SIGNES PRONOSTIQUES GRAVES
lo La maladie est-elle gravel Pronostic sérieux.—Les caractères de l'urine qui peuvent répondre à cette demande sont ceux qui ont été inscrits dans le syndrome n° 6. Les plus importants sont : la diminution de la quantité, de la densité et des matériaux solides au-dessous des chiffres qui représentent la moyenne des formes bénignes, la présence de pus. de saiig, de graisse et de cylindres dans les sêdim.ents, l'abaissement de l'urée, de V acide uritjue et des matières extractives au-dessous des chiffres observés dans les formes simples, l'abondance de V albumine et de Yindican, etc., etc.
Quand une fièvre, jusque-là bénigne, prend un caractère malin, les signes précédents apparaissent presque toujours, et cela, au début même des nouveaux accidents, dont ils peuvent servir à confirmer la gravité.
2° Quand les caractères précédents s exagèrent, le pronostic devient fins grave encore. — Ainsi, la diminution de
la (/i^fm/zV^ au-dessous de 830 à 900 c. c, coïncidant avec un abaissement de la densité au-dessous de 1020, une diminution des matériaux solides au-dessous de 43 grammes et de Wirée au-dessous de 15 grammes, un chiffre peu élevé de matières extractives, une grande quantité originelle à! albumine Qi une. augmentation graduelle de celleci, un abaissement des principes inorganiques au-dessous de 4 gr. 50, des chlorures au-dessous de 2 grammes et une grande proportion à'indicaîi, sont du plus mauvais augure. Le pronostic s'assombrit encore, si l'urine prend une teinte jaune verdâtre sale, si V acide urique diminue, si Vindican est en assez grande quantité pour que l'urine traitée par l'acide nitrique devienne bleue en masse, etc.; l'augmentation des phosphates qui est ordinairement un signe de la défervescence et de la convalescence, aggrave plutôt ici le pronostic, puisqu'il est l'indice d'accidents cérébraux.
On voit que dans l'application des signes pronostiques, il faut bien éviter de se prononcer d'après l'existence d'un seul caractère de l'urine. En pronostic comme en diagnostic, on ne doit émettre un avis que d'après un syndrome, et ceux que nous avons constitués au chapitre II, ont l'avantage de répondre à la fois à ces deux opérations médicales. Pourtant, il y a de rares carac-^ tères qui, môme isolés, peuvent être élevés à la hauteur de signes véritables, mais c'est parce qu'ils résument en eux un syndrome presque complet ; la valeur de ces signes isolés dépend de ce qu'à certains caractères objectifs de l'urine, répondent des anomalies de composition à peu près invariables, dans le sens clinique du mot, et qu'ils ne se rencontrent que dans des conditions
pcathologiques assez bien déterminées. Le meilleur .^^w229/^quej'en puisse choisir est celui de ces urmes brun-sale, opaques, visqueuses, dénuées de tout reflet et de toute réfring-ence, rares et de très-faible densité, que l'on trouve seulement aux approches de la mort dans les formes adynamiques de la fièvre typhoïde. La signification de ces urines est toujours funeste ; elles présentent en effet, au plus haut degré, les caractères néfastes indiqués plus haut: quantité très-abaissée, densité trèsfaible, par conséquent, diminution considérable des matériaux solides, de l'urée, des principes salins, abondance de l'albumine et du sang ou de l'hémoglobine dissoute, etc. ; elles peuvent manquer d'indican, ainsi que nous l'avons vu en traitant de ce chromatogène. Ce dernier fait prouve une fois de plus la nécessité de ne s'appuyer habituellement, en urologie, que sur des syndromes et non pas seulement sur des caractères isolés.