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page étincelante de gloire doit leur être aussi chère que celle de la section territoriale dans la quelle ils sont nés.
Cette partie de l’Amérique du Nord où s’établirent les colonies de la Grande Bretagne, n'offre point de matériaux à l’histoire relativement aux peuplades nombreuses qui habitaient ces vastes régions avant l’arrivée des Européens. Les Abofigènes n'étaient que des Sauvages qui n'avaient que des traditions vagues et absurdes. On ne trouva pas parmi eux la plus légère trace de civilisation et ils n’eussent mème pas été capables de concevoir aucun systéme d’organisation civile et politique. Cependant, des hommes à théories se sont amusés à faire des conjectures ingénieuses sur l’origine de ces peuples. Mais leurs suppositions n’ont jamais été fondées sur aucun fait dont I vérité soit constatée, .et l’histoire ne peut par conséquent #’y arrêter. ‘C’est dans les climats enchantés du Pérou et du Mexique que l’imagination doit aller chercher les riches couleurs qui ont tant d’attraits pour elle. C’est 1à que la nature s’est purée de tout son luxe et qu’elle a accumulé tous ses trésors. La, sont les Incas, les enfans du soleil, des fêtes magnifiques, des temples superbes, un peuple civilisé, C’est là, que l’aatre du jour double sa magnificence et se montre digne des adorations des mortels. Vos yeux veulent-ils se reposer sur des objets agréables ? regardez ces
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fleurs, ces tapis de gazons et la gracieuse architecture de ces arbres. Voulez-vous des scènes pittoresques ? voyez ces ondulations du sol et la course vagabonde de ce ruisseau au travers de Pamphithéâtre de ces rochers si bien groupés sur ses rives. Voulez-vous du süblime ? portez vos regards sur le Chimborazo et cherchez sa tête dans le ciel. Voulez-vous des richesses souterraines ? * creusez la terre et vous trouverez de l’or, Mais c'est surtout sur les malheurs des Guatimozin et des Montézumat que le cœur éprouve une certaine volupté à s’attendrir. L’on vuit avec un sentiment d’admiration et d'horreur, Cortez incendier ses vuisseaux, et l’on suit en tremblant le héros jusque dans la ville impériale, L'histoire de l'Amérique du Nord, dans ces tems reculés, est beaucoup plus aride que celle de l’Amerique du Sud, et elle ne présente des faits intéressans que quelque tems après l’arrivée des Européens.
Mais alors, il n’y a plus de ténèbres, plus de doutes, plus d’incertitudes. Tout est clair et précis. Les Etats souverains, qui ont donné naissance à la république amériraine, furent fondés dans un siècle, où les lumières et les sciences avaient chasné les ténèbres de l’ignoranve. Les siècles américains n’ont point d’obacurité. C’est au grand jour que la nation s’est formée, Les chefs des aventuriers anglais qui s'établirent sur le continent américain étaient des hommes lettrés
qui avaient reçu les bienfaits de l’éducation et qui devinèrent ceux de la liberté qu’ils. vinrent chercher dans les solitudes du nouveau monde. A cette époque, la presse commençait à sentir sa dignité et essayait les forces dont un instinct secret lui révélait l'étendue, L’Hercule naissant agitait déjà ces vigoureuses mains qui devaient étouffer le despatisme, ‘ Quoiqu’elle fut souvent restreinte par des édits arbitraires, la presse a écarté tous les nuages qui, sans elle, auraient caché à la postérité l’urigine des premiers établissemens européens dans ces vastes régions de l’Amérique du Nord. Elle a pris soin de nous apprendre les causes de ces rapides et nombreuses émigrations qui sont venues disputer aux Indiens le sol qu’ils habitaient de tems immémorial.
Depuis l’an 1497, époque à laquelle les Européens virent pour la première fois le continent de l'Amérique du Nord, un siècle s’écoula avant qu'aucun établissement permanent v eut pris racine, La plus grande partie à ‘ritoire des Etats-Unis, à l'Est de la Floride, fut appelée Virginie, en l'honneur de la Reine Elizabeth dont les puëtes ont célébré la virginité royale, sans doute à cause de leur amour pour les fictions. Suivant l'exemple des autres monarques européens, Elizabeth fit à ses courtisans d'immenses concessions de terre, sans avoir le moindre égard aux droits des Aborigènes. Mais ce ne fut qu’en 1607, sous le
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règne de Jacques 1er., que la première colonie fut établie sur le sol ainsi concédé, dans les limites actuelles de l'Etat de la Virginie. Sept ans après, des Hollandais fondèrent la ville de New-York dont ils restèrent paisibles possesseurs jusqu’en 166%, où elle fut conquise par les Anglais, sous le règne de Charles 11. En 1620, des Puritains anglais s’établirent dans le Massachusetts, en mène tems que la Suède envoyait ‘des colons sur la Delaware. En 1633, des émigrés du Massachusetts allèrent se domicilier dans le Connecticut, et cette même année, des Catholiques quittèrent l'Angleterre, sous la conduite de Lord Baltimore et s’établirent dans le Maryland. La flamme de l'intolérance religieuse s'étant allumée dans Le Massachusetts, un grand nombre de ses habitans s’eniuirent dans le Rhode Island qu'ils colonisèrent en 1635. New Hampshire fut étubli en 1637; la Caroline du Nord, en 1668: la Caroline du Sud, en 1670 ; le New Jersey, en 1672. Quelques Suédois avaient déjà pris possession du sol de la Pennsylvanie, à une époque très reculée, mais cette colonie n’avait trainé qu'une existence pénible jusqu’à l’arrivée de Penn et de ses Quakers qui vinrent chercher dans le nouveau monde, en 1681, un aaîle contre les persécutions auxquelles ils étaient en butte dans le pays natal. Des treize Etats primitifs, la Georgie est celui dont l'origine est la plus récente, Le premier établissement y fut fait en 1732, par le général Oglethurpe.
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L'histoire de toutes les colonies est nécessairement un récit de malheurs et de souffrances. — Les Anglo-Américains. ne furent pas à l'abri de cette commune. destinée. Ils eurent à supporter des pertes énormes occasionnées par les Indiens qui leur firent une guerte cruelle et qui eurent recours à tous les moÿens pour porter la destruction parmi les envahisseurs. Les sauvages habitans de l'Amérique employèrent toutes les ressources de la persévérance et du courage pour opposer une digue à la vague européenne qui s'avançait graduellement dans leurs vastes forêts et menaçait de les dévorer. Mais ce fut en vain que leur faiblesse voulut faire reculer le flux qui leur..avait #ppôrté la nation blanche, Ce fut en vain que les différentés tribus se confédérèrent sous leurs chefs les pds redoutables, depuis Philippe Pokanoket jusqu’à T'écumseh. Dans toutes'les batailles rangées, le génie de l'Européen se montra trop supérieur à celui de lEndien, pour que le succès fut douteux. Cependant le vaincu se vengen de ses défaites, en tendant des embuches qui firent fréquemment couler lé sang du vainqueur, et en portant le ravage et la mort dans les habitations isolées. Le Massachusetts, le New Hampshire, le Maine et la Virginie furent, pendant nombre d'années, les théâtres principaux de ces scènes hortribles de combats et de massacres, Dans le Rhode Island, la Pennsylvanie et le Muryluud,
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une politique plus humaine et plus prudente gagna l'affection des Indiens et assura la prospérité des établissemens eurvpéens. Le Canada fut aussi pour. les colons une source d’inquiétudes et de inalheurs. Les provinces anglaises et françaises qui, si elles n’avaient consulté que leur intérèt, et peut-être leur inclination, seraient restées en paix, furent forcées de prendre part aux guerres cruelles que se faisaient la, Frunce et l'Angleterre et épuisèrent leurs ressources pour gratifier des ambitions européennes dont le choc ne pouvait que leur être funeste.
Les colons de la Nouvelle Angleterre et de New- Yotk.souffrirent considérablement de l'inimitié des Ganadiens. Les gouverneurs du Canada avaient tujours exercé une grande inflüence sur les Indiens et firent un usage terrible de ces farouches alliés A chaque guerre, le: sang ruisselait sur
les frontières qui offraient des scènes de désola-
tion, difficiles à décrire, Les Américains acquirent la triste conviction qu’ils n'auraient ‘le repos que lorsque les Français seraient expulsés du Canada. Aussi, ils aspiraient avec ardeur à la conquète de cette province et ils demandèrent avec instance au gouvernement britannique les secours nécessaires pour exécuter des différens plans qu'ils avaient conçus à ce sujet. Mais ces secours furent trop faibles pour qu'aucun succès décisif pût être obtenu. En 1690, des commissaires envoyés par les
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colonies se réunirent à New-York pour concerter ‘une expédition contre le Canada. - Mais cette entreprise ne réussit pas, par la faute de l'amiral an. glais sur la coopération du quel on avait compté. En 1692 et 1696, les Anglo-Américains attaquèrent de nouveau ‘Je Canada, mais ils fureut repoussés.
Au commencement dudix-huitième siècle, les colonies jouirent d’un court intervalle de repos. Malheureusement la guerre ayant recommenté en Europe, elles eurent à souffrir des maux extrèmes causés par les hostilités des Français et des Indiens, Non seulement la Nouvelle Angleterre: et New- York, mais encore la Pennsylvanie et la Virginie eurent à repousser les attaques des Français etde leurs sanguinaires alliés. La Caroline du Sud et a Georgie furent aussi harcelées, pendant les cinquante premières années du dix-huitième siècle,
par les Espagnols et par les Indiens du Sud.— .
Mais en 1745, le fort Louisbourg, dans l’fe du Cap Breton, fut pris par un petit corps des habitans de la Nouvelle Angleterre qui s'étaient organisés sous la direction de Pepperell, un marchand de Boston, Après la paix d'Aix La Chapelle, les colonies espéraient jouir enfin de quelques momens de repos, lorsque les Français et les Anglais coururent encore aux armes et s’égorgèrent de nouveau, .au sujet des limites qui devaient séparer les
deux nations dans l'Ohio. Afin d'organiser une.
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défense plus effective contre leurs ennemis, Îles Anglo-Américains proposèrent là formation d’un gouvernement fédéral qui dévait être confié à l’administration d’un grand conseil choisi par Îles assemblées ; provinciales. . Le cabinet britannique refusa de sanctionner ce ‘projet, à moins qu’il ne lui fut permis d’y introduire certaines modifications qui auraient donné aux ministres de la Grande Bretagne un pouvoir absolu dans le congrès. américain. Les colonies s’oppusèrent forte- . ment à ces modifications et ce plan de gouvernement fut entièrement ybandonné.
L'année 1755 fut rendue mémorable par la défaite‘complète du général anglais Braddock dont l’armée ne fut sauvée que par les manœuvres de Washington qui était alors colonel, et par le courage des.troupes coloniales. En 1758, le furt Duquesne où est maintenant la ville de Pittsburg, fut pris par les Anglais et les troupes provinciales. — Le fort Louisbourg qui avait été rendu à la France fut aussi repris, et les armes anglaises furent tel, ment favorisées par le dieu des batailles, que les deux Canadas fürent Conquis.en peu de téms.
Dès que les colonies américaines cessèrent d’être harcelées par des voisins dangereux, contre qui elles avaient eu à lutter pendant si longtems, elles augmeutèrent rapidement en population et marchérent à grand pas vers la richesse et la puis-
sance. L’Angleterre, voyant ses enfuns dans une VOL. I. Q
situation aussi florissante, en conçut une jalousie secrète, et, oubliant les services éminens qu’ils lui avaient rendus, elle ne craignit pas d’agir en mère marâtre ; car elle résolut d’attirer dans son sein les trésors que l’industrie américaine avait créés. La Grande Bretagne était alors écrasée:par sa dette nationale et elle forma:le dessein d’en partager le poids avec ses colonies. En cünséquence de cette résolution, la taxe du timbre fut établie en Amé- . rique par le parlement saisnniqne, en 1765. Mais les colonies refusèrent de s’y soumettre. Des délégués envoyés ‘par les différentes colonies s’assemblèrent à Philadelphie,. et firent unanimement
et ouvertement une déclaration de leurs droits et un exposé des vexations auxquelles leurs concitoyens étaient en butte. Les Américains formèrent des associations dont le but était de s’opposer à l'introduction des manufactures anglaises, quoiqu’ils en eussent, à cette époque, un besoin extrême. Cette. attitude menaçgante força le ministère britannique de rappeler la'taxe odieuse qu’il avait eu l’imprudence d’imposer. Cette concession du ministère excita unb vive reconnaissance chez les colons, et les provinces reprirent un aspect de tranquillité et de satisfaction. Cependant | le parlement n’arait pas renoncé aù projet de taxer les colonies. En effet, en 1767, un acte fut passé, par lequel des droits étaicnt imposés sur certains articles importés dans les colonies. Regatdant
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cette mesure comme illégaleet oppressive, les Américains refusèrent de 8’y soumettre. Etonné d’un esprit de résistance ‘aussi opiniâtre, le gouvernement rappela tous les droits, excepté celui qui était imposé sur le thé. Afin d’éluder In loi, ou plutôt afin de la rendre: nulle, les colons con: vinrent de ne pas importer et de ne pas consommer cette production de la Chine pour laquelle ils étaient taxés, Les choses restèrent ainsi en suspens pendant quelque tems, et Pon se contenta de s’opposer indirectement à la loi, qui manqua le but pour lequel elle avait été faite, puisqu'elle ne produisit pas un sou de revenu.
Sur ces entrefaites, une grande quantité de thé ayant été envoyée à Boston, le peuple s’en empara et le jeta dans la mer. Lorsque cette nouvelle
parvint en Angleterre, le parlement se laissa tel-
lement emporter par un désir aveugle de vengeance, que les résolutions les plus rigoureuses furent adoptéés.. Il ordonna que le port de Boston fut fermé, et fulinina contre 18 Massachusetts des actes si tyranniques, qu’ils ‘auraient anéanti les:libertés américains, si on les avait reçus avec une obéissaiice passive. Dès que les colonies en furent informées, une secousse d’indignation agita simultanément et le Nord et le Sud. Un cri de liberté se fit entendre dans les forêts profondes et dans les villes upulentes. A ce cri, tout le continent s’ébranla ; le despotisme en poussa un hurle-
ment de désespoir et prévit, qu’un jour, il fuirait honteusement du nouveau monde.
Le Massachusetts eut l’honneur de faire le premier pas dans la carrière de la révolution. Sa législature décréta une levée de boucliers èt demanda que toutes les provinces envoyassent des délégués à Philadelphie pour s’occuper du salut de la patrie. D’après cette recommandation, un congrès s’assembla en 1774, approuva les résolutions qu'avait prises la législature du Massachusetts, ordonna de ne rien importer de la Grande Bretagne, ni de n’en rien exporter, et adressa des remontrances respectueuses, mais fermes et énergiques au -gouvernement britannique. Heureusement qu’un esprit de vertige.et d'erreur dominait dans le ministère, qui persista dans la résolntion de soumettre les colonies par la force: En conséquence, la Grande Bretagne fit traverser l’Atlantique à ses satellites mercenaires et imposa de sévères restrictions commerciales à toutes les colonies, à l’exceptidon cependant de New-York, la Caroline du Nord et la Delaware. Cette faveur. politique avait pour but de semer de la jalousie et: de la désunion entre les provinces, mais elle ne produisit pas l'effet désiré. Les colonies à qui le piège était tendu, rejetèrent avec indignation l’opprobre des avantages commerciaux qu’on leur offrait. Alors, il fut évident qu’il était indispensable de s’en rapporter à l’arbitrage des combats et l’on
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fit, réciproquement; des préparatifs d'attaque et de défense. :
Lexington, dans le Mpnsaihunetts fut témoin du premier choc entre lès Américains et les Anglais. Le général Gage, ayant appris que les Américains avaient un dépôt d’ammunitions au village de Concord, situé à dix-huit milles de Boston, ordonna,
- le 18 Avril 1775, à un corps de dix-huit cents
hommes de troupe réglée, d’aller en prendre possession, : Lorsque les Américains eurent connaissance de cette intention hostile, le tocsin et le canon ‘d’alarme se firent entendre. . À Lexington, les Anglais rencontrèreht un corps de milice composé de soixante et dix hommes sur lesquels ils firent feu. Les Américains ripostèrent et battirent en retraite, Au village de concord, les Anglais trouvèrent un autre corps de milice qu’ils expulsèrent. ‘Après avoir détruit les magasins de dépôt, ils jugèrent prudent de rétrograder, et un renfort de neuf cents hommes que leur amena Lord Percy, les aida à repousser les Américains quides pourauivirent avec acharnement et qui leur tuèrent ou blessèrent 273 hommes, avant qu’ils rentrassent dans Boston.
Peu de tems après, les Anglais qui étaient cantonnés dans Boston, reçurent un renfort considé-
. rable. (Ce secours les mit à même de résister
aux troupes de, la Nouvelle Angleterre qui occupaient différens postes autour de la ville. S'é- Q2
198 ESSAT' HISTORIQUE
tantemparés d'unoéminence nommée Bunker Hil},
et qui, Comme point militaire, était d’une haute importance, les Américainsde protégérent par dés retranchemens qui furent élevés dans la nuit du16 Juin et y postèrent quinze cents hommes, Le lendemain, les Anglais firent marcher un corps de trois mille hommes pour les en déloger. Les.Américains réservèrent leur feu, jusqu’à ce que les Anglais fussent à une très petite distance des retranchemens, de sorte que la première décharge: fut si meurtrière que les bataillons ennemis furent rompus et se. retirèrent en désordre. Deux fois, les vétérans de l’Angleterre revinrent. à la charge, et deux fois, ils furent repoussés par des milices indisciplinées et mal armées, dont le nombre était de moitié inférieur à celui des assaillans. Au troisième assaut, les Américains firent encore une courageuse résistance, quoiqu’ils manquassent de poudre et qu'ils fussent exposés au feu meurtrier des vaisseaux anglais qui bordaient le rivage. — Mais enfin, ils abardonuèrent leur poste, et retraitèrent en bun ordre, après avoir tué mille hommes aux ennemis. : Dans cette glorieuse action, les Américains ne perdirent que quatre cents hommes, mais ils eurent à regretter la mort du brave général Warren.
Le congrès continental qui se réunit à Philadelphie, le 10 de Mai de l’année suivante, résolut de lever des troupes, au nom des provinces unies.
George Washington qui était membre de la délégation de la Virginie, fat élu unaniment, le 15 de Juin, général en chef des troupes coloniales. Le 2 de Juillet, il arriva à Cambridge, et prit le commandement de l’armée qui y était stationnée.— Avec des hommes indisciplinés qui manquaient de tout, Washington eut l’audace d’entreprendre le siège de Boston.
. Vers la fin de cette même année, les généraux Arnold et Montgomery eurent la témérité d’envahir le Canada, à la tête d’un faible corps de milice ; le premier pénétra dans le Canada par les lacs, tandisque le dernier remonta la Rivière Kennebeck. Enfin, après des marches pénibles, uu travers de déserts horribles, où les troupes souffrirent des fatigues et des privations incroyables, les deux petites armées se joignirent sous les murs de Québec. La, les généraux se trouvèrent dépourvus de tous les moyens nécessaires à un siège régulier, et, après avoir bloqué la ville pendant un mois, ils résolurent de risquer un assuut. Montgomery et Arnold marchèrent à l’escalade sur deux colonnes et par deux points différens. Le premier fut tué à la tête de ses troupes. Le dernier, malheureusement pour sa gloire, ne fut que blessé:
Arnold, c'était ainsi que tu devais mourir!
Malgré la valeur brillante que déployèrent les
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Américains, cette: attaque imprudente fut repoussée. Ces braves furent presque tous tués, ou faits prisonniers, et le reste regagna dificilement les Etats-Unis. Ù ;
Les Anglais restèrent en possession de Boston jusqu'en 1776, époque à laquelle ils s’embarquèrent à bord de leur flotie qui les transporta à Halifax, Alors, le général Washington se dirigea vers le Sud et établit son quartier général à New-York.
Pendant que ces évènemens se passaient, le congrès avait en vair essayé d'obtenir le rappel des édits par lesquels le gouvernequent britannique avait voulu anéantir les libertés américaines. — Les représentans des treize provinces. s’adressèrent au Roi, au parlement, et à la nation anglaise elle-même. Coanvaincus que leurs remontrances étaient inutilesjces illustres républicains que leurs talens et leurs vertus rendaient dignes du rôle sublime qu'ils étaient appelés à jouer aux yeux du monde, déclarèrent les colonies libres et indépendantes et établirent un gouvernement général.— Cet acte solennel fut proclamé le 4 Juillet 1776.
Le 23 Août, les troupes anglaises, au nombre de vingt-quatre mille hommes commandés par le général William Howe, débarquèrent à Long Island, à environ neuf milles de la ville de New-York. Les milices américaines n'étaient pas audessus de quatorze mille hommes, Un engagement partiel eut lieu auprès de Brouklyn, le 27 Août ; le nom-
bre et la discipline des Anglais leur. procura la victoire. Washington, pensant qu’il serait imprudent de risquer une bataille générale, évacua New-York, dont les ennemis prirent possession le 14 Septembre. Les Américains se retirèrent dans la Pennsylvanie au travers du Jersey et de la Delaware. Le fort Washington, qui était le seul point qu’occupaient encore les Américains dans l'Ile de New-York, fut attaqué le 12 Novembre, et ne se rendit qu’après une résistance abstinée. La'garnison qui était de deux mille sept cents hommes se rendit prisonnière. Le, fort Lee, dans le Jersey, tomba aussi au pouvoir des ennemis, mais la garnison se fraya un passage les armes à la main. Pour comble de malheur, la plupart des miliciens dont le tems de service était expiré, rentrèrent dans leurs foyers, et ceuxqui restèrent sous les drapeaux étaient abattus par’ leurs revers et dépourvus des choses les plus nécessaires à leur existence.
Washington, dans sa retraite, fut vivement poursuivi par les Anglais, mais. il eut le tems de franchir la Delaware et d’opposer cette barrière aux ennemis. Aussi, la poursuite fut-eHe abandonnée et l’armée anglaise campa sur les bords de la rivière. Pendant l'hiver de 1776, l’horizon politique des Etats-Unis présentait l'aspect le plus sombre. Les maladies et les désertions avaient réduit l’armée de Washington, qui naguère avait
paru si formidable, à une poignée d’hommes découragés ; tandisque celle des ‘envahisseurs était nombreuse, bien organisée et animée par ses succès Cependant le congrès et l'armée repoussèrent toute idée de soumission, ‘et le génie de Washington sut bientôt ramener la fortune. Des détachemens de troupes Hessaises avaient été can- tonnés à Trenton, Bordentown et Princeton.— Washington résolut de les attaquer. En conséquenve, le soir de la fète de Noël, il traversa la Delaware, surprit le poste de Frenton et enleva mille hommes à l’ennemi.. Peu de jours après,.il trompa les Anglais par une marche savante, et tomba sur Princeton qu’il emporta, Enfin, il farça l’ennemi d’évacuer les puints les plus importans du Jersey. Au printems de l’année 1777, il manœuvra si habilemènt qu’il empêcha les ennemis, dont les forces étaient de beaucoup supérieures aux siennes, de s’avancer sur Philadelphie parterre. Alors, le général Howe changea son plan d'opérations et résolut d'attaquer la ville du côté du Sud. Il fit voile pour la Chesapeake et débarqua à la pointe d'Elk. Washington, apprenant l’arrivée'de la flotte anglaise dans la Chesapeake, poussa son armée en avant et confronta l'ennemi, au gué de Chad, sur la Brandywine. Les Anglais, n’osant pas attaquer de front les Américains, traversèrent la rivière un peu plus haut, et tombèrent sur leur aile droite. Après un engagement
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qui, quoique court, n’en fut pas moins meurtrier, les Américains battirent en retraite. Leur perte se monta à douze cents hommes et celle des Anglais à cinq cents. Washington, convaincu par le résultat de ce combat, qu'avec des troupes indisciplinées, il fallait éviter les batailles rangées, abundonna Philadelphie à son sort. Le 26 Septembre, William Howe entra dans lu ville, Le corps de son armée fut canionné à Germantown, à environ six milles de Philadelphie. : Washington, dont la grande ame ne pouvait pas étre découragée par les revers, r'ésolut d’attaquer ce poste. Le plan fut conçu avec habileté, mais des accidens imprévus l’empéchèrent de réussir. Il y eut uv combat sanglant qui fit perdre beaucoup de monde aux Américains.
Dans le Norü des Etats-Unis, la fortune se montrait plus favorable aux Américains. Afin de balayer le terrain entre New-York et le Canada, et afin de couper toute communication entre les Etats
* de l'Est et du Sud, une armée de plus de dix mille
hommes commandés par le général Burgoy ne,s’était avancée par le Lac Champlain, vers Albany, en Juin 1777. Burgoyne abtint d’abord de grands succès, T'éconderaga, qui avait une garnison de trois mille hommes, se rendit après un siège de quelques jours. Triomphant de tous les obstacles, le général anglais arriva à la Rivière Hudson et campa à une distance d’environ douge lieues d’Al-
bany. Là, les affaires prirent une autre tournure. L'armée américaine commandée par le général Gates arrêta la marche de l’enneini, Un corps dé Hessuis que Burgoyne avait envoyé saisir plusieurs magasins de provisions à Beunington, fut taillé en pièces par le général Starke dont les forces n’étaient cependant pas supérieures à celles de l’ennemi. Un renfort qui leur fut envoyé par Burgoyne éprouva le mème sort Après avoir fait de vains efforts pour effectuer sa retraite, et après deux batailles où ses meilleures troupes furent écrasées, Burgoyne se rendit prisonnier avec toute son armée, à Saratoga, le 17 Octubre. Cet évènement mémorable assura le triomphe de la liberté et produisit une impression favorable sur les puissances étrangères. Peu de tems après que cettenouvelle parvinten Eurape, un traité d’alliance fut éonclu entre la France et les Etats-Unis et uno flotte française partit pour porter des secours aux insurgés. Heureusement pour les Anglais, la flotte n’arriva à l’embouchure de la Delaware, qu'après une longue traversée, Sans cela, il est prububle que l’armée de Willinm Hovwe qui était restée dans les environs de Philadelphie, jusqu’au mois de Juin 1778, aurait éprouvé le même sort que celui de l’armée de Burgoyne. Lorsque les Anglais commenvcèrent leur retraite, Washington qui était campé à Valley Forge, les pourauivit avec acharnement, Mais il sut éviter une bataille que le petit nombre de
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ses troupes et leur mauvaise discipline lui auraient sans doute rendu funeste, Les Anglais parvinrent
à: New-York sans éprouver de grandes pértes, à
l'exception d’un échec qu’ils reçurent à Monmoiith. Peudant toute l’année 1779, les Anglaïÿ se bornèrent à faire une guerre de muraudeurs. Ils ne paraissaient avoir d’autré but que celui de satisfaire leur soif du pillage et de la vengeance, et ils laissaient partout sur leurs traces la misère et la désolation, Cesexcès ne firent qu’enflammer davantage le reëñentiment des Américains et qu’augmeñter le nombre de l’armée républicaine. L’en- “nemi avait choisi pour théâtre de ses opérations, les Etats du Sud. Savannah fut prise; mais Charleston repoussa vivement l’attaque qui fut dirigée contre elles Le seul évènement d’aucune importance qui eut lieu, cette année, dans le Nord, fut la prise de Stony Point par Je brave général Waÿhe. En 1780, la guerre continua avec vigueur dans le Sud. Les Angluis envahirent la Caroline avec des forces considérables et Charleston fut ubligée de se rendre. Le :congrès vrdonna au général Gates d'aller porter des secours à cette partie de Union. Malheureusement, Gates ‘eut l’impruprudence de risquer une bataille rangée et il fut complètement défait par Lord Cornwallis, à Camden. Le général Greene lui succéda, et ses talens militaires rendirent l'espoir aux Américains. À force d'activité, Greene réussit à créer une petite armée avec laquelle il tint tète à l’ennemi.
VOL. I. R pl
En Septembre 1780, la trahison de Arnold qui avait promis de livrer West Point aux- Anglais, fut découverte. Le traître s’échappa, mais un officier anglais, nommé le Major André, qui était son
complice; fut moins heureux. El fut pris et pendu. .
En Janvier 1781, le général Morgan rémporta une brillante victoire, à Cowpens, avec une armée beaucoup moins forte que celle de l’ennemi et composée, en grande partie, de milices. Au mois de . Mars suivant, les Anglais battirent les Américains à Guildford ;'mais ce succès leur coutaibeaucoup de monde. Après cet évènement, Cornwallis péné-
tra dans la Virginie, et Greene revint dans la Ca-
. roline du Sud, où, après avoir éprouvé un échec à Camden, il gagna une bataille décisive aux sources d’Eutaw. Dans cet intervalle, Cornwallis qui avait reçu des renforts, martha sur Yorktown dans la Virginie et y construisit des fortifications.— Washington, dont l’armée jointe à celle des Français menaçait New-York, leva soudain le siège et marcha vers le Sud pour attaquer Cornwallis qui fut obligé de se renfermer dans ses lignes, le 30 Septembre. . Une flotte française bloquait la Chesapeäke'et soutenait les opérations de l’arméé de terre. Enfin, après un ‘siège de dixsept jours, et après que plusieurs des retranchemens anglais eussent été emportés d’assaut, Cornwallis se rendit prisonnier avec sept mille hommes qu’il avait sous ses ordres. Cet évènement décida l’heureuse issue de la revolutiun, Le gouyerne-