OBSERVATION VIII
(Service du D' Gourrou)
Mie E, 8, 19 ans, entre dans le service le 16 juin 1934.
Certificat :
« Est atteinte d’arriération intellectuelle avec épilepsie. Troubles du caractère. Etat dépressif récent. Ne travaille plus depuis 3 ans. Crises comitiales quotidiennes sans traitement. Irritabilité. Tentative de suicide récente. Incapacité à se conduire. Erotisme. Fugues. Hérédité alcoolique bilatérale. B.-W. Meinicke et Kahn négatifs. » (Dr Courtois, le 13 juin 1934.)
Dr Gourrou, le 12 juin 1934 :
« Est atteinte de débilité mentale profonde avec épilepsie qui aurait débuté à l’âge de 12 ans. Connaissances scolaires réduites. Troubles profonds du jugement. Inexpressivité. Monotonie verbale. Bradypsychie. [rritabilité. Mésentente avec ses parents. Troubles du sens moral : concubinage depuis 2 ans. Aurait eu récemment une discussion avec la mère de son amant chez qui elle vivait. Rentrée chez ses parents qui n'auraient pas voulu la recevoir et qu’elle accuse de brutalité, elle aurait fait une tentative de- suicide au gardénal. Etat anxieux réactionnel actuel, pleure, soupire, demande à rentrer chez sa mère. Parents alcooliques. Strabisme, chétivité. Stigmates de dégénérescence. Troubles de la menstruation. À observer. »
Chez cette malade, les crises ont débuté à l’âge de 12 ans,un an environ avant l'apparition des règies : d’abord nocturnes, elles sont devenues progressivement diurnes. La malade sent venir la crise, pendant quelques secondes, sensation indéfinissable d’étourdissement.
L'examen somatique est négatif.
Urée sanguine : 0,30.
B.-W. négatif.
La malade prend, depuis son entrée dans le service, 0,20 de gardénal par jour. Les crises se sont espacées progressivement et la dernière constatée remonte au 19 août 1936. En même temps que les crises s’espaçaient, sont apparus des troubles du caractère intenses : colères très violentes pour des motifs lutiles, tentatives nombreuses pour semer le désordre, elle pousse les autres malades à la rébellion, injurie grossièrement les infirmières et les médecins. De temps à autre, elle traverse de brèves crises de dépression avec pleurs et vagues idées de suicide.
Bovar