‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 7 sur 32 · C. Naegele C. Nagel · texte numérisé non relu

C. Naegele C. Nagel

Walier Waller.

Verheandelingen Verhandelingen.

stetoscops Stethoscops.

Fermanini Termanini.

Mauri Manni.

son discours d'ouverture. son discours.

besoanderer besonderer.

Zustanddieser Zustand dieser.

DEPUIS l'apparition DU PREMIER LIVRE IMPRIME d'eUCHARIUS ROESS- LIN EXCLUSIVEMENT CONSACRÉ A l'oBSTÉTRICIE, JUSQu'aU RÉTABLIS- SEMENT DE LA VERSION SUR LES PIEDS PAR AMBROISE PARÉ (l5l3-

§ I. — État de l'obstétricie au commencement du XV!"" siècle.

Peu considérables furent les acquisitions dont l'obstétricie s'était enrichie pendant le siècle précédent. Les mains des sagesfemmes, qui s'étaient approprié la pratique de l'art, pesaient lourdement sur elle ; quand les secours des hommes étaient invoqués, ce n'était que pour les cas les plus compliqués, altérés, aggravés par des tentatives irrationnelles, et dans lesquels le traitement à intervenir ne pouvait devenir, pour la science, d'aucune utilité. On pratiquait des opérations commandées par le désespoir, des perforations cruelles et des morcellements, qui sacrifiaient l'enfant, et à la suite desquels la mère devait le plus souvent succomber aussi.

Un art pareil ne pouvait inspirer aucune confiance, il ne recommandait pas ceux qui le pratiquaient, et n'était pas fait pour attirer de jeunes médecins, et les engager a consacrer leur zèle et leur temps à l'étude d'une partie de la médecine qui était si ingrate. L'obstétricie allait donc rester encore entre les mains de celles qui, depuis longtemps, l'avaient accaparé; ce n'est qu'à la dernière nécessité qu'elles se faisaient assister de chirurgiens armés de crochets et d'instruments tranchants pour leur venir en aide, et faire ce qu'elles avaient été impuissantes d'accomplir.

SIEUOI.U-HKKRGOTT. Il — I

Ajoutez à cela que des écrits, où les règles auraient été rassemblées, manquaient complètement, que Tinstruction était très défectueuse et insuffisante, que les sages-femmes âgées ne transmettaient aux jeunes que leurs préjugés de toute espèce, fortifiés par les médecins eux-mêmes, ou du moins non combattus par eux; on comprendra facilement et sans étonnement qu'à l'époque dont nous parlons, l'obstétricie n''ait pas pris une direction meilleure indiquée par l'expérience du passé, et les efforts de quelques-uns pour l'y engager. L'écho de la parole d'HippocRATE, de Celse, et de Philuménos avait été étouffé par le bruit des Arabes et par celui de leurs imitateurs. La voie nouvelle à frayer devait, avant tout, être déblayée des décombres accumulés du passé, ainsi que des mauvaises herbes qui y avaient végété d'une façon luxuriante ; à cette condition seule elle allait pouvoir devenir pratiquable.

Obs. — Celui qui veut avoir une idée de l'état déplorable d'ignorance et d'impéritie des sages-femmes de cette époque, lira avec intérêt l'avertissement rimé que Roesslin a placé à la tête de son livre, sous le titre de « Avertissement aux femmes enceintes et aux sages-femmes », où on lit entre autres :

« Je veux parler des sages-femmes en général

Qui n'ont absolument aucune connaissance,

Et qui. par leur négligence,

Laissent périr Tenfant de toute part

Et qui ont si mal employé leur zèle

Que par leur état elles ont commis des meurtres.

En ce temps il se produit tant de négligences,

Que je dois en faire mention ;

Je suis tout attristé dans mon cœur,

De voir que leurs connaissances sont si petites.

Qu'elles ont si peu d'intelligence

De ce qu'une pareille fonction exige,

Et que, dans les grandes circonstances

Maint être humain estprivé de la vie éternelle.

C'est pour cela que j'ai pris la chose à cœur

Pour la gloire de Dieu et notre propre intérêt, Et aussi pour le salut des âmes Qui seront ainsi sauvées.

Et afin qu'il ne se commette plus tant de meurtres

Comme je l'ai vu si souvent, etc.

Ce livre est destiné <c à celles qui ont du zèle »

Afin qu'elles fassent attention à toutes choses

Et qu''elles tiennent à cœur

D'amoindrir les douleurs qui sont à subir pendant le travail,

Et de diminuer les soucis et les angoisses.

Vous serez ainsi mieux préparées Pour que des malheurs soient évités.

C'est pourquoi ce livre est appelé Le Jardin des roses des femmes (i).

Ajoutons encore quelques vers qui prouvent bien que Roesslin avait souvent été appelé dans les accouchements difficiles :

Laissez-moi exposer tout cela à mon idée

J'ai Texpérience de ces choses,

Et de toute«s les difficultés qu'on y rencontre, etc.

■ C'était une œuvre bien méritoire qu'accomplit Eucharius Roesslin, médecin à Worms, puis à Francfort, en publiant en i5i3 son livre en langue allemande. La dédicace est datée de Worms du 22 février; le privilège de l'empereur Maximilien est daté de Cologne du 12 septembre i5i2. Nous voyons, d'après la dédicace, que le livre, offert à S. A. Catherine, princesse de Saxe, a été écrit à sa prière (2) par Eucharius Roesslin « pour

(i) L'auteur fait un jeu de mots avec son nom Roesslin qui veut dire petite rose, nom qui, hellénisé dans la traduction latine, sera Rhodion.

(2) Il n'est pas étonnant que l'état lamentable de l'art soit devenu un sujet de préoccupation pour les souverains; on cire Sigmund, duc de Bavière (1460-14G7), qui aurait chargé son médecin.l. Hartlikb de composer un livre pour instruire les sagcs-fcmmes (Soran. Gyuaecior. vêtus transi, lat. Ed. Val. Rose. Lips., 1882, p. XIV, note, 4). C'est une pensée pareille qui a été l'origine du livre d'Eucn. Roesslin; dans la dédicace à S. A. la princesse Catherine de Saxe, il dit : « Comme il y a quelques années vous m'avez prié de publier une instruction pour

l'utilité des femmes enceintes et en couche et pour exposer aux sages-femmes les règles nécessaires ii l'accomplissement de leur art. »

RoEssLiN donna à son livre le titre de « Jardin des Roses des femmes enceintes et des sages-femmes » .

Le nombre si considérable des éditions allemandes de ce livre, celui des traductions en latin, en français, en hollandais et en anglais sont la meilleure preuve de la nécessité d\in pareil enseignement à cette époque. Même au XVIP siècle on en a publié encore des éditions allemandes et étrangères. Ce livre est une compilation des préceptes d'HippocRATE, de Galien, des médecins arabes, d^AvicENNE surtout, et d'ALBERX le Grand, sur l'autorité desquels on s"appuie. Roesslin a aussi utilisé les chapitres obstétricaux d'AÉTius, surtout aussi de Gordon et de Savona- ROLE (i), de sorte que dans son ensemble il présente un tableau de l'obstétricie de cette époque, sans qu'on puisse dire que l'auteur ait contribué par lui-même à quelque progrès. On ne pourrait pas affirmer qu'il ait eu des connaissances puisées dans une expérience personnelle, on serait contredit par les figures qui sont censé représenter les diverses présentations et attitudes de l'enfant dans la matrice; on n'y trouve rien qui ressemble à la nature, ce sont les postures les plus extraordinaires; on voit des jumeaux se donnant le bras, se mouvant dans une matrice spacieuse ; un autre soulève son frère par les pieds, d'autres enfants

les femmes enceintes et les sages-femmes, je me suis empressé de remplir ce devoir, de noter ce qu'il est nécessaire qu'elles connaissent, de colliger ce que les docteurs savants ont écrit et nous ont appris, ce qui était absolument indispensable, car le bon sens seul ne suffit pas. Il y a beaucoup de jeunes femmes honorables et de sages-femmes qui n'ont que peu d'instruction, et qui comprendront cependant ce qu'il y a dans ce livre, auxquelles le manque de ces connaissances ferait grandement défaut. « 11 termine en mettant cet ouvrage sous sa haute protection.

Il est juste que le nom de cette bienftiisante et prévoyante princesse, qui a inspire un livre auquel l'histoire accorde une grande importance ne soit pas oublie, et que son image qui orne le frontispice du livre de Roesslin soit reproduit ici. (F".-J. H.)

(i) Nous verrons que, sans le savoir peut-être, il a reproduit les doctrines de Soranus. (F.-J. H.)

DEPUIS LE LIVRE D EUCHARIUS ROESSLIX JUSQU A AMBROTSE PARE 5

Rossiin présente son livre à la princesse Catherine.

b SIXIEME EPOQUE

semblent s'exercer à la course, au saut et à d'autres exercices gymnastiques, un autre est pieusement agenouillé et paraît attendre son sort avec une humble résignation. En général nous trouvons dans RoEssLiN le fondement d'une doctrine qui ne s'épanouit que dans les temps modernes : la multiplicité des positions fœtales, qui atteint le plus haut degré de son développement avec les 94 modes admis par Baudelocque. Au lieu d'observer la nature, et d'établir des divisions d'après ce qu'elle enseigne, on a préféré en imaginer, et pour procéder bien systématiquement, on en a admis autant qu'il y a de régions déterminables sur la surface du corps de l'enfant; de là la nécessité de reconnaître des présentations du cou, de la nuque, de la poitrine, de l'abdomen, et même des oreilles, etc. Cette doctrine enseignée par Roesslin, propagée par les figures de son livre, qui ont été reproduites dans d'autres ouvrages, démontre combien Roesslin connaissait peu l'accouchement naturel ; cette connaissance, il est vrai, ne pouvait avoir été acquise par lui dans l'état des habitudes d'alors, qui n'admettaient que les sages-femmes à l'assistance d'un accouchement normal.

Il ne lui restait donc qu'à recueillir le dire des sages-femmes, à compléter ce que les prédécesseurs avaient enseigné d'après les mêmes sources, et à y ajouter ses propres inventions. Ces figures démontrent que Roesslin n'a pas pratiqué lui-même les accouchements,et cela ressort encore des doctrines contenues dans son livre : c'est sans discernement que sont exposées les règles à suivre dans les présentations anormales, et il admet une foule de médicaments qui rappellent le temps des arabes. Ici Roesslin ne parle pas d'après sa propre expérience, il ne fait qu'indiquer ce qu'il a trouvé dans les livres de ses devanciers, et ceci est exposé avec concision et clarté.

Le livre de Roesslin n'en est pas moins une œuvre méritoire. Aux sages-femmes d'alors il donne un guide réglé pour l'exercice de leur profession, aux médecins et aux chirurgiens il permet de jeter un coup d'œil sur l'état de l'art, ce qui était le meilleur moyen de susciter des progrès là oli il y avait infini-

ment à faire pour raméliorer et le diriger vers la voie de la perfection (i).

Ohs. I. — Détails sur la vie d'EucHARius Roesslin.

Nous ne traduisons pas ceux que donne Siebold, parce qu'ils sont

(i] Nous regrettons de ne pouvoir ici partager, sur deux points, l'opinion de l'éminent historien : i" l'absence d'expérience personnelle qu'il croit devoir déduire des figures contenues dans le livre ; 2" la valeur de ces figures elles-mêmes.

Nous avons ajouté quelques vers à la citation qu'a faite Siebold de la poésie que Roesslin a placée à la tète de son livre :

« J'ai l'expérience de ces choses.

Et de toutes les difficultés qu'on v rencontre. »

Cettedéclaration est formelle, nous devons ajouter que Roesslin doit avoir eu à Worms une notoriété comme accoucheur, notoriété qui a probablement motivé le choix qu'a fait de lui la princesse de Saxe pour le charger de composer à l'usage des sages-femmes, un livre dontla nécessité lui avait paru urgente. Nous pensons qu'on ne peut sans injustice déduire de ces figures qui sont schématiques, par conséquent non rigoureusement conformes à la nature, que celle-ci n'a point été observée par l'auteur, car si, pour avoir reproduit de pareilles figures dans un livre d'accouchement, on pouvait dire que l'auteur n'a pas observé la nature, que pourrait-on penser de la vénérable Justine Siegmundin qui en reproduit de bien plus extraordinaires et en plus grand nombre ? (41 )qui oserait en conclure, qu'elle n'a pas observé la nature qu'elle n'a rien vu ?

Les figures dans les livres d'obstétricie en partie copiées d'après nature ne datent que des publications de Hunter et de Smellie, et les figures absolument conformes à la nature n'ont été produites pour la première fois que par Braune en 1872.

Roesslin n'a pu vouloir donner que des figures schématiques, pour rendre claires des choses qui sans elles n'auraient pu être comprises par des sages femmes, l'exécution en a été confiée à des artistes de l'Ecole de Strasbourg très llorissante au commencement du X'VIesiècle. Sans s"en douter peut-êire, il a reproduit la classification des positions de Soranus; entre les figures qu'on a trouvées dans une traduction latine ancienne d'une partie clu livre de Soranus, dont la reproduction a été donnée t. I § 66, p. 160, avec le texte latin, et celles de Roesslin, il y a cette simple dilférence, que dans celles-là les dessins reilètent la gaucherie du dessin de l'époque, tandis que dans le livre de Roesslin la pensée est rendue comme dessin et comme gravure sur bois, avec une grande habileté. En donnant ces figures, Roesslin n'a pu avoir d'autre désir que de faire comprendre une classification admise, qui sans elle serait restéebien obscure pour tout le mondcetpour lessages-femiues surtout, mais nullement de représenter des enfants tels qu'on les verrait par une constatation directe, qui n'avait pu avoir été faite, mais simplement telle qu'on la suppose d'après la partie touchée par le doigt à travers l'orifice de la matrice. (F.-L H.)

inexacts ; nous préferons donner ici des extraits d'un travail fort intéressant publié deux ans après le 2" volume de Siebold dans le journal historique Jantis (Breslau. i^4j, t. II, p. 394I, qui porte le titre de « Recherches historiques sur Kiicharius RÔssliu « (Geschichltiche Untersuchung Liber Eucharius Roesslin (Rhodion).

EucHARius Roesslin, et son fils, qui porte le même prénom, ont été longtemps confondus en une même personnalité : on dit qu'EucHARius Roesslin mourut dans un âge très avancé, vraisemblablement en i 553, ou 1554. Cette erreur aurait pu avoir été rectifiée dès i 532, par la publication de la traduction latine du livre, puisque dans l'épitre dédicatoire du traducteur adressée au fils, il est dit, en parlant du père « oui bene sit in Domino » ; mais il résulte de documents précis empruntés aux Archives municipales de la ville de Francfort: qu'en iSij E. Roesslin se trouve sur la liste officielle des médecins ordinaires (Phvsici), et qu'il est mort en i526, après avoir occupé les fonctions de médecin de la ville.

En i526 Eucharius Roesslin fils demande la place de feu son père, attendu, dit-il, qu'il a été instruit par lui ; il expose qu'il a fait des études à Co/o^.'ie, à Leipzig et a Fribuurg : s,a. mort peut-être reportée h i553 ou à 1554, puisque Asam Leonicernus fut cette année nommé son successeur.

Le père a écrit le Rosegarten àWorms, publié à Strabourg en i5i3.

Le Jils a écrit des Ephémérides de i533 à i55i, 19 vol.; un livre de botanique, in-fol. (Kreuterbuch) dont on cite 6 éditions : l'oS. ?5. 48, 5o, 56, 69 (ces deux dernières posthumes). (F. -J. H.l

Obs. II. — La princesse Catherine, née princesse de Saxe.^ veuve du duc Sigmund d'Autriche, a épousé en 1496 Erich I, duc de Brunswick et Lunebourg, elle est citée comme une princesse chrétienne vertueuse. Elle mourut à Goeitingue en 1524. Voy. * Phil. Jul. Rethmeyer Chronica Braunschn>eig- Luneb. Braunschw., 1722, in-fol., p. 772 et 781.

§ 3. — Les doctrines obstétricales d'Eucharius Rôsslin.

Roesslin a divisé son livre en douze chapitres qui renferment des doctrines théoriques et pratiques. Dans \e premier se trouvent rindication et la description de la situation de l'enfant dans

le sein de la mère, l'énuméraiion des membranes dont il est entouré. Quand l'auteur prétend que la face de Tenfant et ses mains reposent sur ses genoux, le nez entre les deux, il montre bien qu'il n'a jamais eu l'occasion d'observer personnellement la situation normale de l'enfant dans l'utérus. Très embrouillée est la description des membranes qui, d'après les anciennes idées, sont au nombre de trois : lessecondines (ou l'arrière-faix, placenta) ; la seconde appelée biles et la troisième appelée armatura conceptus par Albertls, abgas parAvicKNNE.

Dans le deuxième chapitre il est parlé du moment de l'accouchement, et on indique quels sont les accouchements naturels et ceux qui sont contre nature. Les premiers sont ceux où l'enfant se présente par la tête ; en parfaite concordance avec Albert LE Grand, il admet, lors de la naissance, le brusque changement de position de l'enfant en vertu duquel la tête est portée en bas (la face en avant) et les pieds dirigés en haut. Si l'enfant se présente par les deux pieds, cet accouchement est, d'après Avicenne, appelé contre nature, toutefois, d'après Roesslin, il se rapproche le plus de l'accouchement naturel (si les bras sont étendus le long de ses côtes), puisqu'il ne donne pas tant de soucis (nicht so sorglich) que les autres accouchements contre nature. Le troisième chapitre traite des accouchements faciles et difficiles. Gomme première cause de ces derniers est indiquée la petitesse et l'étroitesse de la matrice, mais il n'est pas question du bassin (i) (voy. t. I, § 90). Les j8 causes énumérées renferment beaucoup de choses vraies, mais on ne trouve omis rien d'important pour cette époque.

Le quatrième chapitre apprend comment la femme devra se conduire avant et après l'accouchement, et indique le traitement à suivre dans les accouchements difficiles. Gomme moyens préparatoires sont indiqués des moyens fortifiants et des remè-

(i) Nous n'oserions prononcer aussi positivement cette négation, voici pourquoi : après avoir énumérc les maladies qui peuvent rendre l'orifice utérin moins perméable Roksslin, ajoute : ou si l'enfant est trop gros pour le passage de la mère Schloss der Muter. (F.-J. H.)

des pour assouplir et lubrifier les parties génitales : au commencement du travail on recommande des onctions, des ster-

La parturienle est assise; devant elle la sage-femme, et derrière elle une aide qui la soutient.

nutatoires. l'action de monter et de descendre des escaliers, des cris, des appels (v. t, I, § 149) ; quant à l'attitude à donner à la

parturiente, Roesslin mentionne les fauteuils en usage dans les pays allemands et français ; il ne sont pas élevés, ont le siège échancré, un dossier commode.

Fauteuil vide.

Il n'est pas encore question de soutenir le périnée. Les onctions et l'élargissement des parties, au moyen des mains, doivent prévenir les lésions du périnée. Suivent ensuite les règl-s à observer dans les accouchements difficiles, qui toutes s'adressent aux sages-femmes. Dans une présentation podalique complète, l'accouchement sera terminé artificiellement par l'attraction de tout le corps moyennant les deux pieds ; si les bras ne sont pas placés le long du tronc, on les y mettra d'abord. Toutefois Roess- LiN dit qu'il serait préférable de faire la version sur la tête; mais cette opération lui paraît devoir présenter de grandes difficultés; et dans cette opération, aussi bien que dans celles que nécessitent les présentations qui vont suivre, on entrevoit chez l'auteur peu de confiance dans la possibilité de l'accomplir. Les présentations des pieds incomplètes devront être complétées. Quand les genoux se présentent, on devra faire descendre les pieds. Dans les présentations transversales, on engagera la tête.

Si un OU deux bras se présentent, ils devront être repoussés et on engagera la tête.

Dans les présentations du siège, on cherchera les deux pieds; toutefois l'auteur ne manque pas de vanter les avantages de raccouchemcnt par la tête, et de le recommander quand cela sera possible. On fera de même dans la présentation du dos. Si c'est la paroi antérieure du corps qui se présente, Roesslin recommande d'engager la tête ou les pieds, selon que l'une ou les autres seront le plus près de l'orifice de la matrice.

Si des extrémités se présentent avec la tête, cette dernière sera engagée. Suivent encore quelques règles pour les accouchements gémellaires; Tauteur indique trois modes de présentation : i°les deux enfants se présentent par la tête ; 2° les deux avec les pieds ; 3*^ l'un avec la tête, Tautre avec les pieds. Le traitement concordera avec les principes posés plus haut : là où les enfants se sont présentés par les pieds, il faut, si cela est nécessaire, les extraire ainsi, bien que Fauteur ajoute ces paroles : « Et s'il était possible que l'enfant se tournât dans la matrice de façon à se présenter par la tête, ce serait presque bien » (i).

(i) Nous avons dit plus haut que Roesslin avait suivi la classification des présentations de Soranus et prescrit à peu près les mûmes moyens curatifs, c'est le moment d'en donner la preuve.

Nous n'avons pas éprouvé une médiocre surprise, quand, après la publication de notre étude sur Soranus, nous avons eu connaissance du livre publié par Valentin Rose en 1882 à la librairie Teubner de Leipzig, qui porte le titre de « Soj'ani Gynœciosum vetiis translatio Lnina, etc., cum 2 tab. lith. Tout est intéressant dans ce livre qui témoigne d'une si solide érudition ; nous ne voulons en emprunter qu'un fragment et les figures, pour les mettre en regard d'un chapitre de Roesslin et de ses figures. Cette traduction latine ayant été faite à l'usage des sages-femmes et disposée par demandes et réponses, rend cette comparaison très facile.

Nous suivrons l'ordre de Soranus, qui, du reste, diffère peu comme nous verrons de celui de Roesslin.

DEPUIS LE LIVRE d'eUCHARIUS ROESSLIN JUSQU'a AMBROISE PARÉ l3

SORANUS

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