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III. TROISIEME INDICATION

Le départ des produits de la destruction exige que ceux-ci soient solubles, que la masse d'eau en circulation soit suffisante pour les dissoudre et les entraîner, que les moteurs des courants circulatoires soient en état de vaincre les obstacles, enfin, que les portes de sortie soient libres. Les moyens thérapeutiques à employer sont les suivants ;

A. Solubilisation des résidus organiques.

1° Médicaments capables de se combiner avec ces résidus et de les rendres solubles : Y acide salicylique, par exemple, qui fixe dans l'économie des corps azotés peu solubles ayant la formule du glycocoUe et qui passe dans l'urine à l'état de salicylurate soluble.

2" U alcool^ qui exerce une action dissolvante propre.

3° U oxygène qui, par les oxydations qu'il détermine, rend les déchets d'autant plus solubles qu'ils sont brûlés davantage.

Donc, il faut tenter de maintenir l'intégrité de l'appareil respiratoire considéré comme porte d'entrée de l'oxygène : les ventouses, appliquées suivant la méthode de M. Jaccoud, paraissent être le moyen le plus efûcace de diminuer les congestions pulmonaires et d'agir au

moins sur l'élément mécanique de la respiration et par conséquent de l'hématose.

Mais pour que l'oxygène pénètre dans la circulation, il est urgent d'abord que ce gaz existe dans l'air en quantité, en tension et en pureté aussi normales que possible ; Vaératmi de la chambre des malades revendique donc une large place dans le traitement (air renouvelé, température ne dépassant pas 15 à 18 degrés centigrades, afin que le poumon puisse absorber une plus grande quantité d'oxygène sous uq même volume d'air que si la température était plus élevée).

La peau est, elle aussi, un organe de respiration dont l'intégrité devra être surveillée avec la plus grande attention. On la débarrassera des produits de sécrétion qui s'accumulent à sa surface et gênent son fonctionnement absorbant et éliminateur ; il faudra la tonifier et la rafraîchir; les ioÉions froides vinaigrées^ telles que les pratiquent MM. Gubler et Jaccoud, senties meilleurs moyens à employer : elles ont, en outre, « l'avantage de maintenir autour du malade une atmosphère odorante qui le ranime et assure la pureté de l'air. »

B. Dissolution des résidus dans le véhicule qui doit les transporter : surveiller [intégrité mécanique de la circulation.

L'eau prise en boisson est le meilleur etle plus inoffensif des dissolvants : à cette action, elle joint d'autres avantages ; elle empêche la concentration du sang consécutive aux pertes abondantes par l'intestin; elle augmente la masse des liquides en circulation, et par conséquent, la vis à tergo ; elle diminue la densité de ces

liquides, ce qui facilite leur écoulement; elle irrigue tous les tissus et crée, par sa présence en excès dans les vaisseaux, des conditions favorables à l'exosmose des extractifs que les éléments anatomiques renferment; enfm, les liquides excrémentitiels étant moins concentrés, irritent moins leurs émonctoires : donc, il faut faire absorber aux malades atteints de fièvre typhoïde une assez grande quantité (2 à 4 litres) de boissons rafraîchissantes, toniques, acidulés (macération de quinquina, eau additionnée de sirop de groseilles ou de limons, eau vineuse, etc.) (1).

Les dynamophores, les toniques, les corroborants, les médicaments stimulants, concourront à maintenir l'énergie des moteurs de la circulation, laquelle sera favorisée par les qualités nouvelles du liquide circulant, comme nous venons de le voir. Mais on pourra leur ajouter aussi la digitale, en raison de son action tonique et régulatrice sur les centres circulatoires.

G. — Aider à l'action de tous les émonctoires, c est -à-dire^ favoriser les exhalations pulmonaire, sudorale, intestinale, les sécrétions biliaire et urinaire, soit maintenir ouvertes les portes de sortie et les débarrasser des déchets qui j}euvent s y amasser.

Les résidus sont dissous, la dépuration élémentaire de l'organisme s'est effectuée, il faut donc maintenant que les émonctoires jettent au dehors ce qui vient se présenter à. eux :

1° Du côté de tous ces appareils, se retrouvent les indi-

(l) Voyez Cantani, Priessaitz, Jacque (de Lure), Wanner, etc.

cations de détruire le poison générateur et de corroborer les organes ;

2° Au sujet des rews, voie capitale d'élimination, Veau, V alcool, la diffilale, agissent aussi comme diurétiques (1); à cette 'indication, so rattache celle d'éviter avec le plus grand soin, la rétention de l'urine dans la vessie ;

3" Valcool qui modifie la surface pulmonaire par son passage en nature à travers elle et les ventouses qui décongestionnent l'organe, sont de bons adjuvants de son rôle éliminateur ;

4oL'a/coo/aide aussi pour sa part à la sécrétion biliaire, mais les purgatifs qui activent lexhalation intestinale et débarrassent l'intestin des produits plus ou moins septiques dont l'action irritante peut s'exercer sur une muqueuse déjà altérée, les purgatifs, dis- je, sont un élément indispensable de traitement;

5° Enfin Veau, les stimulants di /fusibles, et encore Y alcool utiliseront du côté de la peau, leurs propriétés excitantes et diaphrorétiques.

En terminant, je voudrais insister sur l'emploi de l'eau à l'intérieur et faire certaines réserves au sujet de l'usage et de l'administration de l'acide salicylique : d'abord, en raison de ses propriétés assez caustiques, il vaut mieux lui substituer, en pratique, le salicijlate de soude; ensuite, il a l'inconvénient de diminuer souvent la quantité des urines. La propriété qu'il possède de solubiliser les extractifs et d'aider à leur élimination, resterait donc lettre morte, si l'on ne favorisait le départ de ceux-

(1) Rapprocher de cette indication, le fait sur lequel j'ai plusieurs fois insisté, que les malades qui dès le début et dans le cours de leur fièvre, urinent beaucoup, guérissent mieux et plus vite que ceux qui se trouvent dans les conditions opposées.

ci en ajoutant une action dissolvante à l'action éliminatrioe de l'acide : Veau me paraît être encore le plus sûr moyen d'y arriver; donc, quand on croira utile d'administrer l'acide salicylique dans la fièvre typhoïde, au lieu de le donner en potion alcoolique comme on le fait d'ordinaire, on le fera prendre au malade sous forme de salicylate de soude et dissous dans une grande quantité d'eau, à letat de limonade, par exemple (1).

Tels sont les moyens principaux que la thérapeutique peut mettre en œuvre pour parer aux indications résultant de la théorie pathogénique qui précède, indications auxquelles je me borne, ne voulant envisager ici qu'un ensemble et non pas la multiplicité des faits particuliers. L'association de l'eau, de l'alcool, des purgatifs, du quinquina, des ventouses, des moyens hygiéniques et de l'alimentation, forment les bases de cet ensemble; le musc, l'acide salicylique, l'acétate d'ammoniaque, la digitale, en constituent les moyens adjuvants. Etant donné le mode d'action de chacun d'eux, on réglera leur association et leurs doses suivant l'indication à remplir, (2) et l'on n'oubliera pas que ces indications varient suivant la forme, la période, etc., de la maladie. L'examen de l'urine, donnant, pour ainsi dire, au clinicien la jauge journalière des désintégrations, des oxydations et des éliminations, celui-ci trouvera là un élément d'appréciation qui, associé aux signes cliniques habituels, lui permettra de diriger l'action des moyens précédents dans le sens nécessaire.

(1) 5 gr.à 8 gr. de salicylate de soude par 24 heures, dissous dans 2 à 4 litres de limonade vineuse.

;2) Il existe maintes indications dont je n'ai pas touché mot, mais encore une fois, je ne m'occupe que de celles qui résultent des données acquises par l'urologie clinique.

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