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Une poudre (rès combustible donne presque instantanément une impulsion violente à l'arme et au projectile , déplace ce dernier aussitôt , et le chasse de même hors du canon ; mais la force motrice s’y étant développée tout d‘un coup , y décroît aussi dans une progression très-rapide , lorsque les gaz , se répandant dans un plus grand espace, deviennent moins denses , et perdent de leur calorique.
Une poudre lente produit un déplacement plus tardif du projectile, et lui imprime ainsi qu’à l’arme une secousse moins violente , mais le projectile se mouvant moins rapidement , est plus long-temps soumis à l’action des gaz , et cette action môme suit une progression décroissante moins prononcée , pareeque la combustion de la charge ne s’achève que durant le trajet du projectile dans l’àrao , et parcequ’ello compense ainsi en partie la perte des gaz que la forco accélératrice aura subie par la diminution de la densité et l’abaissement de la température de la masse de gaz déjà développée.
Si donc le projectile ne cède pas trop facilement à l’action des gaz , et que l’arme soit suffisamment longue pour que la durée de l’action compense la moindre intensité primitive do la poudre lente, il se peut fort bien que le projectile ait, au sortir du canon, la même vitesse initiale ou môme une vitesse initiale plus grande que celle qu’une poudre très vive lui aurait communiquée. Ou conçoit cela facilement en réfléchissant que la vitesse initiale n’est autre chose que la somme des accélérations de vitesse partielles que le projectile a reçues , et qu’un grand nombre de petites accélérations qui décroissent lentement , peut fort bien égaler et même dépasser un nombre plus restreint d’accélérations beaucoup plus forlcs dans le principe , mais rapidement décroissantes.
282. Si lo raisonnement qui précède ne semblait pas concluant , on pourrait rendre le fait en question plus évident encore en construisant une ligure géométrique. — En effet le travail mécanique exercé contre le projectile se compose de la somme des travaux qu’il a fallu exercer contre lui pour vaincre sa résistance eu chaque point de l’àme ; chaque (rayai 1 partiel se
K CAHON.
eorapose de la résistance vaincue le long d'on élément du chemin parcouru , et comme la résistance du projectile en chaque point de l’âme est égale à la force motrice qui la surmonte , on trouve que ces travaux partiels sont encore égaux aux forces motrices multipliées par les éléments du chemin parcouru.
Si donc sur l’axe de l’âme divisée en parties égales on élève des ordonnées dont la longueur représente la forco motrice , et qu’on désigne l’élément du chemin parcouru par la distance entre deux ordonnées , on aura pour chaque travail partiel le petit rectangle construit sur l’ordonnée , et l’élément de l’axe des abscisses , et le travail mécanique total exercé contre le projectile sera représenté par la surface limitée par la courbe , les ordonn ées e xtrêmes et l’axe des abscisses.
Cela j«>!ê , l’on voit très-bien que la surface limitée par une courbe dont les ordonnées sont d’abord très-grandes mais ensuite rapidement décroissantes peut fort bien être moindre que celle qui a pour limite une courbe dont les ordonnées sont d’abord moindres, mais qui s’approche moins rapidement de l’axe des abscisses.
283. La poudre lente doit avoir l’avantage sur la poudre vive chaque fois que la charge est forte , que la résistance à vaincre est considérable et que l’arme est longue. Je vais lâcher de le prouver parle simple raisonnement, et le corroborer ensuite par les intéressants résultats obtenus par Mr. Maguin dans ses expériences faites à Esquerdes de 1832 à 1834 , et par des faits qui sont généralement connus.
Dans le mortier et l’obusier court , bouches à feu dont l’âme a peu de longueur , l’action de la force motrice sur le projectile a nécessairement peu de durée , à moins que la résistance à vaincre ne soit très grande et par suite son déplacement tardif.
Il faut pour ces bouches à feu que la force motrice se développe rapidement et décroisse [de même , ou en d’autres termes que la poudre soit vive et d’autant plus vive que le projectile est plus léger.
* Dans l’arme portative la balle cède au moindre développemenl de la force motrice ,* si alors le projectile n’est pas chassé très rapidement hors du canon , le contact des gaz avec les parois de
POUDRE
l’&mese prolonge et il en résulte un abaissement sensible dans la température des gaz et par suite une diminution notable do leur force vive.
Le poudre de l’effet maximun à l'arme portative doit donc être vive.
Au canon la combustion de la charge développe assez de chaleur pour que celle que les parois absorbent ne constitue qu’une perte peu sensible; en second lieu le travail de la force motrice y peut avoir une certaine durée , et parce que le projectile ne se déplace pas aussi facilement que dans l'arme portative et parce que son trajet dans l’âme y est plus long que dans l’obusier ou dans le mortier ; dès-lors il est possible qu’une force motrice instantanément développée , mais n’agissant sur le projeclil^que très peu de temps et avec une intensité très rapidement décaissante , produise un travail utile moindre qu’une autre force dont l’intensité subit des variations moins brusques et qui agit plus long-lems sur le projectile.
Les poudres lentes peuvent donc dans ces bouches à feu avoir l’avantage sur les poudres vives, surtout si la charge est forte, te projectile lourd et que l’âme a une longueur considérable.
Observons toutefois que s’il est important qu’au canon le développement de la force motrice ne soit pas trop rapide", une combustion trop lente de la charge serait également nuisible. Mais celte vitesse de combustion relative des fortes charges est obtenue bien plus par une facile transmission de la flamme comburante que par une grande combustibilité des grains.
28-i. L’expérience confirme pleinement les résultats de notre raisonnement : Les poudres vives montrent une supériorité marquée dans les bouches à feu courtes , telles que les mortiers , et surtout dans les armes portatives , mais celte supériorité décroît à mesure que la longueur de l’arme , le calibre , la charge et la résistance à vaincre augmentent, et on arrive bientôt à une limite où, avec des poudres plus lentes, on obtient un effet utile plus grand qu’avec des poudres vives.
285. Il résulte de l’ensemble des expériences qu’on a faites que pour produire le plus grand effet utile la poudre doit être d’au-
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tant plus vive que la durée de l'action des gaz sur le projectile est moindre, et que la charge est plus faible ; dans ce dernier cas une faible influence sur la combustibilité ou une perte peu considérable de calorique deviennent très-sensibles.
Il est en outre prouvé par ces expériences que dans les armes portatives et dans les mortiers , surtout dans ceux d’un faible calibre, les poudres vives donnent au projectile des vitesses beaucoup plus fortes que ne le font les poudres lentes.
Dans les canons au contraire ,-les poudres lentes communiquent au projectile une vitesse plus grande que les poudres vives , et cela d’autant plus que le calibre du canon est plus fort , que l’âme en est plus longue , que le vent est plus petit , que le projectile a un poids plus considérable, et que la charge est plus fofte.
286. La charge et le poids du projectile étant fixés , il existe pour chaque arme une poudre d’une combustibilité donnée qui produit le maximum d’effet utile, en supposant, bien entendu , la qualité des matières et leur dosage constants ; celte combustibilité varie ensuite avec la quotité de la charge et le poids du projectile , et diminue à mesure que la charge et la résistance à vaincre augmentent.
Il résulte de là que quoiqu’une arme exige , par exemple , une poudre vive , il arrive cependant que cette arme devienne insensible à un degré de corabnstibilitè plus grand que celui qui est exigé , ou donne môme un effet utile moindre ; c'est pour celle raison que l’éprouvette actuelle’, quoique donnant l’avantage aux poudres Vives , ne déclare cependant ni l’augmentation de combustibilité due à l’emploi du charbon roux , ni la différence de combustibilité des poudres à canon et à mousquet , tandis que ces différences sont très-bien marquées à l’é. prouvette Regnier et dans les armes portatives.
287. Dans les armes qui exigent des poudres vives , la combustibilité doit ôtre d’autant plus grande que la charge est plus petite.
Ce fait est mis hors de doute par les expériences faites par Mr. Maguin , dont les résultats font consignés dans le tableau suivant : 28
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Estait faits à Esquerdct par Maguin en 1 828 avec des poudres fabriquietpar la preste hydraulique.
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