OBSERVATION XLII
Crises migraineuses survenant tous les 21 jours environ. Arrêt, puis disparition des crises par le traitement.
Mme M. 3, 48 ans, a subi en 1923, une hystérectomie sous rachianesthésie. À la suite de cette intervention, la malade a présenté pendant un mois du strabisme convergent avec diplopie : En 1928, véritable état de mal migraineux d’une durée de 3 semaines, les cerises se succèdent à court intervalle, elles sont caractérisées par de la céphalée extrêmement violente, des vomissements. Les crises les plus violentes s’accompagnent d’amaurose transitoire. Depuis cette époque, la malade présente une crise migraineuse d’une durée de 24 à 36 heures, toutes les 3 semaines environ. La crise est annoncée la veille par l'apparition de frissonnements sans fièvre et un état particulier d’énervement, Elle débute brusquement par une hémicéphalée violente siégeant d’abord au niveau de la scissure pariétooccipitale, puis irradiant vers tout le crâne. La douleur est continue, avec des paroxysmes, la malade a l'impression qu’on lui traverse le crâne avec un fer rouge. Impuissance totale des analgésiques ordinaires. Puis, apparaissent des vomissements bilieux, survenant au cours d’une mème crise, suivant des espaces de temps réguliers. Photophobie légère au cours de la crise, pas des cotome. La crise dure 24 et quelquefois 48 heures pendant lesquelles la malade est obligée de rester allongée au lit.
Une injection intra-veineuse de 20 centimètres cubes de sérum salé hypertonique à 20 % pratiquée dans les premières heures de la crise à fait céder tous les troubles en 20 minutes, la malade a pu se lever, déjeuner, et reprendre ses occupations habituelles.
La malade à, depuis, présenté plusieurs crises, les unes n’ont pas. été traitées * d’autres prises dans les premières heures ont été amé-
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liorées de façon moins notable que la première fois par 20 centimètres cubes de sérum salé hypertonique à 20 ®/,, une a cédé totalement comme la première, après deux injections de 20 centimètres cubes de sérum salé hypertonique pratiquées à une heure d’intervalle. La dernière crise observée (8 janvier 1937) avait débuté 36 heures avant notre intervention, les vomissements avaient déjà cessé d'eux-mêmes mais il persistait une céphalée globale intense qui décida la malade à nous appeler malgré une grande pusillanimité qui lui faisait redouter les injections intra-veineuses. Une première injection fit cesser la céphalée globale mais la douleur persista intense au niveau de la suture pariéto-occipitale. 3 /4 d'heure après la première injection, nous en avons pratiqué une deuxième qui produisit de façon immédiate un état de shock : lipothymie, pâleur, chaleur rétrosternale, goût salé intense dans la bouche. La douleur cesse définitivement et la malade peut se lever 10 minutes après l’injection. Quelques heures après, elle nous confirme par téléphone l’absence de tout trouble. Depuis la malade n’a présenté que 2 ou 3 migraines de faible intensité qui ne l’ont point obligée à rester couchée et elle n’a présenté aucun paroxysme migraineux depuis juin 1937.