‹ Essai des matières textilesChapitre 30 sur 92 · TITRE OU NUMÉRO CONDITIONNE · texte numérisé non relu

TITRE OU NUMÉRO CONDITIONNE

précisément que l'on fait titrer, elle ne présente aucun intérêt. Il est clair qu'une soie fine, dévidée dans une salle offrant des conditions normales de température et de sécheresse, reprend d'elle-même, à très peu de chose près, par perte ou par gain, son degré d'humidité normale, sous l'influence du courant d'air rapide produit par le mouvement des tavelles de départ et d'arrivée, et par l'isolement successif du fil sur toute sa longueur.

Ce qui est déjà vrai pour les organsins et les trames, que l'on place directement sur l'éprouvette, l'est à plus forte raison pour les grèges, ces dernières devant d'abord comme nous l'avons dit être mises sur rochets et subir ainsi un double dévidage. L'expérience montre, en effet, que les différences obtenues sur les titres en deniers de ces soies, avant et après leur conditionnement, ne portent guère que sur la seconde décimale. Or, si l'on réfléchit que les grèges les plus régulières offrent des écarts d'au moins 2 deniers et que les titres des soies moulinées varient très souvent du simple au double et quelquefois au triple, comme il arrive avec des ouvraisons faites eu Chine, on est conduit à cette conclusion que le conditionnement des titrages de soie dans les circonstances ordinaires, est une opération absolument inutile. C'est chercher un résultat à un centième près, lorsqu'on n'est pas sûr des unités.

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La question ne se présente plus de la même manière pour les laines.

Sans doute, pour la grande majorité des fils de cette nature comme pour les soies, la fibre revient assez bien par le dévidage à son état normal, mais, ainsi que nous l'avons fait ressortir, cet état normal ne correspond pas à celui de la laine conditionnée à la reprise d'usage de i8,25 °/0 ou même à celle de 17. Or il serait absolument injuste d'accorder une forte reprise pour le conditionnement delà partieetd'en admettre une plus faible pour le numérotage. Nous pensons qu'il faut appliquer la même dans les deux cas. De celte façon, si le vendeur majore le poids de sa marchandise en la faisant conditionner à un taux élevé, il s'expose par contre à voir diminuer un peu la valeur de celle-ci, le numéro en devenant moins fin.

Ainsi s'établit naturellement une légère compensation au profit de l'acheteur.

On appréciera l'influence du taux de reprise sur le numérotage, en comparant les longueurs au kilogramme d'un même fil de laine, supposé d'abord absolument sec, puis conditionné avec des reprises de i5, de 17 et de 18 ^pour cent.

En dehors du motif précédent, qui milite en faveur du conditionnement du numéro deslaines, il peut arriver par exception que des laines, très mouillées, suivant la malheureuse habitude de

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