SECOND ASSAUT DE CONREWITZ
D^ 10 heures 16' à 10 heures 28'.
Le directeur (s'adressant à tous) : A 10 h. 16' les défenseurs de la lisière Sud de Connewitz reçoivent un léger renfort. A 10 heures 19' (je compte 3 minutes pour que la 4* compagnie du détachement Ouest se porte derrière l'aile gauche), une nouvelle attaque de Connewitz a lieu : Les nombreux groupes de tirailleurs postés à l'enceinte Nord de Lôssnig se lèvent et se précipitent en avant ; cette fois encore, l'attaque est dirigée simultanément contre le front et contre le flanc droit de la position. De ce côté, les tirailleurs sont suivis d'un soutien en ordre serré.
Les premiers défenseurs abandonnent le mur
d'enceinte et se réfugient derrière la ferme ;
deux pelotons de réserve se découvrent tout à coup et viennent tenir tête au mouvement tournant des troupes attaquantes.
Lieutenant C (gros du détachement Est) :
J'ordonne aux deux pelotons en ordre serré de la 5' compagnie de se porter de la hauteur vers l'enceinte Est et de hattre de là l'intérieur de la section de leurs feux.
Sous-lieutenant V. : Je dirige mes bouches à feu principalement contre cette compagnie.
Le directeur : La configuration du versant de la hauteur est telle, que la compagnie s'y trouve plus ou moins à Tabri des coups de l'artillerie ; les shrapnels y atteindront indistinctement amis et ennemis.
Le combat dans son ensemble prendra la tournure suivante :
Les tirailleurs du détachement Est, postés depuis longtemps sur la pente Sud de la hauteur de Connewitz, paralyseront par leur feu l'attaque de l'aile droite ennemie. Une partie môme des assaillants, qui tous s'étaient ékncés en avant en franchissant le petit mur de torchis, rehrousseront chemin et escaladeront de nouveau le mur pour y chercher un abri ; une autre partie
se jetant plus à gauche gagnera ainsi le mur protecteur de Connewitz.
A l'aile gauche, les tirailleurs parviennent jusqu'à la ferme et contre le mur d'enceinte ; quelques hommes, les plus braves, pénétreront dans le village par les brèches que le boulet aura faites dans la muraille ; le résultat ne sera décidé cependant que par le choc final des réserves, que chacun des deux adversaires amènera sur le terrain de la lutte. La supériorité numérique de l'assaillant aurait pu, dans d'autres circonstances, faire pencher la décision en sa faveur ; mais le feu très avantageux de la 5* compagnie dirigé du mur d'enceinte vers l'intérieur du village, de même que celui de la ferme, le tout sur un espace très restreint, auront toujours été d'un grand effet et auront puissamment secondé la défense.
Je décide donc comme suit : La défense reste en possession de la ferme ainsi que d'une partie de l'enceinte Est, qu'elle occupe extérieurement. La 6* et deux pelotons de la 7" compagnie fortement entremêlés par la violence du combat, se jettent dans les maisons et les jardins plus en arrière pour y chercher un abri et continuent
de là, k faire feu sur l'assailIaDt. Les officiers s'efforcent d'amener un peu d'ordre dans la défense et de reformer de petits groupes de soutien, n n'y a pas à compter, pour le moment, sur le concours de ces cinij pelotons, en ordre eerré.
Une partie de l'aile droite de l'assaillant a rétrogradé vers Lôssnig; par contre, de nombreux groupes de tirailleurs des 2", 3* et 4" compagnies ont atteint le mur de Connewitz et y ont pris pied pendant que des sections de la 3' et de la 4' compagnie, postées dans les fossés ' au Sud des prairies de la Pleisse, entretiennent le feu contre les défenseurs. Le commandant du Imtaillon rassemble le restant des deux compagnies à l'angle Nord-Ouest de Lôssnig, comme soutien.
Je prie Messieurs les conducteurs de troupes de placer de part et d'autre les pions d'après ce qui vient d'être dit.
L'attaque a commencé à 10 heures 19'. lia fallu 2 minutes à l'assaillant pour atteindre le mur d'enceinte de Connewitz; je compte 4 minutes pour l'arrivée et le choc des réserves, puis 3 autres minutes pour amener la situation que
je viens de retracer ; de sorte que nous aurions atteint 10 heures 28'.