‹ Essai de statistique de l'île BourbonChapitre 85 sur 90 · VOIT · texte numérisé non relu

VOIT

en tooneaux.

Hommes.

IJfaTÎres.

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36d Pour les deux premières lignes de ces tableaux, les chiffres indiquent le seul nombre de navires; mais pour les deux dernières , ils indiquent le nombre de voyages : ainsi , pour ce qui ne concerne que le cabotage avec Maurice, il ya eu 4o communications de navires français entre les deux lies pondant iSsS, 17 pendant 1824» ^^ pendant i8s5; tandis qu'il y en a eu ^ 2 de navires anglais pendant la première année, 69 pendant la deuxième, et encore 7s pendant la troisième.

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La valeur des cai^aisons importées en iSsS a été de 8»944»49S fi** * ^^ 1834» elle s'est élevée à 8,35 1,337 ^'** » dont 1,385,383 fr. produits du sol français, 3,190,948 fr. produits de l'industrie française, et 75,600 fr. mulets de France. La valeur des objets importés de l'étranger se compose de 513,170 fr. en bestiaux de l'Amérique septentrionale, de Mascate et de Madagascar, 1,336,800 fr. en riz, maïs , blé et autres comestibles de Madagascar et de l'Inde, 935,000 fr. en toileries de l'Inde, 65. 000 fr. en machines à vapeur venues d'Angleterre > le reste en divers articles de l'Inde > de Madagascar, de Mascate , de Maurice , etc.

Les valeurs des exportations ont été, en i833, de 10,341,373 f., en 1834» de 9,616,449 f-» dont 7,797,709 f. en produits du sol colonial, et 1 ,818, 740 fr* en articles divers extraits de l'entrepôt.

Quant à Tannée 1835 , les importations ont été de 9,o44»o33fr., dont 4»353,335 fr. produits du sol et de l'industrie française (desquels 31 5, 100 fr. représentent la valeur de chevaux et mulets), et les 4*691,698 fr. restans provenaient de Madagascar , de l'Inde , de Mascate , de Maurice, et représentaient les mêmes artides précédemment énoncés.

L'exportation de cette année montait à 11,678,988 fr. , dont 9,5o3,385 fr. provenant du sol colonial, et 3, 176,603 fr. de l'entrepôt.

Il n'est pas inutile de direque cette somme d'exportatious s'est trouvée répartie en produits coloniaux et étrangers , comme il va être exposé :

t)estinés pour la France , rinde, Maurice , Madagascar,

Produits du loi

coluoîal.

Produits étraug^rt à

la colooie.

9,5o2,585rr.

5,1 76,605 fr.

La consommation locale a été évaluée comme suit :

Pour 1824 Poar 182S

Denrées coloniales, 454>746 6i4»557

Vivres produits parle pays^ 4>5oo,475 4*^51,278

Bois , pla\iche&et bardeaux, 678,850 1,197,147

Sacs à vacoa , 21 5, 600 155,947

Et en produits étrangers à la colonie , provenant de France, 1824 1826

49192,672 5,5o2,42o l'Inde et

Maurice, 1,649»! 44 2> 108,908 Madagascar, 787'-'^69 974,965

Total de la consommation. . . . 12,178,854 10,075,022

Il résulte de tout ceci : 1* que les produits du sol colonial livrés au commerce ont été en plus grande quantité , ce qui est évidemment du à Tamélioration de Tagricullure et à la plus grande impulsion qai lui a été donnée; a"* que si ce-

pendant cette quantité de produits a obtenu de l'accroissement « d'une autre part celle des vivres nécessaires à la consommation a diminué, puisqu^on a été obligé d*en tirer chaque année de. l'Inde et de Madagascar pour une valeur de plus de i ,200,000 fr. , c'est- h-dire è peu près le huiti&me des importations. Cette somme se trouve h la vérité payée en partie en denrées coloniales , combinaison avantageuse en ce moment , mais qui ne pourrait avoir lieu si les communications cessaient. D'ailleurs il serajt possible qu'une disette dans l'Inde , occasionnée ou par la sécheresse ou par la dévastation des sauterelles, comme il vient d'arriver^ ne permit pas de tirer des vivres de cette contrée; que quelques mésintelligences avec Radama, quelques guerres parmi les habitans de Madagascar, missent des obstacles à la fournituire que cette ile a faite jusqu'ici de riz et de maïs; et alors la colonie de l'ile Bourbon éprouverait des embarras auxquels elle ne pourrait instantanément pourvoir par elle-même; Je le répète, un pays insulaire ne doit jamais compter sur les secours du dehors pour assurer sa subsistance, et c'est là une des grandes différences que sa position doit apporter entre ses prévisions et celles des populations continentales.

3** La faculté de recevoir des pavillons étrangers a été utile à l'ile Bourbon, et n'a point nui au commerce de la métropole, puisqu'à lui seul il a exporté les sept huitièmes des produits du sol de cette colonie, tandis que les étrangers ont composé plus des deux tiers de leurs chargemens en produits français.

4* L'existence de l'entrepôt à Bourbon ûicilite l'exportation pour la France de productions étrangères utiles à la métropole, mais surtout l'écoulement à l'étranger des produits français, qui, pour l'Inde, a été dans le rapport de 2 à 1 , pour Maurice dans celui de 5 à 1 et pour Madi^gascâr

dam celui de la à i. Encore &ut-il remarquer ici c[ue les produits du sol colooial exportés à l'étranger., sont pour la plupart ceux qui ne trouveraient pas leur entier débouché en France, ou n'y trouveraient que des prix désavantageux , ou même ne pourraient y être placés » comme, par exemple, le girofle et Tarack , tandis que les articles provenant de la France sont les vins, les eaux-de vie, les soieries , les modes , etc.

5* La très-grande majorité du commerce a lieu par bâti* mens français, ce qui, comme nous TaToiis dit, est d'un éminent avantage pour la marine et tous les arts qui s*y rattachent. Il faut cependant excepter les communications avec Maurice , à l'^rd desquelles ce qui a été dit dans fessai qui précède, subsiste dans toute sa force, puisque, malgré l'augmentation qu'à éprouvée le nombce des caboteurs français , il n'était encore , en 1 8a6, que la moitié de celai des ca<> boteurs anglais ; d'où il suit qu'il n'y a vraiment pas de réciprocité dnns le traitement des uns et des autres dans les deux colonies : les droits étant plus élevés à Maurice qu'à Bourbon, les Français payent plus au Port-Louis que les Anglais à Saint-Denis , bien que les uns et les autres soient traitéa comme nationaux dans le port où chacun est étranger.

6** Enfin les importations s'étant élevées à Bourbon, en iSsS, pour les marchandises livrées à la consommation , à 7,596,544

A quoi il faut ajouter celles retirées de l'entrepôt , où elles existaient auparavant , et dont la valeur a été de Sa i, 845

7,648,189 Et les exportations des produits du sol s'étant élevées celte année à 9,258, is8

La balance est en faveur de la colonie de. . 1,609,939

Cd 1 8^4 1^ imrirerriatNMfis «ycint élté de. • . . 8, 55 1 ii^j

Bt 16^ ^xporttfttotn ée , . ^fi\^M*

La bilatice Mt de. .. ....*.... ^ . ],!i65,i9i

Bolki «• i4l(s5 ikttimpofftaiÎMis HjjfHnIt iAé «le. 9^o44*o^4

fitiei eaofmtUÊmmé^ ^ «^ . . ^ . . . . 11,678^988

La balance est de 9,654»9â4

Et M 4i^M1taMt lu Mime de ces opiraiioiia à belles exposAe» ^age 127^ ^ «è ^^nmt^, on dbtiettt pour les owe ««fiées \ni^ MaiMieiiio^^Minetfintiaelle de 1,444»^^ 7*

Il s'élève à la Yérité deuK pftnoipeles obserr^tions m» een MaiiCesc fa pMouère est qu'en «*y mentionne pas la sortie frauduleuse d'espèces qui diluinVK» d'-avtanft le capital tlu pays; mais il faut dire MSisi qu^on ne calcule point i'iiHroduction fraud\]le«ise d'objets prohibés » qui au meinè rétablit fft balance, si même elle ne produit un plus faraud avantage, puisque le capital augmente dans um ))r6poKton beaucoup plus forte sans qu'il y ait lie* à sol4ew

La seconde, c'est qu'on ne iait pas cbmpte des fanvoif 9ftf%$ "rmûHrs, smt à d«i propriétaires qui restent en France» soit par des habitans qui vont se fixer dans la métropole ; mais il faut considérer que si des habitans (Quittent la colonie avec des capitaux, d'autres y àtrivent ailssi aviBC des capitaux « et que si les uns ces^ettt de ptoduiiHî, tefe autres produisetit à Ibur place ) ce q\ii Êitt bien déplâtrément pour des individus « mais n'altère point l'état général dea dioses.Une partie de ces envois sans retours d'ailleurs Mrt à acquitter d'anciennes dettes ; or qui paie ses dettes s'enrichit , et jamais proverbe ne reçut mieux son application. Mais voulùt'Oh ftiipe ehttef Cëà tùttffs d'envois en T. II ^4

ligne de compte» on ne les évalue guère à plus de 6 à 80O9O00 fr. par an pour les dernières années , et cette évaluation y si elle peut être admise quelquefois , ne peut Tétre pour une moyenne depfusieurs années; elle serait alers^ beaucoup trop élevée , et l'on s'éloignerait moins de la vé^ rite en][ne la portant qu'à Soo^ooo fr. Alors même la balance de 1824 ^'^ ^ trouverait réduite que d*un peu plus d*un quart, et de moins d'un cinquième seulement celle de

Après ces considérations particulières à Ttle Bourbon ,

' voyons quelle est sa situation parrapportàlaFranceetaux

autres colonies. Nous ne nous attacherons qu'à l'année i8s6^

qui est la dernière sur laquelle il soit encore parvenu des

documens certains. Nous verrons : -

Navires. Tooneaai. Hommec. Valems.

1* Que sur un non^ire de 4^7

jaugeant ii3»45i

armésde 6»ii4

et chargés de 43>90^»â58

arrivés de France dans toutes les colonies, celle de Bourbon seule en a reçu 5o i4»s8i 871 5,344f3â8

S* Que sur i^ii 99»435 6287 5o»499»968

expédiés des colonies pour. France , Bourbon seule en a envoyé . . . 45 12,723 766 8,916,746

3"* Enfin, que tandis que toutes les colonies ayant reçu de la France des valeurs fiiisant. 4s»09â,558 Et en ayant remis pour 50,4^8,968

, . Elles ont une balance fiivorable de. . . • 8,335,4 10

L*ile Bourbon ayant reçu de la France une portion de la première somme évaluée à. . 59344*558

Et ses remises figurant dans la seconde somme pour 8»9t 6,746

Sa balance avec la métropole est en sa fa* ▼eur de f • 5,573,588

Ainsi , cette de entre pour un neuvième dans la navigation commerciale de la France avec ses colonies quant aux navires, et pour un septième quant aux hommes, en ne considérant que les nombres , lorsque la proportion dans rinstruction acquise par les marins est beaucoup plus forte. Elle entre pour plus d'un huitième dans les exportations de France auxquelles elle donne lieu , pour un peu plus d'un sixième dans les retours qu'elle fait à la France , et qui sont presque en totalité composés des produits de son sol. Sa balance à elle seule entre pour trois huitièmes dans celle de toutes les colonies.

Quant au commerce avec l'étranger, les valeurs que la Martinique reçoit de l'étranger étant représentées par 5i

Et celles qu'elle lui fournit par le même chiffre. 5i

Celles que la Guadeloupe reçoit par. 38

Et celles qu'elle fournit par 28

Celles que Bourbon reçoit le sont par ig

Et celles qu'elle fournit par oi

Ainsi, tandis que la Martinique balance son commerce avec l'étranger, et que la Guadeloupe est obligée de solder le sien en argent , Bourbon reçoit au contraire un solde en argent dans. une bien plus forte proportion.

Dès lors on peut dire avec vérité, et si j'étais créole je

dirais avec orgueil, que Ftle Bourbon est de toutes les co lonies de la France celle qui «aérîte le plus de fixer Pat- Centiou de la métoopole, puisque d'une part eHe est celle qui proportionnelleiDeiit lui coûte moins, et de l'autre , celle qui procure le plus d'avantages à son commerce , sous quelque rapport qu'on l'envisage.

Ceci nous conduit à' examiner deux propositions que nous avons remarquées dans un document important qui, distribué aux Ch^^inbr^ dans leiar darnière sesskvi , a par cela seul acf uis une publicité qvi nous permet de nous «o .occup)^ ici. La première CAt que a U )i>ut .essenlicl de » la création ^s colonie^ est 4^ prcicuner k la métropole » d'amples débouchés de ses prcduotions terntoriaJeii et 7f manufacti^rjûères ; » \^ ^coi^do fjjot^ jil le conuoeree eniie P }es colonies et ]a ^méjUropojie a , pour celle-ci, par lea conp ^jiitjpps d'aprjès ^squelies il est c^iglé , des avantages qui » lui.GOji^ryepJt tout^e la âiy^epir d'«»n commwrce intérieur. 9

Que le buf des métrpp/^les en fondant des colonies soit de nos jours celui énoncé, tout le monde en eon vient. Mais que les cpnditipps ^mppsées .aipi cofnmuiuucations commerciales entre les métropoles et les colonies, doivent être telles qu'elles soient toutes et seulement en &veur des premières, s| c'est là ce qi^'po » entendu, noiis ne serons pas également d'accord; et notr^ opinion sera, à coup sûr, partagée par beaucoup de personnes. Plus que jamais les idées d'un commerce libre pré?^l,ent sur }§$ anciens systèmes , et les renverseront très-in^pss^muMnt de la manière la plus absolue. Les inconvéniens des restrictions, ou du moins de restrictions trop étendues dans ces communications , sont devenus trop évidens pour que l'on puisse encore les soutenir. Les avantages doivent être réciproques; et si les métropoles oubliaiept que trop de gênes dans le commerce colonial f ntratnent indubitablement la ruine absolue

de cecommeroe, il iiuffiraitpour se- conYaîncré qu'it faut* enfin sortir des vieilles ornières et entrer dan» àés voies plus laides» conft^vatrices de tous les intérêts , il suffirait de jeter les yeux sur des événemens trop peu Soignés de nous pour ne pas être considérés encore aujourd'hui comme présens. On ne peut plus se retrancher derrière ces syB« tèmes surannés : le temps les bat en brèche depuis long^ temps; ils s^écrouleut de toutes parts y et le 'moment est arrivé d'embrasser sans détour ces principes si' sa^es ,* si universellement reconnus^' sur lesquels' reposent l-activité et conséqtiemment' les avantages du commerce métropolitain, et qpi sont y d'autre paH , la garantie de l'existence des colonieis et de leur ccmset^ation à leurs métropoles.

Ce n'est pas cependant» et nous nous eb sommes sdffi* samment expliqués, que nous pensions qli'il ne doive y avoir quelques restrictions, lorsque le commerce nationalse trouve en concurrence avec le commerce étranger : mais pour être profitables au premier, il est indispensable qu'elles soient établies avec la plus grande prudence. Le commerce est de sa nature ennemi de la gêne : ce n'est^ poidt par des prohibitions qu'on le sert; oè n'est point par des {Irohibitions qu'on change les habitudes des consom>matéurs , et ce sontlesconsommateurs qui attrrient les cornmerçans. CeuxH^i vont où ils voieiit des profits assurés. Déjà rtle Bourbon a ajouté à l'appel qu'elle ne cesse de faire aux toileries françaises , en leur accordant une prime d'intro duction de 6 p. cent (i); mais nous ne craignons pas de le-

(i) Elle en a déjà éprouvé d^heureux effets, recevant plus^ de toileries françaises et moins de toiles anglaises. Il sera moins facile , sans doute , à l'industrie française de remplacer les guinées bleues pour l'habillement des noirs, pour lesquelles il faut réunir la bonté de l'étoffe , la solidité de la

dire, le meilleur moyen de protéger dans les colonies rindustrie de la métropole , c'est dé disposer en France les tarifs de telle sorte que le commerce national puisse se présenter sur ces marchés avec autant de faveur quant aux prix; ce sera à lui ensuite à se mettre en état dé soutenir la concurrence par des qualités au moins égales et par des approvisionnemens sufBsans.

Si le commerce anglais est parvenu à répandre «ses tissus dans rinde , d*où il tirait autrefois tous ceux nécessaires à sa consommation y s'il y est parvenu malgré le bas prix de la main-d'œuvre dans l'Inde » et tous les frais dont sont chargés les tissus qu'il y expédie d'Angleterre , il est hors de doute que si le commerce français entrevoit les mêmes avantages à expédier ses tissus dans celles de nos colonies où ceux de l'Angleterre sont en ce moment d'un usage habituel , il adoptera les mêmes moyens , et s'il ne les adopte pas , c'est qu'il n'y verra pas les mêmes avantages. Toujours est-il que si « les colonies doivent procurer aux métropoles » d'amples débouchés de leurs productions» » ce ne doit pas être par des moyens ruineux pour les premières; et à coup sftr les relations réciproques entre ces pays sont telles, que» même à égalité de prix» la préférence sera toujours donnée par les colonies au commerce national : et il ne iaut pas croire que ce soit seulement par patriotisme , ce sera aussi par un des mobiles les plus puissans sur les hommes , l'intérêt particulier. La vraie science administrative est de le faire servir à l'intérêt général : Fécueil est de les mettre en opposition.

teinture et la modicité du prix. Cest cependant un objet important , puisqu'on en évalue la consommation annuelle à So^ooo pièces dont la valeur s'élcve à un million de francs.

CAISSB D £SCOIf»TB.

Quand je terminais i'ârlicle sous le môme titre dans Touyrage soumis à l'académie, je savais que le changement apporté à la constitution de la caisse d'escompte lui avait été funeste; mais je manquais de détails positifs que des personnes bienveillantes et bien informées m'ont fournis depuis et que je dois consigner ici.

Le capital de la caisse fondée en 1825 comme société anonyme , se composait de 3oo actions et formait un capital en numéraire de 7«')o,ooo fr.

Et en billets de s5o,ooo

Il fut porté en février i8â5 , en numéraire à 1,000,000

En billets à . . . 5oo,ooo

i,5oo,ooo

Enfin, en mai 1826 , en numéraire à. . i,5oo^ooo En billets à 760,000

2,25o,ooo

Ces augmentations successives étaient réclamées par les besoins du commerce , elles étaient fondées sur son accroissement constamment progressif; et les nouvelles actions auxquelles elles donnèrent lieu , non seulement furent placées dès que l'émission en fut autorisée , mais même les demandes excédèrent la possibilité de satisfaire h toutes.

Ces faits prouyeni de (a manière la plus évidente la solidité de rétablissement 9 et lut eonfiiooD- qa'il inspirait. Aassi ne rencontrait-il plus de contradicteurs , depuis que Texpécienoeamtïproiivérsoot ÎAdispen^Abl^ Qécewité elt aQn>ul3ité «l'importante»

G'esbsuC'<ms entrefiiitas» q«e fut cendud. en.Fr^nm l'ordonnanoe du l6 mai 1 9^6». qui supprime la crûsse d!ea* compte de Tde Bourbon» telle qu'elle availf été. fojrméeen 1823» et la remplace par une autre, qni demt au^iûi se composer d'actions formant un, capital de. 80O9OOO fir. seulement » susceptible, d'être porté à 1 million.

L'ordonnance fixe la durée de cette association à.so ans; oUe.lui accorde le privilège exclusif d'émettre des bons de caisse.

Elle fixe ses attributions : 1® à l'escompte des efiets à échéances fixes; so à des avances sur dépôts de matières d'or et d'argent , ainsi que de denrées; 3"* à l'admission de capitaux dont elle sert les intérêts; 4^ à l'importation d'espèces.

Elle règle le taux de l'escompte à 1 s pour o/o , susceptible dé réduction de 1 , de 2 , de 3 » selon que lë fbnds de réserve ^ égalera le i, les ^ ou le total du capital primitif.

Elle autorise à émettre des bons de caisse jusqu'à {l des valeurs en espèces.

Le président y le vice-président , six des douze administrateurs, et deux des quatre suppléans doivent être nommés par le gouverneur et prêter serment.

Enfin l'ordonnance prend soin elle-même de prescrire d'une manière détaillée le régime^ d'après lequel QBttcjoaisse doit être administrée.

Gettç ordonnance fut reçue dans, la oolonîe le is septembre , et la souscription ouyerte le 16. Cependant comme il était facile de reconnaître qu'il s'écoulerait quelque temp:» «yant qu'elle fût remplie^ et qu'il eût été du plus dangereux

Qflftl.éailkiaMiianlf8:UeaiÎ8l«««e'desi lieux. aociéUs un. kiieA- ▼dlBquî)eàt«uid0;£ilciietiaeftii)flaeBae»«suD 1a ookinaievoe , force fut d'autoriser TancienDe compagnie à continuer ms qpéÎHitîon» jiMqu'à oèqiue la> nouvelle pût conunenceirles SMnneft Cette, pnudante mesurB. sauva la pays de-la. crise dansr laquelle. il' eûAâét plongée En efiSst^rà larfin d!octobre 1^826^ c'est»-à-dirQ; plus d!ùn moû^ apiiès rouveriuKe des 80uscripiionsry.au. lieiii da-6o»;aQtioBas.mininiuni^ du> nombre aéttossaire pour conati tue» la. nouvelle société, il n'en^ avait eoDiire été: souaoritr que /^&5è

Savoir : s55 par lo fonctionnaires publics. 55 par 5 négocians.

g5 par 4 babitans.

4o5* paiï 17 Français.

60 par 1 Anglais non domicilié.

465» ffotioim i8> souscrlpteuisj

Il s'en fillàit donc de i?5 actions que le nouveau service pût être en activité.

Ce n'est pas sans dessein que je viens dé distinguer la situation personnelle dés actionnaires. *0n remarquera que ceux qu'une caisse d'escompte intéresse davantage , auxquels seuls elfe est utile y pour lesquels elle est fondée, ne forment que lé pllis petit nombre des nouveaux' sousct^ipteurs, tandis que plus delà moitié des actions souscrites le sont par des fonctionnaires publics auxquels, par la plus sage et la plus prévoyante dé toutes les restrictions , la lo) défend , sous peine de cassation, de prendre aucune part directe ou indirecte dans les opérations commerciales. Si un intérêt dans une caisse d'escompte et de prêt pouvait n'être pas considéré comme une part directe à une opération commerciale, c'en est au moins une indirecte; et l^n fluence de ces dix fonctionnaires dans les opérations de la

société devait être d'autant plus grande qu'ils formaient majoritépour ie nombre des souscripteurs et pour le nombre des actions.

Mais comment se &isait-il que sur le nombre des actionnaires dont se composait Tancienne compagnie , il s'en trouvât si peu parmi les nouveaux souscripteurs? Ce n'est pas que la même utilité ne dût résulter de l'une et de l'autre société; ce n'est pas qu'on ne pût espérer les mêmes profits. La véritable cause, c'est que ce n'est point par des ordonnances qu'on régit le commerce » et qu'on ne peut lui prescrire de se former en société et lui en imposer les conditions. Quand des négocians se réunissent pour une exploitation quelconque , l'acte libre et volontaire qui les engage contient .des obligations auxquelles tous se soumettent parce qu'ils les ont discutées : mais quand ces règles viennent du dehors » ils refusent de s'y assujétir. Tout ce qui sent la contrainte est rejeté par le conmierce; il réclame, il veut la liberté entière. Cette vérité » qui ne peut plus être discutée en France , cette vérité , qui est admise cbez tous les peuples commerçans» cette vérité» ajouterons nous, prouvée chaque jour de plus en plus dans la colonie par l'exemple d'une autre compagnie formée aussi par ordonnance , dont les membres , associés contre leur gré , participent malgré eux h des charges qu'ils auraient rendues moindres s'ils avaient été mattres d'agir suivant leur volonté , à des profils qu'ils cherchent sans cesse à augmenter aux dépens les uns des autres, cette vérité est la cause de l'absence des négocians au nombre des souscripteurs de la nouvelle caisse d'escompte.

Mais, dira-t-on peut-être, quand en 1823 la caisse d'eacompte fut établie , les conditions furent aussi imposées par le gouvernemenL Oui , sans doute , mais c'était lui qui fournissait les fonds ; il était donc le maître de le faire sous telles

chairs et avec telles formes qu'il lui semblait bon. Quand son capital lui fut rendu peu après , comme le remboursement ne devait s'opérer que successivement et qu'il avait toujours un intérêt majeur dans l'opération , il était encore naturel qu'il intervint. Mais quand il fut totalement rempli de ses avances et tout-à-fait désintéressé , l'association prit une nouvelle forme. Elle régla elle-même toutes les conditions qui la concernaient, et le gouvernement se borna à y donner' son approbation , à y apporter des modifications dictées par des considérations d'intérêt général » à exercer une surveillance qui était pour le public la garantie de la confiance qu'il pouvait donner à l'établissement. C'est ainsi qu'on agit en France. Les sociétés anonymes présentent leurs actes» le gouvernement les approuve, les modifie; il en surveille l'exécution ; il exige des comptes, et cette inter-. vention tutélaire se borne là«

Il existait encore d'autres motifs d'éloignement. Au lieu de se fonder en partie sur un capital effectif et en partie sur un crédit qui reposait sur les bases les plus solides , les proprié* tés , la nouvelle ordonnance imposait pour premier devoir le versement instantané d'un nantissement en numéraire ou en valeurs réalisables, égal au vingtième des actions souscrites. Après les i5 jours d'onverture de la liste, elle devait rester ouverte jusqu'à ce que les trois quarts de la totalité des actions représentant le capital fussent soumissionnées , celles qui devaient l'être en ces deux délais, devaient être réalisées , un tiers comptant, le reste à un et deux mois; et enfin le quart qui serait alors resté disponible devait être vendu au comptant. Par là évidemment on n'appelait à la formation de la nouvelle caisse que des capitalistes; et comme il y en a peu dans la colonie, de ceux du moins qui cherchent à tirer parti de leurs capitaux , on appelait par celte disposition les régnicoles à la formation de la nou^

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viBUe:sociél)é; G'eiH i]n«poibt»èiexMimier que iè»résultat#piHir Im' colonies du oonoour^, dan» leurt opérftftion^ privées, d^bommes pour lapluporlT'Mrangers'aa'pays , ài se» mœurs, àrse» usages, à ses 'habitudes; et le peu de succès d^ h banque de la Guadeloupe jetterait^ peut*étre' quelque jour sur cette question » contre laquelle les ctonséquenoes différentes des! deujc caisses' successives' de Bourbon ^élèvent d'une manière bien- fmppaote.

La<âieulté. donnéeauK' notaires d^osi^tro» de la liste des inscriptions, de isefiiseï»; sunsiôt^e^tënuë^d'en déduire les motift , les ^Ofots' donft'Jes &4gtfature^ île leur paraissaient pas offWi<dMgai«ilitie>$fifflsantei, était encôref un^nbttvedu motifs d'éloigtieinenf p6ut un* grand' nbmbre de sbuscriptears peii jiAhtîic de faire>dépendn& letircrédit delà confiance de deuitf homme»* qtii peuvent bien en effet connaître lès^prcpriétaires de valeurs foncières » mais^qtii aussi 'ne peuvent savoir jusqu'à quel' point est^ étendu le cirédit d*un négociantill^résultait de ocrltè^ disposition la crtfinte'd'ttiie pensée cachée que' semblait d*aillenrfe«ânne deviner renlembiè des «autres- dispositions;

Enfin le privilège exdnêîf accordé à cette société ooncédànt>à'e<ie-seolè la faculté d'-émettre des bons de dépôt, il en réssultait qu^èlle' était otée aux négociai' qui en avaient joui jusqu'alors, ce: qui était au fait porter atteinte à la confiance que les- babitans doivent- avoir en ceux entre les mains^ desquels- ils* déposent- une' partie dé leur foKmie, confiance dont Texerdce^ doit êthB d'autant plus libre et en* tier que c'est une afijÂre pnremment commerciale.

Ce qui éloignait encore, les souscripteiffs > c'était de voir que la société anonyme nouvelle se* trouvait' absoiumenlsous la^main da gouvernement , à la nomination duquel devaieiït' être le président et le vice-président^ ainsi que Is majorité des administrateurs, lorsque la majorité des ae-

tionnajres se composait d'hommes sous 4a dépendance directe , ce qAii aurait amené des discussions d'une longue et diflicile solution si le cas était arri?é de procès entre les portieur^ de billets et la ^ciété çui , par «on institution » devait être assujettie aux lois et au^ tribunauiL de commerce ^ lorsque la qualité d'une si grande partie de ses membres sen^blait devoir les 7 soustraire.

On apercevait bien que les statuts imposés à la «oc îété nouvelle étaient modelés sur ceux de la banque deJPrance, mais c'ét^t déjà un m^if dp le^ repousser , les idées de privilège n'étant pa$^ il s'en faiit^ celles qu'adopte le commerce » lorsque celles d'une action libre et sans contrainte lui conviennent seules^ et .qu'il venait de faire une si heu-reuse expérience de leur ap|>lication par la compa^ie à laquelle on Élisait succéder celle -ci avant le terme de son engagement^ et lorsqu'on réduisa^i.t à moins de moitié le capital qui avait été jugé nécessaire aux opérations de la première.

Cependant le gouvernement métropolitain a versé à la fl04Mrejie eaîftsia une iBonnae d» 5oo««ieo fir, , fOMMrenant de la penie de TJbde» et dont le flMAt^nt a dû être remii «u Fr«n0e pitr trftîAea » %w& doute nur les açtioamire^ ri%irici[9Jb«» pour lei»qti^Is ceift a ^é un ini»yeii facile et peut^tne i^w9éw&x\Q» de néaliser ii Bo^zrboo le montant de lems wniscmption». S'il .e«t rm » eorame mw granda f«irtie de» négoeîana de Bourbon penMalent à le penser, que le oonmiefoe de {'Inde ooeasionne dbaque année une exporUtioa d «apèeas équivalente à 4 'OU âoo^ooo fr. , ûke de llnde à Bourbon une remise de la somme employée à ce commerce , ne ierait-«e pas le favoviser» qpimd au icontraire <ia Téut le restreiodro dans l'intéiét commun de la Franœ et de la eelonie? En supposant que cette remise n'ait pasKeu en traites , est-ce faire une chose avantageuse que d'introduire à Bour-

58a boa une quantité d'espèces numéraires excédant les besoins de la circulation ? ne serait-ce pas fournir de Taliment k des exportations frauduleuses » au moyen desquelles seules peuvent être exploitées deux branches de commerce dont une est regardée comme désavantageuse et Tautre est prohibée? Au surplus nous devons nous borner à ces simples èxpo' ses» n'ayant pas d'avis positifr plus récens , et lorsqu'il a été affirmé que la nouvelle caisse a réalisé les espérances qu'elle avait fait naître. Ce que nous pouvons ajouter » c*est que, malgré la faculté d'émettre des billets pour les ff de la valeur des espèces existant dans ses coffres , la compagnie nouvelle a eu la sagesse de maintenir l'ancienne proportion, ce qui tend à garantir la confiance publique » à accroître le crédit , et prouve aussi que les espèces en circulation ne sont pas dans un rapport défavorable avec le besoin que l'agriculture et le commerce peuvent en éprouver.

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