‹ Essai de rêve moderneChapitre 62 sur 71 · JEHANNE · texte numérisé non relu

JEHANNE

Plains-nous : il est bien tard pour étreindre Virgile, Et fabriquer ton los ardent :

Nos quatrains de combat ont les pattes d'argile Comme un lévrier décadent...

Mais plus nous ressemblons aux mourants qui se traî-

[nent

Dans le deuil, et dans l'interdit, Pour nous prouver que France est encore : Lorraine,

Jeanne, plus ta cause grandit !

Oyez tous ! Que la brute en vain nous ironise !

Notre force devient esprit :

Rome ajoute à sa gloire étrange qui sourit,

La souffrance qui canonise...

Rêveurs, penseurs, et vous qu'on flatte, prolétaires. Fils de la plèbe, « anciens » du front.

Pour que viennent les temps dont parlent nos mystères La bergère a souffert. Souffrons.

Mais pas à la façon des bêtes que l'on tue!

A la façon des dieux, debout !

Pour que, si la peiresse en hideurs s'évertue

La douleur ose jusqu'au bout.

Et toi, touchant nos fronts et descellant nos bouches.

Derrière nos peurs d'opéra, Plaide, en faveur d'hier, pour ces demains farouches

Que ta lumière éclairera !

Aime. Sors de ta nuit. Aime.

(Verlaine: Sagesse.)

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