‹ Essai d'une classification des animaux microscopiques. Extrait du Tome II (Zoophytes), Histoire naturelle de l'Encyclopédie méthodiqueChapitre 14 sur 20 · ORDRE III · texte numérisé non relu

ORDRE III

STOMOBLÉPHARÉS, où se distingue antérieurement une ouverture buccale, munie de cils. ou cirres vibratiles, mais non d'organes :rotatoires doubles, c’est-à-dire évidemment conformés en roue; corps non testacé. — (Les Microscopiques de ce troisième ordre, toujours foz-

(61) més d’une molécule constitutrice transparente, où se voient des corps hyalins plus gros, sont encore fort simples , c'est-à-dire qu'on n’y distingue

aucun orsane interne dont on puisse assigner Posi-

tüvement l'usage. Le corps, soit nu, soit déjà recouvert d’une sorte de fourreau, mais jamais d'un véritable test, est également contractile , et conséquemment susceptible d’une certaine polymorplie ; nulle enveloppe consistante ne le restreignant dans des formes invariables et rigoureusement symétriques. On peut en quelque sorte comparer à un tube intestinal la vacuité du corps, qui souvent demeure en forme de sac, ce qui offre beaucoup de rapport avec ces Polypes de Trembley , bien plus avancés dans l'échelle animale, et n'offrant cependant, comme nos Stomoblépharés, qu’une sorte d'estomac vivant , isolé. Mais les cils où cirres vibratiles dont l'ouverture est garnie, compliquent singulièrement l’organisation de ces animaux. De ce que les mobiles qui font agir ces cirres échappent à notre vue, on auroit tort de conclure qu'ils n’existent pas ; au contraire, si l’on en juge par la rapidité des mouvemens donnés à leurs cirres par les Stomoblépharés, il faut que le mécanisme qui occasionne de si rapides mouvemens soit très-puissant. C’est particulièrement cette faculté de faire vibrer si fort les cirres de leur orifice, outre la vacuité de leur corps, qui distingue notre troisième ordre de celui des Trichodés, où l’on trouve des poils ciliaires et des cirres, mais où ces parties ne sont pas positivement propres à la vibration.

La première section du premier ordre des Polypes de M. de Lamarck, que ce savant désigne sous le nom de 7’zbratiles , est l’ordre que nous établissons 1c1, quant aux caractères par lesquels le savant professeur l’a désigné; mais des 1rois genres Ratule, Fricocerque et Faginicole qu'il y comprend , le dernier seul y convient tel qu’il fut ‘constitué. Le second se démembre, et a dû être transporté aux simples Trichodés, tandis que les “genres importans, Furcularia et Urceolaria de M. de Lamarck, placés par ce savant dans sa deuxième section, ou des Rotifères, n’y sauroient demeurer , et doivent être transportés parmi nos Stomablépharés, vu que dans ces deux genres, ainsi que dans le reste de nos Stomoblépharés, les cirres vibratiles ne se développent jamais en organes rotatoires complets. Les animaux de cet ordre sont moins fréquens dans les infusions que les précédens. Ils doivent encore se substanter par absorption. On a regardé leurs cirres vibratiles comme destinés à attirer leur proie à l’aide du tourbillonnement que ces cirres déterminent dans l’eau. Nous avons effectivement vu ce tourbillonnement aturer parfois des Monades et autres Microscopiques minimes, et les engloutir dans la cavité interne; mais nous nous sommes Convaincus que ces petits êtres engloutis étoient aussitôt rejetés , la plapart toujours vivans , par le même mécanisme, . et conséquemment ne servoient pas à la nutrition des Stomoblépharés ; nous regardons ces cirres comme étant plutôt l'ébauche des organes de la respiration, qui les premiers se montrent après appareil intestinal gastrique.)

(65) Lo. rA4MILLE Drs URCÉOLARIÉES,

Où le corps, entièrement nu , Sans gaine ,et ne servant de gaine à quoi que ce soit , n’est jamais terminé par une queue qui s’y articule , non plus que par un appendice caudiforme , Encore qu’il se puisse atténuer postérieurement ; il présente absolument la forme d’un cornet ou d'une cupule vide, antérieurement ouvérte, ayant aux deux côtés du limbe des cirres vibratiles disposés en faisceaux opposés, (Il arrive souvent que dans le mouvement donné à ces cirres par l'animal, on croiroit ce limbe entièrement cilié , mais ce n'est qu’une apparence, et lorsque l'animal se repose , où lorsqu'il se prépare à faire tourbillonner l’eau >, On y reconnoit bien distinctement l'existence de deux faisceaux de cirres distincts. )

Genre 53. Myrricine, Myrtilina; N. Corps €n Coupe, parfaitement vide, submembraneux à avec un ou deux cirres vibratiles de chaque côté ; plusieurs individus s’agrégeant en glomérules sessiles par leur extrémité postérieure. — Exz- PLES. Myrlilina fraxinina; N. Encycl. Dic.

Vorticella ; Muz. tab. ÆXAXVIIL. fig. 17. Encycl. pl. 20. fig. 37. — Myrtilina cratægaria ; N. Encycl. Dic. Vorticella ; Muiz. tab. X XIII.

JS. 18. Encycl. pl. 20. fig. 38. Roësez, In.

T. III. pl. XCVTIIT. fig. 3. -— (M. de Lamarck avoit déjà indiqué par une note, |’. tablissement de ce genre à la suite de ses Tubicolaires (Anim. sans vert. tom. 2. P: 53), place où ce-

pendant ce genre ne pouvoit demeurer, au-

cune espèce n’y ayant d'organe rotatoire , et la capsule qui constitue Îles Myrülines ne seryant à renfermer aucune parie de laninal, conformé en corps comme sert le fourreau des Tubicolaires. C’est avec les Cellépores de M. de Lamarck, qui ne sont pas positivement pierreux, comme le dit ce savant, mais bien plutôt membraneux, comme la fort bien re- ‘marqué Lamouroux, que les Myrtilines offrent le plus de rapports, particulièrement avec l'ovoidea et le Magnevillana, Lawx. Polyp.

flex. .plior. Figrt et 9 Le Tubulipora orbiculus, Lamx. Anim. sans vert. tom. 2.

pl. 163. n°. 3. Encycl. pl. 479. F8. 3 , ressemble encore beaucoup aux Myrtilines , seulement tous ces animaux sont un peu plus grands ; mais nous sommes persuadés que lorsqu'ils auront été observés vivans, on y trouvera des cirres au limbe ; alors tous seront du même genre, et un passage très-naturel sera établi des Stomoblépharés aux Flustrées. Les Myrtilines vivent pa rasites sur les tentacules des mollusques fluviatiles, ou sur les petits crustacés ; ce qui pourroit faire supposer que ce ne sont que les animauxfleurs de certains Psychodiaires croissant sur ces mêmes crustacés, et qui étant devenus libres, conservent encore dans leur nouvel état des habitudes sociales.) |

Genre 54. Rinerze, Rinella ; N. En coupe non totalement évidée, avec un corps interne dans le fond qui se prolonge par le centre en un mamelon saillant du milieu de ce limhe; ne

(65) s’associant jamais en glomérules. — Exzmptes. Rinella myrtilina; N. Encycl. Dic. Semblable pour la forme à une baie du Jaccinium Myrtilus ; L. — Rinella mamullaris ; N. Urceolaria bursata ; Lauk. Anim. sans vert. tom. 2. p. 41. n°: 5.

Porticella ; Murz. pl. XX XF. fig. 0. 12. Encyct. pl. 19..fig. 12. 15. — Rinella Nasus ; N. Encyct. Dic. Urceolaria nasuta ; LAmr. Anim. sans vert. tom. 2. p. 45. n°. 18. V’orticella; Mucr. tab. FAX VIT. fig. 20. 24. Encycl. pl. 20. fig. 16. 20.

Genre 95. UÜnrcéoraIRE, Urceolaria ; Laux.

Corps complétement urcéolé, évidé, contractile, plus ou moins variable , postérieurement 6btns, toujours libre et jamais terminé en queue. — (ïl ne faut pas confondre avec les Urcéolaires les animaux-fleurs des Vorticellaires , lorsqu'ils sont de venus hbres, et, qu'emportant avec eux une parte de leur pédoncule, on y croit voir une sorte de queue, qui trahit leur origine psychodiaire : tels sont, par exemple, les Zorticella tuberosa et citrina de Muller. )

* Vorticelloides : ayant les deux faisceaux de cirres vibratiles sensiblement distincts. — £xrzm- PLES. Urceolaria Sacculus ; Lamx. Anim. sans vert. tom. 2. p. 45. n°. 16. Forticella ; Muzz. tab. XX XVII. fig. 14. 17. Encycl. pl. 20. fig. 10. 13. — (Les espèces de ce sous-genre seroient exactetement des Bursaires ou des Cratérines, si elles n’étoient munies de cirres vibratiles. )

* * Pénbléphares : où les cils vibratiles paroissent garmir tout le tour du limbe.

e. Les unes sont en forme de cupule ou de sac, c’est-à-dire , toujours ressemblant à des Bursaires ou à des Cratérines. — Exemp1Es. Urceolaria discina ; Lau. Anim. sans vert. tom. 2. p. 44 n°* 20. Porticella ; Muzs. tab. XX AVI. 8: DL ÆEncycl. pl. 20. fig. 25.25. — Urceolaria truncatella; Lawx. Anim. sans vert. tom. 2. p.44. 7°: 22. Porticella; Murs. tab. XX XVIII, f8+ 14: 19° Encycl. pl. 20. fig. 34.59. |

8. Les autres sont difformes. — ExeMPzes. Urceolaria papillaris ; Lam. Anim. sans vert.

tom. 2. p. 45. n°. 15. Forticella ; Murz. tab. XXXVII. fig. 13. Encycl.pl. 20. fig. 9. — Urceolaria valga; Laux. Anim. sans vert. tom. 2.

p. 43. n°. 14. Vorticella ; Muzz. tab. XX AVIT. fig. 12. Encycl. pl. 20. f8. Ô.

Genre 56. Srenromine, Séentorina; N: Corps évidé, contractile, polymorphe, postérieurement atténué én pointe, de maniere à donner à l’animal développé la forme d’un entonnoir ou d’un cornet à bouquin. |

* Solitaires-errantes : elles sont foncées en couleur, soit que leur teinte tire sur le brun, soit qu’elle tire sur le vert ; très-polymorphes , elles sont aussi bien plas grandes que tous les animaux précédens , et on peut en distinguer la plupart à l'œil désarmé , comme des points agités dans l’eau des marais. — ExemPzes. Stentorina [nfundibu- Zum ; N. Encycl. Dic. Urceolaria nigra ; LAMK. Anim. sans vert. tom. 2. p.42. n. 10. Vorticella ;

Muzz. tab. XX XVII. fig. 1.4. Encycl.pl.19.f8.

44. 47. — Stentorina polymorvpha; N. Urceolaria } Lamrk. Anim. sans vert. tom. 2. p. 42. n. 8. Forticella ; Muzz. /ab. AAXAVTI. fig. 1. 18: Encyel Pl. 19: fig. 21. 23. — Steniorina hyerocontica ; N. Porticella stentorea ; Muiz. tab. XLIIT. Jig. 6. 12. Encycl. pl. 25. fig. 6. 12. Rorser, Ins. T. HI. tab. KXCIF. fig. 8. Lenrru. p2. 88. fig. I. K.

* * Sociales : c’est-à-dire , se plaisant à se réue nir en groupes , en rapprochant leur partie postérieure qu'elles fixent sur les lenticules ou autres corps inondés. Elles sont grisätres et transparentes. — EXEMPLES. Stentorina Roeselii ; N. Encycl.

Dic. Rors. /ns. T, III. tab. XCIF. fig. 5. 6. Lx- DERM. D. 08.f3. f. g. h. — Stentorina biloba ; N.,Encycl. Dic: Rosstr, Jns. T III, ‘tab.

XCIF. fig. IV. tab. XCF. et tab. XCFT.

— (Ces deux dernières espèces, mal-à-propos rapportées par Muller à ses Jorticella stentorea et socrals, en sont bien différentes, et devroient peut-être constituer un genre distinct. S'évanouissant quelquefois sous l’œil de l’observateur en molécules, et susceptibles de se reproduire de leurs propres fragmens , ainsi que nous l’avons expérimenté, on diroit des Polypes d’eau douce de Trembley dépourvus de tentacules. Un point agité au centre , quelquefois d’un rouge de sang, et que nous regardons comme un cœur rudimentaire ; avec des globules internes qui pourroient bien déjà remplir les fonctions d’ovaires, les avancent beaucoup dans l'échelle animale. )

Genre 57. SINANTHÉRINE, Sinanthenina ; N.

de

Corps cupuliforme ; atténué postérieurement ent appendice caudiforme, ayant un double rang.de cirres vibratiles à son orifice qui est oblique, avec . une espèce de tentacule bifide au centre. —£ExEmM- P1£. Sinantherina socialis ; N. Encycl. Dic.

Forticella; Murs. tab: ALI. Jig: 13. 19. Encycl. pl. 23. fig. 13.15. ( Cet animal , encore plus grand que ceux du, genre précédent, forme un passage très-naturel aux polypiers vaginiformes de M. de Lamarek par les Plumatelles, dont il ne diflère que parce qu'il présente des cirres vi= bratiles au lieu de tentacules. Il faut se garder de le confondre avec les Stentorines sociales, qu'il surpasse encore par les dimensions, ayant jusqu’à deux lignes de long. Très-visible à l'œil nu ; À se réunit en familles, et forme de petites toufles

sur la vase des marais.)

YIo. FAMYTLLE DES THIKIDÉES);

Où le corps, obscurément urcéolé , ouvert antérieurement , ayant le plus souvent orifice buccal cirreux tout autour, et terminé par une véritable queue, est contenu dans un fourreau oxdinairementmembraneux et toujours très-distinct, à travers lequel ses mouvemens contractiles se distinguent aisément. ( On. commence à reconnoître dans plusieurs espèces des genres qui constituent cette famille, un point mobile durant la vibration des cirres, et-situé, vers la partie que l’on peut considérer comme un Cou; CE point agilé représente, selon nous, une ébauche de cœur ; l'évidement du corps En urcéole étaut considéré comme

(69 ) Pébauche de l'appareil digestif, qui a nécessairement précédé l’appareil circulatoire. }

Genre 58. Fiuixe, Filina; N. Gaine conique = UNE .

postérieurement , atténuée en pointe caudele filiforme, qui n’y est pas articulée, simple, entière, et que remplit Le corps ; tête obtuse dans Pétat de dilatation de l'animal , garnie d’un faisceau central de cirres vibratiles, et munie de deux appendices tentaculaires alongés. — Exzmpre. Filina Mulleri; N. Encycl. Dic. Brachionus passus ; Mur.

2 FA P D tab. XLIX. fig. 14, 10. Encycl. pl. 28. fig. 14. 16. — (Sans les cirres vibratiles, les appendices tentaculiformes et la gaine prononcée qui contient le, Corps, ce seroit un Ratule.)

Genre 59. Moxocerque , Monocerca ;.N. Fourreau musculaire postérieurement atténué en un appendice caudiforme simple qui y est évidemment arlicülé ; orifice dépourvu d'appendices tentacuhformes , cirreux tout autour. — ExxmMPrESs. Monocerca vorticellaris ; N. Encycl. Dic. Fortscella tremula; Murs. tab. XLI. fig. 4. 7 Engycl. pl, 21. fig. 20. 25.

Monocerca longicauda; N.ÆEncycl. Dic. Ratulus carinatus; LAmMK. Anim. sans vert. tom: 2. p.24. n. 1. Irichodw Rattus ; Murz..éab. X XTX. fig. 5. 7. Encycl. pl. 1h. fig. 1597)

Genre 60. FurcuLaiRe, : Furcularia; Lamk. Fourreau musculeux postérieurement atténué et garni d'un appendice caudiforme double ou bifide qui s'y articule évidemment ; orifice dépourvu d'appendices tentaculiformes, cirreux tout au-

tour. — Exzgmpies. Furcularia longiseta ; Lanx. Anim. sans vert. tom. 2. p. 39. n. 8. Vorticclla ; Murs. tab. XLIT. fig. 9. 10. Encycl. pl. 22../f8. 16. 17. — Furcularia lacinulata ; Laux. Anim. sans vert. tom. 2. p. 38. n. 5. P’orticella ; Murr. tab. XLIT. fig. 1. 5. Encycl. pl 22: fig. 6.

12. — Furcularia Larva; Lamk. Anim. sans pert. tom. 2. p. 57. n. 1. Vorticella; Murz.

tab. XL. fig. 1. 3. Encycl. pl. 21. fg. 9. 11. — Furcularia longicauda; N. Encycl. Dic.

Trichocerca ; Lam. Anim. sans vert. 1om. 2.

p. 29. n. 3. Trichoda ; Muiz. tab. X XXI. fig. 8. 10. Encycl. pl. 16. fig. 9. 11: — Furcularia Fes; Laux. Anim. sans vert. tom. 2. pag. 13. n. 13. Porticella ; Mur. tab. XLIII. fig. 1. 5. Encycl.: pl, 23. fig. 1.5.--( Les J’orticella senta de Maller, tab. X LI. fig. 8. 14. Encycl. pl. 22..fig. 1. 7, et aurita , Mur. fig. 1. 3. Enoycl. pl. 21. fig. 17. 19, que nous rapportons d’après M. de Lamarck à ce genre, pourroient bien en former de distincts, que caractériservient les cirres vibratiles disposés en deux et eù trois faisceaux très-séparés, et situés diversement, ou aux deux côtés opposés de l’orifice qui saille hors du fourreau en manière de tête.)

Genre 61. Tricaocernque, Trichocerca ; LaAmx. Corps et fourreau très-musculeux , terminés par une queue articulée et composée. — Exrmrrr.

Trichocerca Pocillum ; Lam. Anim. sans vert.

tom. 2. p. 26. n. 4. Trichoda ; Muzz. tab. XX1IX. Res. 9: 2. Encycl.:pls a5: fig. 19. 22. Furcularta stentorea ; N. Encycl. Dic. — ( Le senre

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