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POPULATION BLANCÇE.
Passagers partis et arrivés pendant les années suivantes.
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TOTAL
&s 1 Dirërenrès.
TOTAL
et" Balance.
Passagerff arrivés . . .
Passagers partis. . . .
Différence ^"^ P***."' * "^ en moins.
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Le tableau n'' 1 1 fournit, les résultats suivans :
Première époque. — De 1717 à 1 804. — Quatrevingt-sept ans , pendant lesquels la colonie a été successivement régie par la compagnie des Indes , Fadministration royale et l'assemblée coloniale , pendant lesquels aussi la France a été alternativement en paix et en guerre. Durant les années de guerre ont eu lieu les brillantes campagnes de l'Inde , et se sont écoulées les premières et pénibles années de la révolution. L'accroissement de la population blanche, fourni tant par les naissances de créoles que par l'arrivée d'Européens, a été par année, terme moyen, de* 128 ",tr
Deuxième époque. — De 1 8o4 à 1 8 1 o. — Régime impérial ; petite paix , le reste temps de guerre. Accroissement moyen annuel , ip3
Troisième époque. — De 1810 à 181 5. — Occupation anglaise ; temps de guerre. Accroissement moyen annuel , 355
Quatrième époque. — Administration royale sous l'ancienne forme de la division des pouvoirs; temps de paix. Accroissement moyen annuel , 237
Cinquième époque. — Administration royale. Réunion des pouvoirs dans la main d'un seul ; temps de paix. Accroissement moyen annuel , 307
On ne peut guère comparer que les deux dernières époques durant Iffsquelles la situation politique n'a point changé , et tous les élémens, hors un , sont
restés les mêmes : Tavantage est pour la dernière. On le doit, d'une part, à plus de communications avec l'Europe; d'où il est résulté qu'il est demeuré dans la colonie plus d'Européens qu'il n'eu est parti. [Foy. le tableau, n"* 44- ) Ce nombre est à peu près au moyen annuel de cinquante , c'est-à-dire environ un sixième de l'accroissement. ^On le doit, d'autre part, aux naissances d'enfans créoles ; et comme un . peu moins de deux des cinq sixièmes restans est le produit d'unions illégitimes {voy. le tableau n* i3), il s'ensuit que plus de la moitié de l'accroissement moyen annuel a pour cause le produit des mariages. On peut conclure de ceci qu'il y a une constante et véritable amélioration dans l'état de la colonie ; car les mœurs ne sont meilleures, les mariages plus nombreux et plus féconds, au total , la population ne s accroît que lorsqu'elle est heureuse. Cette situation a diverses causes sans doute : elle est la conséquence de plus de travail , de plus de produits, de plus d'aisance ; mais elle est principalement celle d'une administration douce, bienveillante, paternelle; d'une administration qui encourage la culture , qui protège le commerce; d'un régime sous lequel le pays étant libre et tranquille , chacun peut avec sécurité se livrer à toutes sortes d'entreprises , à toutes sortes de spéculations.
Rien ne prouve plus que ce résultat en faveur de l'essai que le gouvernement de la métropole a fait pour la première fois, de réunir dans une seule main le pouvoir militaire et le pouvoir civil , le gouvernement et l'administration ; et ce ne sera pas seulement
dans cette partie de cet ouvrage que se présaatera Toccasion de faire ressortir cette conséquence , bien digne de fixer l'attention des hommes d'état.
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POPULATION LIBRE
bu moment que Ton eut reconnu comme indispensable aux colonies intertropicales le régime de l'esclavage , on dut adopter le système des affranchissemens qui en est une suite ; mais le bon ordre exi^ geàit qu'il n'en fût donné qu'avec discrétion. On pourrait même dire que la conservation des colonies ainsi établies y est attachée : les esclaves y doivent être tenus dans un tel état de dépendance qu'il ne puisse même venii* à leur pensée d'en sortir, et le meilleur moyen de les y maintenir est rie leur faire envisager l'affranchissement comme le prix de la bonne conduite , et la récompense de services signalés» Le bien qui en résulte est détruit s'il n est que la conséquence du libertinage et le fruit de l'immoralité. Il n'en a malheureusement pas été toujours ainsi dans diverses possessions des Européens entre les tropiques : l'abus est venu se placer à côté de l'usage , et combien l'abus a eu de suites fâcheuses ! Que pouvait^on attendre en effet de gens qui n'ont rien, ne tiennent à rien, ne donnent aucune garantie à la société , qui , n'ayant rien à perdre , ont tout à gagner dans le déscMrdre public, et peuvent devenir avec la plus grande facilité
>79 des mstramens de trouble dans les mains de Fambitieuxoa de l'intrigant qui les attacheraient à leurs criminelles entreprises en faTorisant leurs passions?
Ces considérations durent donc faire imposer des règles restrictives à l'affranchissement : on dut pour-*- Yoir à ce que l'affranchi ne tombât pas à charge à là société, ou, ce qui serait pis, ne lui devtnt nuisible et ne fit regretter de l'avoir délivré du joug du maître pour ne lui laisser que celui de la loi. Le premier est toujours plus efficace que le second qui est plus facile à soulever , et dont avec quelques ruses ,. toutes gros* sières qu'elles soient, on peut alléger la pesanteur^ Ainsi la volonté du maître ne suffit pas pour pror noQcer la liberté d'un esclave , l'approbation du gouvernement est nécessaire. Elle peut être refusée, lamais le maître ne peut être contraint , et celuir-ci est obligé de consigner une somme , qui , au besoin , mettrait à même de donner des secours à l'affranchi.
D est résulté de ces sages iprincipes, sagement pratiqués à Bourbon, qu'en 1810, à l'époque de la conquête par les Anglais, c'est-à-<lire après cent trente ans de colonisation, il n'y avait que deux mille trois cent quarante individus affranchis ou issus d'affranchis , ce qui donne dix-huit pour terme moyen de l'affranchissement annuel. Mais lors de la remise faite en i8i5, ce nombre était porté à quatre mille quatre cent cinquante-neuf, dont la plus forte part vient des affranchissemens donnés par les Anglais pendant qu'ils ont occupé l'Ile, c'est-à-dire de juillet 1 8 1 o à avril 1 8 1 5 , ce qui donne quatre cent vingtdeux pour accroissement moyen annuel. Il semble
i8o que ce fût un système adopté pour ses conquêtes par le gouyerncment britannique. 11 le poursuit en eflfet avec une constance remarquable à Maurice, où les airranchissemeus sont toujours accordés avec une libéralité sans exemple, et où ils sont, pourrait-on dire , d'une immoralité désespérante.
La population libre à Bourbon se place entre les blancs et les esclaves. On y trouve toutes les nuances de couleurs, depuis le noir de la Cafrerie jusqu'à un blanc qui décèle l'origine, même à une distance très-éloignée de la source. En général ces hommes sont doux et tranquilles , cherchant toujours à se rapprocher des blancs par les manières, le costume , l'instruction ; faisant toujours cause commune avec eux, soit contre l'ennemi intérieur, comme il parut lors de la révolte d'esclaves qui eut lieu â Saint-Leu en 1812, soit contre l'ennemi extérieur, comme il parut lors de l'attaque et de la prise de l'île en 1810.
Quelques-uns des libres de Bourbon habitent les campagnes où ils sont propriétaires , agriculteurs ou régisseurs et économes d'habitations. Ils y jouissent tranquillement de leur liberté , et l'on en compte qui ont su se concilier beaucoup d'estime (1). Le plus
(1) J'en connais un tellement estimé dans son quartier, que son fils était, avant son aFFranchissement, et par une tolérance abusive à la vérité, admis à faire le sei*vice dans la milice; sa fille était alors aussi recherchée en mariage par un jeune libre qu'elle a épousé aussitôt qu'elle a été afïî^nchie. H faut savoir, pour apprécier ceci, que les libres s'éloignent encore plus dos esclaves que les blancs eux-mêmes.
grand nombre réside dans les villes et bourgs : ik y exercent les professions sédentaires , comme celles de tailleurs, cordonniers, boulangers^ bouchers, etc. Il en est qui sont employés pour les écritures de quelques comptoirs et dans quelques magasins. \l en est même qui se livrent à l'instruction élémentaire, soit pour un très-petit nombre de blancs dont les parens sont peu fortunés, soit pour les individus de leur classe. Les femmes libres , ou sont occupées dans les boutiques , ou exercent les diverses professions de couturières , brodeuses , etc. , ou tiennent le ménage de quelques blancs qui u^out point d'établissement; presque toutes sont musiciennes , toutes aiment passionnément la parure.
En général , les mœurs de cette population sont peu sévères , soit que cela tienne à l'ignorance des principes de la morale et au défaut d'instruction religieuse, soit que cela découle de l'origine même des individus , presque toujours enfans du vice, soit aussi parce qu'ils ne s'occupent guère de rendre meilleur un avenir qui ne doit pas changer pour eux , et cette dernière considération est d'un haut intérêt , nous y reviendrons.
Examinons quelle a été la situation numérique de cette population aux diverses époques précédemment établies pour la population blanche.
POPULATION LIBRE
SITUATION £N l8o4*
NOMS DES COMMUNES
Svat-Denû. . .
Sainte-Marie . , Sainte-Suzanne.
Saint- André . .
Saint-Benoit. . , Sainte- Rose. . .
Saint-Joseph . .
^aint-Pierre» .
Saint-Looii. . .
Saint-Leu. . . , Saint-Paul . . .
Total par aeze. . .
aSa 8i
TOTAL par
POPULATION LIBRE
SITUATION AD 1** JARTIBB iSlO.
NOMS DES COMMUNES
ffOMBM.
Saint- Denis
aa5 Ht ,87 i3i
Sainte-Marie
Sainte-Suzanne, j Réaoîs soos le nom SaintpAndré. . de Saint-Jean.
Saint-Benoit
Sainte-Rose
Saint-Joseph
SaintrPierre. . « *
J^inL-Tjniiis -• « .••■.
Saint-Leu
Saint-Paul
Total .......
aSio
POPULATION LIBRE
MTUATIOH AU 1* MHTIBB l8l5.
NOMS DES COMMUNES
irOMBRE.
Saint-Denis
Sainte-Marie. .......*....
Sainte-Suzanne
Saint-André.
Saint-Benoît
Sainte-Rose
Saint-Joseph
Saint»Pierre
Saint-Louis • . .
SaintrLeu
SaintrPau)
Total.
«4^9 a3i a48 aog 47a iSg
io3a
i85 POPULATION LIBRE.
SITUATION AU l"* lARYIE» l8l8«
NOMS DES COMMUNES
Saint-Denis . .
Sainte-Marie. .
Sainte-Suzanne Saint-André . • Saintp-Benoit . .
Sainte-Rose • .
Saint-Joseph. . Saint-Pierre . .
Saint-LouÎB • • Saint-Leu . . .
Saint-Paul . . .
Total
Ce nombre total se divise comme suit :
de 5o aos et an-demis ao8
HommeB { de 18 ans ii 5o aos 908
ao-dessous de 18 ans « . . io5i
de 45 ans et av-desshs Soa |
Femmes } de 1 5 ans i 4^ ans 1089 > aSgi
aa-dessoos de i5 ans 910 )
Femmea.
Hommes.
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Femmes.
Hommes.
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Femmes.
Femmes.
Hommes.
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