‹ Essai d'une classification et d'une description des térébratulesChapitre 49 sur 108 · TERERRATULA Gryphus · texte numérisé non relu

TERERRATULA Gryphus

PI. XVI, fig. 18.

Gypidia Conchidium Dallm.

Uncites Gryphoides Defr.

Pentamerus Knightit Sow.

Schlottheim, Nachträge, I, fig. 7.

Une des plus grandes Térébratules connues; elle est si frappante par son crochet dégagé, long, grandement relevé, et recourbé vers la pointe, que l'on se refuse à reconnaître dans cette forme une Térébratule. Cependant le caractère principal ne lui manque pas; la séparation du muscie d'attache d’avec la charnière par un deltidium intermédiaire. Les cloisons intérieures, que Sowerby et Dallmann, regardent comme caractéristiques pour un nouveau genre, sont communes à toutes les Térébratules, mais plus ou moins grandes suivant les espèces. Les cloisons, que Dallmann a figurées, et qui convergent au-dessous de la valve ventrale, descendent toujours entre larea et le deltidium , et servent de support aux dents. On les trouve également dans les Térébratules vivantes et même tout-à-fait semblables à celles de la 7. Gryphus, seulement divergentes dans la 7°. psittacea.

La forme, abstraction faite du crochet, est celle d’un rhombe , avec les deux côtés supérieurs très longs et les deux inférieurs trés courts et avec des angles fortement tronqués. Sa plus grande largeur est aux trois quarts de la longueur de la coquille. La valve ventrale a sa plus grande hauteur dans le milieu, et tombe rapidement, vers la fin presque perpendiculairement dans le crochet; elle descend, au contraire, avec une courbure tres faibie vers le bord. Les arêtes de cette valve sont inclinées l’une sur l’autre de 50 degrés ; cependant leur sommet dans le crochet ne forme pas un angle aigu, mais plutôt un segment de cercle. L’angle des arêtes cardinales est extraordinairement aigu, ordinairement de quarante

(N.6, p.74) DES TÉRÉBRATULES. 175 degrés. Les arêtes cardinales descendent jusqu'aux trois quarts de la longueur de la coquille. Puis les arêtes latérales se réunissent sous un angle obtus, tronqué, sans front; elles n’ont souvent qu’un tiers de la longueur des arêtes cardinales. L’area s'élève jusque vers le sommet du crochet et descend aussi loin que les arêtes cardinales. Elle présente une oreille considérable, faiblement bombée, qui est fortement couverte par des anneaux d’accroissement et non par des plis. L’'arètede l’area, du côté du dos, estarrondie. Ledeltidium, qu’on ne peut pas bien reconnaitre dans les petits individus , a la forme d’une partie de la valve ventrale et lui est contigu. Sur ce deltidium les stries d’accroissement se réunissent des deux côtés, dans le milieu, en formant un angle; ou en d’autres termes il est couvert de séries en forme de barbes de plumes , présentant un angle tourné vers le haut. Il ferme la huitième partie de l'ouverture assez considérable qui se trouve au sommet du crochet.Dansies grands individus, cedeltidium estcomprimé et disparait; le crochet parait alors vide. Ce crochet est rarement droit, le plus souvent il est tordu dans sa courbure; il dévie même en plusieurs sens, ce quise conçoit très bien si l'on s’imagine la coquille fixée seulement au sommet d’un si long crochet, et le reste libre; cette torsion n'aurait pas lieu si le muscle d'attache avait rempli tout l’espace resté ouvert depuis le sommet jusqu’à la base de la charnière. La valve dorsale est peu bombée, presque plate sur le dos, cependant sans trace de sinus. Elle tombe insensiblement vers le front, mais perpendiculairement vers les arêtes cardinales.

Les deux valves sont couvertes de plis serrés qui se dichotoment par bifurcation. Ils sont au moins deux fois aussi larges que leur intervalle, et, à leur origine , aussi distincts que vers le bord. Dans une longueur de huit lignes il se trouve 25 (21-29) plis au bord, 14 au sommet. Les Térébratules de Suede paraissent avoir des plis un peu plus larges et en forme de toit, qui augmentent un peu plus en largeur. Il y a quatorze plis au sommet du crochet, vingt-cinq plis au bord. Les plis de la surface plane du dos ne sont pas bifurqués dans ces individus , il n’y a que ceux des côtés.

Dans les petits individus :

Longueur de la plus grande valve 100, petite valve 68, largeur 65, hauteur 50

GTS NME TE 2, — 100 — 9 — 73 Dans les grands individus :

Longueur de la plus grande valve, 100 — 797 — 66 — 53 OUR RS UNS Ne USE RE OO ME AIS Ont y 2168

Les plus grands individus ont jusqu’à deux pouces et demi de longueur, les plus petits seulement trois lignes, et entre ces limites on en trouve de toutes les grandeurs. Très abondante dans la grauwacke au Klustein près de Gladbach non loin de Cologne. Elle l'est moins près de Bensberg. Petite à Gerolstein. Celles de Suède ne se trouvent qu’au Klinteberg en Gothland dans le calcaire

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de transition, celles d'Angleterre dans le mountain limestone à Downton dans le Herfordshire et pres de Walbrookdale.

On trouve un passage complet depuis la 7°. psittacea vivante, par la 7. /yra de la craie, jusqu'à la 7. gryphus de la formation de transition. On n’a Jamais contesté à la première de celles-ci sa nature comme Térébratule; on peut donc encore moins chercher dans la dernière une forme particulière , appartenant à un genre tout-à-fait différent. Mais elles forment évidemment une petite famille particulière, que l’on pourrait très bien nommer Rinchora, comme Y'a fait Dallmann.

19 TErREBRATULA prisca Schlotth.

PI. XVI, fig. 19.

Schlottheïm, Nachträge, 1, pl. 17, fig. 2.

Sowerby, pl. 324, fig. 2 (T. affinis).

Lecaractere particulier de cette espèce, répandue au loin, consiste dans la pression extrêmement marquée que l'animal renfermé dans la coquille exerce sur la partie supérieure ou cardinale de la valve inférieure ou ventrale. Plus la coquille est grande, plus cette partie s'élève et se courbe, et le bord ou le front reste en arrière. C'est le caractère précisément opposé à celui des Pugnacées, dans lesquels l'animal se porte tout entier vers le front, et s'éloigne du bord cardinal, ce qui fait que le bord de la valve ventrale dans ces Térébratules est toujours remarquablenient élevé.

Cette propriété de la 7. prisca fait que , dans les individus qui ont atteint toute leur croissance , la valve ventrale non seulement s'élève si rapidement, à partir de la charnière , qu’elle paraît ordinairement verticale à l'origine, mais encore qu'elle surplombe un peu quelquefois. Cependant elle se courbe bientôt, long-temps avant le premier quart de sa longueur; elle atteint, par une pente douce, sa plus grandehauteur aumilieu de la longueur, et tombe à partir delà, avec une courbure peu prononcée et à peine sous un angle de 30 degrés, jusque vers le front. La partie supérieure forme un bourrelet légèrement bombé, qui ne se distingue pas du tout ou qui se distingue à peine des côtés. Ces côtés tombent rapidement et uniformément vers le bord.

Les arêtes cardinales sont placées l'une à côté de l’autre, suivant une ligne droite, qui n'est interrompue que par la saillie du crochet, Elles se réunissent en formant un coin arrondi, à angle droit, avec les arètes latérales qui descendent perpendiculairement et sont plus courtes qu'elles. Ces arêtes latérales, qui ne sont que peu arquées, se réunissent, en formant une plus grande courbe, avec le front ; qui est aussi large que les deux arêtes cardinales ensemble, et qui est rarement interrompu et abaissé par le bourrelet et le sinus.

L'area est s/ petite, qu’elle est presque complétement cachée; elle a des bords très tranchants du côté de la valve dorsale. L'ouverture aussi, qui est petite par

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elle-même, est bientôt cachée par le renflement de la valve ventrale, et ne peut être aperçue que dans les individus jeuneset dont les valves sont encore peu bombées. Alors elle est distincte, avec un deltidium très caractérisé. La valve dorsale ne parait être qu’un mince couvercle placé sur la valve inférieure; elle ne s'accroît que suivant son contour et pas en hauteur. Elle est presquetout-à-fait plate et faiblement et très largement carénée dans le voisinage du crochet. Le sinus s'enfonce à partir du milieu; il est d’abord très large, mais avec des côtés très convergents sans séparation tranchée etdistincte d’avec les ailes. La pointe du sinus est arrondie’

Les plis des valves sont très forts et tres saillants ; cependant ils sont arrondis en dessus, Jamais tranchants. Ts sont abondamment bifurqués dans un âge avancé encore plus qu'au commencement. Par conséquent, souvent, au lieu d’être plus larges au bord , ils sont réellement plus minces que dans le milieu. Autour du crochet il y a 15 plis, dont le nombre s'accroît jusqu’à 64, dans une distance d’un pouce ; les plis sont coupés par de forts anneaux d’accroissement, si fortement, qu'ils paraissent même un peu retroussés. Ces anneaux deviennent de plus en plus serrés à mesure qu'ils s'approchent du bord; par conséquent, le bord finit par devenir tout-à-fait rude, et la surface paraît encore plus distinctement striée en forme de treillage.

Longueur, 100 ; largeur, 104; hauteur, 70; largeur du sinus, 0,65 de la largeur totale.

Cette variété est surtout abondante dans la Grauwacke à Bensberg et Gladbach près de Cologne ; ensuite en Angleterre, dans le Malvern-Hills (Glostershire), à Dudley et près d'Horncastle.

Ilyaune autre variété, Var. Ængusti-costata, encore plus répandue, qui pourrait être regardée comme une espèce particulière, s’il n’y avait pas de l’une de ces variétés à l’autre un passage insensible.C’est l’Ærom1a ou Atrypa reticularisde Suède.

Elle se fait remarquer d’abord par ses plis beaucoup plus serrés, ensuite par sa plus faible largeur; cette dimension est bien moindre que sa longueur; enfin, par la forme de la valve dorsale, qui n’est pas tout-à-fait plate, mais dont les ailes , particulièrement à l’origine, s’abaissent considérablement vers les deux côtés. Les plis sont sensiblement plus serrés sur le bourrelet et dans le sinus. Il y a encore dans cette variété 13 ou 14 plis au crochet, il y en a 84 à une distance d’un pouce. Le sinus est très peu creux, mais il se distingue sur le dos, à partir du premier quart, par une large surface. La valve ventrale tombe rapidement, cependant assez uniformément dans tous les sens, à partir du milieu comme d’un centre. La pente vers le crochet n’est pas beaucoup plus rapide que celle vers le bord. Longueur, 100; largeur, 85; auteur, 72. Telles sont toutes celles que lon trouve dans le calcaire de transition d’Ober-Kunzerdorf près de Frybourg dans la Basse-Silésie. La fig. 2, pl. 4 de Dallmann, pourrait, sans erreur, être regardée comme représentant cette Térébratule de Silésie. La description aussi s'accorde parfaitement. Longueur, 100; largeur, 97; hauteur 63.

Soc. céo. — Tom. 3. — Mém. n° 6. 53

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Les Térébratules de Suède se trouvent très abondamment dans le calcaire de transition de Gothland et dans le schiste argileux (Thonschiefer ) de Westgothland. Des individus tout: à-fait semblables se trouvent près de Blanckenheim dans l’Eifel, réunis à d’autres, dans lesquels la pente des ailes de la valve dorsale diminue successivement. Cette valve est plate, et la valve ventrale plus bombée vers le crochet.

On ne peut pas nier que cette Térébratule n'ait quelque ressemblance avec la Térébratule vivante, 7°. dorsata, qui se trouve dans le détroit de Magellan. Cependant celle-ci n’a pas une aussi grande disproportion entre la hauteur de la valve ventrale et celle de la valve dorsale. Elle a aussi une très grande ouverture pour le muscle d'attache, et une area distincte et triangulaire.

Var. explanata, aspera Schlotth., Nachtr., pl. 18, fig. 2 et 3. Dallm., pl. 4, fig.3.

Schlottheim a, avec beaucoup de raison, regardé cette forme comme de jeunes individus de la 7’. prisca. En effet, on peut suivre cette Térébratule dans tous les degrés de sa croissance, depuis la 7. explanata tout-à-fait plate, Jusqu’äala 7'.prisca, considérablement renflée. A la vérité, Dallmann dit que la différence des plis est si considérable, quela '.aspera toujours plus petite, n’a que le quart des plis des grandes. Mais il a oublié que par la bifurcation les plis augmentent toujours dans les grands individus. Autour du crochet il n’y a toujours que 13 à 15 plis. On n’a encore trouvé cette Térébratule que dans les lieux où se trouve également la T. prisca. Comme la valve ventrale est encore peu élevée et qu’elle s'étend audessus de la charnière, l'ouverture du crochet, le deltidium et l’area se laissent apercevoir dans presque tous les individus, et on les voit si bien que l’on ne conçoit pas comment ces parties ont pu échapper à un observateur aussi attentif que Dallmann , et comment il a pu être porté à établir son genre Atrypa, qui-n'existe pas.

La T. aspera appartient à la variété à plis serrés, avec les ailes de la valve dorsale tombantes, la 7. explanata au contraire, à la variété pourvue d'ailes plates et s'étendant dans un plan. Pour cette dernière , on trouve les rapports suivants : longueur, 100; largeur, 193 ; hauteur, 42. La hauteur n'est donc qu'un peu plus de la moitié de ce qu’elle devrait être ; la largeur est aussi trop grande, et prouve que la coquille s’accroit beaucoup plus dans le sens de la longueur que dans celui de la largeur.

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NON PLICATÆ. Non plissees.

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