‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 16 sur 89 · sels et oxides · texte numérisé non relu

sels et oxides

Le bois n’est jamais entièrement privé de son eau libre. Celui qu’on carbonise pour la fabrication de la poudre en contient ordinairement encore de 10 à 15 p. °; 0 .

40. Il est avantageux de dépouiller le bois avant de le carboniser de la sève et des résidus que celle-ci laisse après son dessèchement. — En Angleterre on l’expose pendant 10 à 12 ans à l’air , et aux pluies qui dissolvent les résidus de la sève , et les entraînent , de sorte qu’il ne reste à la fin que la fibre ligneuse d’une couleur grisâtre. On y parvient plus rapidement en le renfermant dans des vases clos , et en le faisant traverser par des vapeurs d'eau.

41. On coupe le bois dans sa sève , c’est-à-dire lorsque l’an-

A CARON

cienne sève s’est changée en bois , el que la nouvelle est encore liquide. Les mois de mars et d’avril pendant lesquels la sève se développe et les arbres commencent à bourgeonner , sont ordinairement les plus favorables. On rejette les branches trop minces ou trop grosses ; les premières brûlent ( lorsqu’on ne distille pas le bois ) avec trop de facilité et se consument presqu’entièrement en cendres , et la carbonisation des branches trop grosses est ordinairement incomplète , c’est pourquoi on les fend dans le sens de leur longueur. Toutes les branches sont préalablement dépouillées de leur écorce.

42. Le choix du végétal dont on tire le charbon n’est point indifférent : lorsque le bois est d’une contexture serrée , il donne un charbon pesant , dur el sonore , qui conserve encore en partie l’organisation du végétal. Si , par contre , le bois est tendre el contient beaucoup de principes volatils , il donne ordinairement un charbon léger, spongieux, friable, et d’une combustibilité très- grande. Il doit être , pour la fabrication do la poudre préféré au premier.

M r . Proust a donné un moyen simple de vérifier les bonnes qualités du charbon destiné à la fabrication de la poudre ; il est trop intéressant pour le passer ici sous silence. On fait un mélange de 72 grains de salpêtre et de 12 grains de charbon soigneusement broyés, et #n le tasse dans un petit tube de cuivre de 2 i fa pouces de longueur et de 3 lignes de diamètre ; après avoir amorcé le haut du tube avec de la poudre de chasse , on place à quelques lignes au-dessous de son bord supérieur une rondelle de liège qui est destinée à le maintenir flottant dans un vase plein d’eau , puis on y met le feu après l’avoir placé dans l’eau.

5>G POUDRE

M r . Prcust a trouvé les résultats suivans :

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