CHAPITRE DEUXI&KE
Transformations phon^tiqubs rn puissancb.
U s'agnit d'6tadier ici.
P Lesgammesphon^tiques,c*est-&-Hlirelechampetlesliinite8, les mouvements en avant ou en arri^re des phonemes sur one branche des croix phon^tiques d6crites dans la phon^tique statique ;
2" la deviation ou le circuit des phonemes d*une branche k I'autre des croix phon6tiques.
3* les yariatioDs et permutations, sans ordre, des phonemes.
SECTION PREMlftRE.
GaMMBS PHONfiTIQUBS.
Cette 6tude comprendra : 1* T^tablissement de ces gammes ; 2^ le passage d*une g€unme k I'autre ; 3* la transposition d*une gamine sur I'autre.
1^^ CoMPOSmON DBS OAMMBS.
EUes sont vocaliques, semi-yocaliques ou totales.
Prbmi]^rb glassb.
l"" Gammes voccUiques
A. Gammes qualitative.
U eziste pratiquement une certaine confusion entre la gamme qualitative et la gamme quantitative ; nous serous done souvent oblig6 de faire empi6ter I'une sur I'autre.
C'est empiriquement et par I'observation historique que nous pouvons 6tablir ces gammes ; non seulement chaque langue en possMe plusieurs, mais aussi chaque langue possMe les siennes.
a) Gammes Indo-Europ^ennes.
Ces gammes ont 6t6 ainsi 6tablies dans les travaux de Hubschmann, de Brugmann et d'autres n6o-grammairiens. Nous ne nous occupons pas encore ici de leur emploi dynamique.
On dSsigne en plion6tique la gamme non par le nom du phoneme qui lui sert de point de depart, mais par le phoneme qui lui sert de point milieu. La barre indique le schewa muet.
Gamme
en e.
Indo-Europ6en
arien
grec latin
gothique slevon
Gamme
en a.
Indo-Europ6en
arien
grec latin
a in) a
gothique slavon
Gamme
en 0,
Indo-Rurop6en
arien
grec latin
goth.
slave
Oamme
6fi e»
Indo-Enrop.
arien
grec
latin
goth.
slay.
A cdt6 de cette gamme se place une gamme purement quantitiye.
n faut r6unir les deux, de sorte qu*on a
Oamme
en a.
Indo-Europ6en
Sanscrit
grec
latin
got.
slaye
On voit que cette
gamme est
purement quantitatiye, mais
mais nous n'ayons pas voulu briser I'ensemble.
Oamme
en 0.
Indo-Europ6en
arien
gi^ec
tt
latin «
slay.
Cette gamme est aussi purement quantitatiye.
Chacune de ces gammes n'est pas au fond diff6rente en arien » en grec etc. Ce sont les sons de la gamme de llndo-Europ^en qui se sont pen k peu d6figur6s, si bien que la gamme y^table
n'existe que dans cette langoe, que tous les r6sultats s^ sont produits, et que la gazmne des autres langues n'est ea r6alit6 que la collection de ces rdsultats s'efia^ant.
Cependant le Sanscrit semble s'dtre d6velopp6 une gamihe toute particuli^re, purement quantitative, dont elle a fait un emploi tout different, cozmne nous le verrons dans la phon^tique dynamique; de celui que les autres langues ont fait de la leur. Gela vient de ce qu'elle a confondu les voyelles a, ^ et o en a, et les voyelles a, ^ et o en a, de sorte qu'il ne reste plus que a et a pour difT^rencier.
Le n^ 4 dans ces gammes indique Tabsence absolue de phondme.
Va du n"" 3 est un son faible qui se realise souvent dans les langues en i ou a bref.
Ces gaznmes se correspondent de telle sorte que Yd de la gamme 2* est parall^le k Ye de la gamme premiere, et que la mdme action phon6tique qui dans la l** 6l^ve Yi k Yo dans la 2* ^l^ve aussi Ya k Yo, dans la 3^ 1*^ k To, dans la 5^ Ya k Yd. H s'agit done ici comme dans les gammes de la musique, comme dans les combinaisons chimiques, non de quality ou de quantity absolues^ mais de simple proportion. Peu importe quel soit le point de depart, pourvu que toiUes les distances reslent les tnSmes.
Dans le num6rotage ci-dessus, la force des voyelles va decrescendo. Dans la 1'* gamme o est done plus fort que ^ et c que a. Nous verrons plus loin que Texplication de cet ordre de d^roissance n'est pas sans difficultly.
Comment expliquer au point devue pbysiologique ces gammes stabiles au point de vue historique ?
Nous verrons qu'en mettant k part les gammes 5 et 6 qui sont de pures gammes quantitatives, les autres qualitatives rangent en ordre d^roissant o, e^ a (a, i). Ye muet ou le ^'lence.
On comprend Men que le silence. Ye tnuet^ Ya qui se realise par i ou a tr^s bref, soient moins forts que IV, mais comment 4 se trouve-t-il moins fort que Yo f
Si nous passons du grave k Taigu, nous avons la s^rie suitante :
Si nous supprimons Ta, comme on le fait dans la gradation Indo-Europ^nne qualitative, on a :
(Test bien la gradation suivie dans les gammes ci-dessas. On part de cette id^e que les sons graves sont plus forts que les sons aigus, que Vo est plus fort que 1*^.
Done point de difficult^ physiologiquement si ce n*est dans la suppression de la.
Pourquoi cette suppression ?
C*est que Ya est pour ainsi dire la rdunian de toutes les voyeUes. Par cons^uent il ne pent Stre la gradation d*une de ces voyelles, ii ne pent dtre que la gradation de lui-mdme en se prolongeant, mais alors c'est une gradation quantitative, D'ailleurs \a est rarement pur, mais toujours teint^ d'o on d*6.
Done point de difficult^ physiologique. Mais la difficult^ commence quand il s'agit de faire cadrer la gradation avec Temploi dynamique.
Nous verrons en dynamique que Ve moins fort appartient k la syllabe accentu^, tandis que To plus fort appartient k la syllabe non-accentu^ qui suit celle accentu^.
Comment une syllabe non-accentu^e peut-elle employer un phoneme plus fort qu*une syllabe accentu6e ?
C*est que la syllabe accentu^e doit employer le phondme non le phis fort, mais le plus 4lev4, le plus aigu^ puisque la voix s*6ldve avec Taccent, tandis que la syllabe qui suit et sur laquelle Taccent jette seulement son 4cho doit avoir le phoneme non le plus fort, mais le plus grave, pr^cis^ment parce que la voix s'abaisse sur lui. Le syllabe accentttSe doi^ avoir le ton aigu, la syllabe qui suit le ton grave^ la syllabe non-accentui6e le ton faible, aigu ou grave.
Par la mdme raison dans la gamme quantitative, ce n'est pas la syllabe accentu^e qui sera longue, et la syllabe suivante, br^ve ; au contraire, la syllabe accentu^e, vivement frapp^e ou baut ^lev^e, ne peut se prolonger, de mdme qu'on ne pent tenir une note trop haute ; c'est la syllabe suivante oil s'opire la detente de la voix qui devient plus longue.
Si le r^sultat contraire semble se produire en fran^ais, c'est que la voyelle accentu^e termine le mot, et que la d^charge de la voix s'op^re ainsi forc^ment sur la mdme syllabe que sa charge.
Vi et Yu sont exdues de ces gammes, parce que ce sont des semi-Yoyelles.
b) Oamme Ouralienne.
Dans son dictioanaire comparatif des laDgues Ongro-Finnoises Donner 6tablit sous chaque mot la steigerung et la shfvdckwig de chaque racine.
Racine sar.
Renforcement — sdr, sdr^ stior^ sdr, sor, sur^ saur^ siir^ ser^ seir, sir-
A£^blissement -r- sor^ sur, sdr^ sor^ siir^ ser^ sir, har^ her.
Racine : sal. *
Renforcement — sSl, sal, hot, hil, suol^ ctiol, hoat^ iavel, sH,
Afiaibl. sol, stU, sel, sil, sal, sol, siil.
Racine : san.
Renforcem. son, sdn, huon, Aon, siin, sien, kien.
Affaibl. san, sdn, shan, son, con, sun, shun, sen, sin.
Cette gradation cousiste k compter par renforcement les voyelles longues et dipthongu^es, et par affaiblissement celles braves et non diphthongu6es ; eile rentre surtout dans la gra. dation quantitative.
Les langues s^mitiques n'ont que la variation et non la gradation vocalique.
Les Chamitiques ont des traces de gradation vocalique dont nous parlerons dans la phon^tique dynamique.
Nous trouvons aussi ces traces dans TOstiak Ouralien.
Toutes ces gammes sont des gammes qualitatives se formant sous Yempire de Vaceent, mais il existe aussi des gammes qualitatives se formant sous Yempire de la quantity.
Du nombre de celles-ci est le gamme anglaise.
Gamme
en a
Gamine
en e
e emuet
Oamme en o
1 2 3 ao =' & oeH
Gamme en i 1 2 3
Oi t I
flamme en u
12 3 au ^ss iuiieu
Nous donnons plus loin Texplication de cette gamme. EUe a pour principe la diphthongaison.
On pent ddcouvrir aussi une gamme vocalique dans la gradation des voyelles frangaises que nous donnons plus loin.
B. Oamme qtuxntilatwe.
Cette gamme existe dans les langues Ouraliennes ;
EUe comprend aussi les gammes indo-europ^nnes en o, en a et en o.
La gamme en a ne saurait jamais Stre que quantitative.
Par consequent le Sanscrit ne poss^dant que la gamme en a n'a point de gamme qualitative, mais seulement la quantitative.
En outre il y a une gamme quantitative en e qui vient se cumuler avec la gamme qualitative et foumir k cette gamme une ^chelle plus complete que ceUe des autres.