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Titre moyen des fils de cocons. — La

connaissance du titre d'une soie grège ne per^ met pas de préciser, dune manière absolue, le nombre des fils de cocons qui ont servi à la p'ro. duire, d'abord parce que, suivant les races, ces fils présentent d'assez grands écarts de finesse, ensuite parce que, dans un même cocon, il y à diminution progressive du diamètre du brin, lorsque l'on passe des couches superficielles aux couches internes. Il résulte, en effet, de cette dernière circonstance que, pour obtenir un fil bien régulier, la fileuse est obligée, pendant le travail, d'ajouter de nouveaux cocons au fur et à mesure que les autres s'affaiblissent.

Néanmoins, on peut, sans erreur grave, admettre qu'un fil de cocon du mûrier litre, en moyenne, 2 deniers | , de sorte qu'une grège titre

(0 Essai sur le conditionnement, p. 28.3.

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un peu plus du double du nombre des cocons qui ont contribué à la filature ; par exemple, si Ton a filé à 4-5 cocons, on obtiendra une grège de 9- 1 1 deniers.

14. Irrégularité des titres. — Les titres des soies d'une même partie sont sujets à d'assez grandes irrégularités, dues à la difficulté même du travail de la filature, et souvent à la négligence des ouvrières. Voilà pourquoi il est prudent d'effectuer l'essai sur différents matteaux, pris au hasard dans la balle, et de multiplier le nombre des épreuves, tout en opérant sur de faibles longueurs, afin de découvrir mieux les écarts. En dévidant et pesant isolément 20 écheveltes de 5oo mètres, on obtient un renseignement plus utile que si l'on expérimentait sur 10 échevettes de 1000 mètres, à cause des compensations de grosseur qui peuvent se produire.

En raison de ces écarts, le commerce des soies accorde une certaine tolérance dans le titre, en général, une marge de 2 deniers, entre lesquels doit être comprise la moyenne. Par exemple, lorsqu'on parle d'un organsin 24-26, on veut dire que le titre moyen trouvé à l'essai doit être compris entre 24 et 26 deniers, mais il ne s'ensuit point que, sur les 20 échevettes dévidées, la plus légère ne puisse pas être au-dessous de 24 deniers, ni la plus lourde au-dessus de 26. Lors des conventions qu'il passe avec son vendeur, le fabri-

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cant peut spécifier les conditions qui lui paraissent nécessaires pour satisfaire aux exigences de son industrie, mais aucune règle ne saurait, selon nous, être imposée dans ces transactions.

Les défauts de régularité que l'on rencontre dans les soies grèges, sauf dans celles provenant de filatures de premier ordre, se trouvent plus accentués encore dans les soies moulinées, trames et organsins, surtout quand les ouvraisons ont été faites sans soin. 11 n'est pas rare de voir dans une même balle de trame ouvrée en Chine, des échevettes dont le titre varie du simple au triple.

On ne peut pas se rendre compte de ces irrégularités à l'examen des bulletins délivrés par certains bureaux d'essais, à cause de l'habitude qui s'y est introduite, pour attirer la clientèle des marchands de soie, de supprimer discrètement les échevettes trop légères ou trop lourdes, s'écartant sensiblement du titre moyen, et de les remplacer par d'autres.

Les fabricants, qui ont avantage à se renseigner le plus exactement possible sur la qualité des soies, devraient se tenir mieux qu'ils ne le font en garde contre ces pratiques. Elles les trompent complètement et leur font souvent accepter comme bonnes des marchandises défectueuses.

15. Numéros des fileuses. — Dans un atelier de filature de soie, on attribue généralement

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aux Rieuses, des numéros qui figurent sur des étiquettes accompagnant les flottes de grège. Le directeur peut ainsi, en dévidant des écheveltes de longueur connue, s'assurer de l'obtention du litre demandé et aussi du plus ou moins de régularité du travail produit par telle ou telle ouvrière.

Grâce à ce contrôle, il sait à qui il a des compliments ou des reproches à adresser.

Les filateurs se procurent souvent ces mêmes renseignements, en demandant aux bureaux publics de titrage d'indiquer sur le bulletin les numéros des 5 flottes prélevées pour l'essai et, en regard de chaque numéro, les poids des quatre échevettes qui en proviennent.

16. Tours comptés. — Pour atteindre à la régularité requise, on a fréquemment recours à un triage préliminaire qui consiste à classer les soies par titres.

A cet effet, on les dévide en échevettes de même longueur que l'on pèse et que l'on groupe d'après leur poids. On obtient ainsi ce que l'on appelle des tours comptés.

La pesée s'effectue d'ordinaire à la main, à l'aide de la balance à crochet.

17. Machine de Honegger. — Dans le même ordre d'idées, nous devons signaler une machine très intéressante qui a figuré à l'exposition de 1867, sous la dénomination de Ma-

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chine à trier et à assortir les fils par Gustave Honegger de Bâle{^).

L'appareil était destiné à séparer automatiquement, en plusieurs catégories de grosseurs, la soie h essayer et il pouvait fournir 4 à 5 titres. Le travail qu'il remplissait était, à proprement parler, celui d'une metteuse en main. Le fil, tâté pour ainsi dire en chaque point par un organe très délicat, se trouvait transporté aussitôt, d'après son épaisseur, sur la bobine de titre correspondant à la section éprouvée,

Malgré l'excellence de son travail, cette machine ne s'est point répandue, sans doute à cause de son prix élevé, de son faible rendement et de la manutention occasionnée par le redévidage des bobines.

18. Machine de Gottelmann. — Cet appareil, qui a figuré à l'exposition de Lyon de i8g4, est construit par MM. Wegmann et Ciede Baden (Suisse), qui en font usage eux-mêmes comme mouliniers. Il est destiné à faciliter l'application du système des tours comptés dont nous parlions plus baut, en substituant au pesage à la main des échevettes celui d'une balance trieuse automatique.

Dans le travail habituel, l'ouvrière, munie de

(') Alcan. — Etude sur les Arls textiles à l'Exposition de 1867, p. 147.

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la romaine à crochet, ne peut guère peser plus de 9 flottillons à la minute, à cause des oscillations de l'aiguille dont elle doit attendre l'arrêt complet ; encore est-elle exposée à se tromper, en plaçant les échevetles sur les chevilles déclassement.

D'après le rapport présenté à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, en décembre 1894 ('), par M. Edouard Simon, le bâti de la machine porte sur une même rangée horizontale 25 balances parallèles, régulièrement espacées. Chacune d'elles est munie d'un poids qui peut être fixé en des points variables du fléau, suivant le titre des flottes à essayer. Les poids des balances consécutives croissent de 2 en 2 deniers de la première à la dernière. En regard des 25 balances, se trouvent autant de fourchettes porte-flottes animées : i° d'un double mouvement de va-et-vient horizontal, d'amplitude égale à la distance de deux balances voisines ; 20 d'un mouvement oscillant de bas en haut et de haut en bas. Ces déplacements sont imprimés aux 25 fourchettes par un même arbre longitudinal.

Le rôle de l'ouvrière se borne à déposer les flottes une à une à l'entrée de la machine. Elles sont ensuite transportées de proche en proche par les fourchettes sur les balances successives,

(') Bulletin de janvier i8gf>, p. 12 et suivantes.

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jusqu'à ce qu'elles aient rencontré celle dont le poids correspond à leur propre titre.

La trieuse Goltelmann peut peser 18 flottes à la minute, c'est-à-dire effectuer le double du travail à la main, avec une exactitude, une précision, dont l'ouvrière la plus attentive est forcément incapable.

M. E. Simon ajoute qu'en changeant la balance de forme, l'appareil serait encore susceptible d'autres applications, telles que le pesage des bobines, des cordonnets, etc.

19. Sérigraphe. — M. Serrell, ingénieur américain, venu en France vers 1880, pour y étudier la filature et le moulinage de la soie, a eu l'idée d'utiliser l'élasticité et la ténacité de ce textile pour en apprécier la régularité. On lui doit la construction d'un appareil extrêmement intéressant, le sérigraphe, dont nous empruntons en partie la description à celle qu'a présentée, en 1881, A. Perret, à la Société d'Agriculture, d'Histoire naturelle et des Arts Utiles, de Lyon (fig. 7).

Le fil de grège à éprouver A, se développant d'une bobine ou d'une tavelle, s'enroule autour d'un tambour B, de quelques centimètres de diamètre, dont la surface est garnie d'une bande de caoutchouc destinée à prévenir le glissement, passe ensuite, à une certaine distance, sur une petite poulie C, solidaire d'un pendule métal-

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liquo pesant G, puis revient s'enrouler sur un deuxième tambour D, fixé sur le même axe que le premier, garni également de caoutchouc et ayant un diamètre de 5 % P^us grand (').

De là, reprenant sa direction première, le fil gagne un va-et-vient qui le distribue d'une ma-

Fig. 7

ment par une pédale ou par une manivelle.

Au-dessous de sa lentille, analogue à celle des balanciers ordinaires de nos horloges, le pendule porte un appendice horizontal ï, à l'une des extrémités duquel se trouve la poulie, dont nous

(*) Souvent on fait faire au fil ou 3 tours, en même nombre, sur chacun des tambours.

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avons parlé plus haut, et à l'autre extrémité, un petit tube vertical en laiton dans lequel glisse un crayon L. La pointe du crayon vient reposer sur un tambour M recouvert d'une bande de papier divisée en millimètres. Un arbre de transmission N relie, par des pignons et des vis sans On, cet organe de la machine avec l'ensemble des tambours. Le rapport des vitesses est de , en sorte que, chaque fois que la quantité de soie recueillie sur le récepteur est de 5 mètres, la bande de papier a avancé d'un millimètre.

Le fonctionnement do l'appareil est facile à saisir : le second tambour ayant un diamètre de 5 °/o supérieur au premier, la soie, pour passer de l'un à l'autre, après avoir contourné la poulie, est obligée de s'allonger de 5 °/0. La tension correspondant à cet allongement agit à l'extrémité dupendule qui se trouve d'autant plus dévié de la position verticale que la ténacité du fil est plus considérable. Le crayon qui suit le pendule dans ses oscillations, ne cessant pas d'appuyer sur le papier, y trace une courbe dont les ordonnées concordent avec les sinus des angles de déviation du pendule et dont les méandres expriment, par suite, les variations de la ténacité du brin sous un allongement constant.

On peut, en élevant ou en abaissant la lentille dupendule, régler la machine de telle sorte qu'à une traction donnée corresponde un déplacement

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connu du crayon, par exemple 1 millimètre pour 1 gramme.

Quelque intérêt que présente le sérigraphe, il ne semble pas jusqu'à présent être d'une grande utilité pour l'essai habituel des soies, mais il constitue un instrument d'études pouvant servir à rechercher les défauts cachés de certains fils.

De plus, il a reçu, de la part de l'inventeur, une application très remarquable dans la filature des soies grèges, rendue ainsi automatique ('). En effet, l'appareil une fois réglé se charge, le moment venu, d'ajouter instantanément, grâce à l'adjonction d'organes mus par l'électricité, le ou les cocons nécessaires pour maintenir toujours l'égalité du fil.

L'ouvrière n'a plus qu'à exercer une simple surveillance et à alimenter de cocons battus les cases d'une petite corbeille circulaire servant de magasin.

On a prétendu que les grèges filées d'après le système Serrell étaient affaiblies dans une certaine mesure, par suite de l'allongement forcé qu'on leur a fait subir, et qu'elles ne possédaient plus le nerf et l'élasticité des grèges filées à la main. Ce fait expliquerait pourquoi un système aussi ingénieux ne s'est pas vulgarisé davantage.

(') Bulletin des Soies et Soieries, n° du 8 avril 1882, et Génie civil, n° du 8 nov. 1 885 .

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L'avenir montrera ce qu'il y a de vrai dans cette appréciation.

En ce qui concerne nos remarques personnelles, nous avons constaté que des fils de grège, recueillis, après leur passage au sérigraphe, sur des roquets et conservés ainsi dans un endroit sec, se sont trouvés complètement coupés au bout de quelques mois et ont éprouvé une modification moléculaire qui les a rendus cassants au point de devenir indévidables. Cet effet ne se serait peut-être point produit, si la soie avait été remise aussitôt en écheveaux, ce qui lui aurait permis de revenir à sa longueur normale.

Toujours est-il qu'il s'est produit dans les circonstances indiquées un phénomène particulier, digne, selon nous, d'attirer l'attention.

20. — Lorsqu'on a à apprécier la qualité d'une matière, il est naturel de rechercher tout d'abord, par un examen attentif, les défauts visibles qui s'y peuvent rencontrer.

Cette observation est particulièrement délicate et importante, lorsqu'il s'agit de soies grèges. Les défauts apparents qu'on y trouve proviennent surtout de ce que les boucles, en forme de 8, suivant lesquelles la chenille a disposé la bave

HO

soyeuse dans le cocon, boucles beaucoup plus petites dans les couches supérieures que dans les dernières, ne s'étant pas toutes désagrégées parfaitement dans la bassine, ont été entraînées dans le fil de grège, soit isolées, soit réunies en petits pelotons, constituant dans le premier cas des duvets, dans le second, des bouchons. Des défauts ayant une autre origine sont les cosles et les vrilles.

21. — Pour faciliter cet examen et lui donner un caractère de rigueur sérieux, M. Paul Francézon, filateur à Alais, a imaginé un appareil spécial, à l'aide duquel il compte les défauts contenus dans 20000 ou 4oooo mètres et calcule les résultats moyens pour une longueur de 100 mètres et un poids de 1 gramme (1).

Plus récemment, M. Dusuzeau, le regretté directeur du laboratoire d'études de la soie à Lyon, a perfectionné la méthode et proposé un dispositif ingénieux, le réviseur de grèges (2) (fig. 8).

L'appareil se compose :

i° d'un cantre ou jeu de 4 ou 5 bobines, chargées de la grège à examiner, tournant librement sur leur cadre dont l'inclinaison varie suivant le besoin ;

(') Etudes sur la filature de la soie. Lyon, 1890, p. 6 et suiv.

(2) Laboratoire d'Études de la soie à Lyon, 1893-1894, p. 173.

2° d'un asple à 10 ailes, dont les cimes, distantes d'un décimètre, reçoivent et disposent les fils de grège sur un périmètre décagonal d'un mètre par tour d'asple ; cet instrument porte un compteur de tours ;

3° d'une loupe achromatique verticale, placée au centre de l'appareil, sur pied mobile, s'inclinant à volonté ; sur deux supports passent, derrière la loupe, les 4 ou 5 fils de grège, maintenus parallèles, vus avec un grossissement triple et rendus plus distincts par un écran noir couvrant le milieu du plateau rectangulaire en bois qui sert de base à l'appareil ;

4° du compteur de défauts à 3 compartiments avec clavier.

Le tout est placé sur une table. Pour le travail, on l'installe, bien entendu, dans l'endroit le mieux éclairé.

Assis en lace de la loupe, l'opérateur fait, de sa main droite, mouvoir l'asple qui entraîne les 4 ou 5 fils de grège enroulés sur les bobines. Ces fils, introduits d'avance dans les guides en verre que portent les deux supports droits, se présentent à peu près parallèlement derrière le champ de la loupe, à une distance de 5 à 10 millimètres l'un de l'autre. L'opérateur place trois doigts de la main gauche sur les louches d'un clavier. De l'index, il presse la première touche pour enregistrer les défauts graves. La touche du

milieu est destinée à enregistrer les irrégularités moins saillantes; la plus é!oignée,les plus légères.

La double manœuvre qui consiste à tourner et à marquer n'occasionne pas une grande fatigue. Les défauts grossis s'aperçoivent clairement, sans confusion, et sans que la vue se trouble par une observation attentive et prolongée. Cela tient surtout à ce que le déroulement des fils, au lieu d'être continu, uniforme, ne s'opère que suivant le besoin, et selon les difficultés de l'examen. 11 est, en effet, à la discrétion de l'observateur, qui peut ralentir ou même arrêter complètement le mouvement, lorsque certains passages apparaissent chargés de défauts, et se réserver ainsi le temps d'enregistrer le tout avec ordre.

Quand l'asple du réviseur a fait 5oo tours, envidant 4 fils, on a opéré sur 2000 mètres, ce qui est suffisant pour apprécier ia grège. Si l'on veut vérifier le titre moyen, on n'a qu'à peser la soie recueillie sur l'asple.

22. Appréciation des grèges au dévidage. — A la Condition de Lyon, comme d'ailleurs chez presque tous les essayeurs publics des soies, on apprécie la façon dont les grèges se comportent au dévidage. Pour cela, 5 flottes de la soie sont soumises à un dévidage de deux heures et le tournage pour les grèges de toute provenance est calculé pour une vitesse de 5o mètres par minute.

Pebsoz — Essai des Matières textiles 8

Le nombre des ruptures ou casses, survenues dans cet intervalle de temps, sert à établir celui des tavelles qu'une ouvrière peut entretenir.

On a admis en principe qu'une ouvrière peut renouer 80 bouls à l'heure. C'est sur celle base qu'ont été calculées les données suivantes :

Tableau indiquant, d'après les casses de 5 flottes en 2 heures, le nombre de tavelles

que peut conduire une ouvrière.

Nombre de casses

Nombre de tavelles

de 5 k 8

de 90 à 100

9 et 10

OU u. vj\J

12 et i3

i4 et i5

5o k fio

18 et 19

35 k ifi

58 et 5cj

NUMÉROTAGE DES FILES

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