‹ Essai de sémantique: (science des significations) (volume 3)Chapitre 8 sur 87 · Théognis, v · texte numérisé non relu

Théognis, v

2. Dans les langues modernes, la racine loi, contenue en xolpito, a servi à nommer la patience en allemand (Ge-dul-d). On la retrouve aussi dans le latin tolerare.

3. Le verbe ïkizu* commençait par un v ou F, comme on le voit par le parfait £oXna (pour FéFo).7ta).

ques qu'il a fallu des siècles pour débrouiller. La chose n'est pas encore entièrement faite aujourd'hui. La différence entre sentir et penser est aujourd'hui marquée dans les verbes, mais elle paraît à peine dans le substantif sentiment. Aussi l'adjectif sensible, qui en français appartient à la partie affective de l'âme, a-t-il pu prendre en anglais l'acception d' « intelligent, raisonnable ». On sait qu'en latin sentir appartient plutôt à la pensée, comme on le voit par des composés tels que dissentio, consentit), et par des dérivés comme sentenlia.

Par une confusion qui n'a pas encore tout à fait disparu, les langues anciennes désignent d'un même mot « le méchant » et « le malheureux ». L'adjectif -ovr.pé; a les deux acceptions ! . Dans l'enfance des sociétés, le pauvre est un objet d'aversion autant que de pitié : c'est sur ce ton qu'il est parlé des mendiants dans Homère. Uo/r^Jj; a peu h peu renoncé à cette équivoque, pour être exclusivement attribué à l'idée de perversité, tandis que son congénère irfvr.ç a désigné l'indigent.

Plus les mois sont voisins par la forme, plus ils sont une invile à la répartition. Voici une sentence, à première vue assez extraordinaire, qui nous a été conservée par Varron : Iie/igentem esse oportet, relu

1. IIovTjpà inîcâpix, Tcov/ipbv ô'-^ov, vôwp. Ilovy.pot TtpâyjxaTX. De la même racine qui a donne itôvo;, « la peine », Ttgvia, « la pauvreté », icÉvopoti, « être dans l'indigence ». — Cf. le double sens de méchant en français.

giosum nefas. Les deux mots refigens et rcligiosHs, étymologiquemenl synonymes, sont opposés entre eux. Le sens du proverbe est que la religion est une bonne chose, mais non pas la superstition. Il y a* une sorte d'élégance, à laquelle le peuple n'est nullement insensible, à différencier ainsi des mois qui sonnent presque de même \

-Les besoins de la pensée sont le premier agent de la répartition. C'est ainsi que le grec et l'allemand se sont rencontrés en faisant la différence de Mann et Mensr/t. de iv/p et àvOpw-o;.

Entre àvr^o et àvOpoira; il n'y avait originairement aucune différence de sens : l'un signifiait « homme », l'autre « qui a visage d'homme ». Homère, parlant des Éthiopiens qui habitent à l'extrémité de la terre, les appelle st^xtoi ivopwv. Mais une antithèse dont l'occasion ne pouvait manquer de se présenter a fait que peu à peu ils se sont distingués l'un de l'autre et qu'ils ont été opposés l'un à l'autre. Hérodote, parlant de l'armée des Perses, dit qu'aux Thermopyles Xerxôs put s'apercevoir ot». ttoaaoI jjlsv îvOpw-ov z\v/, oMyo». ok àvoss;. La distinction est ensuite devenue familière aux Grecs. Xénophon, traitant de l'amour de la gloire qui fait le prix de la vie, ajoute qu'à cela les hommes se reconnaissent : àvojs* xxl ojx£t'. àv(ii?o>-oi aovov vo'jl^6;jl£vo».. Rien, ni dans le sens élvmo-

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