‹ Essai de sémantique: (science des significations) (volume 3)Chapitre 23 sur 87 · de là les superlatifs comme 'j-xtg;, STy*7o · texte numérisé non relu

de là les superlatifs comme 'j-xtg;, STy*7o

TTjpxro;. Pour surcroît de clarté, au suffixe 270; la langue ajouta encore le t du comparatif Tspo* : dès lors on eut le suffixe 7*70;, qui permit d'opposer

Le désir de formes explicites fait comprendre comment, en français, aux anciens nombres ordinaux tiers, quart, quint [le tiers parti, un quart voleur survient...) ont élé substitués troisième, quatrième.... Des anciens ordinaux latins il ne reste plus que les deux'premiers : mais déjà deuxième, au lieu de second, est familier à nos oreilles.

Dans la conjugaison, certains participes passés menaçaient de devenir étrangers au verbe dont ils sont tirés. Qui sent encore la parenté de poids, qu'il faudrait écrire pois, et de pendre, de toise et de tendre, de route et de rompre *?I1 était utile d'avoir une forme qui accusât mieux les affinités. Ainsi

1. Nous devons ce modèle d'étude historique à M. Ascoli, dans les Sludien de Curtius, IX, 3i2.

2. Encore au xvf siècle, les fractions, on mathématiques, s'appellent les nombres roupts. La route désigne une voie qu'on a faite en rompant la forêt et le terrain.

s'explique la faveur qu'a rencontrée le participe en utus : pendu, tendu, rompu \ Le mouvement est venu de quelques rares avant-coureurs qu'on aperçoit en bas-lutin : pendutus, decernutuni, incendutum. Euxmêmes, ils sont un produit de l'imitation (latin so/utus, statutus) \ Gnlce à cette syllabe finale, le français a rétabli les lignes de sa conjugaison en désordre.

Au lieu de nous prenmrs, nous faismes, qu'aurait du donner le lntin prendimus, farinais, on a dit nous pren-ons, nous fais-ons; au lieu de vous prents, qu'aurait dû donner le latin prenditis, on a dit vous pren-ez. D'où viennent ces désinences plus pleines? La seconde personne du pluriel l'indique suffisamment. Elles ont été empruntées à la première conju-

gaison \

Donnons encore un exemple tiré de la conjugaison grecque.

A la troisième personne du pluriel, les aoristes seconds des verbes comme vhr^v. avaient une désinence fort courte : èO*v, s'Sxv, sttbv, ssxv, ss'jv, etc. La langue homérique abonde en formes de ce genre. Mais on en voit l'inconvénient : ces troisièmes

1. Les enfant-*, en dis.» ni fui prentlu. se con forment aux modèles fournis parla langue. On a, depuis longtemps, reconnu en eux d'actifs auxiliaires de la régularité grammaticale. Au lieu de / came, l cawjht, on les entend dire en anglais / coincd, l cutrhetl.

2. Les verbes latins ayant leur parfait en ui, connue habui, tenui, ont été des premiers à prendre un participe, en utu<.

l\. Les seuls survivant** qui n'aient pas été remaniés sont : vous dites Ufk'ilis), vous faites (facitfa).

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personnes du pluriel ressemblaient trop aux premières du singulier. Le moyen employé a été fort simple : grûce à une rallonge empruntée à l'aoriste

premier, On a eu s6y l 3 , av,Ï77XTxv,s3a5 , 3Lv, ss'jcxv, àviOîTxy 1 .

Un fait, à première vue surprenant, mais attesté par des preuves nombreuses, c'est que les suffixes les plus usités dans nos langues modernes sont des suffixes empruntés. Ainsi le grec nous a permis de former nos mots en isme, comme optimisme, socialisme-, en iste, comme artiste, fleuriste-, en iser, comme autoriser, fertiliser. L'allemand nous a fourni le suffixe ard y comme dans vantard, bavard. L'italien, le suffixe esyue, comme dans gigantesque, romanesque. A prendre les choses à la rigueur, les mots en al comme national, provincial, en ateur, comme ordonnateur, provocateur, sont formés à l'aide de suffixes latins, puisque ces mêmes suffixes, quand ils sont entrés en français par voie populaire, ont pris un autre aspect. C'est le besoin d'avoir des formes explicites, se détachant nettement aux yeux, qui a procuré ce tour de faveur aux désinences étrangères : les nôtres ayant subi l'usure du temps, s'étant mêlées h la partie antérieure du mot, ne s'étalent pas avec la même évidence.

Le même fait s'observe chez nos voisins. On sait le succès qu'a obtenu en allemand notre désinence

i. Curtius, Das Verbum, 1, 7i.

-/V, qui a donné les substantifs en -ez\ comme lUirkerei, Zauberei. Les Anglais ont emprunté à notre seconde conjugaison celle syllabe ish qu'on trouve non seulement dans finis /t, nourish, où le modèle est fourni par le français, mais dans publish, distinguish, où le suflixe est transporté par imitation.

A toute époque, ohez toutes les nations, il s'est f trouvé des puristes pour prolester contre ces emprunts. Mais ceux qui forment le langage, voulant avant tout cire compris, et être compris aux moindres frais, s'inquiètent peu de la provenance des matériaux qu'ils mettent en œuvre.

C. Pour souligner soit une opposition, soit une ressemblance. — Le langage nous révèle ici un fait de psychologie : l'esprit, qui associe volontiers les idées par couples, aime à souder enlre eux les contraires, en leur donnant même extérieur. En même temps que cela aide la mémoire, cela donne plus de relief à la parole. « Rien n'est plus naturel, dit le philosophe anglais Bain, quand nous considérons une qualité, que la disposition à retourner à l'autre qualité, qui en faille contraste. »

à\ous commencerons par les exemples les plus simples.

Le jour et la nuit forment une antithèse vieille comme le monde : sur le modèle de tf/7/, le latin, détournant l'ablatif nocte de sa déclinaison, a fait

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noc tu. Sur le modèle de dit/mus il a fail norturnus ! .

Une autre opposition non moins vieille est celle de la vie et de la mort. Sur le modèle de vivas, le latin a fait mortuus. Selon les règles de la langue laline, morior devait faire mortus, comme orior, jejeperior font ortus, exportas \ Mais l'occasion de l'antithèse se trouvant à toule heure 3 , la syllabe finale de l'un s'est communiquée à l'autre.

Les expressions « avant » et « après » sont pareillement de nature à s'influencer. A côté de l'adverbe antid, devenu plus tard ante, le latin a formé un adverbe postal, devenu poste et post. Postal s'est conservé dans poslid-ea, qui est modelé sur antid-ea. À la base se trouve la syllabe pos, après » \

On voit que pour déterminer une création par analogie, il n'est pas nécessaire que la langue présente des modèles en grand nombre. Dans les cas que nous venons de citer, un seul mot a suffi : mais c'est que les deux termes étaient directement à l'opposite. L'analogie, pourrait-on dire, fait sentir sa puissance en raison de la situation. C'est ainsi qu'en français nous avons fait l'adjectif méridional, dont le

1. On a soutenu récemment que. c'est nnclu qui a influencé diu : mais pour établir la vraie filiation, il suflit «le rappeler le sanscrit divas ou djus, • jour - [pWTë'djus, • hier »).

2. La forme mortus est, en effet, celle que le verbe a reprise dans les langues romanes.

3. Mnrlutim uni vivton. — vivo et mohtvo. C. /, L. VI. OiG"; IX, 4 810, etc.

\. Sanscrit pas, « après », dans paç-cùt.

suffixe, qui ne se trouve nulle part ailleurs, serait impossible à expliquer, sans son contraire septentrional.

Telle locution serait inexplicable, si on ne la rapprochait de son contraire. Ainsi èproocov (en parlant d'une gène, d'un obstacle) ne s'explique que par exhoowv, « hors des pieds ! ».

Les Grecs, qui connaissaient déjà l'analogie par antithèse, l'avaient appelée d'un joli nom : <rjvsx8po[AT é x*t' ivavTiorr/ra . L'image est empruntée à quelque pièce de bétail qui se détache de ses compagnes et va suivre un autre troupeau.

Nous allons maintenant donner quelques exemples de l'analogie servant h souligner une ressemblance.

Les noms de parenté comme -a^p, jir 4 T/,p, Quyà-nip, ayant leur datif pluriel en -am, le grec j16;, « fils », qui n'avait aucune raison pour cela, a fait pareillement tAàT!.. M. J. Wackernagel signale un cas tout pareil en sanscrit 2 . Le mot pati, qui veut dire à la fois « maître » et « époux », a deux génitifs, l'un (régulier) — pales — quand il signifie « maître », l'autre (irrégulier) — patjus — quand il signifie « époux ». Ce patjus vient des génitifs comme pitus, « du père »; ma tus , « de la mère ».

{. L'analogie par opposition se retrouve également dans l'antithèse Y.jxeîç et 'j(ie?ç, tiaxpoç et y-expô;. Voir aussi (Mcm. Soc. ling., IX) ce que j'ai dit de l'adverbe aivitr r

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