‹ Essai de statistique de l'île BourbonChapitre 33 sur 90 · SS · texte numérisé non relu

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POPULATION LIBRE

Rapport des naissances à ia population , et lies naissances aux décès.

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En opérant comme précédemment, on verra que raccroUsement moyen annuel de la population a été , pendant

La première époque, de La deuxième id.

La troisième id.

La quatrième id. * La cinquième id.

Cet accroissement a deux causes , les naissances et

les affranchissemens. Pendant la première et la troisième époque, cette dernière cause a été la plus influente , mais surtout pendant la troisième. En évaluant d'après les bases actuelles , pour les cinq années qui la composent , les naissances des libres , elles n'auraient été guère plus du quart de l'accroissement, et, en suivant ce rapport , qui est beaucoup trop fort , les affranchissemens auraient encore été hors de toute proportion raisonnable, et avec le nombre des esclaves, et avec celui des affranchis antérieurs. On aperçoit combien il y avait de danger dans ces affranchissemens subits et en si grand nombre , dans un temps où des têtes, naturellement ardentes, avaient acquit un nouveau degré d'effervescence par les discussions publiques , par les événemens politiques et militaires dont les noirs avaient été témoins pendant la fin de la première et pendant la deuxième époque r aussi est-ce pendant la troisième époque que l'on vit éclater la révolte de Saint-Leu , dont la seule cause peut-être fut cette énormité d'affranchissemens , trop faible encore au gré des esclaves qui n'y avaient point participé.

Cette marche de l'administration de la trotsiëme époque força celle des deux époques suivantes à plus de circonspection. Depuis 1818 notamment jusqu'à 18249 il n'y a eu que vingt -trois affranchissemens, et il faut dire que les habitans eux-mêmes avaient reconnu combien cette rigidité était fondée; il y eut bien peu de demandes a dressées au gouvernement.

Si les affranchissemens forment une si faible part de l'accroissement de la population libre pendant la

cinquième époque, et s'il est dû presque en entier aux naissances , ou voit combien prend d'extension , sur cette classe notamment, ce qui a été précédemment remarqué à Tégord des blancs , et combien mérite d'attention la conséquence que j'en ai tirée pour établir l'évidence de l'amélioration de Ja situation de la colonie.

Il serait intéressant de présenter le nombre d'unions légitimes qui existent dans cette population, et )e regrette de ne pouvoir le feire. Cependant , en considérant le tableau n* 4 9 on voit que deux cinquièmes à peu près étaient au-dessous de dix-huit ans pour les hommes et de quinze ans pour les femmes ; un peu plus de deux cinquièmes dans la force de l'âge; enfia un peu moins d'un cinquième avait dépassé l'âge de.cinqu^nte ans pour les hommes, et celui de quaraiite<ânq pour.les femmes. Le tableau n" i a fait voir que, pendant la dernière époque, les mariages ont été , terme moyen , de aâ par an , c'est-à-dire à peu près le centième de la portion de la population susceptible de contracter ce lien , portion au reste dont plusieurs l'avaient déjà formé. D'un autre côté , si l'on déduit du nombre des enfans nés pendant cette même cinquième époque celui des enfans naturels, on verra que ces nombres étant au moyen, le premier de 3o4, le second de 1 34, il restera 70 pour celui des enfieuais légitimes, proportion extrêmement faible.

On peut conclure de ces trois données de quelle importance il est que l'attention soit portée vers l'amétiorcition des mœurs de la population libre.

Un des premiers moyens, sans doute, est llnstniction religieuse , un autre est le travaU.

L'établissement des écoles chrétiennes et celui des sœurs de Saint-Joseph , dans les quartiers où l'on a pu en placer, ont attiré un assez grand nombre d'enfans lil>re9 des deux sexes. Ces enfans y ont reçu la semence des principes de la religion , qu'ils né^igeront peut-être en avançant en âge, mais qui ne seront pas entièrement oubliés et laisseront toujours quelque germe dont il ne s'agira que de faciliter le développement.

Quant au travail, avant la prise de l'Ile, le souspréfet, M. Marchant, avait tenté de porteries libres vers l'exercice de certaines professions utiles , lucratives , mais qu'on abandonnait aux esclaves. Il réunit à cet effet plusieurs jeunes gens auxquels il fit ensei* gner le calfatage, la voilerie, le métier de tourneur, le charpentage des navires. Quelques-uns ont profité de l'apprentissage qu'ils firent alors , et il en existe encore , quoique en petit nombre.

Les sœurs de Saint-Joseph ont appris aux jeunes filles à travailler; mais jusqu'ici l'instruction reçue par les garçons, chez les frères des écoles chrétiennes, est bornée à la lecture, à l'écriture et aux premiers élémens d'arithmétique. Pour la trè8^^[rande majorité de ces enfans , comme pour une bonne partie des Européens , écrire et calculer assez pour établir un compte d'ouvrages ou un mémoire de fournitures, doit être le nec plus ultra de la science. Le travail manuel doit leur procurer Texistence, il doit être la base de leur instruction. Aussi avait-on vu avec sa-

*99 tisfactioa le- piolet d'organiser les écoles des frèores de sorte qu'une portion du jour fût employée à renseignement élémentaire qui leur est habituel, et le reste à ^apprentissage des métiers et professions utiles. L'institut des frères, des écoles chrétiennes n'est pas à la vérité disposé à cet effet; mais, parmi ces hommes dévoués au bien de leurs semblables , il s'en trouve qui ont exercé ces diverses professions ; et l'avantage immense qui résulterait de l'adoption d'un semblable parti est si grand, qu'il n'y aurait de la part des supé^ rieurs pas un seul moment d'hésitation*.

Ce moyen d'instruction est au reste à peu près le seul. Des blaucs, engagés même militairement au service, n'auront ni la patience ni la volmité de se mettre à la tête de ces ateliers d'apprentis. S'ils n'étaient pas militaires , le bénéfice qu'ils trouveraient à exercer eux-mêmes ne pourrait être égalé par la paie qu'ils recevraient pour cet enseignement. On ne peut penser à en charger des esclaves, qui d'ailleurs, trop peu instruits eux-mêmes, ne suivent qu'une aveugle routine ou une servile imitation. II ne peut être remis qu'au zèle religieux, à une exécution franche des vœux d'obéissance et de charité, à un sentiment d'humanité aussi vif que pur et désintéressé.

Ce n'est pas que, parmi les libres, il ne puisse s'en trouver qui soient susceptibles de s'engager trèsavant dans une route où ils auraient un bon modèle à suivre , quoiqu'il fût dans une colonie voisine. Hais l'exception prouve la règle, et je n'entends parler ici qu'en thèse générale.

Une mesure principale, et je ne crains pas de le

àite^ indispânsable, maintenant rartout que tontcfs les nations qui ont des colonies à esclaTes en prévoient raffranchissemenft , est de préparer dès à présent la fin de Tespèce d'ilotisme dans ie<{ael végète la population intermédiaire, <rf>)et de ces réflenons. Elle jouit des droits civils , fl est vrai , mais avec de oertafai^ modificattoins. Kle est exclue de l'exercfee des droits politiques. Les naissances , les mariages, lés décès des individus qui la eomposent, sotot c<His«tatés comme teux ^es biancs, mais sur des i^^iatres séparés. Ils ne peuvent formel* d'unions qu'entre e«x; alicune succession de blanc ne peut être YecueîMie par uu libre; aucune donation ne peut nvoik* lieu de blanc à libre , ni de libre é blakic. Obligés de servir driA ta mHicc, fls sont exclus des compagnies d*élite, ils forment exclusivement ceHes de canonnier»; ib sont admis dans cell^ du centre , vifiais 9s He^Uv^ént être officiers dans aucune, fin un mot , une forte ligne de démarcation est tracée entre les deux pc^olations et de peut être dépàs^lée.

f)e même que l'affranchissement est la récompense de là bonne conduite de l'esclave, de même l'adiïiiissien â tous les droits des blancs pourrait être céOe 4e l'affranchi.

' Mais pour servir, comme je Tetitends, à l'améliorai ion morale dés individus de cette claSSe^ cette admission ne devrait être accordée qu'à des ^cotidi^ tions auxquelles chacun pourrait atteindre , tetds dont aucun ne poui^ratt être rélevé ni dispensé. On exigerait, par exemple , du libi^ qui la solliciterait , la preuve quil est issu de légitimes mariage depuis la

troisième génération ; il serait ainsi déjà éloigné de Tesclavage. Il faudrait qne ni lui ni ses auteurs n'eussent jamais été repris de justioe, et ne fussent en aucune ijianière reprochables , soit du c6té des mœurs , soit du côté de la probité; qu'il eût une propriété immobilière dont la valeur ou le revenu seraient détenninés et suffisans à son existence et à celle de «a famille, ou qu'il possédât un magasin d'une valeur établie, ou qu'ilexerçât comme maître , depuis un nombre d'années et avec un nombre d'oUvriers dont le minimum serait réglé , telle ou telle profession qui^ dans l'opinion coloniale, n'est pas jugée dérogeant à la qualité de bkoïc et que la loi déterminerait* Ce libre devrait présenter requête au gouvernement, qui ordonnerait une enquête d'après laquelle prononcerait le tribunal de première instance, en chambre du conseil. Ce pro* nonce serait porté a la cour royale. L'enqnéte serait soumise au procureur .général, qui pourrait y ajouter toutes les recherches qu'il jugerait utiles. La cour en délibérerait à son tour en chambre du conseil ,et'enfin le conseil privé prendrait connaissance du tout. Si le résultat de toutes ces informations était favorable, le gouverneur prononcerait définitivement l'admission dans la population blanche ; son ordonnance serait enregistrée aux greffes de la cour et du tribunal. Les changemens nécessaires seraient faits aux registres de l'état civil , et de ce moment l'individu qui aurait été l'objet de ces scrupuleuses investigations, jouirait des mêmes droits , serait admissible aux mêmes emplois que les blancs.

Ainsi l'on arriverait, lentement il est vrai, mais

progressivement et sans secousses , à un aflFrancliissement général. La vanité des libres, qui est un défaut en ce moment parce qu'elle est sans objet, tournerait au profit de la société. Pour arriver au but vers lequel ils tendraient sans cesse , il n'en est pas un qui ne voulût, dès à présent, marcher dans la voie qui seule pourrait l'y conduire^

Il y aurait bien peu de danger, si toutefois il y «^ avait, dans l'adoption deoette mesure. Qu'est-ce en effet, dans l'état actuel de la colonie, que ces droit» politiques réservés aux seuls blancs? A bien dire , ils se réduisent aux places du conseil privé, aux fonctions municipales, aux grades d'oflSciers de milice , et bien peu de blancs déjà peuvent y atteindre. Les places de judicature et certaines fonctions qui s'y rattachent, exigent de longues études, des connaissances étendues qui , de long«temps , en tiendront éloignés les créoles qui n'auront pas fait en France leur éducation. D'ailleurs le nombre des li-> bres qui pourraient y aspirer sera très-restreint long-^ temps encore d'après l'état actuel des choses.

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POPULATION NOIRE

GENS EN VARUMISSION.

Entre la classe des gens libres et celle des esclaves, se trouvent à la tête de celle-ci les gens en manumis^ $m. On caractérise ainsi des esclaves que leurs maîtres ne veulent ou ne peuvent affranchir, et qui n'ont, pour ainsi dire, qu'une liberté viagère. Quoique cet état soit autorisé par les réglemens coloniaux , cependant, il est facile de reconnaître qu'il est vicieux, parce que cette sorte d'affranchissement dépendant uniquement des maîtres, étant ignorée du gouvernement, place l'esclave dans une position équivoque, dangereuse pour la société ; aussi les inconvéniens qui en découlent ont été sentis , et c'est peut-être à la discrétion des maîtres que l'on doit le très-petit nombre d'individus en manumission. On ne l'évalue pour toute l'île qu'à cent ou cent cinquante, ce qui est la 460* partie de la population noire (i).

(i) A. Bourbon , les mots esclave et noir sont synonymes. Un esclave, quelle que soit la teinte de sa couleur et à quelque degré qu'elle se rapproche de la blanche , est appelé noir.

Le mot nègre n'y est jamais pris qu'en mauvaise part. Quoiqu'on dise une bonne négresse , une jolie négresse , on ne dira jamais un bon nègre , un joli nègre, comme il est rare que l'on dise un mauvais noir.

BIIGLA.7F.S.

Nous arrivons enfin à la population, sujet des plus graves réflexions, quelque parti que Ton embrasse dans cette cause, soit que se parant vaniteusement du nom de philanthrope, on professe Thorreur de Tesclavage sans considérer la position dans laquelle se trouve l'esclave aux colonies françaises, ni l'état de misère , d'abjection , de danger continuel de perdre la vie auquel on l'arrache en Afrique; soit que plus véritablement ami de l'homme et considérant la question sous d autres rapports , on pense que ce qu'on appelle esclavage dans l'état actuel de la société puisse et doive être maintenu , si l'on veut conserver quelque possession intertropicale et maintenir le système de culture auquel cefles qui nous restent doivent leur prospérité.

Nous n'en sommes plus à savoir s'il convient à l'Europe de consommer du sucre et du café. La question est résolue : les besoins existent , et nous ne pouvons plus mettre en doute s'ils doivent être satisfaits. En vain dirait-on que ces besoins sont factices, parce que, s'ils étaient réels, la nature aurait donné la facilité de les remplir Sous la zone où nous vivons. L'expérience a décidé; et ce sont maintenant de véritables besoins auxquels il n'y a plus possibilité de résister.

Mais, dit-on encore, est-il donc indispensable que ce soit l'espèce noire qui vienne ainsi au secours de l'espèce blanche? Ce n'est plus une question aujourd'hui,

2o5 peat-on répondre avec vérilé, que de savoir si les bkncs , les Européens du moins , peuvent se livrer à ]a culture des terres sous la zone torridc ; s'ils peuvent y travailler pendant quinze heures sous Finfluence d'un soleil ardent, réfléchi par une terre brûlante et des roches caicmées. De prétendues démonstrations de cette possibilité , jetées dans lé public il y a quelques années ,sont au contraire la preuve la plus palpable de la négative. Que des blancs travaillent de certains métiers dans ces pays /à découvert si Ton veut, on le conçoit , je ne prétends pas le nier, je mentirais à ce que j'ai vu ; mais il faut dire qu'on n'exige pas d'eux une assiduité semblable à celle que réclame tndispensablement le travail des terres. On pourrait avec plus de raison citer les économes , Européens pour le plus petit nombre, créoles pour la plupart, qui suivent dans les champs les travaux des noirs. Eh bien ! ils oe peuvent y résister. C'est donc une vérité démontrée par Texpérience, et l'on doit dire malheureusement démontrée, que les noirs seuls peuvent être employés à la culture dans les régions équatoriales.

Les indigènes mêmes de Madagascar nous en fournissent une preuve. On remarque chez eux que la couleur très-noire de la peau , le tissu cutané trèsépais et très -huileux , les cheveux crépus, serrés et formant une masse compacte interposée entre le cerveau et les rayons solaires , caractérisent ceux qui sont le plus rapprochés de l'équateur; tandis que la couleur s'éclaircit , la peau devient plus mince , et les cheveux plus lisses , plus soyeux et plus rares , à mesure qu'on s'en éloigne. Ce n'est

2o6 point^^euleinent un effet de la lumière ou de la chaleur; c'est un des élémens de la constitution individuelle. La nature a marqué à chacun sa place sur le globe 9 et c'est contrarier son vœu que de vouloir faire exécuter sous la zone torride, par le blanc, qui n'y est pas né, des travaux auxquels lo noir seul peut se livrer sans danger pour son existence.

Mais , poursuit-on , quelle nécessité que les noirs soient dans l'état d'esclavage? Les faits répondent encore à cette question : l'homme ne travaille que .pour satisfaire à ses besoins ou aux projets de son ambition. Le noir ne connaît point l'ambition et n'a que très- peu de besoins. Abandonné à sa volonté il ne fait rien ; sa vie n'est qu'un long repos entrecoupé de rares instans d'activité. Il faut, pour sortir de cette inertie, qu'il soit forcé au travail , et l'on n'y parvient qu'en lui imposant une entière soumission aux ordres d'autrui. C'est le seul moyen d'obtenir des résultats maintenant indispensables, pour lesquels il faut s'être procuré de nombreux ouvriers avec l'assurance de les conserver dans ses ateliers et d'en obtenir tout le travail possible. Tel est l'objet de l'esclavage dans les colonies françaises.

Mais quel est donc cet état? 11 s'en faut du tout qu'il donne au maître le droit de vie et de mort sur ses esclaves, qu'ils soient des instrumens qu'il puisse impunément briser. Ce sont des serviteurs qui lui sont engagés pour la vie , qui lui doivent tous les produits de leur force et de leur intelligence , et auxquels par contre il doit protection, nourriture, entretien , tous ses soins en un mot , en santé comme

en maladie. Il y eD a entre eux une sorte de contrat dont l'autorité du prince est garante. D'une part, elle assure au maître la présence de ses ouvriers sur son habitation, le maintien d'une exacte subordination, leur retour s'ils s'éloignent ; de l'autre , elle assure à TescIaTe protection et secours contre tous actes vexatoires , pourvu qu'il remplisse ses devoirs.

L'esclavage est dans les colonies françaises une domesticité viagère , tandis qu'en France la domesticité est un esclavage annuel et temporaire. Voilà sa véritable définition.

Sans plus nou» embarrasser, au reste, d'une question qui semble actuellement résolue, prêtions les choses à Bourbon , dans leur état actuel.

La population noire de cette lie se compose de quatre castes principales : les Créoles « les Indiens , lesMadécasses, vulgairement appelés Malgaches, les Gafires ou Mozambiques; ces trois dernières castes ont elles-mêmes plusieurs subdivisions- \

Les Gafires ont été importés directement de la côte d'Afrique , notamment de Zanzibar , ou bien ils ont été transportés de ce continent par des marchands arabes sur la côte occidentale^^ Madagascar, conduits à Tamatave sur la côte orientale , et de là à Bourbon. Ces hommes sont en général dénués d'intelligence; mais îli sont doux, obéissans et tranquilles , pourvu qu'il leur soit accordé quelque repos et beaucoup de vivres. Ils sont rarement employés autrement qu'à la pioche, c'est-à-dire à la culture des terres , ou bien aux travaux qui exigent de la force : ils supportent aisément la fatigue. On

en IroQve qui deviennent de bous ouvriers, mais oest une exception.

Le Malgache au contraire convient moînt aux travaux de force, mais on en (ait de trës-tbona oo* vriers pour toutes les professions. J ai tu des tailleurs de pierre qui exécutaient toutes sortes de tailles , de moulures , quelques sculptures même , avec une exacte précision. J'en ai connu un t|ui était très-bon appareilleur et se servait aussi bien qu'un ouvrier blanc du compas, de Téquerre et du niveau. Une grande partie de ceux qui sont dans les habitations entendent fort bien la fabrication du sucre. Ces hommes , ceux surtout depuis Tamatave jusque vers la province d'Anossy, et parmi ùux les AnJUtchn notamment, ont une grande intelligenoe et beaucoup d'aptitude à l'imitation. Ils apprennent fadlament le français, et leurs orgapes sont conformés pour qu'ils le prononcent correctement. Mais à côté de ces avantages qui rendent le Malgache si précieux aux habitans de Bourbon , il faut dire qu'il est remuant , léger ^ vindicatif, variable dans ses habitudes et ses attachemens ; qu'il a les passions extrêmement vives, cherche sans cesse et trouve preaque toufours les moyens de les satisfaire.

Lors des guerres de l'Inde , on introduisit à Bourbon quelques individus de ce pays , la plupart de la côte Malabar. C'est une espèce d'hommes faible, peu propre à de grands travaux , mais en général ils sont honnêtes et dignes de confiance.

La quatriètne caste des esclaves de la colonie se forme des créoles , enfans nés dans l'Ile de pères et

de mères importés, ou provenant de ces enfans. C'est parmi ceux-là surtout qu'on remarque des différences extrêmes dans la couleur, les traits , les cheveux , les mœurs. Plusieurs sont issus d'individus de même race : quelques-uns de l'union d'un Gafre et d'une Malgache, presque point de cdie d'un Malgache et d'une Cafrine. Les réglemens , la morale proscrivent le mélange des couleurs , mais leur voix est souvent méconnue , et les infractions sont tou* jours prouvées par les résultats eux-mêmes. Toujours quelque caractère, soit la teinte de la peau^ soit les traits du visage, soit la nature de la chevelure, vient dévoiler l'origine, et prouver une cohabitation que la loi réprouve , qu'elle est dans l'heureuse impuissance de légitimer, mais à laquelle portent le libertinage et l'ardeur de passions excitées par le climat , quoique les enfans de mères esclaves soient ^esclaves comme elles, et malgré la repu* *gnance naturelle et morale que cette r^le devrait inspirer aux hommes blancs et libres.

Ces enfans 8<mt tous , sans presque aucune excep-* tien , élevés dans la case du maître , nourris de sa table, plus gâtés que ses enfans mêmes , avec lesquels ils sont continuellement et dont ils partagent les jeux. Il résulte de ce genre de vie, qui malheureusement se prolonge quelquefois au-delà de la première enfance , que ces noirs s'habituent a trop de femiliarité, qu'ils ont plus dt besoins sans avoir plus de moyens de les satisfaire, et que,' pour y parvenir, ils sont eiï quelque sorte forcés à employer des moyens illicites. Mais A ùmt le dire avec justice , il en est bon nom- T. I. i4

bre qui , mus par le plus honorable sentiment de reconnaissance, animés d'un véritable attachement et d'une fidélité inviolable, justifient la confiance de leur maître et s'acquittent de la façon la plus louable des devoirs qui leur sont imposés , soit pour l'ordre intérieur de la maison , soit pour la {^rde des magasins, soit pour la conduite de certains travaux. Ce sont les lioirs Créoles qu'on destine de préférence aux métiers sédentaires ou pour lesquels on travaille à couvert. Quelques-uns jouent assez bien du violon, de la clarinette ; ils manient avec adresse le tambour de basque ; ils sont les ménétriers de la famille , nécessaires dans les réunions , où , sans aucuns principes de musique , ils exécutent avec assez de précision les airs de valses et do contredanses.

Cette composition hétérogène de la population esclave est une trës-grand(î garantie pour la tranquillité du pays. Bien qu'elles aient un but commun, il existe entre ces castes principales une jalousie singulière qui naît de l'opinion que chacune a de sa supériorité sur les autres. Elles n'en exigent pas moins une surveillance continuelle , tant de la part des maîtres que de celle du gouvernement, protecteur commun des uns et des autres.

D'anciens réglemens ont établi la proportion dans laquelle les deux classes de libres et d'esclaves devaient être dans les colonies. Tantôt les blancs ont dû être aux noirs dans le rapport de i â 5o , tantôt dans celui de i à 4o, puis de i à 20. Le rapport de ces deux classes à Bourbon est très-favorable à la première, qui s'y trouve comme 1 à 2 2{3 environ, si

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l'on ne prend que les seuls blancs pour terme de comparaison 9 mais comme i à 2 à peu près, si Ton réunit les libres aux blancs (1). Ces rapports sont très^yantageux, san» doute, pour la sûreté et la tranquillité intérieures de la colonie ; mais la meilleure garantie de la subordination des esclaves, c'est la conduite des maîtres à leur égard. Il est difficile de concevoir un régime plus doux et plus ferme en même temps : les maîtres sont aimés parce qu'ils sont justes; et si des châtimens sont quelquefois infligés y c'est qu'il n'est pas de rassemblement un peu considérable où il ne se rencontre des gens indisciplinés. Mais les régleinens posent aux corrections des bornes qu'on ne pourrait outrepasser sans impunité. D'autres réglemens établissent les obligations des maîtres , et ce qui concerne la nourriture et l'entretien des esclaves : et il faut le dire , parce que c'est une vérité en même temps qu'un éloge , ces ré- (^emens sont généralement dépassés, lorsque certains articles de l'édit de i685, vulgairement appelé

(1) Le total de l'éUt n"" 11 de la population blanche est

de 179037

Le total de Télat n<* 1 1 de la population libre est de 5,ii5S

Le total de la dernière colonne de Télat de la population noire est de i^^S^S

On compte à la Martinique:

Blancs, 9,867 1 Esclaves recensés , 77,339)

Libres, 11,073 I ^'''^'' Id. non recensés, i5,oooj ^*'^^

le Code noity sont inconnus à Bourbon, et n*y ont jamais reçu d'exécution ; ce qui autorise à penser, dirai-je ici, qu'on connaît bien moins en France que dans les colonies , le régime intérieur qui con- Tient à celles-ci.

Au surplus, la mdlleure preuve en faveur de ce qui se passe à Bourbon à l'égard des noirs, est le petit nombre des marron» (i). On ne l'évalue guères qu'à 1 âoo , un peu plus de la quarantième partie de la totalité de la population noire. De ce nombre , cent cinquante au plus, grands marrons incorrigibles, préfèrent tout ce qu'a de pénible une vie touîours erratite, pafssée au milieu des forêts en appréhen* sions continuelles; les autres ne sont absens que peu de jours , bientôt ramenés ou revenus d'eux-mêmes.

J'avais formé pour la population nmre des tableaux du mouvement annuel de 1818 à 1824» comme je l'ai fait pour les blancs et le» libres; mais ce travail portait avec soi, d'une manière trop frappante, l'évidence de l'inexactitude des dédarations de naissances et de décès. Je me suis en conséquence borné à présenter la situation aux diverses époques portées aux résumés des autres populations. G^est le tableau n' i ci-après.

(1) On appelle Marron le noir qui déserte i'atdier de son maître , se l'élire dans les bois , ou se cache dans les hauts des habitations. La crainte du châtiment qu^ auraient mérité une absence du travail , un vol , un manquement à la discipline, est la cause la plus fréquente du màrronnage. Beaucoup d'habitations n'ont jamais eu de marrons , quelle que toit la discipline qu'on y observe; c'est qu'on y est juste.

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Cq>endanl il n'est pas sans intérêt de consigner ici la comparaison des déclarations de naissances et de décès, au total de cette population (tableau n* a)é Si l'exposé d es deux dernières colonnes n'est pas Gonfbruie à la mérité quant au chiffre, il en diffère peu quant à la proportion. En effet , en comparant h situation de 1 8 1 8 à celle de 1 824 ( tableau n° 3 ), OD trouve en moins pour celle-ci une différence de 9085 individus , ce qui donne pour moyenne pro- . portiomielle de la perte annuelle i5i4« La moyenne du tableau n* a indique 14^3 : en ne considérant donc que les masses , il y a peu de différence:

Il résulle'de ceci deux conséquences frappantes : la première, c'est que le nombre des noirs diminue dans une progression alarmante , qui permet d'apercevoir le moment peu éloigné où la seule colonie qui reste à la France dans la mer des Indes , deviendra nulle pour les produits de la culture, puisqu'il y aura prochainement insuffisance, et dans un temps très-peu plus reculé , manque absolu de bras (1). Or une colonie qui ne produit pa^ ne peut

(i) Les Anglais le savent bien : depuis 1806 jusqu'à la fin de i8a4, il est entré à Maurice 70,000 noirs venus d'Afrique parrinteiinédiaire des Seychelles ^c'est-à-dire plus que cette co* lonie n*en possédait ( 68,700 , dont 55,ooo mâles, état commu- Diqné à la chambre des communes, le 9 mai i8a6, par le sç* crétaire^'état des colonies ). Ils ramédient donc par des intro**' doctioDS illicites, mais sur lesquelles leur gouvernement ierme les yeux, à ce que la disproportiou entre les sexes a de désavantageux , dispiroportion au reste plus forte àMaurice qu'à Bourbon. Jamais les mtroductions illicites de noirsàBourbop n'ont

plus inspirer d'intérêt à sa métropole ^ sous quelque aspect qu'on Tenvisage. A cela quel remède? Peut-on espérer de voir s'accroître le nombre des noirs? Remarquez avec combien peu de rapidité croit celui des libres , et dites s'il en sera autrement des esclaves. Ce n'est point parce qu'il est esclave que le noir se reproduit peu ; il a au contraire dans cet état une foule de raisons de le faire. Pendant la gestation et la nourriture , les mères travaillent peu ou point ; les soins qu'elles exigent , ceux dont les enfans doiyent être long-temps l'objet ne sont point à leur charge. Les noirs n'ont en aucun temps à pourvoir à leur nourriture, à leur vêtement, à leur logement. Le travail et le repos successif, voilà toute leur affaire ; ils n'ont même pas à songer dans quel ordre les travaux doivent se suivre pour être plus lucratifs ; mab ce qui s'oppose à la réproduction des noirs , tant ceux importés à Bourbon que ceux qui y sont nés , et qui, n'ayant jamais connu que l'esclavage, ne peuvent avoir de regrets d'une liberté qu'ils ignorent , c'est d'abord le défaut de proportion entre les sexes. Le nombre des femmes en eflfet n'est pas égal aux deux cinquièmes de la totalité (i) ; rapport évidemment trop faible, même quand on admettrait

été telles que celles que les écrivaius anglais eux-mêmes reconnaissent avoir eu Heu à Maurice. Dans toutes leurs autres colonies, excepté le Cap-de-Bonne*£spérance , le nombre des femmes excède celui des hommes, résultat de leur prévoyance éveillée par leurs longues discussions sur l'abolition de là traite.

(i) 17,270 femmes sur 45,875 , à quoi s'élève le total de la population noire.

âi5 les mœurs les plus sévères , les mariages les plus fécouds , les gestatious les plus heureuses. Ce ne serait que par de nouvelles importations qu'on rétablirait la proportion convenable, et encore faudrait-il que ces importations fussent combinées dans cet objet. Les introductions illicites qui peuvent avoir lieu affaibliront encore la proportion au désavantage du pays^ On cherchera toujours de préférence à ap porter des hommes dont le travail est plus profitable etdontb santé court moins de chances défavorables.

Une autre cause de non population est le libertinage ^ suite de la disproportion que je viens de signaler, effet d'un climat qui entretient constamment une forte énergie dans tout le système vital. C'est encore l'influence maligne du climat sur les enfans nouvellement nés, qui oppose à leur fragile existence une foule de germes de destruction que tous les efforts de la science médicale ne peuvent neutraliser.

Ainsi toute importation nouvelle est proscrite : il est difficile) pour ne pas dire impossible, de réprimer le libertinage ; la médecine est insuffisante pour contrarier l'influence du climat sur les enfans. On ne^ peut donc sortir de cet état douloureux d'une agonie, prolongée. On peut envisager avec certitude le terme de l'existence de la colonie ; on peut calculer combien d'années , de jours encore elle peut en jouir

Certes une telle position est la plus déchirante dans laquelle on puisse jamais se trouver.

La seconde conséquence, c'est que pour prolonger un peu plus cette pénible existence, pour reculer un peu davantage le terme désormais inévilablc que

)€ viens de démontrer , il faudra de toute nécessité renoncer prochainement à ces cultures fatigantes, qui absorbent tellement les forces de l'homme , que l'on peut reconnaître les quartiers qui s'y livrent '^ar la plus grande diminution de leura noirs. Si de bonne heure on porte sou attention sur ce point , si l'on en revient à ces cultures favorables qui n'exigent qu'un léger travail, ne demandent point un grand développement des forces , n'exigent quelque activité que dans le temps des récolte», la colonie pourra durer un peu plus long-temps ; et cette espérance se fonde d'ailleurs sur une considération importante , c'est que ces cultures pourront n'être pas exclusivement le partage des noirs , mais que les libres et les blancs même pourront s'y livrer. (Voyez le tableau n"" 3 , rapport des pertes à la population. )

OBSBBVATIOlfS GiNÉRALES,

Avant de terminer ce chapitre , examinons un mo^ ment la relation qui existe d'une part entre la population et la surface^ultivée, et de l'autre entre la population et le& produits de la culture.

Sous le point de vue où nous l'envisageons en ce moincnt,, la population se divise en deux parts, les consommateur» , c'est-à-dire les blancs et les libres , les producteurs , c'est-à-dire les esclaves.

Nous disons que les deux premières classes ne sont que consommateurs , un très-petit nombre en effet ne 9ert à produire que par la direction qu'il donne

ai7 et non par un travail manuel qui lui est int^it^ d'abord par la nature, qui ne permet pas aux blancs le travail de la terre dans les régions intertropicales , et ensuite par les préjugés coloniaux sur les distinctions de couleur. Le nombre d'hommes employés de cette manière à la culture, et qui se compose des propriétaires, des régisseurs, des économes, est trop iaible pour donner lieu de le classer séparément dans la division que j'établis.

On voit par la comparaison du nombre des consommateurs à la surface cultivée , que le produit de 767 riô gaulettes de terre est attribué à un individu , et par celle du nombre des consommateurs à la somme des produits , que la part d'un individu est de 653 fr. 54 c. ( y. tableaux n*" 4 et 5. ). Mais si c'est là le terme moyen en n'agissant que sur les masses et abstraction faite des particularités, il s'en faut de beaucoup que tel soit le résultat réel. On aperçoit aisément que si un nombre quelconque de blancs ou libres est propriétaire d'une plus grande quantité de terres, nécessairement un autre nombre aura une moindre part^ ou n'en aura pas du .tout, et ce dernier nombre sera d'autant plus grand que le premier aura des propriétés plus étendues^ Or le nombre des propriétaires, qui tend sans cesse à s'accroître au tant qu'à agrandir les propriétés^ augmente sanscesse celui des prolétaires, qui doit devenir extrêmement dangereux ; car, quelque restreints que soieœit les besoins de ceux-ci, ils devront toujours chercher les moyens de les satisfaire, et s'ils n'en ont pas la faculté en eux-mêmes , ils seront forcés d'user de voies répréhensibles. C'est donc une

nécessité indispensable que de clierèlier à ieur procurer cette faculté de pourvoir à des besoins impérieux. Plusieurs moyens se présentent. Augmenter la surface cultivable ; ce ne pent-ètre qu'en livrant à la culture le territoire intérieur : l'examinerai ce projet dans un autre chapitre; mais je peux dire dès à présent que les créoles y sont moins propres que les Européens, ce qui sera démontré. Augmenter d'aUleurs la surface cultivée serait bien en effet augmenter la somme des produits; mais si cela changeait quelque chose au quotieùt de cette dernière somnoie divisée par le total des consommateurs, cela n'apporterait que peu de changemeos à l'état de la plupart d'îs individus. Il faut donc trouver un autre remède pour rétablir la proportion, et ce n'est qu'en ouvrant à 1' 'xcédant actuel de la population un écoulement effectif, endiminuant le nombre de ces individus. On le peut en leur procurant des terres à exploiter sans qu'ils s'éloignent beaucoup de leur pays natal , sans qu'ils s'écartent de leurs habitudes : l'Ile Sainte-Marie de Madagascar en offre la faculté ; l'exemple est donné , il n'y a qu'à suivre l'impulsion. On pourrait en attirer une partie en France et la fixer au service militaire. Ce moyen serait doublement profitable , et si l'on parvenait à surmonter la peine que les créoles éprouveront, comme tous les hommes et |>eut-étre plus que les Européens , à abandonner le pays où ils ont pris naissance , on aurait un corps de belles troupes (les créoles sont pour la très^grande partie bien faits et de grande taille , quoique en général un peu mince), sur la fidélité, la bravoure, le courage

desquels on pourrait compter en tout temps; les preuves sont là : le corps des volontaires de Bourbon est un de ceux qui se sont le plus fait remarquer dans les guerres de Flnde.

Si maintenant l'attention se porte sur les producteurs, c'est-à-dire les esclaves, on voit que 876 -jÇ^ gaulettes doivent être cultivées par un individu, et d'autre part , que le produit annuel du travail d'un individu peut être évalué à 320 fr. 97 c. ( Voyez les tableaux n** G et u* 7. ) Ces rapports changent si l'on distrait de la masse tout ce qui n'est pas employé à la culture, comme domestiques , ouvriers, etc. Tels qu'ils sont cependant, et quand même quelque déplacement dans leurs élémens les rendrait favorables , il restera toujours plusieurs conséquences inévitables.

La première, c'est que le nombre des travailleurs est inférieur aux besoins; car si Ion peut dire que la culture de 377 gaulettes ( 1 hect. 19 cent, ou aarp. | environ ) n'excède pas la force de l'homme , il faut avouer que la terre serait mieux cultivée , travaillée avec plus de soin , produirait davantage , si l'on disposait de plus de bras, et que squ produit alors serait autre que ce qu'il est (1). Si le nombre des travailleurs n était pas inférieur aux besoins, la somme que paie l'habitant , lorsque le noir arrive sur son habitation, serait moins élevée , et le produit du travail de celui-ci plus en rapport avec la dépense qu'il occasionne. Dans l'état actuel des choses , le produit du travail d'un noir étant inférieur à la dé-

(0 \j\ Martinique est un exemple.

2ao pense qu'il cause, on ne peut rétablir la proportion nécessaire qu'en donnant plus de faveur à la culture et à la vente des denrées, ou eu augmentant le produit du travail , ce qui revient au même que forcer le travail. Mais si un travail forcé peut momentanément procurer plus de produits , il amène à la longue épuisement de forces et réduction de moyens. Le résultat serait donc une diminution et plus grande et plus prompte du nombre des noirs, ce quiindubitablemeut rapprocherait le moment de l'extinction absolue de ceux existans aujourd'hui. Il est donc démontré de nouveau qu'il y a nécessité insurmontable de donner une sérieuse attention. aux moyens â prendre, sinon pour augmenter le nombre des travailleurs , du moins pour qu'il diminue le moins et le moins tôt possible.

J'ai pris le soin d'établir par chaque quartier, dans les tableaux n''* 3 , 6 et 7 , les relations que je viens d'indiquer dans leur ensemble. On sera à même de re-^ connaître quels sont les quartiers où les noirs sont plus occupé^ à la culture; ceux où ils sont plus employés aux diverses industries pratiquées dans le pays ; ceux où la population est plus ou moins nombreuse relativement à l'extension plus ou moins grande de la culture. En rapprochant les deux derniers tableaux de celui qui expose le rapport de la perte à la population, on en tirera facilement de nouvelles conséquences et de nouvelles preuves de ce que j'ai dit sur cet important sujet, bien digne de fixer l'attention des hommes qui font du bonheur de la colonie c^ui nous occupe un des sujets de leurs études.

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