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la combustibilité qu’à la force.
Cet essai exige encore qu’aucune partie des gaz ne puisse fuir sans avoir agi utilement sur le projectile , surtout dans une épreuve en petit.
Lorsque, par contre , on veut vérifier la vitesse de combustiou , qui est surtout modifiée par les qualités physiques du grain , le vide plus ou moins grand entre la charge et le mobile, la quantité d’eau absorbée par la poudre, etc. , il est nécessaire de prendre la charge au volume , parce qu’une différence dans les volumes exercerait une plus grande inlluence sur l’efTet dynamique ( l’instrument étant propre à l’essai ) qu’une différence dans les poids. Le mobile destiné à recevoir l’impulsion des gaz ( l'obturateur) doit ici échapper à leur action avaDt la combustion complète de la poudre; il faut donc qu’il soit léger, ou que l’arme ait peu de longueur , et que l’obturateur pose sur le tube qui contient la charge , par juxta-posilion.
Dans ce cas , l’action des gaz sur l’obturateur sera , pour ainsi dire, instantanée, et l’impulsion reçue par l’obturateur, proportionnelle à la quantité de poudre brûlée dans un temps donné , c, à. d , à sa combustibilité (car on peut considérer comme sensiblement égale la durée très-petite de l’action des gaz sur l’obturateur , les poudres étant différentes ).
Il résulte de ce qui précède , que pour mesurer la force de la poudre, il est indispensable de se servir d’un instrument qui ne soit pas trop sensible à la combustibilité. Telles sont los armes courtes et les longues d’un faible calibre , comme les armes portatives.
329. Aux qualités spèciales que doivent posséder les éprouvettes qui servent à vérifier la combustibilité ou la force , il faut ajouter des qualités générales qu’une éprouvette quelcon-
l’OlDUE
que doit avjir. Une éprouvette doit être simple , et peu ou point sujette à se dégrader ; il faut euiin que les résultats qu’on obtient par elle soient comparables entre eux.
SUO. Plusieurs qualités de la poudre n’ayant rien d’absolu , mais élant relatives , il faut faire avec chaque arme des essais préalables pour reconnaître la poudre qui lui convient , et le but de l’essai n’est alors autre que de constater les qualités qu’on a reconnu convenir pour tel ou tel service.
3«$1. Toutes les éprouvettes qu’on a imaginées pour vérifier séparément la combustibilité ou la force absolue de la poudre , ou toutes les deux a la fois , peuvent se classer en quatre catégories i
1“ Les éprouvettes à ressort , telles sont l’éprouvette à peson de Kegnier , et celle à roue dentée en forme de pistolet , dans lesquelles la résistance se trouve dans un ressort.
2“ Les éprouvettes dans lesquelles la résistance qu’on oppose à l’action des gaz est le poids de l’obturateur. Ce dernier est attaché à un fil ou il fait système avec une barre dentée , et alors l’éprouvette est dite à crémaitlièro.
3° Les éprouveltes hydrostatiques dans lesquelles l’effet produit consiste dans l’immersion d’un flotteur dans l’eau.
4° Les armes à feu ordinaires ; ces dernières éprouvettes peuveut se subdiviser en trois classes , suivant qu’on emploie le canon , le mortier , ou l’arme portative.
On pourrait aussi les classer en prenant pour base le procédé d’évaluation de l’effet dynamique. Pour connaître ce dernier , on mesure soit la quantité de mouvement imprimée à l’arme , ou au projectile , soit la portée de ce dernier , soit enfin la pénétration du projectile dans une masse aussi homogène que possible.
333. On conçoit aisément qu’aucune éprouvette ne peut être parfaite et rigoureusement comparable avec elle-même , car les dégradations possibles peuvent bien être restreintes mais non pas évitées entièrement , et il en résultera nécessairement des variations dans l’action du moteur et de la résistance qu’on lui oppose , partant , dans l’effet dynamique. Lorsque l’éprouvette
A CARON
est à ressort , la résistance à vaincre par l’action des gaz varie avec la température , avec le poli et l’usé des points d’appui du ressort , sans compter qu’il est impossible de donner exactement à ce dernier une élasticité déterminée , et surtout de la lui conserver.
Dans l’éprouvette à crèmaillière l’effet utile est modifié pardes chocs , par le poli des points d’appui , etc.
Dans l’éprouvette hydrostatique la résistance dépend de la densité de l’eau , et l’effet utile y est modifié par le nombre variable des grains qui ont été lancés hors du mortier sans avoir ajouté à l’effet.
Lorsque l’éprouvette est une arme à feu , le vent , l’évasement de la lumière , la température de l’ame , les variations dans les diamètres de l’ame et du projectile , sont autant de causes qui modifient l’action des gaz et la résistance du projectile. De plus , le procédé d évaluer l’effet dynamique y est coûteux et laborieux si on veut le mesurer au pendule , et il est sujet & de graves erreurs , lorsqu’on veut le mesurer d’une manière différente (a).
Dans toutes les éprouvettes enfin , la moindre erreur dans la pesée de la charge influe d’autant plus sur l’effet utile que la charge est moins considérable.
L’éprouvette proposée par le chef d’escadron Colson (mémorial de l’Artillerie, n u III , pag. 48) est la seule que je connaisse qui évite presqu’entièrement les frottemens , et dans laquelle les variations de la force motrice et de la résistance me semblent être restreintes autant que possible. Je la considère comme un excellent instrument pour vérifier la combustibilité de la poudre , mais je la crois peu propre à en mesurer la force :
(a) En effet , il est bien difficile d’évaluer la quantité de mouvement du projectile en se basant, p. ex, sur sa pénétration dans une matière donnée , par la simple raison qu’il est impassible d’en trouver une parfaitement homogène* La portée n'est pas toujours chose facile à constater sans compter qu’il peut fort bien arriver que deux projectiles aient eu des quantités de mouvement initiales très différentes , et que malgré cela ils atteignent sensiblement la même portée*
POUDRE
il me semble que l'absorption du calorique par les parois de l’âmo y étant , proportion gardée, plus grande que dans une bouche à feu , il est à craindre que , même avec un obturateur très lourd , l’instrument ne soit encore trop sensible à la vitesse de la combustion.
3 ii. Nous décrirons succinctement les différentes éprouvettes en usage , les moyens de s’en servir , et nous ajouterons quelques mots qui pourront en faire apprécier le mérite. Quant au mortier d’épreuve , notre instrument légal , nous entrerons dans plus de détails à son égard.
Eprouvette à peson de Regnier (PI. 3 , fig. S. )
334. C’est un ressort à deux branches b et e , bridées par une traverse d dont l’une des extrémités fait corps avec la branche 6 , et dont l’autre extrémité passe librement à travers la branche c. La traverse d se termine par un obturateur e qui ferme par juxla-posilion l’orifice du canon a et y exerce une pression de trois kilogrammes. A la culasse de ce canon est adapté un arc de cercle gradué f, concentrique avec la traverse d ; et passant librement à travers la branche b. Un fil de laiton g , pris d’un bout dans la vis h , traverse librement la brànchc b , et perce également une petite pièce ronde de maroquin huilé qui sert d’index.
Le canon peut contenir un gramme de poudre de chasse ; sur l’arc de cercle /est tracée une échelle en 30 parties dont chacune correspond à la pression d’un kilogramme ; ces parties sont inégales entre-elles car à mesure que la branche mobile 6 s’approche de la branche fixe e , elle éprouve une plus forte résistance.
Pour se servir de l'instrument , on rapproche les deux branches et on les maiulient ainsi pendant qu’on introduit la charge dans le canou ( à l’aide d’une petite broche qu’on fait entrer dans le trou k ) qu’on remplit exactement ; on ratisse l’embouchure avec une lame , et ou y laisse descendre doucement l’obturateur. Avant de mettre le feu , l’index est placé contre la branche b du ressort.
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