OBSERVATION XVII
(Service du DT Gourrou)
Mne E. 17, 45 ans, institutrice libre, entre dans le service le 20 juin 1935.
Certificat, Dr Pacrer :
« Est atteinte d’épilepsie ; elle a des vertiges et des accès convulsifs, elle accomplit des actes automatiques, elle raconte qu'li y a
Lviite
15 jours, elle a été sur le point dese précipiter par la fenêtre sans en avoir conscience. Elle a mordu la personne qui l’a empèchée d’accomplir cet acte et c’est cette personne qui l’a mise au courant de ce qui s'était passé. Il lui est arrivé de tomber sur la voie du métro. L'état mental de Mme E.17 nécessite son internement dans un asile d’aliénés. »
Dr Gouriou :
«Est atteinte d’épilepsie convulsive et vertigineuse, avec troubles du caractère. Excitation par intervalles. Agressivité. Insociabilité. À maintenir. »
Antécédents personnels : Mariée à 33 ans, divorcée à 40 ans.
2 enfants : 1 fille morte à 2 ans de broncho-pneumonie.
1 fille morte à 7 ans 1 /2 de diphtérie.
Pas de fausse couche.
Réglée à 13 ans.
Antécédents héréditaires :
2 frères vivants, plusieurs frères et sœurs morts en bas âge.
Le début des crises remonte à l’âge de 27 ans : vertiges précédés d’une aura sensitivo-motrice, engourdissement et parésie du bras et de la jambe droites. Les grandes crises typiques apparaissent à 29 ans.
L'examen somatique ne montre rien de particulier, sauf un strabisme divergent de l'œil droit, avec amblyopie de cet ‘œil. Ce strabisme serait apparu à l’âge de 7 ans 1 /2.
Troubles du caractère extrêmement intenses. Malade opposante, querelleuse, fausse et menteuse. Mauvaise mémoire de fixation des faits récents.
Cette malade prend 0,20 de gardénal pro die. Elle a été soumise aux solutions hypertoniques, du 15 février au 30 juin 1937.
Durant ces 4 mois 1/2, elle a présenté une seule crise et 14 vertiges.
Elle a présenté en 1936 : 15 crises et 12 vertiges.
Il est à noter que, durant les 2 mois qui ont suivi l’arrêt du traitement : juillet et août, la malade a présenté 5 crises et 3 vertiges.
Malgré l’abaissement notable du nombre des crises pendant la période durant laquelle la malade a été soumise aux solutions hypertoniques, on n’a pu noter aucune modification des troubles du caractère.
UNSS