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Essai de philosophie positive au XIXe siècle

Le litre d'Essai de philosophie positive que nous mettons au frontispice de ce livre indique suffisamment, qu'il ne s'agit pas ici d'un de ces systèmes de métaphysique où toutes les questions qui intéressent l'homme découlent comme corollaires d'un principe à priori. La métaphysique a fait son temps. Après avoir détrôné la théologie dont ellen'aété longtemps que l'humble auxiliaire theologiœ ancilla, elle s'est évanouie à son tour devant la science qu^elle avait appelée à son aide pour porter les derniers coups à sa rivale. Ce grand mouvement qui forme le trait le plus saillant des temps modernes, se dessine à l'heure

qu'il est d'une façon si franche et si nette qu'on peut prédire le jour où il s'imposera à tous et à tout. Notre siècle est l'époque de transition entre un passé insuffisant et un avenir gros de hardiesses, que les gens timides n'osent envisager sans un certain effroi. De nombreux ouvrages où les idées flottent incertaines entre la tradition et la méthode expérimentale témoignent assez du trouble qui règne encore dans beaucoup d'esprits. Nous croyons répondre à la tendance générale du moment, en présentant sous une forme abrégée et exclusivement scientifique, ce que l'on sait de précis sur les grands problèmes qui s'agitent au fond de la conscience humaine et qu'on peut résumer dans ces trois mots : le monde, la terre, V homme. Sans doute bien des points d'interrogation se dressent encore devant nous au milieu de

questions si élevées, si ardues. Mais si on se rappelle les découvertes inespérées que depuis un siècle, le télescope a amenées dans l'étude des corps célestes, le microscope dans le domaine des infmiment petits, la chimie dans les propriétés de la matière, on ne doit pas désespérer de voir un jour le génie de l'homme sortir victorieux de ce combat titanique qu'il a engagé contre les forces de la nature, et faire tomber les derniers voiles qui nous cachent encore l'origine des mondes et leur destinée.

La découverte capitale du siècle dans les sciences physiques est, sans conteste, l'existence de réther, c'est-à-dire de ce fluide impondérable qui remplit les espaces et dont les divers modes de mouvement produisent ces phénomènes cosmiques que l'on appelle gravité, pesanteur, cohésion, affinité, lumière, chaleur, électricité, magnétisme, capillarité, endosmose, etc.

L'hypothèse de l'éther remonte à Descartes qui l'imagina pour expliquer le mouvement des corps célestes. Esprit éminemment philosophique, il avait entrevu ou plutôt soupçonné cette majestueuse unité qui relie tous les phénomènes de l'univers ; mais ses explications, ne reposant sur aucune base mathématique, furent bientôt ou-

bliées. Toutefois, ses continuateurs, parmi lesquels nous devons principalement citer le Hollandais Iluyghens étranglais Young, vulgarisèrent l'idée de l'éther en cherchant à expliquer, par les ondulations de ce fluide, les phénomènes de l'optique. Ils arrivèrent à cette conséquence étrange que la lumière ajoutée à la lumière, dans certaines conditions déterminées, devait produire de l'obscurité. Cette conclusion, si contraire aux idées vulgaires, jeta de la déflance dans les esprits et peu de physiciens s'étaient ralliés à l'hypothèse de Télher, lorsque Fresnel vint trancher la question.

Aidé d'Arago dans ses recherches expérimentales, il démontra, par la célèbre expérience des interférences (*) que la lumière ajoutée à la lumière produit de l'obscurité, dans certains cas

(*) Celte expérience, capitale dans l'histoire de la science moderne, est des plus simples à concevoir et à exécuter. Les ondes lumineuses ont un mouvement de va-et-vient que nous comparerons, fauîe de mieux, aux oscillations d'un pendule. Si deux ondes de même longueur et de même intensité, et marchant en sens inverse se rencontrent, leur mouvement sera détruit et robscurilé succédera à la lumière. Fresnel a réalisé cette expérience à l'aide de deux

indiqués par la théorie des ondulations. Appliquant, en outre, le calcul algébrique à Thypothèse de l'éther, il expliqua tous les phénomènes de l'optique, même ceux devant lesquels l'école de Newton s'était déclarée impuissante. Dès ce moment, la théorie de la lumière était fondée, et l'existence de l'éther démontrée d'une manière mathématique. Les calculs de Fresnel resteront comme un des plus beaux monuments que le génie de l'homme ait élevés à la science, et montrent ce que peut l'algèbre lorsqu'elle est maniée par un grand géomètre.

L'éther avait pris rang dans la science, mais il ne sortait pas encore du domaine de l'optique. Chacun des autres phénomènes cosmiques était, faute de mieux, attribué à une force, mot vague, tenant autant de la scolastique que de la méca-

miroirs plans, légèrement inclinés entr'eux, c'est-à-dire faisant un angle de près de 180 degrés. En plaçant une lumière à quelque distance, on voit se produire une série de lignes brillantes alterner avec une série de lignes obscures. Dans les lignes brillantes, les ondes s'ajoutent, parce que leurs oscillations sont de même sens ; dans les lignes obscures elles se détruisent parce qu'elles sont de sens contraire.

nique, et qui ne cachait, au fond, que l'ignorance des physiciens sur les causes réelles des faits qu'ils observaient. La pesanteur, le calorique, l'électricité^ etc., étaient autant de forces. Dès qu'on se sentait embarrassé pour expliquer un phénomène, on inventait une nouvelle force, force de contact, force de présence, force catalytique, que sais-je ? Un de nos plus illustres chimistes en comptait dix-sept dans le seul domaine de la chimie , et s'essayait à les classer. Ampère fut le premier qui chercha à mettre de l'unité dans ce chaos par ses belles études sur les instruments électriques appelés solénoïdes. Voyant qu'un barreau aimanté se comportait absolument comme un solénoïde, il imagina d'identifier les deux fluides électrique et magnétique et de ramener le magnétisme à l'électricité.

Plus tard, Séguin en France, Joule en Angleterre et Meyer en Allemagne, s'appliquant à l'élude des phénomènes de la chaleur, reconnurent, bien que partis tous trois de points de vue différents, que la chaleur n'était qu'un mouvement moléculaire, et que ce mouvement impliquait l'existence de l'éther. Toute machine mue par la vapeur, a le feu, c'est-à-dire le calorique

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pour premier agent et la rotation de l'arbre pour dernier terme. Or, un mouvement ne pouvant dériver que d'un autre mouvement, d'après les notions les plus simples de la mécanique, on était amené, en dernière analyse, à chercher dans les vibrations de l'éther, la cause première du mouvement moléculaire qui produisait la chaleur. L'esprit était, du reste, d'autant mieux disposé à accepter cette conclusion, que nous voyons journellement le mouvement se transformer en chaleur et la chaleur en lumière. Or, tout le monde sait aujourd'hui que la lumière n'est qu'une vibration de l'éther.

Vers la môme époque, un physicien anglais, Grove, donna une sanction définitive à ces vues théoriques en imaginant une série d'expériences où l'on voyait les forces physiques passer les. unes aux autres comme si elles n'étaient que des transformations d'un même mouvement, des manières d'être différentes d'un même fluide. Ces expériences, agrandies et simplifiées par Tyndhall et qui sont aujourd'hui devenues classiques, permettent de lire ces transmutations de forces de la façon la plus claire, la plus intelfigible. On voit l'électricité se changer en chaleur, la chaleur

se transformer en lumière, la lumière produire du magnétisme, etc. On dirait une seule manifestation du fluide mystérieux se révélant par degrés successifs, comme pour former l'échelle des actions cosmiques, c'est-à-dire de ces phénomènes que l'on nomme chaleur, lumière, électricité, etc. Ce sont autant de modes d'action du fluide éthéré, et on peut affirmer que l'unité des forces physiques a été définitivement étabUe à la suite de ces expériences.

Restait cependant un groupe de forces qu'on n'avait pu encore rattacher aux vibrations de l'éther. Nous voulons parler de la gravité qui préside aux mouvements elliptiques des corps célestes et des autres forces qui s'y rattachent par des analogies plus -ou moins directes, c'est-àdire la pesanteur, la cohésion, la capillarité^ l'affinité chimique, toutes les forces, en un mot, qu'on confondait autrefois sous le nom d'attraction. Les affinités moléculaires, dont les réactions constituent l'étude de la chimie, ont, il est vrai, des relations directes avec la chaleur, la lumière et l'électricité, puisque ces trois agents se manifestent soit comme cause soit comme effet dans toute combinaison ou décomposition chimique.

On pouvait donc attribuer, par induction aux propriétés de l'élher, les actions chimiques, mais quelle relation, même éloignée, établir entre ce fluide dont les vibrations produisent la lumière, et la force qui fait mouvoir les corps célestes dans leurs orbes elliptiques ou plutôt dans leurs spirales sans fin? On avait vu un barreau aimanté attirer le fer, mais les physiciens étaient restés muets devant un tel phénomène. Comment s'affranchir de cette mystérieuse force d'attraction qui semblait le fondement même de la science, et qui, maniée par plusieurs générations de géomètres, avait conduit l'astronomie à de si brillantes destinées ?

L'ouvrage qui devait compléter l'œuvre commencée par Descartes, c'est-à-dire démontrer l'unité de toutes les forces cosmiques en expliquant les orbes des corps célestes par les mouvements de l'élher, parut en 1853, sous le titre de : Du principe général de la philosophie naturelle. Ce livre a été pour l'astronomie ce que les calculs et les expériences de Fresnel avaient été pour l'optique. L'auteur, de Boucheporn, un des plus grands géomètres de notre époque, explique» par les mouvements des molécules éthérées,

toutes les forces cosmiques que les astronomes, les physiciens et les chimistes avaient imaginé pour se rendre raison des phénomènes qu'ils observaient dans les diverses branches des sciences. L'étude des mouvements célestes constitue la partie capitale de son travail. C'est la synthèse la plus grandiose qui ait été faite depuis Newton sur la mécanique céleste et sur les lois qui régissent l'univers. Partant des données les plus élémentaires des mathématiques, il construit la géométrie des espaces et découvre une foule d'harmonies sidérales échappées aux savantes analyses des astronomes, qui, depuis deux siècles, ont cherché à compléter et à agrandir l'idée newtonienne. Nombre de problèmes que l'ancienne école n'avait pu aborder, les jugeant à jamais insolubles, d'autres, qu'elle n'avait fait qu'effleurer ou résoudre d'une manière incomplète, ont été abordés et résolus par Boucheporn avec une hardiesse et une sûreté de vue qui étonne non moins que la simplicité de ses méthodes. Les résultats fournis par ses calculs concordant de la manière la plus frappante avec les chiffres donnés par l'observation directe, sont la confirmation la plus complète de ses raison-

nements, et montrent que l'astronomie moderne a enfin trouvé sa formule définitive. Qu'il nous suffise de citer, parmi ces solutions inespérées, dues au géni^ de Boucheporn ou plutôt à la théorie de l'éther, la loi des distances planétaires vaguement entrevue par Titius, l'explication des accélérations de la comète à courte période, la cause du retard des marées et de leur élévation extraordinaire sur les côtes occidentales, enfin l'attraction des corps célestes expliquée par les seules lois de la mécanique, c'est-à-dire par les réactions des molécules de l'éther sur les masses cosmiques qui se meuvent dans l'espace.

Pour terminer cette esquisse des travaux qui ont servi à fonder la théorie de l'éther, nous devons aussi mentionner le hvre que le Père Secchi a pubhé, en 1864, sur l'unité des forces physiques. Les vues ingénieuses du Père Secchi sur les rotations des molécules éthérées complètent les idées de Boucheporn, et donnent une notion plus précise des phénomènes dus aux vibrations de ce fluide. Citons enfin V Essai sur l'unité des phénomènes naturels, de M. Saigey, bien connu par ses nombreux travaux de vul garisation scientifique.

Résumant ce que nous venons de dire sur les preuves de l'existence de l'éther, nous pouvons conclure que Fresnel par ses travaux sur l'optique, Grove par ses expériences sur la corrélation des forces physiques, Joule par ses recherches sur la chaleur, Ampère par ses études sur l'électro-magnétisme, enfin Boucheporn par ses calculs astronomiques, ont établi l'existence de Téther de la manière la plus irréfragable. Un fluide subtil rempht les espaces et produit tous les phénomènes cosmiques par ses divers modes de mouvement. Du reste, l'étude des mouvements de certains corps célestes conduit aux mêmes résultats et donne une sanction directe aux déductions théoriques des physiciens. On sait que les comètes présentent, dans leur aspect et dans leur marche, toutes les particularités qui caractérisent une masse fluide se mouvant dans un milieu résistant. La tête arrondie et repliée sur le noyau, tandis que l'extrémité opposée s'étale en éventail, témoigne que les molécules qui constituent l'astre sont refoulées en arrière dans le sens opposé à la marche de la comète, et accusent l'existence d'un milieu résistant, c'est-à-dire de l'éther. Une seconde preuve, non moins con-

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cluante que la précédente, est tirée de la comète de Encke et de celle de Faye, dont la darée des révolutions va constamment en diminuant. Un tel résultat ne peut s'expliquer que par la résistance du lluide éthéré, et si l'astronomie n'a pu encore constater d'effet analogue sur la durée des révolutions planétaires, cela tient, sans nul doute, à l'extrême petitesse de ce mouvement qui ne pourrait devenir appréciable, vu la masse des planètes, qu'après plusieurs milliers d'années d'observations précises.

Eludions maintenant la nature de l'éther, c'est-à-dire les propriétés de ce fluide mystérieux, au sein duquel s'agite et se meut l'univers .

La rapidité de la transmission de la lumière et de rélectricité, rapidité qui atteint environ 77,000 lieues par seconde, nous révèle une de ses propriétés les plus caractéristiques, l'extrême mobilité de ses molécules. De l'ensemble des divers phénomènes, dus à l'action de l'éther, on conclut également que ses molécules sont d'une ténuité extrême, et que cette ténuité dépasse les limites assignées aux atomes de la matière pondérable. A ces deux qualités, c'est-à-dire mobilité et ténuité extrêmes, il faut ajouter deux autres propriétés inhérentes à la matière : limpénétrabilité et l'inertie.

Mais, quelle est la nature, l'essence de ces molécules ? la matière qui les constitue est-elle distincte de celle qui entre dans la composition des divers corps que nous voyons à la surface du globe? Il est difficile de répondre d'une ma* nière affirmative à une telle question, puisque l'excessive ténuité des molécules éthérées les a fait échapper, jusqu'ici, à l'analyse du physicien et du chimiste. Nous dirons seulement que, suivant toutes les analogies, il n'y a, dans l'univers, qu'une seule matière à divers états de ténuité ou d'agglomération. Telle est, du moins, l'opinion des hommes qui se sont le plus occupé des diverses questions qui se rattachent aux actions moléculaires des corps simples et aux mpuvements de l'éther. Le célèbre axiome de Leibnitz qui se vérifie à chaque pas dans les sciences naturelles, et qui sert si souvent de fil conducteur, quand les autres analogies viennent à faire défaut, vatura non agit saltatim, semble exclure toute autre solution. L'analyse spectrale nous montre, en effet, que les matières qui entrent dans la constitution du soleil et des étoiles qu'on a pu observer, sont les mêmes que celles que nous voyons à la surface du globe. D'un autre

côté nous savons, par l'analyse chimique, que les molécules des corps simples, ne sont, suivant toute probabilité, que des aggrégations diverses de l'hydrogène, le plus subtil et le plus léger de tous les gaz. Pourquoi la molécule de l'hydrogène ne serait-elle pas, à son tour, une aggrégation de molécules éthérées, et la molécule éthérée le dernier terme de la division de la matière, l'atome idéal de la philosophie chimique (*)

Une question non moins délicate que la précédente et non moins difficile à résoudre est l'espacement des molécules éthérées. L'extrême rapidité de la lumière fait présumer que cet espacement est peu considérable. Mais comment fixer des chiffres, même approximatifs;, dans un problème dont les termes échappent à l'observation. Cependant plusieurs savants physiciens, parmi lesquels nous citerons Gauchy et Boucheporn, ont cherché à arriver, par des voies indirectes, à la solution de cette question, ou du moins, à

(*) On pourrait objecter que Tatome éthéré est impondérable, tandis que la molécule d'hydrogène ne Test pas. Nous expliquerons plus loin cette anomalie apparente en traitant des causes de la pesanteur.

fixer des limites. Les calculs de Boacheporn nous paraissent serrer le problème de plus près que les autres. D'après ce savant, on pourrait assigner, à l'espacement des molécules éthérées, le chiffre de un vingtième.

Des considérations qui précèdent, on peut conclure que l'éther est un fluide éminemment subtil qui remplit les espaces célestes et pénètre dans tous les interstices des corps. Les propriétés de ses molécules sont les propriétés mêmes de la matière, c'est-à-dire l'impénétrabilité et l'inertie, auxquelles on peut joindre l'extrême mobilité de ces particules.

Ces notions établies, nous allons étudier la réaction de l'éther sur la marche des corps célestes, et faire concevoir comment de cette réaction, naît la gravité, c'est-à-dire cette force d'attraction qui retient ces masses dans leurs orbes curviUgnes.

Prenons pour exemple les deux corps les plus importants pour nous, de tous ceux qui sillonnent l'espace : le soleil et la terre. On sait, depuis Galilée, que le soleil exécute un mouvement de rotation sur lui-même, et, depuis Herschell, qu'il se meut dans l'espace avec une vitesse évaluée,

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par Struwe et Péters à environ deux lieues par seconde. Si on considère d'abord ce mouvement de translation, nous voyons l'éther refoulé en avant du soleil dans le sens de sa marche, et un vide se former eu arrière, dans le sens opposé. Ce vide n'est qu'instantané, car il est rempli aussitôt par le remous des ipolécules éthérées^, qui , se précipitant en arrière, restituent au soleil la majeure partie de la vitesse qu'il a perdue en chassant l'éther devant lui. Supposons maintenant la terre ou toute autre planète située à une distance du soleil telle que le remous de l'éther se fasse encore sentir. Cette planète, obéissant à cette sorte d'aspiration qui pousse les molécules éthérées vers le soleil, se dirigera vers cet astre, et sa vitesse sera évidemment d'autant plus grande que l'aspiration sera plus forte, c'est-à-dire que la distance qui sépare les deux corps célestes sera plus petite.

Le même phénomène se reproduit si Ton considère le second mouvement du soleil, celui de rotation,'- qu'il accompht autour de son axe en vingt-cinq jours et demi. Les molécules éthérées, refoulées de tous côtés autour du globe solaire, par sa rotation incessante, forment autour de

cet astre une suite de sphères concentriques dont la densité va constamment en augmentant depuis la surface du soleil où elle est presque nulle, jusqu'aux limites extrêmes de ce mouvement. Par conséquent, une planète située en deçà de ces limites se trouvera inégalement pressée par Télher et sera poussée du côté où les molécules éthérées sont ft plus raréfiées, c'est-à-dire du côté du soleil. Elle s'avancera donc dans cette direction et sa vitesse sera d'autant plus grande que la densité de l'éther sera plus faible, c'est-àdire que la distance qui sépare les deux astres deviendra plus petite. Ajoutons que cette action est incomparablement plus faible que la première, car elle a à vaincre à chaque instant une action contraire, celle des forces centrifuges, développée par le mouvement rotatoire.

Telle est la cause de l'attraction. Ce n'est pas une force mystérieuse inhérente à la matière, comme quelques phj^siciens le donnaient à entendre, c'est une simple application des lois de la mécanique au double fait de la translation du soleil dans l'espace et de sa rotation sur luimême au milieu du fluide élhéré. Newton a résumé cette action dans une loi qui est devenue

la base de l'astronomie moderne : tous les corps célestes s'attirent en raison directe de leurs masses, et en raison inverse du carré de leurs distances. (*)

Nous avons supposé, dans notre raisonnement, que la planète attirée par le soleil se dirigeait vers cet astre avec une vitesse toujours croissante, et finissait, par conséquent, par tomber sur lui. Il en serait en effet ainsi, si la planète n'obéissait qu'à la seule pression de l'éther. Mais, de même que le soleil, les planètes possèdent aussi un mouvement de translation dans l'espace. Il faut donc prendre la résultante de ces deux forces, l'impulsion primitive qui, en vertu de l'inertie de la matière, les fait mouvoir en ligne droite , l'attraction qui infléchit leur course vers l'astre central, pour déterminer la nature de leur trajectoire. Cette courbe est un orbe

C) La théorie de Télher nous apprend qu'il faut modifier celte loi dans sa première partie, et remplacer les masses par les volumes et la vitesse. En effet, cVst principalement par son volume et sa vitesse, comme le fait observer Boucheporn, que le soleil agit sur Téther, et, par suite, sur Tattraction qui résulte de ce mouvement.

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sensiblement elliptique comme l'indique la célèbre loi de Kepler : chaque planète décrit une ellipse dont le soleil occupe un des foyers. (*)

Cette loi s'applique non -seulement aux planètes qui circulent autour du soleil, mais aussi aux satellites qui circulent autour des planètes. Il faut cependant y ajouter quelques restrictions importantes que l'observation a révélées depuis Kepler.

Passons d'abord aux comètes : ces astres sont loin d'obéir tous à cette loi. Les uns décrivent des ellipses autour du soleil, mais d'autres tracent des paraboles, et d'autres encore des hyperboles. Le calcul permet d'indiquer quelle est la courbe décrite par une comète dès qu'on connaît

C) Les personnes peu familiarisées avec la géométrie peuvent se représenter Teilipse par un cercle un peu aplati. Le grand axe, c'est-à-dire le plus grand diamètre, possède de chaque côté du centre un point appelé foyer, qui jouit de propriétés géométriques fort remarquables. La parabole est une ellipse qui n\a plus qu'un foyer, le second s'étant éloigné jusqu'à finfini. Cette courbe, par conséquent, ne peut plus se fermer, et ses deux branches s'étendent aussi à rinfini. L'hyperbole rappelle la parabole au premier aspect, mais elle en diffère par le tracé de ses branches et par ses propriétés géométriques.

ses éléments. Ajoutons qae les ellipses cométaires sont très allongées, tandis que les ellipses décrites par les planètes ou par leurs satellites sont presque circulaires.

En second lieu, il n'est pas tout-à-fait exact de dire que les corps célestes, soit planètes, soit satellites, soit comètes décrivent des ellipses. Il en serait rigoureusement ainsi si le soleil était fixe. Or, on sait que cet astre se meut dans l'espace, entraînant à sa suite tout son cortège de satellites. Dès lors, il est évident que la trajectoire décrite par la terre, par exemple, ne peut jamais se fermer pour constituer l'ellipse, et qu'elle décrit, en réalité, une sorte de spirale dont chaque tour correspond à une révolution annuelle autour du soleil. Nous étudierons plus loin les rapports qui existent entre ces spires éthérées et plusieurs phénomènes que l'on observe à la surface du globe.

Ajoutons aussi que la trajectoire des corps célestes subit un autre genre de modification, due à la résistance de l'éther. Quelque faible qu'on suppose la densité de ce fluide, il doit agir à la longue sur le mouvement des astres, et diminuer de plus en plus l'amplitude de leurs orbes. Cette

action, sensible pour les comètes, à cause de leur faible masse, n'a pu être constatée jusqu'ici pour les planètes. Nombre d'astronomes ont même nié cette influence. Cela tient uniquement à l'extrême lenteur de ce mouvement, qui, d'après les calculs, ne pourrait devenir appréciable qu'après un intervalle de plusieurs milliers de siècles. Les siècles ne marquent que des secondes à l'horloge de la nature. La spire hélicoïdale, que chaque planète décrit dans le tourbillon solaire, va donc se rétrécissant d'une façon insensible, et laisse entrevoir qu'un jour chacun de ces globes ira retomber sur l'astre d'où il est sorti. Nous montrerons bientôt, comment, de ce fait, dérive une des harmonies de la dynamique sidérale.

Nous avons expliqué les lois de l'attraction en ne considérant que l'action du soleil sur les planètes. Notre exposition s'est trouvée ainsi simplifiée. En réalité, le problème est plus complexe, et, pour avoir une idée complète des mouvements qui régissent les orbes des corps célestes, il faut aussi tenir compte de l'action que les planètes, et en général, toutes les masses cosmiques, exercent entr'elles. Les étoiles elles-

mêmes, malgré leur immense éloignement, font sentir leur influence comme nous aurons occasion de le démontrer bientôt, sur les divers corps du système solaire, et on peut dire que les lois de l'astronomie ne sont que les lois de l'équilibre de ces masses, flottant au milieu de l'éther et reliées entr'elles par les vibrations de ce fluide. De là, ces perturbations qui aflfectent la plupart des corps célestes, perturbations qui rendent parfois si difficile l'étude de l'astronomie. On sait que c'est par l'analyse des perturbations d'Uranus qu on fut amené à soupçonner l'existence d'une antre planète aux limites du système solaire, et qu'on arriva à la découverte de Neptune.

L'attraction universelle, dont nous venons d'esquisser l'origine et les principales lois, n'est que le premier terme d'une série d'actions cosmiques qui ont leur cause première dans les vibrations de l'éther. Ce fluide, pénétrant, grâce à la ténuité de ses molécules, jusque dans les interstices des corps qui sont à la surface du globe, leur communique toutes les impulsions qu'il reçoit, et produit, suivant la nature de ces mouvements, les phénomènes lumineux, calorifique, électrique, etc., que nous observons autour de nous. On peut dire que toutes les lois qui constituent l'ensemble des sciences physiques et naturelles sont autant d'appUcations de la dynamique sidérale, c'est-à-dire de cette mécanique

universelle, ayant les corps célestes pour moteur et pour véhicule le fluide éthéré. Nous allons passer rapidement en revue les principaux de ces phénomènes, moins pour indiquer leur mode d'action que pour faire connaître les liens qui les rattachent aux vibrations de l'éther.

Prenons d'abord la pesanteur, c'est-à-dire cette tendance qui porte tous les corps à retomber sans cesse vers le sol. Cette propriété est la conséquence directe de la pression que l'éther exerce sur tous les points de la surface terrestre. Il est évident, en effet, que notre planète, dans son double mouvement de translation et de rotation au milieu du flaide éthéré, éprouve une résistance incessante de la part de ses molécules. C'est cette résistance, ou, si Ton aime mieux, cette pression qui, agissant sur tous fës corps qui se trouvent à la surface du globe, les fait retomber et produit ce qu'on appelle la pesanteur. On sait d'ailleurs par les variations du pendule que cette pression, au lieu d'être uniforme sur tous les points de la sphère terrestre, diminue un peu des pôles à 1 equateur. Cette variation d'intensité s'explique par l'action que la force centrifuge, développée par la rotation de la terre

exerce sur les molécules du globe, et par suite, sur l'éther qui baigne leur surface (*).

La cohésion, c'est-à-dire la force qui réunit les molécules d'un même corps et s'oppose à leur séparation, est encore une conséquence de la pression de Téther à la surface du globe. Tous les corps solides, surtout les métaux, possèdent cette propriété, comme le témoigne l'effort, quelquefois très-grand, qu'il faut exercer pour vaincre la résistance de leurs molécules. C'est sur cette propriété qu'est fondé l'emploi de ces métaux. La ténacité du fer, qui rend ce métal d'un usage si précieux dans l'industrie, provient de la force de cohésion de ses atomes. Cette propriété s'explique de la manière la plus simple. On sait que les molécules des corps, laissent, en

(*) Nos lecteurs familiarisés avec ies théories newtoniennes seront peut-être surpris de voir que nous passons sous silence la différence des rayons du pôle et de Téquateur. Cette explication qui suppose que Tattraction est due à Faction des masses, est rejetée par la théorie de Téther qui agit principalement par Taction du volume et de la vitesse et qui explique les variations de la pesanteur de la manière la plus simple et la plus précise. Voir, au surplus, le chapitre que Boucheporn consacre h ce sujet, et qui nous a paru une des parties les plus intéressantes de son travail.

s'agglomérant , des vides enlr'elles et que ces vides sont naturellement remplis d'éther. Supposons maintenant que ces vides ne communiquent plus avec le fluide extérieur et prenons comme exemple une barre de fer assez forle. Toute traction faite dans ce métal pour le rompre, augmentant le volume des vides intérieurs, diminuera par conséquent la pression de Téther contenu dans ces interstices. Cette pression ne faisant plus équilibre à celle que l'éther extérieur exerce sur la surface du métal, il en résultera une tendance au rapprochement des molécules, une résistance qui nécessitera un grand effort pour rompre la barre. C'est un phénomène analogue à celui des hémisphères de Magdebourg. Cette résistance n'est autre chose que la cohésion. La cohésion est à peine sensible dans les liquides parce que les molécules ne sont pas assez engagées les unes dans les autres pour former des vides impénétrables à l'éther extérieur. Elle est entièrement nulle dans les gaz, dont les atomes nagent au milieu du fluide éthéré.

La lumière résulte de certaines vibrations de réther, lorsque ces vibrations ont acquis une

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vitesse assez grande. Les calculs de Fresnel, vérifiés par d'ingénieuses expériences, ont mis ce fait hors de doute. La flamme d'une bougie nous éclaire parce que ses molécules en brûlant, c'est-à-dire en se combmant avec l'oxygène de l'air, sont mises en mouvement, et que ce mouvement, communiqué à l'éther, est assez rapide pour impressionner notre rétine. Dans la lumière solaire, différente, comme l'indique l'analyse spectrale de la lumière artificielle, il faut, en outre, tenir compte des vibrations imprimées à l'éther par le double mouvement de translation et de rotation. Les calculs de Boucheporn appliqués à cette hypothèse et concordant avec ceux de Fresnel, basés sur l'observation des phénomènes lumineux, justifient cette manière de voir et indiquent que la rotation des corps célestes suffit pour produire la lumière, quand ces mouvements sont assez rapides ; témoin Jupiter qui, vu l'éloignement, devrait posséder, malgré son volume, un éclat plus faible que celui de Mars, tandis qu'il est beaucoup plus grand. Or, on sait que la rotation de Jupiter est bien plus rapide que celle de Mars.

Tout rayon lumineux suppose deux sortes de

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vibrations : Tuue perpendiculaire à la direction de ce rayon, produit la lumière ; l'autre longitudinale, c'est-à-dire dans le sens même du rayon, donne la chaleur. On sait, en effet, que ces deux phénomènes sont connexes, et, pour ainsi dire, complémentaires l'un de l'autre. Toute source de calorique arrivée à un certain degré d'intensité devient lumineuse. D'un autre côté il n'est pas de lumière sans chaleur. A chaque rayon optique du spectre solaire correspond un rayon calorifique. D'après les calculs de Fresnel, la lumière devant être attribuée aux vibrations transversales de l'éther, le calorique devient la conséquence des vibrations longitudinales. Tous les phénomènes de la chaleur s'expliquent alors d'euxmêmes. Les vibrations de l'éther, frappant les molécules d'un corps, ne paraissent pas, au premier abord, exercer d'action sur ce corps. Mais quelque faibles qu'elles soient, ces impulsions, s'ajoutant sans cesse, finissent par être assez fortes pour communiquer leur mouvement aux molécules du corps. Celles-ci le transmettent aux atomes éthérés qui remplissent les interstices intérieurs, et ces atomes, réagissant à leur tour sur les mêmes molécules, tendent à élargir

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les cellules qui les emprisonnent et à vaincre la cohésion qui retient les particules du corps, enchaînées l'une à l'autre. C'est la dilatation, c'està-dire la propriété la plus saillante du calorique.

L'électricité est pour ainsi dire une démonstration mécanique de l'existence de l'éther, démonstration plus palpable, en quelque sorte, que celle qui nous est fournie par les phénomènes de la lumière et de la chaleur. C'est le fluide éthéré, mis en mouvement par le frottement ou par les actions chimiques, et se révélant à nous par l'étincelle électrique. Nous avons dit que l'éther remplissant les espaces, pénétrait, grâce à l'extrême ténuité de ses atomes, jusque dans les interstices que laissent entr'elles les molécules matérielles. Que l'on prenne, par conséquent, deux corps appelés isolants, tels qu'un bâton de verre et un morceau de drap, et qu'on les frotte vigoureusement l'un contre l'autre, l'éther contenu dans l'intérieur des molécules de ces deux corps, sollicité par ce mouvement de va et vient, entrera en vibration, et, ne pouvant s'échapper à cause de la résistance de l'air qui presse les surfaces du verre et du drap, s'arré-

tera sur ces surfaces. Tl est d'ailleurs évident que les molécules des deux corps étant frottées en sens inverse les unes des autres, les vibrations éthérées qui en résultent sont aussi de sens contraire. De là les expressions de fluide positif et fluide négatif pour exprimer une qualité qui ne représente, en fait, que deux mouvements inverses de l'éther. Qu'on mette en présence deux corps mobiles et cbargés d'électricité différente, les vibrations contraires se détruiront par leur choc mutuel, et on verra les deux corps s'attirer l'un l'autre, parce que la pression de l'éther, étant détruite au point de contact, ne fait plus équilibre à la pression qui agit sur les côtés opposés. On expliquerait de la même manière l'électricité développée par les actions chimiques.

On sait aujourd'hui, grâce aux travaux d'Ampère qui imagina de considérer les aimants comme des solénoïdes (*), que le magnétisme

(*) On appelle solénoïde un fil métallique, contourné en spirale et disposé de telle façon qu'il peut tourner librement autour de ses deux extrémités. Si on fait passer dans ce fil un courant électrique, il se comporte comme un véritable aimant.

n'est qu'une branche de l'électricité. L'étude directe du magnétisme terrestre vient confirmer les vues d'Ampère , car les diverses déviations de l'aiguille aimantée s'expliquent d'elles-mêmes dans la théorie de l'éther. Le double mouvement de translation et de rotation terrestre suppose, à la surface du globe, une résistance du fluide éthéré, résistance qui agit perpendiculairement à chaque méridien. Une aiguille aimantée, placée horizontalement, et libre de tourner autour d'un pivot vertical, est sollicitée par cette force à se placer dans une direction voisine du méridien (*). C'est la déclinaison. L'inclinaison s'explique par la pression que l'éther exerce sur les pôles, et qui va en diminuant jusqu'à l'équateur. Nous avons dit que cette différence de pression provient des réactions exercées sur les atomes éthérés par les forces centrifuges dues aux molécules terrestres. On peut y ajouter un effet semblable dû au courant que fait naître la chaleur équatoriale, car on sait d'ailleurs que l'in-

0 L'aiguille se placerait probablement dans le plan même du méridien sans les irrégularités de l'écorce terrestre.

tensité magnétique est intimement liée à l'insolation. Quant aux variations que présente l'aiguille aimantée, soit dans sa déclinaison, soit dans son inclinaison, elles trouvent largement leur explication dans l'inégale répartition des mers, des continents et des montagnes, dans les différences de température à la surface du globe et dans l'inclinaison de l'axe terrestre sur le plan de l'équateur solaire.

Passons à l'affinité chimique. On sait que si deux corps de nature différente sont mis en présence après avoir été réduits à l'état gazeux ou liquide afin que les molécules ne soient pas gênées dans leurs mouvements, les molécules s'attirent dès que la chaleur leur imprime la vitesse nécessaire et forment un nouveau corps entièrement différent de ceux qui lui ont donné naissance. Cette sorte d'attraction moléculaire n'est qu'une application des lois qui régissent l'électricité. On sait que l'électricité se distribue inégalement sur la surface des corps qui ne sont pas sphériques, et qu'elle se porte principalement vers le sommet des angles. Cette propriété des corps s'applique aussi à leurs particules, quelque ténues qu'elles soient. Par con-

séquent, deux molécules chargées d électricité différente et mises en présence, tendront à s'attirer par leurs sommets. Qu'on sollicite cette attraction par un rayon de lumière, de chaleur ou par des vibrations purement mécaniques^ et aussitôt la combinaison aura lieu, pourvu que les molécules puissent obéir facilement aux impulsions motrices, c'est-à-dire pourvu qu'elles soient dissoutes, comme l'indique l'adage des anciens chimistes : corpora non agunt nisi soluta.

Citons enfin, comme dernier phénomène lié aux mouvements de Téther, l'ascension de la sève dans les végétaux, sa marche oblique et giratoire dans les cellules, le principe, en un mot, de la vie végétale et animale. Si on étudie attentivement la disposition des feuilles autour d'une branche, celle des fibrilles de la racine, les stomates qui recouvrent la feuille, les glandes sudoripares ou sébacées qui sillonnent l'épiderme des animaux, les poils qui les recouvrent, on voit toutes les parties se grouper dans un ordre merveilleux et se distribuer suivant des lignes courbes qui, considérées dans leur ensemble, rappellent la spirale. C'est, en effet, la

spirale que Ton rencontre en dernière analyse dans toutes les recherches de micrographie végétale ou animale, et qui semble la condition première de la vie. Or, nous avons vu que par suite du mouvement de translation du soleil, l'orbe décrit par la terre était une spirale et non une ellipse, comme Tindiquaient les lois de Kepler. Dès lors, cette marche circulaire de la sève devient une conséquence nécessaire de la spirale éthérée que notre planète trace dans sa course. D'après tout ce que nous venons de *dire, on voit que c'est dans les mouvements de l'éther qu'il faut chercher la cause des divers phénomènes que l'on observe à la surface du globe. Il ne saurait y avoir d'exception pour les mouvements de la sève, et ces spirales que le microscope nous permet d'observer dans les cellules du cJiara, par exemple, ne sont pour nous que le contre-coup des spirales éthérées, qui transmettent leur mouvement giratoire aux molécules que charrie la sève.

Nous n'entrerons pas dans de plus longs détails sur l'étude des phénomènes cosmiques. Insister davantage serait empiéter sur le domaine des sciences physiques ou naturelles, et nous ne

devons donner ici que quelques indications sommaires sur l'essence des phénomènes, afin de montrer le lien qui, d'une part, les rattache aux mouvements de l'éther, de l'autre, les unit entr'eux. Cependant, comme nos explications pourraient paraître insuffisantes, nous renverrons les lecteurs qui désireraient entrer plus avant dans le cœur de k question, à l'ouvrage déjà cité : Du 'principe général de la philosophie vatiirelle. Ils trouveront dans ce livre une foule de détails dans lesquels nous ne pouvons entrer, et qui sont autant de réponses aux objections que les partisans de l'ancienne école pourraient formuler contre la théorie de l'éther et l'unité des phénomènes cosmiques. On peut aussi consulter le livre du Père Secchi : Vunité des forces physiques. Les vues du Père Secciii diffèrent de celles de Boucheporn, mais, quoique suivant des voies différentes, tous deux arrivent au môme résultat.

Occupons-nous maintenant de l'étude des corps célestes qui circulent autour du soleil. L'ensemble de ces corps forme ce qu'on appelle le système solaire. On peut les ranger dans l'ordre suivant, en allant du centre à la périphérie.

1° Le soleil, centre du système ;

2o Les planètes et leurs satellites ;

3° Les comètes et les aérolithes.

On sait aujourd'hui que le soleil n'est qu'une étoile, c'est-à-dire un globe incandescent, perdu dans l'immensité des espaces célestes. S'il nous paraît si volumineux, si sa lumière nous éclaire, si ses rayons nous réchauffent tandis que les autres étoiles ne nous apparaissent que comme de simples points lumineux, c'est grâce à sou

voisinage de la terre. En effet, la lumière qui met plus de trois ans pour arriver de l'étoile la plus rapprochée jusqu'à nous, ne met que huit minutes seize secondes pour venir du soleil. La distance du soleil à la terre est d'environ 23,200 fois le rayon terrestre, ce qui fait environ 37,000,000 de lieues, n

Le soleil exécute deux mouvements distincts : l'un de rotation, autour de son axe, l'autre de translation autour d'un centre inconnu. C'est à Fabricius qu'on doit la découverte du mouvement de rotation. Dirigeant vers cet astre la lunette que Gahlée venait de découvrir, il remarqua des taches sur le soleil. Ces taches se montraient sur un des bords du disque, se dirigeaient lentement vers le côté opposé, disparaissaient au bout d'environ quatorze-jours et reparaissaient , après le môme intervalle de temps, à leur première position. Ce phénomène ne peut s'expliquer que par la rotation de cet astre. Par une étude attentive de la marche de ces taches, on a trouve que le soleil accomplit son mouvement rotatoire dans

{*} Il s'agit ici du rayon équatorial qui vaut près de 1 ,600 lieues ; la lieue vaut quatre kilomètres.

Tespacede vingt-cinq jours un tiers. Cette vitesse semble, au premier abord, plus faible que celle de la terre dont la rotation s'effectue en vingtquatre heures. En réalité elle est plus considérable, car les points situés à l'équateur solaire parcourent environ 2,000 mètres par seconde, tandis qu'un point de l'équateur terrestre n'en parcourt que 463. Cela tient à ce que le rayon solaire, étant cent huil fois plus grand que le rayon terrestre, est obligé de décrire une circonférence immense dans ces vingt-cinq jours.

C'est à Herschell qu'on doit la découverte de la translation du soleil dans l'espace. Ce fait, vérifié depuis par d'autres astronomes, est aujourd'hui hors de doute. Notre étoile se déplace avec une vitesse estimée, d'après les calculs de Struwe et Péters, à deux lieues environ par seconde et s'avance vers la constellation d'Hercule (*). Quelle est la nature de l'orbe qu'elle décrit ? Il est permis de

(*) Ce chiffre est peut-être un peu faible, car, d'après des considérations tirées des lois des vitesses planétaires, Boucheporn trouve que la vitesse de translation du soleil est supérieure ci huit fois la vitesse de translation de la terre.

répondre en se laissant guider par les analogies planétaires et sidérales, qu'elle suit une des trois courbes affectées aux révolutions des corps célestes, et que, suivant toute probabilité, cette courbe est une ellipse dont le foyer est encore à déterminer. Quelques astronomes ont cru pouvoir placer ce foyer dans le groupe des Pléiades. D'autres, au nombre desquels se trouve Leverrier, pensent que cette hypothèse tient plus du roman que de la réalité, et qu'il faut attendre des observations plus précises pour se prononcer. Ajoutons toutefois que le soleil, dans sa course à travers l'éther, parcourt des espaces plus ou moins riches en étoiles, par conséquent plus ou moins froids. On trouverait peut-être, dans ce fait, la cause des périodes glacières qui, à diverses époques, ont assailli notre globe et que les géologues constatent sans pouvoir les expliquer. Le rayon du soleil étant cent huit fois plus grand que le rayon terrestre, on trouve par un calcul des plus simples, que son volume est près de i ,300,000 fois plus gros que celui de la terre.

Nous dirons peu de chose sur sa constitution physique. On sait que c'est un globe incandescent, mais quelle est la nature de cette incandescence,

quels en sont les éléments ? L'analyse spectrale a répondu, en partie, à cette question, car elle a démontré que les corps simples qui se trouvent à la surface du soleil se rencontrent aussi sur notre globe, ce qui établit une première preuve de la parenté de ces deax astres. Tout récemment, à Toccasion de l'éclipsé du 18 août 1868, un astronome français, Janssen, a constaté que les protubérances que l'on remarque pendant les éclipses autour du disque solaire sont formées, en très grande partie, sinon en totalité, par de l'hydrogène incandescent. Ces protubérances , dont quelques-unes dépassent de plusieurs centaines de fois le volume de la terre et qui accusent un violent état d'agitation dans leurs éléments constitutifs, indiquent que la surface solaire est le siège de perturbations continuelles dont nos plus effroyables tempêtes ne sauraient donner une idée. Les taches qu'on observe très fréquemment sur le disque du soleil viennent confirmer celte hypothèse. Longtemps on a vu dans ces taches des déchirures de h photosphère ou atmosphère incandescente, qui permettaient d'apercevoir le noyau opaque de l'astre. Rien ne justifiait, d'ailleurs , l'existence de ce rayon opaque

et on pense aujourd'hui, avec plus de raison, que ces taches ne sont que des espèces de nuages d'une nature inconnue, qui se forment dans le sein de Tatmosphère solaire, sous l'action de forces également inconnues.

Plusieurs questions intéressantes se rattachent à leur existence. Nous avons vu qu'elles ont servi à Fabricius et à Galilée, à démontrer la rotation du soleil et à calculer la durée de cette rotation. Les astronomes modernes y voient l'explication de refroidissements anormaux qui se manifestent parfois dans la température terrestre. Chaque tache enlève en effet au soleil une partie de son rayonnement, et, si Tespace qu'elles occupent est considérable, la perte de calorique peut devenir sensible pour notre planète.

Bien que le volume et la puissance calorifique du soleil n'aient pas sensiblement changé depuis les temps historiques, il n'en est pas moins permis d'affirmer que cette invariabilité n'est qu'apparente et tient à ce que les modifications que subit l'astre sont trop lentes pour qu'elles deviennent sensibles dans quelques siècles. Les siècles ne marquent que des minutes au cadran des révolutions astronomifiues, et l'on serait tenté, au

premier abord, de croire à la stabilité indéfinie des choses que nous avons sous les yeux, si nous ne savions, par l'étude attentive de tous les phénomènes cosmiques, que le monde n'est qu'un mouvement perpétuel. Nous avons dit que le soleil est une étoile, et depuis les brillants travaux d'Herschell sur les nébuleuses, on peut se faire une idée de la nature de ces astres, et pénétrer, si j'ose dire, les mystères de la genèse stellaire.

Sans entrer mamtenant dans des détails que l'on comprendra mieux à la fin du livre, disons seulement que le soleil, suivant toute probabilité, occupait, à l'origine, un volume beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui, et qu'en se condensant, par suite du refroidissement, il a successivement abandonné dans le plan de son équateur des zones de sa substance qui ont formé les planètes. Ce refroidissement lent, mais certain, se continue encore quoique d'une manière insensible pour nos moyens d'observation, et, après une série de siècles que nous pouvons prévoir mais non calculer, ce globe de feu ne sera plus qu'une masse froide et inerte, c'est-à-dire un astre mort. Cependant, d'intéressants phénomènes auront lieu à sa surface avant que le froid ait figé tous les

liquides qui se trouveront sur le sol ou dansl'atmospbère. Dès que la température sera descendue au dessous de cent degrés centigrades, la vie commencera à dessiner ses ébauches, ébauches informes dans un milieu obscur, si différent du nôtre. Ces formes, sorties péniblement des mains d'une nature s'essayant, pour ainsi dire, à tâtons, se refusent à l'analyse. Nous pouvons néanmoms ciler, comme trait caractérisque, les proportions lilaniques qu'elles puiseront dans l'immensité (!es océans solaires. La nuit de cette gestation fiévreuse et chaotique sera probablement longue, car des myriades de siècles s'écouleront encore avant que ce globe ait laissé échapper tout le calorique condensé dans sa masse. Mais, par une évolution naturelle dans la série des phases stellaires, l'aslre éteint se ranimera peut-être un jour. Après avoir dévoré, dans sa course, son cortège de planètes, de satellites et d'astéroïdes de toute sorte, il tombera fatalement à son tour sur le corps autour duquel il gravite. Le choc de ces énormes masses rendra la chaleur et la lumière au globe solaire, et une nouvelle étoile apparaîtra au firmament.

Il n'est personne qui ne connaisse le rôle que

joue le soleil dans la nature. Ses ondes lumineuses et calorifiques sont la source première de tout ce qui est vie, mouvement, agitation. Que ces ondes s'éteignent, et aussitôt, aux bruyantes manifestations de la vie succèdent le silence et la mort. Aussi est-ce au soleil que les premiers hommes offrirent d'abord leurs hommages comme au dieu visible de l'univers. Plusieurs peuplades sauvages n'ont qu'un mot pour exprimer a la fois Dieu et soleil. Partout on retrouve une connexité intime entre ces deux idées qui semblent une transformation l'une de l'autre. La hnguistique démontre ce fait d'une manière non moins certaine que l'histoire. Pour nous borner à un exemple, disons que le latin dims se retrouve dans le sanscrit div, qui signifie brillant, et qui est une des épithètes données au soleil. L'idée première de la divinité a donc été empruntée par nos pères aux rayons de l'astre souverain et bienfaisant.

Le système planétaire peut se diviser de la manière suivante : quatre grosses planètes, quatre moyennes, et, au milieu, le groupe des planètes télescopiques.

Plusieurs caractères permettent de différencier à première vue, les planètes des autres corps célestes. Elles ne scintillent pas comme les étoiles, elles ont un mouvement propre différent de celui de ces astres, d'où leur est venu le nom de corps errants (en grec planète), enfin, examinées avec une lunette, leur diamètre augmente, tandis que celui des étoiles ne change pas.

Nous allons passer en revue les trois groupes planétaires, en nous arrêtant sur les corps les plus importants, pour donner quelques détails sur les porticularilés astronomiques ou physiques de

ces astres. Nous suivrons, dans notre énumération, l'ordre de leur distance au soleil.

Mercure est la planète la plus rapprochée du soleil, du moins celle qui nous paraît la moins éloignée. Il ne serait pas impossible, en effet, qu'entre ces deux astres il existât un autre corps planétaire qui, par sa petitesse et sa proximité du globe central, échappât à nos regards. De nombreuses probabilités militent en faveur de cette opinion. Le docteur Lescarbault prétend avoir aperçu, le 26 mars 1859, un point noir traversant le disque solaire, c'est-à-dire la planète intramercurielle, à laquelle on a donné, par anticipation, le nom de Vulcain. D'autres observateurs ont vu, à diverses reprises, plusieurs points noirs passer également devant le soleil. On aurait alors plusieurs petites planètes au lieu d'une seule. Ajoutons que le calcul vient aussi donner sa sanction à cette hypothèse, car c'est par l'action de ces astéroïdes que Leverrier explique les perturbations que l'on remarque dans l'orbite de Mercure.

Mercure offre assez peu d'importance. La durée de sa rotation esta peu près de 24 heures, comme celle de la terre, mais son volume est dixsept fois plus petit que celui de notre globe. Sa

révolution autour du soleil est d'environ trois mois. La vie n'a pas encore comnoencé sur cette planète. Sa proximité du soleil épaissit son atmosphère brûlante, non seulement de vapeurs aqueuses, mais encore de vapeurs métalliques qui se dégagent des substances facilement fusibles. Cette haute température empêche l'éclosion de toute forme, soit animale soit végétale. C'est l'époque chaotique, pareille à celle qui, sur notre globe, a précédé l'apparition des êtres organiques, et qui cessera au fur et à mesure du refroidissement de la surface solaire. Laissons donc là cette planète qui,à cause de sa proximité du soleil, ne peut guère être visible qu'à l'aube ou au crépuscule, ce qui lui a valu, dit-on, le surnom du Dieu des voleurs, Mercure, et passons àl'étude d'autres plus importantes.

De toutes les planètes, Vénns est celle qui se rapproche le plus de la terre, par son aspect et sa constitution physique. Son volume est à peu près le même que celui de notre globe. La durée de sa rotation est d'environ vingt-trois heures , et demie, la durée de sa révolution de sept mois et demi. C'est l'astre le plus brillant du ciel, on l'aperçoit quelquefois enpleinjour.il est connu

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de tout le monde sons le nom d'étoile du berger.

Vénus a une atmosphère comme la terre, et il est permis de supposer que la vie s'y manifeste depuis longtemps sous diverses formes. Est-ce à dire que ces formes, soit végétales, soit animales, reproduisent celles que nous voyons à la surface de notre globe ? Nous ne le pensons pas. L'échelle des possibilités organiques est infinie, nous n'en connaissons qu'une fraction insignifiante. La faune comme la flore d'un pays reflète le milieu dans lequel elle se développe, car chaque organisme n'est que la résultante de certaines forces toujours identiques, mais toujours aussi modifiées par les influences chmatériques. Pour qu'on retrouvât, à la surface de Vénus quelques plantes ou quelques animaux terrestres, il faudrait que les conditions de terroir, de température, de pression et de constitution atmosphérique fussent identiques pour les deux planètes. Or, nous n'avons aucune notion précise sur les éléments qui constituent le sol de notre voisine, il n'est pas probable que son atmosplière ait exactement la même pression et la même composition chimique, et nous savons que sa température est deux fois

plus élevée que la nôtre. A l'équateur la vie a donc été probablement impossible jusqu'ici, tandis que, suivant toute apparence, elle n'a pas encore abandonné les pôles. C'est, par conséquent, un astre jeune, pour ainsi dire, au début de sa carrière. Ajoutons que les vibrations de l'éther, source première de tous les phénomènes cosmiques, et par suite, de la vie elle-même, n'ayant pas la même intensité à la surface des deux planètes, doivent amener des différences dans l'organisation des êtres.

Nous citerons, encore comme dernière analogie à établir entre la terre et notre voisine, l'existence d'un satellite, d'un volume à peu près égal à celui de la lune, que plusieurs astronomes attribuent à Vénus. La dislance de ce satellite à la terre, distance qui varie de dix millions à soixante cinq millions de lieues environ, explique suffisamment les difficultés qu'on éprouve à observer cet astre, et à se prononcer d'une manière définitive sur son existence.

- Vénus n'a pas été sans jouer son rôle dans l'histoire de l'astronomie. C'est par l'étude de cette planète que les savants du dernier siècle ont pu mesurer la distance de la terre au soleil, et, par

suite, des autres planètes. Halley, astronome anglais, qne nous aurons encore occasion de citer à l'occasion des comètes, remarquant que Vénus devait passer devant le disque du soleil en 17GI et 17G9, imagina une méthode basée sur ces passages pour arriver à la mesure de cette distance. Les astronomes n'eurent garde de laisser échapper l'occasion, et, aux époques indiquées, des observateurs allèrent se poster aux points les plus divers de la terre, Laponie, Inde, Californie, Taïti, etc. C'est de leurs observations comparées avec les résultats fournis par d'autres méthodes^ qu'on a déduit , pour valeur moyenne du rayon de l'orbite terrestre, le chiffre de 37 millions de lieues, chiffre approximatif, il est vrai, mais que les passages de 1874 et l8Si permettront de rectifier.

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