‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme]Chapitre 8 sur 39 · PR PS · texte numérisé non relu

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Bonaparte, lors de la cession. Le.troisième article du traité i\ est rédigé par lui-même. Ce qu’il désira que les Louisianais ï sussent, ÿ

DON Manuel Gayoso de Lémos, brigadier- !

général dans les armées du roi, succéda au Baron 4 de Carondelet, comme gouverneur de la Louisiane À

et de la Floride occidentale. À peine fut-il entré dans ses fonctions que, cédant à la nécessité, il ordonna aux troupes espagnoles d’évacuer tout le ! territuire cédé aux Etats-Unis. |

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Le 7 d'Avril, le congrès donna le nom de territoire du Mississippi à la province qui venait d’être acquise aux Etats-Unis et y établit un gouvernement territorial semblable à celui qu’il avait déjà organisé dans les possessions américaines au Nord-Ouest. Winthrop Sergeant fut nommé gouverneur du nouveau territoire.

Cette même année, la Louisiane eut l’honneur d’être visitée par des étrangers illustres qui, jouets des caprices de la fortune, s’étaient enfuis de leur palais héréditaires en France, pour venir chercher un asyle sous la hutte du sauvage en Amérique. C’étaicnt les descendans de Louis XIIE, les petits fils de ce duc d’Orléans qui fut régent de France, pendant la minorité de Louis XV; c’étaient les ducs d’Orléans et de Montausier et le comte de Beaujolais. La Louisiane les vit avec le plus vif intérêt. Ils y trouvèrent des secours dont ils avaient un besoin extrême et cet accueil respectueux et tendre auquel ils avaient droit, par le titre sacré du malheur. O Fortune! que ta roue tourne avec rapidité et que tes jeux sont bizarres! Quelle vie toute pleine de leçons philosophiques que celle de cet homme qu'une révolation envoya pleurer la mort d’un père et la perte de tant de splendeurs, dans les déserts du nouveau monde, et qu’une autre révolution a saisi malgre lui et placé sur le trône par le vœu de la France libre et régénérée !

Gayoso mourut le 18 Juillet 1799, et fut remplacé par le marquis de Casa Calvo. A son arrivée, Casa Calvo ordonna à Don Carlos Duhault Delassus, commandant de la Haute Louisiane, dé faire un recensement de cette province. Ce travail fut fait immédiatement, et donna le résultat suivant:

Bt. Louis, ..sscoooocooososcooonosooososococs 925

Carondelet,....sssssossosssosecosoosossssoosocs 484

St. Charles,....ssssosesososoroseosossocse 875

St. Fernando,....sssossssoooososoosoocoooossee 276

Marais des Liards,........sssessosoosoososs 376

Maramec,...sssssosossosooossosossosooooose 415

Bt André,sssscossososoovenoscsssssossossssss 909

Ste. Géneviève,ssscsossosesmoosoossosococoscs 949

Bourbons...ssosossooosoonocsescescososesesoes 560

Cap Girardeau,....ssssssoscosssosossoososes 524

Nouvelle-Madrid,.....sssocossssssesssss 782

Petite Prairie,.ossosssossososcsosossosoososves #9

“Total, 6005.

La population blanche était de 4925 ames; celle de couleur libre, 197; esclaves, 883.

A cette époque, la Louisiane était menacée d’une invasion de la part des Etats-Unis. La France et l'Espagne avaient fait souffrir des pertes énormes au commerce américain par de nombreuses et frequentes spoliations qui avaient forcé le congrès de prendre une attitude menacante et hostile envers

les deux nations. L'Espagne surtout,violant la foi des traités, avait cessé de permettre aux citoyens des Etats-Unis de se servir de la Nouvelle-Orléans comme un lieu de dépôt pour leurs marchandises. Dans ce moment de crise pour les Américains, Washington se crut obligé d’accepter le commandement en chef des armées de sun pays, mais il stipula qu’il n’agirait en personne que lorsque sa presence deviendrait absolument nécessaire. Dans l’intervalle, la direction des troupes que les Etats-Unis avaient mises sur pied fut confiée aux généraux Hamilton et Pinkney. Le pouvoir exécutif, afin de calmer l’effervescence des habitans de l’Ouest, et afin d’indemniser le peuple améri! cain des pertes que son commerce avait éprouvées par les déprédations de l’Espagne, avait résolu de s’emparer de la Louisiane et attendait la prochaine cession du congrès pour lui demander son assentiment, Trois régimens furent stationnés à l’embouchure de l’Ohio et reçurent l’ordre de se tenir prets à descendre le Mississippi au premier signal.

Pendant que ces événemens se passaient en Amérique, le roi d’Espagne et le premier consul de la république française avaient conclu un traité à St. Ildefonso, le 1er. Octobre de l’année 1700. Par le troisième article de ce traité, sa majesté catholique promettait de céder la Louisiane à la France, six mois après que cette puissance aurait exécuté certaines stipulatinns relatives au duc de Parme.

32 ESSAI HISTORIQUE en manage en ones emnranonr

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Le 21 Mars de l’année 4801, la cession de la Louisiane à la France fut effectuée. Bonaparte se prépara immédiatement à prendre possession de sa nouvelle acquisition et résolut d’y envoyer un corps considerable de troupes. Une forme de gouvernement ayant été réglée et adoptée pour la province, le genéral Victor fut nommé capitaine général de la colonie, Laussat, préfet et Aymé chef de la justice.

Dans cet intervalle, Don Juan Manuel de Salcédo, brigadier général, arriva à la Nouvelle-Orléans vers le quinze de Juin, avec une commission de gouverneur des provinces de la Louisiane et de la Floride occidentale, et le marquis de Casa Calvo partit pour la Havane.

Rien de remarquable ne se passa dans la colonie, jusqu’à l’arrivée de Laussat qui débarqua à la Nouvelle-Orléans le 26 Mars 1803, et fut conduit en pompe à la maison du gouvernement, où Salcédo et Morales intendant de la province, à la tête des troupes de ligne, de la milice et du clergé, firent une réception brillante au représentant de la république française. Dans cette entrevue, Laussat annonça les dispositions favorables du gouvernement français envers la colonie et déclara que le capitaine général qui devait partir de la Hollande vers la fin de Janvier, arriverait probablement en Avril avec les troupes que le premier consul lui avait confiées pour la protection de la Louisianc.

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Quelques jours après, Laussat lança au nom de la république française la proclamation suivante:

Laussat, préfet colonial aux Louisianais.

Louisianais,

Votre séparation de la France marque une des époques les plus honteuses de ses fastes, sous un gouvernement déjà faible et corrompu, après une guerre ignominieuse et à la suite d’une paix flétrissante

À coté d’un abandon lache et dénaturé, vous offrites le contraste d’un amour, d’une fidélité et d’un courage héroïques.

Tous les cœurs français en furent attendris et n’en ont jamais perdu la mémoire. Jls s’écrièrent alors avec orgueil, et n’ont cessé depuis de répéter que leur sang coulait dans vos veines.

Aussitôt quils ont eu repris leur dignité et reconquis leur gloire par la revolution et par une suite prodigieuse de triomphes, ils ont reporté sur vous leurs regards. Vous êtes entres dans leurs premières négociations ; ils voulaient que votre rétrocession signalât leur première paix.

Le tems n’en était pas encore venu. Il fallait qu'un homme parût, à qui rien de ce qui est national, grand, magnanime et juste, ne fut ni étranger, ni impossible; qui, au talent le plus éminent des victoires unit le talent plus rare d’en tirer et

d'en fixer tous les heureux résultats; qui commandât à la fois, par l’ascendant de son caractère, aux ennemis la terreur, et aux alliés la confiance; qui, d’un génie pénétrant, aperçut les véritables intérèts de sun pays, et d’une volonté inébranlable, les embrassât; qui fut né enfin pour rasseoir la France sur ses fondemens, la rétablir dans l’étendue entière de ses limites et laver toutes les taches de ses annales.

Cet homme . . . . il préside aujourd’hui à nos destinées, et dès ce moment, Louisianais, il vous répond des votres.

Pour qu’elles soient belles et heureuses, il soffit de seconder sur ce sol fortune les prodigalités de la nature. Tels sont aussi les desseins du gouvernement français.

Vivre en paix et en amitié avec tous vos voisins, protéger votre commerce, encourager votre culture, peupler vos déserts, : cueillir et favoriser le travail et l’industrie, respecter et les propriétés et les habitudes et les opinions, rendre hommage au culte, mettre la probité en honneur, censerver aux lois leur empire et ne les corriger qu'avec mesure et au flambeau de l’expérience, maintenir une police vigilante et ferme, introduire un ordre et une économie permanens dans toutes les branches de l’administration publique, resserrer chaque jour les nœuds qu’une même origine, les mêmes mœurs, les mêmes inclinations établirent entre cette colonie

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et la mère patrie, voilà, Louisianais, l’honorable mission dont votre capitaine géneral (le général de division, Victor,) votre préfet colonial, et votre commissaire de justice, (le citoyen Aymé,) se félicitent d’être chargés au milieu de vous.

La réputation du capitaine général l’y a devancé, Compagnon d’armes du premier consul, il s’en fit distinguer dès le commencement des campagnes de la fameuse armée d'Italie. Dans des jours moins brillans, il étonna Suwarow, en précipitant sa fuite. Il fut enfin l’un des lieutenans de Bonaparte à la bataille de Marengo. Mais avec ces titres qui ont illustré son nom, il vous apporte, Louisianais, le vif désir de vous le rendre cher par toutes les vertus, les soins et les travaux qui, de la part des chefs, peuvent concourir au bonheur des peuples. Son ardeur pour vos intérêts, la pureté de ses intentions, la justesse de ses vues, l’améniié et l’afabilité de son accès et de ses inanières, relevant encore tant de vaillance et de lauriers militaires, lui garantissent votre affection et votre confiance. |

Il vous amène de ces troupes qui ont fait retentir la terre jusques meme sur ces rivages reculés et lointains du bruit de leur bravoure et de leurs exploits. La Batavie, depuis la paix, a admiré leur bonne conduite et leur excellente discipline. Vous les admirerez comme elle.

+ Vous trouverez enfin, Louisianais, dans le commissaire de la justice, lumières, équité, impartialité, désintéressement. IL vient à vous connu d’avance et puissamment recommandé par la renommée de ses talens, de sa proscription et de ses malheurs.

Vous vous applaudirez donc, sous tous les rapports, d’être redevenus Français. Vous sentirez de jour en jour davantage le prix de ce beau titre, objet aujourd’hui d’envie sur tout le globe.

Nous savons néanmoins, Lou'sianais, et nous ne voulons pas le dissimuler, que durant trente ans, l'Espagne par la douceur d’un gouvernement réparateur et généreux. s’est eforcé de vous faire oublier la faute sanglante d’un agent indigne de cette noble nation.

Elle est l’amie fidèle et étroite de la natre. Ce n’est pas nous qui vous irispirerons de la payer d’ingratitude.

Nous tacherons de rivaliser d’efforts bienfaisans avec les chefs d’elite qu’elle vous donnait.

Votre dé ouement à la république française, notre commune patrie, votre reconnaissance pour ceux qui vous y rallient et qui nous envoient, le spectacle journalier de votre prospérité croissante, seront. Louisianais, la récompense que nous ambitivunerons sans cesse pour un zèle et des peines

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dont les seules bornes seront celles de l’accomnlissement de nos devoirs et de nos vœux.

4 la Nouvelle-Orléans, le 6 Germinal, an 44 de

la république française.

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