LIFE DIVISION
Antennes peu ou pas comprimées, assez longues. Premier segment du corps se prolongeant très-bas sur les côtés; ses lobes latéraux tronqués carrément ou obliquement, n'étant pas raccourcis et ne se terminant m par une pointe nm par un cintre semi-circulaire*. Corps très-gréle, très-allongé. (Pores répugnatoires placés à mi-hauteur du corps ou même un peu plus bas.)
! Encore faudrait-il savoir si les sillons circulaires et autres ne disparaissent pas chez les gros individus, soit par usure, soit par suite de transformations successives. 5 ; P
? Cependant ils sont souvent un peu arrondis.
Les Jules qui font partie de ce groupe sont remarquables par le grand nombre des anneaux qui entrent dans la composition de leur corps, nombre très-supérieur à celui qu'on observe chez des espèces propres aux divisions précédentes, puisqu'il va jusqu’à 80 (peut-être même au delà), sans compter la tête ni les valves anales. Ce grand nombre d'éléments produit un grand allongement du corps; aussi la longueur de ce dernier paraît-elle souvent disproportionnée, lorsqu'on la compare à sa faible épaisseur. Les plaques des yeux sont transversales, très- allongées et étroites, et leurs éléments sont rapprochés. Les antennes, vu leur allongement, ne peuvent plus se loger dans les espèces de fossettes qui occupent les côtés de la tête. Celles-ci ne servent plus qu'à recevoir leur base et sont, à cause de cela, peu prononcées. Parmi les Jules de cette division, les uns offrent sur les lobes latéraux du premier segment de simples stries plus ou moins fortes", tandis que d’autres portent des plis obliques élevés dont le nombre varie de un à trois.
Les espèces que nous décrivons ici offrent toutes trois plis sur les côtés du premier segment; elles forment une petite section qui a pour base ce caractère”.
JULUS MONTEZUMEÆ.
(Fig. 39 et suiv.)
Cylindricus, gracillimus, valde elongatus, prope anum compressus ; subtus plicato-sulcatus; primi segmenti processus laterales subletragoni, apice angustiores, segmento secundo longitudine æquales, oblique triplicati; segmentum prœanale a valuis superatum ; antennæ elongatæ, segmentum 6" attingentes.
Saussure, Linnæa Entomologica. XIII. 1859, p. 330.
Corps très-allongé et très-grêle, cylindrique, comprimé à son extrémité postérieure, s’atténuant un peu aux segments 6-10. Antennes point comprimées, longues, pouvant atteindre le 5° ou le 6° segment du corps; leurs articles assez longs, fortement rétrécis à la base et renflés au bout; le 2° sensiblement plus long que les autres.
L Julus syriacus, Saussure, Linnæa Entomologica, XIII, p. 329. ? Le J. indus, Beauv. (Beauvoisii, Gerv.), me semble devoir rentrer dans cette section. (HI vit à la Martinique.)
Plaque des yeux transversale, en forme de poire très-allongée, formant presque une bande oblique ; leurs éléments disposés sur 4 rangées transversales et sur 9 ou 10 obliques. Chaperon strié verticalement, un peu rugueux, à peine échancré, mais ayant Vair de former deux lobes arrondis, grâce à un enfoncement du bord occupé par une ligne obscure ; n’offrant pas de gros points enfoncés le long de son bord inférieur. Premier segment terminé de chaque côté par un lobe tronqué, à angles subarrondis, qui s’étend aussi bas que le 2° segment, très-rugueux, offrant 3 gros plis saillants obliques, et dont le bord postérieur porte plusieurs sillons horizontaux trèscourts. Les 7 ou 8 premiers segments offrent sur les côtés et en-dessous des sillons et des rides longitudinaux, très-fortement prononcés, très-distincts à l’œil nu; ces rides sont surtout fortes sur les premiers segments et elles s’effacent de plus en plus à mesure qu’on avance vers la partie postérieure du corps ; elles sont surtout prononcées en dessous; sur les côtés elles disparaissent. Dans la portion moyenne du corps les plis deviennent moins prononcés, et dans la postérieure on ne voit plus de plis, mais seulement de forts sillons longitudinaux placés (ainsi que les rides des segments antérieurs et moyens) sur la partie postérieure des segments (sur celle qui est en arrière du sillon circulaire). Segment préanal très-court, terminé par un angle obtus et dépassé par les valves anales. Les derniers segments, surtout celui qui est formé par les valves, très-comprimés, étroits. Bord interne de celles-ci formant presque une lame saillante. Plaque sous-anale transversale; son bord postérieur ne formant qu’un angle très-obtus. Pattes grandes. Corps luisant, ponctué et chagriné. Sillons circulaires des anneaux, bien marqués, quoique peu profonds.
Couleur de l’animal desséché, fauve, avec le bord des anneaux brun. — Vivant, ce Jule est noirâtre, comme tous ses congénères.
Longueur environ 0", 133; largeur 0", 008.
©. 75 segments au corps et 138 paires de pattes.
Habite : Les régions chaudes et tempérées du Mexique. — Vera-Cruz, Orizaba.
Le premier segment, rugueux et plissé sur les côtés, ne permet de confondre ce Jule qu'avec le J. otomitus, dont il se distingue par ses antennes plus longues, point comprimées, dont tous les articles sont plus longs que larges ; par son corps plus grêle, etc.
Explication des figures : 39. L'espèce de grandeur naturelle. — 39 a. Une antenne grossie. — 39 b.
L'extrémité antérieure du corps, grossie et vue de profil. — 39 d. La tête vue par devant, grossie. — 39 o. La plaque des yeux, grossie.
JULUS FRATERNUS.
(Fig. 40 et suiv.)
Prœæcedenti affinissimus, al major, gracilior, antennis brevioribus et seymento prœanali obtuso, haud (vix) angulato. Corpus longissimum , gracillimum , teres, antice in segmentis 4-12 attenuatum.
Nous possédons un individu qu’on pourrait prendre pour un jeune du J. Montezumeæ, Vu Sa plus petite taille, mais qui offre cependant des différences embarrassantes.
Le corps est très-grêle, plus atténué vers le 8° segment. Les antennes sont moins longues et conformées comme chez le J. otomitus ; les articles 3-5 étant courts. Les plis et sillons de la face inférieure des premiers segments sont moins prononcés que chez le J. Montezumaæ. Le segment préanal est si obtus qu'il cesse d’être terminé par un angle.
On peut juger de l’étroitesse de son corps par les dimensions suivantes :
Longueur 0", 084 ; largeur 0", 004.
Q. 79 segments au corps et 143 paires de pattes.
Cet individu a été pris près de Yautepec dans les terres chaudes de la province de Mexico.
Explication des figures : 40. L'espèce de grandeur naturelle. — 40 a. Une antenne grossie. — 40 b. Le 1°" segment du corps, grossi et vu de profil. — 40 d. La tête vue par devant.— 40 c. L'ex-
trémité postérieure du corps, grossie et vue de profil. — 40 m. La même vue en dessous. — 40 n. La mème vue en dessus. — 40 0. Plaque des yeux de l'individu typique.
JULUS OTOMITUS.
(Fig. 40°, 40.)
Gracilis, elongatus, P. Montezumæ affinissimus, at minor ; antennis brevioribus, paulum compressis; corpore apice purum attenualo, sublus minus valde sulcato.
Saussure, Linnæa Entomologica, XIII. 1859, p. 330.
Très-voisin du J. Montezumæ. Mêmes formes. Corps très-allongé, trés-grêle ; atténué et comprimé à son extrémité postérieure, légèrement atténué en avant vers le 8° segment. Antennes moins allongées, comprimées, à articles rétrécis à la base, élargis au bout, tous très-petits, sauf le 2° qui est grand. Chaperon lisse et luisant,
peu profondément échancré, obtusément bilobé, ayant son bord un peu rugueux. Plaque des yeux pyriforme, transversale, se terminant en pointe aiguë du côté interne. Yeux disposés sur 5 lignes transversales. Au vertex un sillon distinct qui s’arrête subitement sur le front. Premier segment très-bombé ; ses lobes latéraux se repliant presque en dessous, rugueux, portant 3 ou 4 plis obliques et très-saillants, entre lesquels sont de larges sillons enfoncés. Les anneaux suivants, couverts en dessous et sur les côtés de sillons longitudinaux, exactement disposés comme chez le J. Montezumcæ, mais moins fortement marqués. Corps Juisant, ponctué et striolé. Extrémité postérieure du corps moins comprimée que chez l'espèce citée ; segment préanal plus obtus, finement rugueux le long de son bord. Valves anales moins comprimées. Plaque sous-anale transversale, à bord droit, avec une légère saillie au milieu. :
Couleur de l’animal vivant, d’un brun noirâtre. — Desséché, d’un fauve pâle ou cendré ; segments bordés de roux-marron ou de roux.
Parmi les individus, tous ©, qui nous servent à l’étude de cette espèce, les deux plus grands offrent 58 segments au corps et 109 paires de pattes : un plus petit, 59 segments; trois autres, de taille moyenne, possèdent 97, 96, 55 segments. II n’a pas été possible de compter avec exactitude le nombre des pattes chez ces derniers .
: Habite : Les terres chaudes et tempérées du Mexique. — Cordova, Vera Cruz, San-Andres-Tuxtla. — Oaxaca ?
On est d’abord tenté de réunir cette espèce au J. Montezumwe, mais elle en diffère par ses antennes plus courtes et comprimées, qui n’atteignent pas au delà du 3° segment du corps, dont les articles 4° et suivants sont petits, presque comme chez les Jules de la 1"° division, et dont les articles 4, 5, sont aussi larges que longs, triangulaires : elle diffère aussi par le nombre moins considérable des segments du corps.
Variété? — Quelques individus n’offrent que deux plis distincts aux lobes Jatéraux du premier segment. Peut-être y a-t-il là encore une espèce.
Nous possédons 8 individus de cette espèce, mais la plupart jeunes, en sorte que Jeurs caractères ne sont pas identiques pour tous.
Explication Fe figures : 40 ». L'extrémité antérieure du corps, grossie et vue de profil. — 40 y. La
plaque oculaire gauche (droite renversée). — La fig. 40 pourrait à la rigueur représenter le J. otomitus, si elle était un peu moins longue et un peu plus large.
! Ces Jules ont une grande propension à mettre la partie antérieure de leur corps en spirale. Quand ils sont morts dans cet état de contraction, il devient impossible de les étendre sans les briser.
IVe DIVISION.
Antennes longues, grêles et cylindriques; leurs articles allongés. Premier segment du corps ayant ses lobes latéraux allongés et terminés en pointe. (Forme du corps, gréle et allongée.)
Dans cette division les antennes atteignent leur maximum dallongement (fig. 58°); elles ne peuvent plus se ramasser au point de s’appliquer contre les côtés de la tête, comme chez les Jules des autres divisions. Aussi les joues n'offrent-elles pas un enfoncement pour les loger, comme dans les trois autres divisions, mais elles sont au contraire convexes, et forment de chaque côté en dessous et en arrière des yeux un écusson bombé et luisant, de forme ovale ou circulaire (fig. d2, 4). Le corps est grêle et allongé, mais moins à proportion que chez les Jules de la 5e division; le nombre des segments du corps est moins considérable aussi.