Aspect et consistance. — Claire dans la tuberculose
3. Quantité. — Plus diminuée dans la tuberculose que dans la fièvre
typhoïde.
4. Densité. — Moyenne =1022,6 dans la fièvre typhoïde; a varié
de 1028 à 1032 dans la tuberculose.
8. Sédiments. — Beaucoup moins fréquents dans la fièvre typhoïde ;
fréquence de l-'oxalate de chaux dans la tuberculose. Albert Robin, J2
10. Urée. — Plus considérable dans la tuberculose. 13. Albumine. — Beaucoup moins fréquente que dans la fièvre typhoïde : peu abondante quand elle existe.
20. TJrohèmatine. — Toujours augmentée dans la tuberculose, et
souvent dans de grandes proportions. — Dans la fièvre typhoïde, elle est normale, plus rarement et moins considérablement augmentée.
21. Indican. Moins abondante dans la tuberculose; est habituelle-
ment en rapport avec la diarrhée.
22 et 23. Héma'phéine et Uroérythrine. — Constantes et abondantes dans la tuberculose. — Assez fréquentes et peu abondantes dans la fièvre typhoïde.
Les traits principaux de ces tableaux sont: la diminution de quantité, l'augmentation de densité, de Y urée., la présence Voxalate de chaux., \a. limpidité., l'inconstance de V albumine ., l'augmentation de Yurohématine, la constance et l'abondance deV liéîJiajjhéiîie ei de ['uroérythrine. Si l'on hésite entre une fièvre typhoïde et une granulie, mais avec des signes plus plausibles en faveur de cette dernière, la réunion des caractères précédents, surtout si l'albumine manque, devra faire pencher du côté de la granulie le diagnostic encore incertain (1).
(1) Une femme de 32 ans, journalière, est apportée à l'hôpital de Lariboisière, sans qu'on puisse fournir aucun renseignement sur son compte. Elle a un délire continu, et porte autour des narines des traces d'épistaxis. La langue est rouge, sèche et fuligineuse. Le ventre tympanisé et douloureux à la pression : en outre, un peu de diarrhée. T. S. 40. Peau très-sèche. Rate peu augmentée de volume, mais trèsdouloureuse.
A l'auscultation de la poitrine, on ne trouve que de petits râles crépitans fins ; encore cco râles ne sont-ils bien nets que dans les grandes nspirations.
Au sommet droit, la respiration est un peu soufflante et des crépitations assez vagues sont perçues dans l'aisselle. Rien au cœur. Pouls très-petit, dicrote.
Le diagnostic restait fort indécis ; l'urine présentait le syndrome
Dans d'autres cas, la valeur diagnostique du syndrome, persiste malgré la présence de l'albumine : c'est ainsi que j'ai recueilli une observation (1), où l'urine avait une couleur jaune peu foncé, rougeâtre par transparence et contenait une forte proportion d'albumine. Mais il n'y avait que des traces d'indigose, l'urohématine et l'hémaphéine y étaient en excès notable et surtout on y trouvait de l'uroérythrine en assez grande quantité pour teinter de rose un sédiment formé d'urates de soude pulvérulents, mélangés d'un peu d'oxalate de chaux : le malade, plongé dans une stupeur profonde, en proie à une fièvre violente, n'avait ni diarrhée^ ni taches rosées : le ventre n'était ni ballonné, ni douloureux, la rate était grosse, mais des râles fins et secs étaient disséminés dans toute l'étendue des deux poumons, avec prédominance aux sommets. C'était en pleine épidémie de tièvre typhoïde : les symptômes urologiques, quoique incomplets, venaient ajouter leur valeur à celle des signes locaux et généraux, et cet en^ semble, dont la plupart des parties avaient une signification commune, fit porter le diagnastic granulie, ce qui fut confirmé par l'autopsie.
n. 19, ce qui nous permit d'éliminer la fièvre typhoïde et d'inclinet plutôt du côté de la tuberculose aiguë.
La malade mourut 4 jours après son entrée à l'hôpital. L'autopsie révéla l'existence d'une granulose généralisée.
(1) Si je n'avais craint de donner à ce mémoire déjà bien long, des dimensions exagérées, j'aurais rapporté, sous Le chef de pièces justificatives, les 67 observations de fièvre typhoïde et les 75 observations de maladies similaires qui ont servi de base à mes recherches. Mais les plus importants de ces cas ont été rapportés dans un travail adressé à l'assistance publique en août 1876, pour le concours de sortie de l'internat.
Gomme toutes les règles générales, ces syndromes ne sont point absolus ; mais les exceptions n'infirment en rien les faits les plus habituels, ei dans le cas actuel comme dans ceux qui vont suivre, c'est une observation minutieuse et méthodique qui pourra seule fixer les variations des principaux caractères.