CIRCULATION DU SYSTÈME NERVEUX GANGLIONAIRE
L’étude des réflexes comme l’étude des phénomènes plus compliqués d’origine purement cérébrale nous a révélé une propriété importante de la cellule nerveuse : l’excitabilité.
L’excitabilité constitue le caractère bien spécial de la cellulç nerveuse. Nous avons vu que cette cellule vibre chaque fois qu’elle reçoit une excitation. Si cette excitation porte sur la périphérie, la vibration se fait vers le centre (courant sensitif) ; si l’excitation, au contraire, porte sur la cellule centrale sous l’influence d’une idée, la vibration se fait vers la périphérie (courant moteur).
La cellule nerveuse fonctionne, si nous voulons établir une analogie, comme un véritable piston de machine à vapeur qui se meut sous l’influence de la force qui agit sur lui. Cette fonction est importante sans doute ; mais, si elle rend compte de certains phénomènes intermittents, comme les sensations et les mouvements conscients, elle ne justifie pas toute une autre catégorie de mouvements : les mouvements continus des organes splanchniques qui ne peuvent
s’expliquer que par un apport incessant de fluide nerveux.
Si le caractère essentiel de la cellule nerveuse multipolaire est cette excitabilité toute intermittente, il est évident qu’à de nouvelles fonctions il faudra un nouveau genre de cellules nerveuses, c’est là la raison d’être de l’existence des cellules nerveuses ganglionaires.
Au niveau des organes splanchniques, au niveau de tous les organes dont le mouvement est continu, comme les vaisseaux artériels, on rencontre soit des ganglions, soit des filets du nerf grand sympathique.
La constitution histologique des cellules 'de ces ganglions ainsi que de ces filets nerveux diffère de celle du système que nous venons dépasser en revue. Les fonctions diffèrent aussi.
Souvenons-nous que nous avons trouvé, pour la matière, dans les ganglions lymphatiques, de véritables centres de réserves et, souvenons-nous que nous n’avons pas encore pu déterminer d'organes analogues pour la Force. Les ganglions du grand sympathique nous montrent leur fonction par leur analogie même.
Si les cellules nerveuses multipolaires agissent comme des globules sanguins ou comme des pistons de machine à vapeur, transmettant la force au fur et à mesure de la réception, les cellules nerveuses ganglionaires agissent comme des cellules lymphatiques ou comme le volant de la machine à vapeur. Elles emmagasinent la Force répandue dans le système nerveux, elles drainent la force en excès et en redonnent quand il en manque, en un mot : Le système du grand sympathique agit vis-à-vis du système nerveux, comme le système de la circulation bjmphatique agissait vis-à-vis de la circulation du sang.