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CHAPITRE III

Aperçu sur la genèse et la valeur clinique des pigments et des chromatogènes.

Comme il n'entre pas dans mon plan de traiter complément ici la question des pigments urinaires et que ie veux simplement donner des exemples, je serai trèsbref sur ce chapitre.

La genèse et l'origine des pigments sont loin d'être complètement élucidées: depuis les premiers travaux de Virchow jusqu'aux recherches récentes de Jaffé, Kûhne, Nencki, etc., un grand nombre de faits ont été accumulés, mais les contradictions sont si fréquentes, les observations si dissemblables , la synonymie si confuse, que rien d'absolu n'a surgi définitivement de toutes ces découvertes.

Aussi, sans entrer dans un historique aussi long qu'inutile, puisqu'on le trouvera dans les traités généraux de chimie biologique et dans les principaux mémoires sur la matière (1), je ne ferai qu'indiquer les théories les mieux

assises. ^ ,

Quant à la valeur clinique générale de ces matériaux, je m'en tiendrai exclusivement à quelques faits acquis d'après la méthode d'observation qui forme la première

(1) Le lecteur trouvera, dans la bibliographie (no 2), un index que ri dressé pour les travaux les plus importants qui ont e e publies de uri845 sur les pigments urinaires. On consultera l'excelient hvre de M. le professeur Milne-Edwards (Physloiogie comparée) pour tous les mémoires antérieurs à 1845.

partie de ce mémoire , ainsi qu'à, l'enseignement de M. Gubler. Parmi les données de cet ordre, beaucoup ne sont encore que des hijpotJmes directrices a posteriori: je ne les avance qu'à ce titre.

On a attribué pendant longtemps à tous les pigments une origine exclusivement hématique et globulaire. Cette opinion trop absolue doit s'effacer aujourd'hui, car il paraît démontré que l'indican provient aussi d'une autre source; cependant le globule sanguin est le générateur par excellence des pigments et des chromatogènes.

Urochrome. — Les travaux de Jaffé , Bogomoloff, R. Maly, etc. ont fixé les rapports qui unissent la matière colorante normale de l'urine à la bilirubine. Jaffé se fondant sur cette origine adonné à ce principe le nom d'z/robiline. Je lui conserve sa dénomination ancienne d'urochrome qui ne préjuge de rien, tandis que le terme urobiline peut faire naître quelque confusion, en indiquant seulement une des étapes par lesquelles devrait passer l'hémoglobine pour en arriver à l'état de matière colorante normale de l'urine.

La bilirubine, en effet, provient de la décomposition de l'hémoglobine; le fait n'est plus contestable. Si jusqu'ici l'on n'a pu obtenir artificiellement cette transformation, on ne peut mettre en doute l'idantité de la bilirubine et de l'hématoïdine que l'on rencontre dans les extravasations sanguines; de plus, toute cause qui tend à détruire expérimentalement les globules rouges fait apparaître dans l'urine la matière colorante biliaire (1).

(1) Consulter sur ce point : J. Tarchanoff. Formation de pigment biliaire aux dépens de la matière colorante du sang dans Uéconomie

Richard Maly, faisant agir sur la bilirubine l'hydrogène à l'état naissant, a fabriqué de l'urobiline en enlevant une molécule d'eau au principe biliaire. Cette réduction s'opère dans l'intestin sur une portion de la bilirubine qu'y verse le canal cholédoque. L'urochrome ainsi formé est résorbé, passe dans le sérum, puis de là dans l'urine.

Voilà une origine et une évolution hien précises; mais doit-on conclure de tous ces faits que l'hémoglobine avant d'en arriver à l'état d'urochrome, doit forcément passer par tous ces états intermédiaires et par cette double circulation sanguine et biliaire?

Certes, les relations de la bilirubine et de l'urochrome sont incontestables, on peut fabriquer artificiellement l'une avec l'autre, mais rien ne prouve qu'il en soit ainsi dans Téconomie. Toutes les matières colorantes de l'organisme qui dérivent de l'hémoglobine ont une constitution chimique fort peu différente ; pourquoi compliquer' leur évolution, faire intervenir le foie, l'intestin, la résorption, etc., au lieu d'admettre simplement que l'urochrome peut se former partout oiî des globules rouges se détruisent après l'accomplissement de leur rôle organique ? Pourquoi placer la matière colorante de la bile entre l'hémoglobine et l'urochrome, au lieu de les considérer tous deux comme des déchets similaires, tant dans leurs caractères physiques que dans leur composition chimique? En

animale. {Pfluger's. Archiv. 1874, t. IX. p. 53 et 65). Ce travail résume très-biea la question : il reaverse les opinions contradictoires de Nau- NYN (1868) et Steiner (1873) ; confirme et complète celle de Max Her- MANN (1859) ; il donne enfin leur véritable interprétation aux expériences de French, StvEdeler, Kuhne.

résumé, la théorie de Jaffé est fort ingénieuse, les expériences de Maly révèlent des faits très intéressants, mais rien n'autorise les conclusions qu'ils en tirent. Cette opinion est aussi celle de M. Gubler, et je suis heureux de pouvoir arguer de sa grande autorité sur cette matière.

Au point de vue de sa valeur clinique, l'urochrome paraît être le produit le plus parfait de la combustion de l'hémoglobine. Il est fréquemment en relation avec Yactivil^ hépatique à tous les degrés, évolutive et régressive, depuis l'augmentation du fonctionnement de la glande, jusqu'à la désintégration de ses [cellules : j'en dirai autant de la rate. Ainsi il augmente dans toutes les maladies où se rencontrent les conditions suivantes : grande destruction qlohulaire^ combustion complète leurs produits de dédoublement; il diminue dans les conditions inverses {anémie^ etc.), et dans plusieurs affections telles que la néphrite parenchymaleuse chronique^ les maladies de la moelle'} les diabètes, etc.

Urojérythrine et Hémaphéine. — L'origine hématique et globulaire de ces deux pigmenis me semble aujourd'hui à peu près certaine (1), L'uroérythrine est

(1) La composition de l'uroérythrine se rapproche singulièrement de celle de l'hémoglobine, de Thématoïdine et de la bilirubine, etc.

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