change en un émail noir. Arthur Aikin 2%) décrit avec plus de detail un semblable gisement dans les mines de Birchhill. La surface est representee comme doucement inchnee sur une suite de collines, où une faille remplie (appelée the green rock fault) sépare deux mines de houille, En creusant diverses galeries (ou puits) on a rencontré 3 failles de diverse épaisseur, rem-

plies de trapp ou de diabase — (c'est ainsi que l'auteur s'exprime) qui à la vérité accompagnent la direction de la houille, mais ne sétendent pas aussi loin quelle; dun côté la

houille se trouve surbaissée par ces failles de 72 pieds vers le Sud, d’un autre côté elle s'élève de 25 pieds pendant un espace de 100 yards. |

A la vérité, l'auteur na pas pu lui-même parcourir les galeries, parcequ.elles étoient inondées, mais le témoignage des mineurs et l'examen des Haldes fournirent entr'autres les résultats suivants.

Les couches d'argile schisteuse qui sont superposées à ce diabase, paroissent n'avoir subi aucun changement’; aa, au contraire, qui lui sont sousposées, montrent généralement des traces de métamorphose.

Le grès de couleur jaune-grise est très-ferme. Là où il n’y a point de diabase superposé, l'argile schisteuse est bitumineuse et contient d'étroites assises de houille piciforme (Pechkohle). Mais dun autre côté, là où le diabase est superposé, l'argile schisteuse est endurcie. À la même place la houille est plus ferme et plus dure; son éclat est métallique, et ni la houille ni le schiste ne montrent aucune trace de bitume.

Une couche de houille de 4 pieds de puissance, qui git sous le diabase, a un éclat irisé, est tout-à-fait sans bitume, et se distingue entièrement de la houille des mines voisines.

L'auteur donne la définition suivante du Trapp ou Diabase. Il est d'un verd bleu-foncé, chatoyant, cassure inégale; il se parlage en fragmens irréguliers en forme de coins, les bords obtus; sous le marteau ces fragmens prennent une sorte de poli. Il est assez pesant, mais il n'est pas tres-dur; il attire fortement l'aiguille aimantée, et ne donne cependant aucun indice de polarité; plongé dans l'acide muriatique ,; il y occasionne une légère effervescence; examiné à la loupe; il paroit avoir pour parties constitutives du Feldspath, du spath calcaire, de petits grains noirs, et une substance d'un brun noir et d’un verd bleu, que Mr. Aikin prend pour de l'amphybole amorphe. Le diabase est traversé par des veines verticales, paralleles entre elles, de spath. calcaire; dans la mine il se montre ferme et cohérent, mais à l'air extérieur il prend une couleur brune et se delite en peu de jours 22). Autrefois Mr. Aikin étoit de l'opinion du Professeur Jameson, qui, dans sa description minéralogique du Dumfriesshire, regardoit de pareils depots de trapp ou diabase comme des parties d'un veritable terrain de ae, mais après un plus mur examen du gite ici décrit qui, plus il s’eloigne de la faille appelée Green rock fault, diminue de puissance et enfin se termine net,

LE

26) Geological relation of the coast of Ireland, by Thomas Weawer; Transact. of the geological Society. |

27) Dr. Berger, on the geological ‚features of the nord of Ireland. Transactions of the geological society. Vol, III. p. 154.

28) Arthur Aukin, Observation of a bed of Trap in the ER of Birchhill. Le, Pe-289- — 298. |

29) Ce diabase, a en juger d apres ses parties constitutives et ses ère caractères,

a beaucoup de rapport avec le diabase de Büchel, Zdiz etc. dans les cercles de Beraun sr de Rakonitz.en Bohème. |

il est tenté de regarder cette intercallation comme un prolongement cunéiforme du remplissement de la faille ci-dessus nommée; quoique jusqu'à présent on n'ait pas pu constater son contact immédiat avec la faille. Il ne prononce point sur la manière dont de pareilles failles se remplissent; si cela a lieu par la précipitation des parties constitutives du diabase, dissoutes ou délayées dans un fluide, ou bien par le boursoufflement et le débordement d'une matière fangeuse, comme cela arrive dans les Volcans de boue au Mexique, ou à Tile de Taman dans la mer d’Azow. |

Le district houiller de Killerauler en Irlande est une continuation des mines de Castlecomer; il consiste, d'après le plan 30), en une suite de petitsamas qui setendent du N.E. au S. O. dans un espace de 18 milles; mais ils n'ont pas été partout sondes, ou mont pas été trouvés susceptibles d'exploitation. Plusieurs couches de diverse puissance sont stratifiées les unes sur les autres, comme cela se voit généralement en Angleterre.

Les montagnes principales de cette contrée consistent en calcaire secondaire. Leur hauteur varie de 300 à 600 pieds. Les minéraux qui accompagnent ici la houille, sont le ares, la roche argileuse ferrifère et l'argile schisteuse. La houille, suivant Jameson, appartient à l'espèce des houilles brillantes. Immédiatement au dessus de la houille se trouvent un grand nombre d'impressions de plantes, la plupart du genre des fougères. A Coalbrook on trouve aussi des testacées. |

Les données particulières des divers rapports de stratification, que fournissent avec une extrême exactitude toutes les descriptions des mines de houille d'Angleterre , ne sont susceptibles d'aucune analyse.

Nous nous sommes arrêtés plus léngiiems sur les particularités des mines irlandoises, afin de provoquer l'attention du lecteur sur de semblables gisemens en Allemagne, où les formations de trapp, de porphyre, de basalte et de diabase se rencontrent tantôt dans le voisinage des houilles, tantôt dans celui des lignites.

Nos couches houillères n'ont pas à beaucoup près été aussi explorées et aussi travaillées que celles des Anglois; il se pourroit done que l'on fit encore chez nous quelques découvertes qui nous meneroient à des résultats plus positifs. |

‚Pour compléter notre aperçu de la formation houillere, il ne sera peut-être pas superflu de joindre ici un extrait des notices que Hermann a fournies sur les houilles de Kousnelzk en Sibérie, d'autant plus que dans ces dernières années il na plus rien paru en Russie sur cette matière. Voici comment il s'exprime: 51) |

»Il n'y a que peu d’endroits en Sibérie, où se trouvent des charbons de terre, quoique „le pays soit d'une étendue si vaste, et que les montagnes et les couches de terre d’une ori- »gine secondaire et tertiaire y soyent en abondance. Les charbons que l'on trouve dans les „environs dela rivière: d'Argonne, dans le district de Nertscinsk, ceux de la rivière de „Tome, au cercle de Kousnetzk, et ceux de la rivière de Kolyvan, ont été jusqu'à présent „les plus connus: et presque les seuls. J’avois le plaisir de trouver l'année 1795 un troisième „endroit, où il y a trois couches de charbon de terre, dont la découverte peut devenir un „jour très-importante, à cause de la proximité de la riche mine de Salairsk, où ils pourront sêtre employés à. l'exploitation du minérai à l’aide des pompes à feu, qu'on s'y propose à ,construire. “ | |

„Les deux rivières l'Innée et le Tome qui parcourent le cercle de Kousnetzk, laissent „entre elles une plame d'une circonférence très- considérable, remplie pour la plupart de couches de piéees de sable ou de molasse, du moins à l’entour du terrain, où se trouvent „les charbons, il n'y a d'autres pierres . . . . .6

„Les pierres dont les montagnes. de Salaïrsk sont composées, consistent dans 2 points „les plus élevés des roches primitives; mais à l'entour de Batschatsk, . lequel est, situé. sur la „pente la-plus basse de la chaine, il n'y a que des roches d'une origine tertiaire, c’est à

fe) à.

„dire: des pierres à chaux, remplies de coquilles et de coraux pétrifés, des brèches sili-

30) Weaner in Transact. l. cit.

31) Hermann, Notices sur les charbons de terre dans les environs de Housnetzk en

Sibérie. , Nov. act. acad. scient. Imp. Petropoli. T. XI. p. 373, et: seg. t. VIII. | 5

„ceuses ou des poudingues et du gres. Ici commence la plaine qui s'étend jusquà l'Innée, ‚et laquelle n’est entrecoupée que de collines d'une élevation tres-peu considérable, “

„Plus pres de lInnée le terrain devient sec, en s’elevant à la fin en colline de tous les „deux. côtés de cette rivière, elles consistent partout en pierre de sable. Aux environs du ‚village de Karakanskaya on en voit une chaine entière d’une hauteur tres-considerable, la- „quelle est visible dans un éloignement de 30 verstes. (C'est dans cette chaine de pierres de „sable que se trouvent les charbons de terre, lesquels se rencontrent ici dans divers endroits; „jen ai visité deux. Le premier se trouve dans les environs du village de Meretskaya, à „lembouchure du ruisseau Meret dans IInnee. Tout près du village il y a deux couches de „charbons, dont l'une a une épaisseur d'une et demie, et l'autre de trois archines et plus, Elles sont inclinées, en descendant au Nord, sous un angle qui varie de 20 à 30 degrés. „Toutes les deux reposent sur une pierre de sable, laquelle est disposée en bancs épais et „escarpes. Sa couleur est grise ou jaunâtre , et son grain assez fin. Le toit qui couvre im- „mediatement le charbon, consiste d'une marne bleuätre bitumineuse de 4 verschoks d’epais- „seur; cette marne se trouve aussi quelquefois dans le milieu des couches de charbon par „nids et en masses dune figure ovale.“

„Ce toit de charbon est A son tour couvert de la même pierre sablonneuse; mais ici elle »nest pas si dure comme celle qui fait la base. Toutes les deux contiennent par ci par là „des empreintes de rameaux et de feuilles du règne végétal, «

» Près du village de Konovalova, qui est éloigné à 30 verstes de Meretskaya, se trouve »lautre endroit, où jai découvert du charbon de terre. On s'y rend en montant lInnée, qui „partout est bordé de montagnes sablonneuses. Environ deux verstes de Konovalova on voit. „dans la rive droite une couche de charbon, dont l'épaisseur ne surpasse non plus trois ar- „chines, ayant d'ailleurs la même propriété comme ceux de Meretskaya. Elle repose sur une „pierre de sable et en est aussi couverte; mais avec cette différence, quici on trouve dans la „pierre de sable du bois fossile en plusieurs trones, branches et même arbres entiers, dont l'épaisseur va d'une demie jusquà une archine; mais sa figure ronde est toujours un peu »comprimée. Il est disposé en différens endroits dans la roche, aussi bien sous la couche „de charbon quau dessus d'elle. Il est pétrifié et changé dans une espèce de jaspe brunä- „tre, lequel, frappé contre le briquet, donne assez vivement des étincelles. Dans quelques , morceaux l'écorce est encore aisément à recoñnoître; elle est même en partie changée en , charbon fossile, quoique le bois ne se trouve jamais dans la couche charbonneuse. «

„Tout près du village de Konovalova, et.par conséquent dans le voisinage de la dite «couche de charbon, il y a des ainsi nommés Pseudo-Volcans éteints, c'est à dire des bancs »de pierre de sable en collines et même.en petites montagnes entières brülees, dont la roche „en partie est complettement changée en lave; mais pour la plupart la pierre m'est quà demie »brûlée, et quelquefois presque en rien altérée. La couleur de cette lave est noire, brune, „rougeätre, grise et bleuätre; celle-ci est assez semblable à ce jaspe-porcelaine, qui se trouve „en Bohême, et lequel de même est une production pseudo-volcanique.“

„La proximité des couches de charbon ne laisse aucune doute, que jadis Fes s’enflam- „merent et brülerent la roche dans laquelle elles étoient renfermees.....*

„Un autre Volcan de ce genre, qui brûle encore aujourd'hui, se trouve dans les environs „de Kousnetzk, pres du village de Kosonkova, où il y a des couches de charbon d’une » épaisseur de 3, 4, jusquà 5 archines. : Elles s'enflammèrent par hazard, elles brülent déjà » plusieurs années; on ne voit point de flamme; mais de la fumée avec une rhalenp bien con- „siderable, cependant le feu n'agit que dans l'intérieur de la montagne. sc

„Dans les rivages du réel il y a outre ce Volcan: encore plusieurs endroits , où l'on „trouve du charbon de terre; p. e à 12 verstes de la ville de Kousnetzk, en remontant le „lome on rencontre une couche, dont l'étendue va jusquà 170 Sagenes de l'Est vers l'Ouest s presque horizontalement; :elle a une épaisseur dune et demie jusqu'à 3 archines, en repo- „sant de même, comme le charbon de IInnee, sur une pierre de sable, et en étant aussi cou- „verte. Le toit a quelque part une épaisseur de 6 Sagenes. « |

„Ein remontant la rivière encore 23 verstes, l’on trouve une autre couche de charbons. „Ici cest un schiste marneux et bitumineux qui contient les charbons; mais le schiste lui- „meme repose non moins sur la pierre GERD RER

» Quant à la qualité de toutes ces sortes de charbon fossile, celui de l'Innée a l'extérious

„du meilleur charbon d'Angleterre, et le charbon de Kousnetzk du premier endroit possède

„la meme propriete e ee ee e © #

Cet exposé des rapports quont entrelles les formations particulières de différens pays, permet d'établir des conséquences, qui ne peuvent que confirmer l'opinion que nous avons émise dans le premier cahier de cet ouvrage.

Partout dans les mines de houille noire on trouve le plus souvent immédiatement au dessus de la couche de houille, ou bien au dessous, des impressions, des plantes ou des arbres pétrifiés, qui constatent l'existence d’une végétation antérieure. Ge ne sont point de simples accidens, ce ne sont pas non plus des embryons, mais des végétaux complettement développés qui, bien qu'altérés dans leurs formes, sont là, ou isolément ou en,masses considerables. Il est donc tres-vraisemblable, que c’est eux qui auront fourni le carbone nécessaire pour la formation des houilles. Les impressions des plantes ou les pétrifications sont le plus souvent applaties, la structure interieure a disparu, ce qui indique une dissolution prealable de la fibre ligneuse.

Dans les alpes, dans les pays élevés, dans les vallées jadis closes (les lacs primordiaux), où la fibre ligneuse en dissolution n’avoit point dissue, elle s'est précipitée en couches d’une grande puissance. Dans les contrées basses et dans les vallées ouvertes plus anciennement, ces précipitations se sont étendues en longues traindes et en faibles assises sur le fond inégal des grands lacs des pays d’llots (Binnenlandes). Dans la substance de la houille, en se dessechant et en s’endurcissant, il s’est formé des creux, des fentes, des crevasses, qui ont été remplies dans des révolutions postérieures, ce qui, dans quelques endroits, a changé les propriétés de la houille. |

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