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Vaccinothérapie par voie digestive dans la pyélonéphrite gravidique
INDICATIONS. — La vaccinothérapie par voie digestive se place tout naturellement dans le traitement que nous venons d'étudier à la place de la vaccinothérapie par voie sous-cutanée. Elle nous semble avoir sur celle-ci divers avantages que nous avons fait ressortir déjà : elle ne cause aucune gêne aux malades et ne détermine absolument aucune réaction générale ni locale, ce qui est particulièrement intéressant dans une affection d'aussi longue durée que la pyélonéphrite gravidique et qui permet son utilisation prolongée sans aucun inconvénient ; elle à l’avanfage de porter directement le vaccin au point de départ de l'infection, fait important, surtout si l’on en eroit les théories de l'inmunité locale de l'in; testin et de la formation des substances immunisantes au point d’inoculation du vaccin ; enfin, nous verrons qu'elle donne des résultats comparables, sinon supérieurs. Elle ne remplace nullement le traitement classique ; comme toute vaccinothérapie, elle s'ajoute à lui sans le supplanter, venant seulement renforcer la défense de l'organisme.
Elle nous semble indiquée dans tous les cas. Elle l'est particulièrement au début, à ja phase septidémique, EHe l'est à Ja phase suppurative pour éviter les poussées de colibacillose nouvelles et de surinfection, pour lutter contre l'infection
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locale. Elle l’est surtout à cette phase, lorsqu'il y a de la fièvre et des douleurs, car nous verrons que c'est contre ces symptômes qu'elle est particulièrement puissante. Elle l'est après l'accouchement pour aider l'organisme à se débarrasser complètement de l'infection. Enfin, elle serait encore indiquée comme adjuvant au cours d’un traitement chirurgical.
PRÉPARATION DU VACCGIN. — Voici la technique que nous avons employée et qui est celle préconisée par le D' Louis Fournier, de Cochin, dans la fièvre typhoïde: :
1° On recueille l'urine aseptiquement par, cathétérisme et la cultive dans un tube de bouillon peptoné ordinaire, contenant 15 à 20 centimètres cubes de bouillon.
2° Au bout de 24 héures, on identifie le microbe par examen direct,-coloration, culture sur milieux différentiel ; puis, on répand la culture sur une quinzaine de boîtes de Roux : grands flacons plats triangulaires contenant) de la gélose paptonée étalée sur une de leurs faces. Or met environ 1 ou 2 centimètres cubes de bouillon de culture par boîte de Roux et on fncline la boîte en tous sens, de façon à répandre le bouillon sur toute la surface de la gélose.
3° Au bout de 24 heures, on récolte les microbes et les dilue dans une quantité d'eau stérilisée égale à autant de fois 60 centimètres cubes qu'il y a de boîtes de Roux. Pour récolter les microbes d’un flacon, il suffit de mettre un peu d’eau . dedans et de racler la surface de la gélose à l’aide d'une pipette recourbée à son extrémité à angle droit. On délaye ainsi très facilement la couche de culiure. On verse le contenu ‘de toutes les boîtes dans un ballon stérile, on complète avec le reste de l'eau et mélange le tout. Puis, on distribue le liquide dans autant ide bouteilles de 60 centimètres cubes
ECS qu'il y avait de boîtes de Roux. Ainsi une bouteille contient le produit d'une boîte de Roux en 24 heures.
4° Pour stériliser, on met les flacons à l'autoclave pendant un quart d'heure à 100°, puis cinq minutes à 105° ; on les bouche rapidement à la sortie de l'autoclave avec des bouchons stérilisés.
ADMINISTRATION DU VACCIN. — Le va@cin ainsi préparé n’a . aucun mauvais goût et est absorbé sans répugnance par les malades. On le donne soit pur, soit (dans un peu d'infusion ou d'eau sucrée à la dose d’une ou deux bouteilies par jour en deux ou trois fois et loin de toute prise d'aliments (1 heure et demie après ou 1 heure avant l'absorption de lait où de bouillon de légumes).
RÉSULTATS DE LA VACCINATION. -— Les résullats que nous avons obtenus par celte méthode ont été d'une façon générale très satisfaisants. 4
Nous pouvons remarquer d'abord qu'elle n’a jamais donné lieu au moindre malaise ni au moindre trouble digestif.
Son action sur les différents symptômes ne semble pas avoir été d’une égale efficacité.
La « fièvre » a céd” presque toujours d’une façon remarquable, tantôt brusquement, le soir même de la prise de la première dose de vaccin, comme dans les observations I, II et VI ; tantôt progressivement comme dans les observations II, IV et V. Dans les observations VII VII, IX, il n'y avait pas de fièvre. Dans l'observation X, da vaccination s'est montrée totalement inefficace, aussi bien contre la fièvre que contre les autres symptômes. L'observation TT est parlticulièrement intéressante, Car la fièvre qui était tombée une première fois après Ginq jours de vaccin, remonte trois Jours |
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après la cessation de œelui-ci et cède à nouveau, définitivement cette fois, après deux jours d'une nouvelle série vaccinale. |
L'action sur là « douleur » a été au moins aussi nette, quoiqu'en général en retard de 3 où 4 jours sur la chute de la température. La douleur a disparu complèlement dans les six premières observations, presque complètement dans les deux suivantes. Dans l’observation IX, il n'y avait pas de
douleur. Dans l'observation X, la vaccinothérapie s'est mon-
trée impuissante.
L' «état général » à été amélioré presque toujours et il est probable que la cause en est surtout dans la disparition de la fièvre et de Ja douleur permettant le sommeil. Nous irouvons cette amélioration signalée dans les observations FI et VIII
L'action sur la « pyurie a été beaucoup: moins nette. Les urines se sont clarifiées complètement. dans les observations Ï. V et VII ; incompiètement ans les observations IV et VIT ; la pyurie est restée telle dans les observations II, IL, VI, IX et X. En somme, la vaccinothérapie a eu une action sur la
pyurie dans la moitié des cas.
Par contre, dans aucun «des cas, que nous avons observés, elle n'a amené Ja stérilisation des urines et la « guérison complète » ‘1). |
Il est beaucoup plus difficile de savoir si Faetion de la vaccirothérapie peut empêcher ou retarder l «accouchement prématuré ». Nos observations ne relatent l'ascouchement que
de {rois femmes. Dans les observations 1 et IX, il s'est pro-
. duil à terme. Dans l'observation X, il s'est produit à 5 mois
(1) On nous signale que depuis notre départ du service, deux pyélonéphrites ont été guéries complètement avec culture des urines
. négative.
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et demi. Nous pouvons faire remarquer à prepos de l'observation IX que sur 7 grossesses, c'est la première que la malade mena à terme. Nous nous garderons, toutefois, de conclure quoi que ce soit, el pourtant la question est particulièrement intéressante. Elle appelle une observation beaucoup plus prolongée. ;
Il serait prématuré de donner des conclusions fermes, d'après un si petit nombre d'observations. Au moins pouvons-nous di re, cependant, qu'il semble bien que l’autovaccinothérapie par voie digestive ait eu une action très nette sur la fièvre et la douleur. La fièvre a cédé complètement dans 6 cas fébriles sur 7 ; la douleur a cédé dans 8 cas sur 9.
On pourrait objecter qu'il.a pu ne s'agir là que de Coïnei-
dences et que le traitement, est arrivé à la fin de phases septicémiques de début ou de poussées au cours ce la phase suppurative. Mais une coïncidence aussi constante semble bien peu vraisemblable et la chute subite de la température dans trois cas, le soir même de la première dose vaccinale, est encore plus démonstrative. Le fait est particulièrement, frappant dans l'observation T où il s'agit d'une pyélonéphrite datant de près de deux mois, avec fièvre entre 39 et 40°, depuis 17 jours, n'eyant pas cédé au traitement médical habituel ni à l'urcformine.
L'action sur l'élat général s'est montrée également nette, mais nous semble seulement un corollaire de celle sur la fièvre et la douleur.
La pvurie n’a été modifiée que dans la moitié des cas ; elle n'a été supprimée dans aucun de ceux que nous avons osbervés. Le vaccin n'a jamais amené Ja guérison complète.
Nous ne saurions dire si on pourrait espérer empêcher ou retarder l’accouchement prématurée par la vaccinothérapie
par voie digestive, bien que l'observation IX semble en faveur de cetle opinion. | :
Des rechutes ont pu se produire après lemploi de l'entéro-
vaccin, comme dans l'observation III, ce qui indique que son
utilisation doit être prolongée.
Enfin, la vaccinothérapie par voie digestive s'est montrée totalement inactive dans l'observation X, aussi bien contre
la fièvre que centfe la douleur et le mauvais état général.
Peut-être faut-il chercher la raison de ce fait dans des poussées de rétention dans Je bassinet, Car les douleurs extrême-
ment violentes qui accompagnèrent les poussées fébriles,
semblent bien plaider en faveur de cette hypothèse. Il n'en reste pas moins que l'action de la vaccinothérapie par voie digestive dans la pyélonéphrite gravidique est inconstante. - Cette méthode n’est, d'ailleurs, qu'à ses débuts ; les chservations ci-dessus nous semblent prouver son intérêt, mais de nouvelles recherches seraient nécessaires pour préciser son action, ses indications, et perfectionner sa technique.
Observations