‹ Essai de coprologie cliniqueChapitre 4 sur 48 · I. - INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. - INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Sommaire. — De la diversité des points de vue auxquels se sont placés les

auteurs qui ont jusquMci étudié les fèces.

Les Coaçues d'Hippocrate.

L'anthropologie et les fèces. Opinion de P. Bert,

A. — Ère de la chimie biologique et de la physiologie moderne : L Composition des fèces ; rapports de leurs parties constituantes. — II. Ce qui est dû aux résidus de l'alimentation, ce qui est dû aux substances sécrétées par Tinteslin. — III. Utilisation de ces données pourTétude de la nutrition, le diagnostic de certaines lésions, rétablissement des règles de l'hygiène alimentaire .

B. — Ère microbiologique : le rôle des microorganismes dans la détermination des affections intestinales ; questions d'épidémiologie .

C. — Ère de la physiologie pathologique et de la clinique ; du peu de travaux isolés sur Tétude des fèces utilisées au point de vue de l'exploration fonctionnelle de l'intestin .

D. — Programme que nous nous proposons de remplir :

1 Exploration fonctionnelle de Tintestin par l'examen des fèces ; 20 Etude séméiologique des dyspepsies intestinales , — Divisions et plan du mémoire.

Diversité des points de vue auxquels se sont placés les AUTEURS. — L'importance de Texamen clinique des fèces est depuis longtemps reconnue de tous. Sans vouloir remonter jusqu'au livre hippocratique, des CoaqueSy nous trouverions maints exemples plus récents dans la littérature médicale pour soutenir cette opinion. Cependant, jusqu'à ces dernières années, nos connaissances à leur sujet sout demeurées bien restreintes. Cela tient sans doute à la diversité des travaux accomplis, dont quelques-uns seuls ont une application diagnostique. Pour se rendre compte de ce fait, il n'y a qu'à se rappeler les nombreux points de vue auxquels se sont placés les auteurs qui ont traité des fèces. Nous pourrions

comme par boutade citer l'opinion de Paul Bert. Cet auteur pense en effet qu'en comparant la forme, la consistance des matières fécales, si différentes avec l'alimentation dans les différentes races humaines, on aurait de quoi écrire un chapitre nouveau et intéressant d'anthropologie. Nous ne nous arrêterons pas sur ce point que l'auteur développe avec quelque complaisance, car il nous semble suffisant pour montrer Tun des multiples aspects sous lesquels on a envisagé l'étude des matières fécales .

A) Ëre de la chimie biologique et de la physiologie moderne. -—Cependant que réduite pendant de longues années à la simple constatation de la forme, de la consistance, de la couleur ou de l'odeur, l'étude des fèces restait forcément restreinte, le milieu du siècle dernier vit apparaître avec des méthodes nouvelles des recherches plus scientifiques. C'est l'ère de la chimie biologique et de là physiologie moderne.

Alors, au point de vue purement chimique, on étudie la composition des fèces; on envisage leurs différentes parties constituantes et les proportions dans lesquelles elles se trouvent.

Aupoint de vue physiologique, on détermine la quantité due aux résidus de l'alimentation et la quantité duo aux substances sécrétées par l'intestin lui-même; enfin, on utilise ces données pour le rendement digestif et l'étude de la nutrition générale.

I. Composition des fèces. — a) Dans le premier groupe de recherches, il nous faudrait citer les travaux de Wehsarg, que Ton trouvera résumés dans le Dictionnaire deWurtz par Schutzenberger à l'article Excréments; ceux de xMûller, ceux de Lambling, etc.; chez Tenfant, ceux de Wegschcider, d'Uffelmann, de Michel, travaux d'ensemble des plus importants

exposés par Nicioux dans le Dictionnaire de Richet, où l'on trouvera détaillée la composition chimique des fèces.

b) Puis il nous faudrait citer^^onv l'étude des différentes parties constituantes» les importants travaux de Menicanti et Praussnitz, de Mann, sur la cellulose; ceux do Weintraud, do Petren, de Parker, de Micko, sur les bases xanthiques; de Rubner, de Grundzbach, sur les cendres des fèces chez l'homme, de Blauberg chez l'enfant, de Millier chez le chien ; de Meyer, d'Hamburger, de Millier, de Voit, de Stockmann et Grieg, de Lapicquo etGuillemonat,sur le for entrant dans leur composition.

II. Parties constituantes des fèces. — Ensuite, nous plaçant sur le terrain de la physiologiey étudiant les différentes parties constituantes des fèces, en tant que venant des aliments ou de l'intestin lui-même, il nous faudrait :

a) Se rattachant au premier ordre d'idées, citer les travaux de Riibner, de Voit, de Mœller; les importantes recherches de Miiller chez le chien, montrant la variabilité do composition des fèces avec la nature des aliments (albuminoïdes, hydrates de carboue ou graisses) ;

b) Dans le second ordre d'idées, partie des fèces tenant aux substances sécrétées par l'intestin, les travaux de Millier^ les constatations d'Hermann sur une anse intestinale isolée en anneau, les recherches de Rieder, de Tsuboï,de Praussnilz, etc.

III. Utilisation de ces données pour l'appréciation du rendement DIGESTIF. — Envisageant enfin l'utilisation decesdonnées physiologiques pour l'appréciation du rendement dijestifet l'étude de la nutrition générale^ nous devrions passer en revue les travaux de Rubner, de WoroschiIoff,de Praussnitz, de Meyer, de Munk, d'yffelmann, do Zûnlz et Magnus Levy, de Von Noorden, de Dastre, d'Atwater, etc.

Mais déjà, avec ces travaux, nous sortons du domaine

r entrer dans le domaine de l'appliomaine de la clinique ; en examilotale dos fèces, en prenant leur r les comparer à la composition ot isant le bilan détaillé et complet de a rendus et des aliments introduits, ! physiologiste moderne arrivent à sque organe par organe l'effet d'un me (Armand Gautier). C'est cette lée sur la détermination du bilan u employer toute une année dans le Ibert Robin ; c'est là une des applisces que nous avons pu voir pratiu ses élèves, lorsqu'il voulait déter- 1 tel régime clicz ses dyspeptiques

hcrchcs sur la nutrition, de l'exalopique des fèces d'autres auteurs ^lusiohs partielles utiles àla clinique, s de Nothnagcl sur la signiBcation ; les travaux de Kermauner sur la :ulaires et leur variabilité dans les r les résidus albumineus, de Miillcr ises et leur constitution cliimique.

les moindres; il noua faudrait encore e peuvent trouver place ici. Mais on dant que nous rappelions encore les concrétions intestinales dans leurs lie des différents segments de l'incllronl de citer ceux de notre Maître Iculs appcndiculaires, sur la liliûaso iloculite niucomembraneuse.

B) Ère microbiologique. — Eq môme temps que les progrès de la chimie biologique moderne permettaient ainsi d'utiliser les données scientifiques acquises sur la composition des fèces pour Texamen clinique des malades dans le but d'éclairer le diagnostic ou d'établir les règles d'une bonne hygiène alimentaire, la microbiologie^ qui venait de faire son apparition, s'appliquait également dans l'étude des fèces à rechercher les diverses bactéries qu'elles contiennent. — Tout en considérant les bactéries normalement existantes et les conditions capables de faire varier leur nombre et leui^ aspect, les auteurs s'attachaient surtout aux variétés capables d'engendrer des maladies à détermination intestinale ; si bien que l'étude des fèces devenait clinique, en ce sens qu'elle permettait d'établir le diagnostic bactériologique et une thé' rapeutique prophylactique.

Et ici il nous faudrait citer d'abord les travaux d'ensemble de Yignal et d'Hammerl sur les bactéries des fèces; les recherches d'Escherich, de Gilbert et Dominici sur l'action du régime lacté comme facteur important de la diminution du nombre des bactéries dans les fèces de l'homme, du chien et du lapin.

A un point de vue particulier, il nous faudrait citer encore les travaux de Koch sur la présense du bacille virgule dans les fèces des cholériques; les travaux de Chantemesse sur les moyens de reconnaître le bacille d'Eberth dans les selles des typhiques; les travaux de Girode, de Rosenthal, d'Anglade et Chocreaux sur les procédés pour caractériserlebacille de Koch dans les selles des tuberculeux; enfin les travaux de Thiercelin sur l'entérocoque, ceux de Lesage sur le bacille de la diarrhée verte des nourrissons, ceux du P' Hutinel et de ses élèves sur les microbes des infections intestinales des enfants, et plus particulièrement la thèse de Nobécourt sur les entérites streptococciques.

^siologie pathologique et de la

■ cetamasdetravauxchimiqueB, physioqucs sur les fèces, si nous voyons qu'à rementthéorique et scionliUque, traité tutrestirontquelquesconclusionsutilos inspas encore vujusqu'ici qu'ils âe serour étudier Yexploraiion du fonction- - Ce n'est pas que l'on ne puisse sur vaux isolés, qui envisageot, les uns le iairc sur la composition des fèces; les crélioD pancréatique; d'autres encore ude la motricité intestinale,dan8 le but is cliniques utiles à la connaissance de 'iquc de l'intestin. On trouvera par la il, un grand nombre de faits appliqués 1 d'ensemble sur la question, oous n'en aucune connaissance. Et cependant, :« Aucun diagnostic d'affection întesntétabli,si onn'aexaminé minutieuserises les matières fécales. La quantité, me, la couleur et l'odeur, la réaction indoccUes-ci nous fournissent les renôcieux surl'étatdes sécrétions propres liquides que déversent dans la cavité annexes du tube digestif, sur le fonc»

n, sur la puissance de la digoslibililé I sur sa coDlractilité. »

ste des travaux nombreux sur les ma- 'erses questions sont traitées au point sont ceux do Notlmagel, de Boas, de r, de von Jacks, d'Eichorst, etc. En dons rien de semblable. On trouvera pathologie générale de Boucliard, une

excellente revue générale des procédés mis en œuvre pour l'examen clinique des selles par M. Le Gendre. Le Traité des maladies de Testomac et de l'intestin de M. Matiiieu en contient une autre des mieux faites; de même, dans le Manuel de diagnostic médical deDeboveet Achard, M. Bezançon fait une étude abrégée de Texamen clinique des matières fécales ; dans le Traité de pathologie interne de Bouchard et Brissaud, MM. Mathieu et Courtois-Suffit, dans celui de Brouardel et Gilbert, M. Galliard, font entrevoir l'intérêt que présente une semblable étude pour le médecin ; mais aucun d'eux n'indique une méthode capable d'être utilisée pour l'exploration des troubles digestifs intestinaux.

D) Programme que nous nous proposons de remplir. — C'est cotte lacune que nous avons voulu tenter de combler dans cet essai de coproloffie clinique^ qui a pour hutV exploration fonctionnelle de VintestinparV examen des fèces.VoMV atteindre ce but, nous envisagerons successivement, après avoirétabliun régime d'épreuve etdéterminé un moyen commode de délimiter tes fèces qui y correspondent :

i® La durée de la traversée digestive ;

2^ Le rapport des matières sèches aux matières fraîches;

3^ La réaction des fèces ;

4^ U utilisation quantitative et qualitative des graisses;

5® Accessoirement V utilisation des hydrates de carbone y

6^ et des albuminoides .

Et, grâce à ces recherches, nous espérons pouvoir montrer qu'il est facile au praticien de reconnaître par l'examen des fèces les troubles de motricité y de sécrétion Qi à' absorption du tube intestinal.

Nous n'envisagerons donc point dans ce travail l'examen des fèces dans le but d'aboutir à un diagnostic anatomique. Ce que nous voulons faire ici, c'est, à l'aide de l'étude des

la digestion intestinale après repaa d'épreuve, à l'étude des résidus de la digestion stomacale égalci repas d'épreuve, envisager le problème des dt/s- '.estinales.

iltats que pourront obtenir les praticiens en utilieclierches ne les renseigneront donc point pour y a cancer du foie, lithiase biliaire ou ictère catar- >Ius que cancer du pancréas ou simple pancréatite; on plus que cancer ou simple ulcération de l'inné traduiront autre chose qu'un défaut des sécré- Julaires, qu'un trouble de résorption intestinale ou ation de la motricité. A eux de rechercher ensuite, imble des circonstances qui accompagnent ces }ns des matières fécales, la cause qui engendre le nctionnel ou la lésion organique dont les symptdvés ne sont que l'effet.

istatations n'ont donc d'autre but que do leur venir ur leur indiquer d'une façon plus certaine l'organe m cause dans le déficit physiologique du tractus

vant d'aboutir à ces conclusions et de donner ud inalyse des fèces dans ce seul but diagnostic, nous 18 dans ce travail par quels moyens nous somè à formuler ces notions précises, tirées de l'étude Pour cela, nous rangerons chacune des parties que 18 étudiées dans un chapitre spécial et chacun de res comprendrai son tour quatre subdivisions : posé historique du sujet traité (i) ;

8 résumé hislorique, nous avons me iprécier â leur Juste valeur les priDcip

le propositien importante de leur par. t__ j

, et, cela fait, nous avoDB cru devoir mettre les ouvrages A couleur empruDiaQl leorg observaliona pour lea Joindre aui outres r la masse des faili qut nous «nalysioui.

2° Lea faits expérimentaux qui s'y rapportent;

3° Les observations cliniques qui y sont relatives ;

i" Les conclusions partielles à en tirer.

Des conclusions générales réuniront tous ces cliapiti dans une vue d'ensemble et nous permettront d'établir, toute connaissance de cause, un modèle tf analyse des fèc xUile au diagnostic de l'exploration fonctionnelle de V festin.

Enfin, essayant de répondre à la phrase de MM. Enriqi et Hallion dans untravailintitulé « Des acquisitions récen sur la digestion intestinale » où il est dit : qu'il n'est ) douteux que, du jour où la clinique arrivera à pouvoir iot roger l'état fonctionnel de Tinfestin comme on interri aujourd'hui l'état fonctionnel du foie et du rein, on arrive selon toute vraisemblance, à cataloguer d'une façon p méthodique et plus scientifique qu'on ne l'a fait jusqu'à i Jourd'hui les cas si nombreux de perturbations fonctionnel intestinales, qu'elles soient d'origine nerveuse, dyscrasiqi toxique ou infectieuse, ie second objet de notre travail s( d'utiliser les connaissances acquises par cette eœptorati de finteslin pour étudier et préciser la sémëiologie t

DYSPEPSIES DDODÉNALES.

INDEX BIBUOGHAPHIQUE

WensAHO. — Cité par Schctzbnberqbb, in Dictionoaire de Wdb

art. Excréments.

HuLLER (F.). — Ueber den Normalen Eoth des Fleischfressers.

B., 1884, XX, 827-377.) Wegscheider. — Heber die normale Verdauung bei S&ugling^

(Inaug. dissert. Strasbourg, 1875.) U^PELHANN. — UntersuchuDgen ûber das microscopische und ci

mische Yerhalten der Pièces nïturlich ernflhrter Sauglinge «

utier die Verdauung der einzelncn Nabrungabestandibeile seit<

-iè-

keiArehiofÙr kUnUche Met., 1881, XXVIII,

it de temme et l'utilisatioa de sea mitériaux

/riyue, 1897, 11,518-834.)

res fécales, in Dictioanaire Jaccouo. 1869.

(amen clinique des sellas. (GtZ'-.Ue méd. d^s Hô-

)re 1903.)

Ysnz. — UatersuchungeD ûber das Verliallen

odarten îm menschlictien Organisnius- (Z, B.,

Page 1