‹ Essai De Traitement De La Syphilis Par Un Nouveau Composé Arsenical Pentavalent Le Méta-Mono-Uurée-Para-Oxy-Phénylarsinate De DiéthylamineChapitre 6 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La Thérapeutique s’est enrichie, ces dernières années, de composés nouveaux dans le traitement de la syphilis.

Le Bismuth a conquis une place de plus en plus importante et même certains syphiligraphes, les « généralisateurs », comme les appelle le professeur Gougerot, ont tendance à devenir les partisans exclusifs du bismuth et à généraliser son emploi à tous les cas de syphilis évolutive.

Pourtant, à l’heure actuelle, il semble qu'une position moins intransigeante doive être prise, et, si le bismuth présente des avantages évidents, surtout au point de vue de la toxicité, Ïl arsenic n'a pas disparu de l'arsenal thérapeutique : dans le traitement d'assaut de la syphilis, il paraît garder toute la valeur que nous lui éonnaissons : le bismuth étant utilisé plus volontiers comme le médicament des longues séries d’entretien plus continues et peut-être, par là même, moins surveill£es par le malade et son médecin.

Les arsenicaux sont donc restés nos premières armes, et les plus efficaces, pour le traitement de toutes les formes évolutives de syphilis

Nous voudrions repasser rapidement, dans un court exposé, les formes médicamenteuses sous lesquelles l’Arsenic fut utilisé contre la syphilis.

Au point de vue chimique, puisque l'arsenic est, nous le savons, un métal tantôt trivalent, tantôt pentavalent, nous trouverons deux grands groupes de dérivés arsenicaux

D'une part, les composés arsénoïques de l’arsenic trivalent :

D'autre part, les composés arsiniques de l’arsenic pentavalent. à

Les composés arsénoïques sont constitués, à part quelques corps peu utilisés dans le traitement de la syphilis, avant tout par les Arsénobenzènes.

Et en tête de chapitre des Arsénobenzènes, nous trouvons :

[. Arsénobenzol ou salvarsan, le 606 d'Ehrlich-Hata (dichlorydrate de dioxydiamido-arsénobenzol), duquel sont dérivés tous les produits cui tiennent encore une première place dans le traitement spécifique

sites

Le Novarsénobenzol ou néosalvarsan, le 914 d'Ehrlich-

Hata ;

Le Sulfarsénol de Lehnoff-Wyld, étudié surtout par Lévy- Bing et Gerbay (1919) ;

Le Galyl (1116), de Mouneyrat :; Enfin des corps moins employés en thérapeutique courante :

Le Luargol et le Disodoluargol (102), de Danysz, ainsi que le néosilbersalvarsan, de Kolle : l'Eparséno (592-132), de Po-

maret.

Plus récemment, en reprenait l'étude et l'emploi des dérivés de l’arsenic pentavalent, c’est-à-dire des acides arsiniques qui avaient presque été abandonnés à la suite des travaux d'Ehrlich tendant à démontrer la moindre action spirilicide et sur-

tot la toxicité particulière sur le système nerveux, des acides arsiniques.

En effet, tout au début de la médication antisyphilitique, on utilisa l'acide para-amino-phényl-arsinique et son homologue. l'acide para-amino-tolylarsinique. L’Atoxyl (amino-phénylar sme ou anilarsine), fut utilisé par Salmon dans la syphilis.

Des dérivés de l’Atoxyl furent expérimentés et employés :

L'’Arsacétine (ou sel de sodium de l’acétyl atoxyl), et

L'Hectine, de Mouneyrat (benzène sulfone atoxyl).

Par ailleurs, on expérimenta la Kharsine (para-amino-tolylarsinate de sodium), et l'Orsudan (acétyl-amino-tolyl-arsinate de sodium).

Mais ces composés ont, sauf quelques indications spéciales, presque disparu de la thérapeutique antisyphilitique et certains trouvent leur emploi plus particulièrement dans le traitement des trypanosomiases.

Un grand nombre d'autres acides arsiniques ont été préparés, mais des expériences des auteurs américains, comme des expériences de Fourneau et de ses collaborateurs, nous devons tirer la conclusion que « à toxicité égale, aucun des acides arsiniques, ou de leurs dérivés, ne s’est montré expérimentalement supérieur aux dérivés de l'acide méta-aminopara-oxy-phénylarsinique ». (Clément Simon.)

Et M. Fourneau montra que la toxicité des acides arsiniques et surtout de l’acide oxy-amino sur le système nerveux des ani. maux de laboratoire était, pour une grande part, due aux impuretés des composés utilisés.

C’est pourquoi on revint à l'utilisation des dérivés de l’arsenic pentavalent.

M. Fourneau prépara l'acide acétyl-oxy-amino-phénylarsinique, le 190 de Fourneau (Stovarsol). C’est le dérivé acétylé de l'acide Oxy- -amino-phénylarsiniaue utilisé par voie buccale en comprimés de 0 gr. 25 par MM. Fourneau, Levaditi, Navarro-Martin et MM. Fournier, Guénot, Schwartz’ Il fut uti-

RG LUE

lisé aussi sous forme de Stovarsol sodique injectable dans le traitement de la paralysie générale, associé ou non à la malariathérapie par MM. Sézary et Barbé.

L'école de Toulouse étudia le para-oxy-méta-acétyl-aminophénylarsinate de diéthyl-amine (acétylarsan), injectable aux doses de |, 2 et 3 centimètres cubes sous cutanés ou intramusculaires.

Enfin le dérivé formylé de l'acide méta-amino-para-oxy-phénylarsinique (Tréparsol}, utilisé par voie buccale, a donné, entre les mains de notre maître M. Clément Simon et de ses assistants, MM. Rabreau et Bralez, des résultats remarquables consignés dans des publications antérieures.

Récemment, M. Vrigniaud, de Bordeaux, dans un travail sur les arsenicaux pentavalents, étudiait l'acétyl-amino-oxyphénylarsinate de diéthyl-amino-éthanol (Arsaminol), dans le traitement de la syphilis.

Nous voudrions nous-même rapporter ici nos observations faites au cours de l'étude clinique d'un dérivé apparenté à cette série des composés arsiniques : l’acide méta-mono-uréepara-oxy-phénylarsiniaue, sous forme de sel de diéthylamine.

Nous l'avons utilisé chez des malades du service de notre ma'tre M. Clément Simon et nos observations portent sur une période de presque une année entière. Nous avons pu recueillir sur sa toxicité et surtout sur sa valeur thérapeutique des enru que nous essaierons de dégager au cours de ce travail.

Le méta-mono-urée-para-oxyphényiarsinate

de diéthylamine

Le corps que nous avons étudié au point de vue de son application à la thérapeutique de la syphilis est l’acide métamono-urée-para-oxy-phénylarsinique, dont la formule s'écrit

Page 1