Odyssée, I
Digit
naissance parmi les thèmes comme ret/o;, deviennent très fréquentes sur les inscriptions, où Ton a, par exemple, àp;(6vTÊ(T(Ti, lovreaai, IXÔovTe^dt, àYwve<rat, TiàvTeTfft, ÊuepyeT'/jdàvTeddt.
En rapprochant àywve^di et àyoivotç, on se convainc que des deux côtés le but est le môme : il s'agissait d'éviter àywai.
En latin, nous retrouvons les mêmes faits, et d'une façon encore plus visible. La déclinaison consonantique y est déjà plus qu'à moitié remaniée. C'est au type de la déclinaison en / {avis^ collis) que les différentes flexions ont été ramenées. On peut s'en rendre compte aisément en comparant, par exemple, le grec cpepdvr-wv et le latin ferent-ium^ le grec cpépovT-a et le latin ferent-ia, le grec <pépovT-6ç et le latin ferent-és (pour ferenteis) K 11 faut se rappeler que la prononciation latine resserre les mots, abrège ou éteint les syllabes finales : autant de causes qui devaient rendre la déclinaison peu distincte. Le remaniement s'est étendu, de proche en proche, jusqu'à certains nominatifs : ainsi juven, « jeune homme » (sanscrit juuan)^ d'où juven-tus^ est devenu juvenis] aus^ « oreille », d'où au{s)dire, auscultare, « écouter », est devenu ausis^ auris,
B. Pour obtenir plus de clarté, — Autant que possible, il faut que les formes grammaticales ne prêtent à aucune équivoque. Si elles sont trop
1. Il y a encore quelques rares traces de l'état antérieur. Aulu- Gelle (XIX, 7) cite de Lévius Texpression silenta loca. Silenta est un pluriel neutre à la manière de çiXoOvx-a. Mais le latin a perdu l'habitude de ces neutres : il dit veloc-ia, locuplet-ia, simplic'ia. Au génitif pluriel, on a encore parentum, animantum : mais la forme ordinaire est ium {adiùescentium, infantium^ discordium).
Digit
courtes, trop émoussées, elles menacent de devenir inintelligibles. C'est ce qui serait arrivé, par exemple, pour les génitifs pluriels de la seconde déclinaison. L'ancien génitif en um (grec wv), dont on a encore des exemples dans des locutions toutes faites \ cède la place à un génitif en ôram emprunté aux pronoms, et ayant de plus cet avantage d'être symétrique aux formes en àrum de la première déclinaison.
Le superlatif était primitivement terminé en toç. De cette formation très simple, il est resté xpixoç, TÉxapTo;, 8éxaToç. On sait, en effet, que les nombres ordinaux se forment à l'aide des mêmes suffixes qui servent à marquer les degrés de comparaison. Mais cet exposant xoç, trop simple et trop court, pouvait donner lieu à des méprises. En détachant l'a de 8éxa, le grec obtient un suffixe plus complet, aroç ; de là les superlatifs comme uTraxoç, ic/oLzaç, 7rù(i.aTo;. Pour surcroît de clarté, au suffixe aroç la langue ajouta encore le x du comparatif xspoç : dès lors on eut le suffixe xaxo;, qui permit d'opposer cpiXxaxoç à
Le désir de formes explicites fait comprendre comment, en français, aux anciens nombres ordinaux tiers, quart, quint (le tiers parti, un quart voleur survient.,.) ont été substitués troisième, quatrième.,.. Des anciens ordinaux latins il ne reste plus que les deux premiers : mais déjà deuxième, au lieu de second, est familier à nos oreilles.
Dans la conjugaison, certains participes passés
i. Prasfectus fabrum, duo milia sestertium, templa deum, etc. 2. Nous devons ce modèle d'étude historique à M. Ascoli, dans les Sludien de Gurtius, IX, 342.
Digit
it de devenir étrangers au verbe dont ils
Qui sent encore la parenté de poids^ qu'i^ crire pois, et de pendre, de toise, et de
route et de rompre *? Il était utile d'avoir e qui accusât mieux les affinités. Ainsi
la faveur qu'a rencontrée le participe en lu, tendu, rompu ^. Le mouvement est venu es rares avant-coureurs qu'on aperçoit en
pendutus, decernutum, incendutum, Eux- 5 sont un produit de l'imitation (latin soluus) ^ Grâce à cette syllabe finale, le français 3S lignes de sa conjugaison en désordre, de nous prenmes, nous faismes, qu'aurait
le \alin prendimus, facimus, on a dit nous nous fais-ons; au lieu de vous prents, iû donner le latin prenditis, on a dit vous 'où viennent ces désinences plus pleines?
e personne du pluriel l'indique suffisamîs ont été empruntées à la première con-
àu XVI" siècle, les fractions, en mathématiques, !S nombres roupts. La route désigne une voie qu'on mpant la forêt et le terrain.
fants, en disant fai prendu^ se conforment aux nis par la langue. On a, depuis longtemps, reconnu ifs auxiliaires de la régularité grammaticale. Au le, / caught, on les entend dire en anglais / comed,
bes latins ayant leur parfait en uiy comme habui, é des premiers à prendre un participe en titus, Is survivants qui n'aient pas été remaniés sont : iicitis)^ vous. faites {facitis). Sur l'origine de la s il s'es^engagé entre romanistes une longue disdure encore. Nous persistons à penser qu'il faut olution uniforme pour ons et pour ez. (Voir Mémoires de Linguistique, VII, 12.
Digit
Donnons encore un exemple tiré de la conjuj grecque.
A la troisième personne du pluriel, les ac seconds des verbes comme tiôyjjjli avaient une nence fort courte : eôev, eêav, IdTav, l(pav, l<puv, e langue homérique abonde en formes de ce { Mais on en voit Tinconvénient : ces trois personnes du pluriel ressemblaient trop au:
mières du singulier. Le moyen employé a et simple : grâce à une rallonge empruntée à Ta premier, on a eu eêyiiav, ïaxaaav, Icpaerav, l^u<jav, àvé'
Un fait, à première vue surprenant, mais a par des- preuves nombreuses, c'est que les si les plus usités dans nos langues modernes soî suffixes empruntés. Ainsi le grec nous a pern former nos mots en isme^ comme optimisme, lisme; en iste, comme artiste, fleuriste; en comme autoriser, fertiliser. L'allemand nous a i le suffixe àrd, comme dans vantard, bavard, lien, le suffixe esque, comme dans gigant romanesque, A prendre les choses à la riguei mots en a/, comme national, provincial, en comme ordonnateur, provocateur , sont fon Taide de suffixes latins, puisque ces mêmes su quand ils sont entrés en français par voie popi ont pris un autre aspect. C'est le besoin d'avo formes explicites, se détachant nettement aux qui a procuré ce tour de faveur aux désir étrangères : les nôtres ayant subi l'usure du t s'étant mêlées à la partie antérieure du m s'étalent pas avec la même évidence.