La chaleur dégagée augmente avec la charge, et comme
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la vitesse des gnz devient plus grande à mesure que leur température s’élève , il est hors de doute qu'une forte charge se corabure plus vivement que no le fait une faible; cela est d’autant plus vrai que la perte de chaleur que les parois de l’arme absorbent est beaucoup moins sensible lorsque la charge est forte que lorsqu’elle est faible ; en effet la faculté absorbante des parois est proportionnelle à leurs surfaces , ou ce qui revient au même au carré du calibre de L’arme , tandis que la chaleur dégagée croit comme le cube de ce môme calibre.
Eufin plusieurs propriétés de la poudre qui en accélèrent la
combustion ne peuvent avoir d'effet lorsque la charge est trop
faible, ainsi par exemple , l'influence de la grosseur et de la
forme du grain qui déterminent ta libre circulation de la flamme
à travers la masse , ne peuvent ressortir dans une très faible
charge, qui quelle que soit la granulation de la poudre , est presque • instantanément embrâsée.
L’influence de ia quotité de la charge sur la durée de la combustion semble être très grande , car une foule d’influences qui fout varier celte durée lorsque la charge est faible , semblent être neutralisées et deviennent imperceptibles lorsqu’elle est forte.
La résistance à vaincre.
251. Lorsque le projectile offre une forte rèsislance , il se déplace plus tard que lorsque la résistance esl faible , et son mouvement dans les premiers instant» est alors moins rapide ; il résulte évidemment de là que la combustion s’achève dans un espace d’autant plus resserré que la résistance à vaincre est plus grande.
Or plus cet espace est petit , plus la chaleur reste concentrée , plus la température des gaz el partant leur vitesse s’élèvent , moins les gaz enflammés ont de chemin à parcourir , et ii résulte de fout cela un concours da circonstances qui toutes accélèrent la combustion de la charge , et qui par conséquent doivent abréger très sensiblement la durée de cette combustion.
A CANON
L'étendue et la forme du lieu ou la combvslion t'opère.
252. Pour que la combustion delà poudre, toutes choses égales d’ailleurs, soit la plus vive possible, il faut que le lieu que la charge occupe n’ait juste que la capacité nécessaire pour la contenir , et que sa surface soit un minimum. En effet à mesure que la combustion a lieu dans un espace plus resserré , on aura une plus grande concentration de la chaleur , et si en outre ta surface enveloppante est un minimum , l’absorption du calorique par les parois le sera aussi, la combustion s’achèvera alors sous la plus haute température possible , de sorte qu’elle sera aussi vive que les autres circonstances le comportent.
Si l’étendue du Heu est telle qu’il reste entre la charge et' le projectile un vide , cette circonstance est évidemment désavantageuse en ce que la combustion s’opérant dès le principe dans un espace plus grand que celui occupé par la charge , aura lieu sous une température moins élevée.
258. Anciennement lorsque les canons avaient une chambro appelée porte-feu , et qu’on introduisait la charge avec la lanterne , on ne se plaignait pas que les poudres fussent trop brisantes ; elles l’étaient en effet moins que les poudres actuelles , mais il est néanmoins vrai que c’est avec raison que Piobcrt attribue ce fait au mode de chargement usité alors ; en effet par ce mode la poudre n’était qu’en partie rassemblée par le refouloir , et ne remplissait qu’imparfaitement l’espace en arrière du boulet ; celui-ci était d’ailleurs sensiblement porté en avant ( par l’explosion de la poudre contenue dons la chambre porte-feu ) avant que la plus grande partie des fluides élastiques fût développée et que le maximum de tension des gaz eût lieu.
254. Les dimensions du lieu où la combustion s’opère ont une telle influence sur la vitesse de cette dernière qu’elles neutralisent très souvent les grands effets résultant de la faible densité des grains sur la combustion , pcrccque celle-ci en traîne une moindre
l'OLURK
densité de la masse , et partant un accroissement du lieu que la chargo occupe.
283. Le capitaine Piobert (Mémorial, tome IV) tiro des résultats des expériences d’Esqucrdes la conclusion qu’en interposant cotre la charge et le projectile une matière compressible et perméable aux gaz , c’est-à-dire , en augmentant l’espace derrière le boulet, on pourrait rendre les poudres brisantes moins offensives aux bouches à feu que ne le sont les poudres lentes avec le mode de chargement actuel , et cette conclusion est tout à fait d’accord avec les considérations qui précèdent. Afin que la force employée à comprimer le corps interposé ne soit pas perdue , le capitaine Piobert conseille de se servir d’un corps suffisamment élastique pour qu’il puisse restituer au projectile la force qui lui a été communiquée.
286. Le chevalier d’Arcy , dans le but d’apprécier l’influence • qu’exerce la surface enveloppante sur la vitesse de combustion , a fait de belles expériences qui méritent d’étre rapportées ici.
If'. Expérience. Une (rainée de poudre longue de 44 m , 3808 , haute et large de 0 m ,009 , fut disposée daus une sablière découverte par le haut. Le feu mis au bout de la traînée employa 1 23,8 secondes à la parcourir. M. d'Arcy constata par d’autres expériences que, tout le reste étant égal, les temps de combustion sont comme les longueurs des traînées de poudre.
2™'. Expérience. Deux traînées de poudre des dimensions ciaprès mentionnées ayant été disposées dans des sablières comme la précédente , le feu mit 73,8 secondes à parcourir la première , et 79,8 à parcourir la deuxième.
Si la première (rainée avait eu la longueur de la seconde sa combustion se serait achevée, d’après l’expérience qui précède, en 80,33 secondes.
Longueur. — Largeur. — Hauteur. — Durée de ta
combustion.
!<■•. Trainée — 107 m ,1073 — 0,013 — 0,009 — 73,3 secondes. 2"'*. Trainée - 124,7683 — 0,009 — 0,009 — 70,3 —
S" 1 '. Expérience. Deux traînées de poudre des dimensions ei-
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dessous indiquées ayant èlè disposées dans des sablières découvertes , le feu mis à l’une des extrémités employa 18,5 secondes à parcourir la première , et 25,5 à parcourir la seconde.
Longueur. — Largeur. — Hauteur.