‹ Essai expérimental et clinique sur l'action cholagogue de l'acide oléique: Son emploi dans la lithiase biliaire et dans d'autres affections hépatiquesChapitre 15 sur 41 · A. — ACTION DISSOLVANTE DE L’ACIDE OLÉIQUE IN VITRO · texte numérisé non relu

A. — ACTION DISSOLVANTE DE L’ACIDE OLÉIQUE IN VITRO

Si l'on place un calcul billiaire dans un flacon renfermant de l'acide oléique, ce calcul est complètement désagrégé en une boue fluide noirâtre 36 à 48 heures environ après son immersion.

Nous donnons ci-dessous les résultats obtenus avec 3 calculs mis séparément dans des flacons à

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large ouverture et renfermant chacun 10 gr. d'acide oléique, quantité qui était nécessaire pour déterminer l'immersion complète des calculs.

Nous avons placé chaque récipient dans une étuve portée à la température de 35°, de façon à conserver à notre acide oléique une consistance franchement liquide; de plus, nous nous sommes ainsi mis dans des conditions de température se rapprochant assez de la réalité organique. |

Le premier calcul, extrait d’une vésicule humaine, pesait 3 gr. environ, de coloration gris brunâtre: il présentait des contours arrondis rappelant assez bien ceux d'un petit gravier roulé par les eaux, sa consistance était celle de l'argile plus ou moins desséchée.

Après 12 heures d'immersion dans l’acide oléique, le calcul avait complètement changé d’aspect; il était devenu à peu près sphérique, son diamètre semblait légèrement augmenté, et son pourtour apparaissait comme constitué par une série de lamelles imbriquées très irrégulièrement les unes sur les autres.

La coloration était passée du gris brun au noir foncé. En agitant légèrement le récipient les lamelles périphériques se détachaient du calcul initial, pour se déposer au fond du flacon, formant alors une boue noirâtre sans consistance. Le calcul se trouvait à ce moment réduit environ d’un tiers.

Après 24 heures de séjour dans le liquide les mêmes phénomènes s'étaient reproduits et le calcul avait diminué environ de moitié; de légères secous-

ses imprimées au flacon firent tomber au fond du récipient de nouvelles lamelles notrâtres réduisant ainsi le caleul primitif à l'état d'une petite masse sphérique de la grosseur d'un peuit pois.

36 heures après l'immersion, le calcul en son entier était complètement détruit et remplacé par une boue noirâtre plus ou moins émulsionnée avec l'acide oléique au fond du récipient.

Le second calcul, de même origine, plus gros que Île précédent, pesait 5 gr. 5 environ, gris rougeàtre, à pourtour plus anguleux, sa consistance était sensiblement identique.

Après 24 heures d'immersion, mêmes phénomènes que précédemment, mais une partie de la périphérie était déjà éliminée du calcul initial et déposée au fond du récipient ; il était possible, à un examen attentif du dépôt, de reconnaître la texture lamelleuse que nous avons signalée. À ce moment le calcul était diminué de diamètre d’un quart environ, en remuant légèrement le flacon, celui-là se fragmenta en trois grains d'inégale grosseur.

48 heures après le début de l'expérience, le calcul était réduit aux mêmes proportions que celles indiquées dans notre première expérience.

Enfin le troisième calcul avait été soustrait d’une vésicule de bœuf; son poids était de 12 gr. environ, d'aspect franchement rouge et de contour très irrégulier ; il se laissait très facilement rayer à l’ongle.

Les phénomènes que nous avons signalés dans les expériences précédentes se reproduisirent, mais avec un peu plus de rapidité.

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Après 24 heures d'immersion le calcul s'était sectionné de lui-même en un certain nombre de fragments d'inégale grosseur, mais dont les plus gros ne dépassaient guère l'épaisseur d’un pois.

36 heures après le début, la masse totale s'identifiait au fond du vase au résidu retrouvé avec les caiculs des précédentes expériences.

Ces diverses observations montrent bien le rôle de l’acide oléique sur le calcul biliaire. La cholestérine est modifiée, transformée et désagrégée en présence de cet acide ; ce dernier n’exerce pas une action dissolvante proprement dite, l’acide oléique attaque les couches périphériques provoquant une sorte de desquamation de surface, pour attaquer ensuite de la même facon les couches successivement plus profondes au fur et à mesure de l’élimination superficielle. On conçoit facilement que la destruction du calcul sera d’autant plus rapide que la desquamation sera facilitée comme nous l'avons fait dans nos expériences, en remuant de temps en temps le récipient et son contenu.

Dans les voies biliaires, ces conditions doivent pouvoir se retrouver par suite du flux incessant de la sécrétion biliaire et aussi par le péristaltisme des masses intestinales qui se trouvent au voisinage de la région hépatique.

B.— MANIÈRE DE SE COMPORTER, DE L’ACIDE OLÉIQUE EN PRÉSENCE DU DIALYSEUR

L'acide oléique passe au travers de la membrane dialysante, mais seulement partiellement.

Si l’on met en présence d'une membrane dialysante une certaine quantité d'acide oléique, on s'aperçoit au bout de quelques heures que les trois quarts environ du liquide ont traversé cette paroi.

Pour vérifier cette propriété, nous avons utilisé un dialyseur ordinaire que nous avons établi nousmêmes à l’aide de deux anneaux de métal de 5 centimètres environ de hauteur, pouvant s'emboîter l’un dans l’autre, et d’une feuille de parchemin. Nous avons placé celle-ci entre les deux anneaux que nous avons fixés l’un à l’autre à frottement dur. De cette facon nous obtenions deux compartiments séparés l’un de l’autre par le feuillet de parchemin, c’est-àdire par une membrane dialysante.

Le compartiment inférieur étant rempli d’acide oléique, nous avons plongé notre dialyseur dans un récipient métallique plein d'eau, de telle façon que les deux anneaux soient entièrement recouverts par le liquide. Le récipient était placé sur un réchaud réglé de façon à ce que l’eau demeure à une température sensiblement constante de 35° environ.

La quantité d'acide oléique, placée sous la membrane dialysante, était exactement de 64 grammes. Au bout de 24 heures, 17 grammes d’acide oléique restaient dans le compartiment inférieur de notre

appareil, le reste avait traversé la membrane poreuse et surnageait à la surface de l’eau.

En prolongeant l'expérience 24 heures de plus, cest-à-dire pendant 48 heures, la quantité d'acide oléique non dialysée restait la même. Il faut donc admettre que cet acide présente une constitution complexe, dont la plusimportante partie, c'est-à-dire les trois quarts environ, se présente à l'état cristalloïde et traverse la membrane porcuse; la quantité restante est à l’état colloïdale.

Cette propriété, contrôlée par l'expérience que nous venons de décrire, montre que l'acide oléique est susceptible d’être ingéré en partie au niveau des villosités intestinales et conduite par les chylifères dans les voies biliaires : ce n'est là d'ailleurs qu'une hypothèse que nous formulons, car si les expériences suivantes semblent venir la confirmer, nous n'avons pu faire aucune recherche précise sur ce

point.

C. — ACTION DE L'ACIDE OLÉIQUE, SUR LA SÉCRÉTION BILIAIRE ET SUR LES CALCULS HÉPATIQUES, 7 vivo

L'acide oléique est un cholagogue très énergique.

Nous avons recherché cette propriété sur des chiens, que nous avions au préalable fistulisés.

Pour cette opération, que nous avons faite en collaboration avec un de nos amis, chirurgien de l'hôpital de Thonon, le Docteur Gentil, nous avons utilisé la canule biliaire du professeur Dastre,

constituée par une canule à pavillon spécial, étroit, dispositif nécessaire pour éviter la poussée de la vésicule qui se rétracte; et d'une poire en caoutchouc servant de réservoir; celle-ci est mise en communication avec l'extrémité externe de la canule par un caoutchouc muni sur son parcours d’un robinet de fermeture.

Nous avons fistulé un chien et deux chiennes de poids respectifs suivants :

1 CMEn ET EMn 9 kilogs Da Chien, IE NSEE 12e D'ACRICMRE: ÉNRE RE : 12,500

Nous avons pratiqué ces 3 opérations de la même façon, en suivant le procédé indiqué par les traités de physiologie expérimentale.

Ou rase, lave à l’eau et au savon, puis à l'alcool la région opératoire, c'est-à-dire la portion de paroi abdominale située sur la ligne médio-ventrale, à deux travers de doigt au-dessous du sternum.

On anesthésie le chien à l’éther à l’aide d’un bonnet ordinaire et d'une éponge ; l’anesthésie obtenue, l'animal est placé sur le dos et fixé à un pelvi-support formé d'une planche rectangulaire, percée sur ses bords latéraux de trous destinés à recevoir un certain nombre de lacs, pour immobiliser les quatre pattes, l’extrémité antérieure du pelvi est munie d'une tige métallique verticale servant de point d'attache pour la muselière. L’anesthèsie est alors reprise et continuée jusqu à la fin de l'opération.

L'animal ainsi fixé, est insensibilisé, on fait une incision sur la ligne médiane de 10 cent. environ,

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et intéressant les différents plans de tissus jusqu'au péritoine, qu'on incise également. On cherche alors le cholédoque que l'on a soin de sectionner, une fois trouvé, sur Î centim. de longueur environ, entre deux ligatures au fil de soie.

Nous avons introduit notre canule dans la lumière du bout central du cholédoque et non directement dans la vésicule, cette manière de procéder nous a assuré une occlusion plus complète, plus résistante et également plus facile, en nous permettant de fixer par un fil de soie les parois du cholédoque sur l’extrémité interne de la canule.

On ferme ensuite successivement le péritoine et les plans susjacents jusqu’à la peau. À ce moment, comme le recommande M. le professeur Doyon, on entrecroise plusieurs points de suture cutanés sur le pavillon mobile, pour fixer à demeure et plus solidement la canule.

Après l'opération, on saupoudre la plaie d'iodoforme et l’on applique un pansement sous-ventrier recouvrant tout l'abdomen et maintenu en place par un bandage fixé par des lacets entrecroisant sur le dos; on protégera ainsi la région opérée et l'on évitera que le chien ne cherche avec ses pattes. ou d’autres moyens, à se défaire de son pansement.

Nous avons gardé nos chiens muselés durant toute la période de nos expériences.

Les pansements furent renouvelés tous les 2 jours et la plaie lavée chaque fois, pour éviter l'érythème et les démangeaisons ainsi que l'infection.

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Nous n'avons éprouvé aucune difficulté post-opératoire chez 2 de nos animaux, pas de suppuration; la cicatrisation était faite après 3 ou 4 semaines environ; en revanche chez le troisième chien, la canule probablement insuffisamment fixée, avait dû laisser écouler une certaine quantité de bile dans le péritoine car l'animal mourut un mois après l'intervention. L'examen post mortem nous montra une assez grande quantité de bile dans le péritoine.

Nous donnons ci-dessous les résultats que nous avons obtenus avec les deux chiens qui survécurent - pendant toute la durée de nos observations.

Durant trois semaines, du 7 au 29 août, c'est-àdire pendant la période post-opératoire, les chiens furent gardés dans leur chenil, nourris avec du lait, de la soupe et quelques débris de viande et de graisse. Après cette période, la quantité de nourriture fût mesurée et dosée, demeurant toujours identique en nature et en poids pendant toute la durée de nos expériences. Chaque chien reçut une écuelle de soupe de pain de 1,300 gr. additionnée de 300 gr. de corps gras, d’un demi-litre de lait et d’un litre d'eau; cette alimentation plutôt abondante ne fût pas absorbée en totalité tous les jours.

Du 1° au 10 septembre la bile fut recueillie quatre fois par jour de l’ampoule de caoutchouc, puis pesée, nous avons obtenu les chiffres suivants, comme poids de bile quotidien :

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Chien de 9 kilos. Chienne de 12 kilos.

L%jour, 120 gr. lol LS ET) 2 — 140 -2 DEMO 3: Lez A5. + doser — Gun 2 A5 = 4 2105 — Dr — 105 — 5e 110 6: — 120 — Ce NiD 7 — 90 — TEE Eu 10 ue — 110 — 8°. — 110 — 9+ — 110 — DS ARR E [0 — 110 — 10: — 120 —

Ce qui donne comme chiffre moyen :

{1 gr. pour le premier; 114,5 pour le second.

Soit, encore, en moyenne par Jour et par kilogr. d'animal :

12 gr. 33 pour le chien;

9 gr. 55 pour la chienne.

Durant les 10 jours suivants, à l'alimentation ordinaire fut ajouté pour chaque chien 3 gr. d'acide oléique. Les quantités quotidiennes d'huile recueillie furent respectivement :

{+ chien. 2e chien.

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