AVANT-PROPOS
__ Nous eûmes la bonne fortune sur la fin de nos-études __ médicales, de suivre durant plusieurs mois les consultations de M. le Docteur Rathery, à Fhôpital Tenon. Il ‘nous fut permis d’y examiner et d’y suivre quatremalades, quâtre femmes, dont es observations déterminèrent le sujet de notre thèse. / Il ne s'agissait pas de maladie osscuse de Paget chez toutes les quatre : deux seulement présentaient les déformations typiques de cette affection; les deux autres, Syphilitiques, étaient atteintes de déformations osseuses trop incomplètes pour que pût être porté de suite un diagnostic certain. Il s’agissait d’ailleurs, chez l’une dont les déformations siégeaient sur le tibia droit et le maxillaire inférieur, d’une véritable maladie de Paget, et chez Vautre dont ‘es deux tibias étaient symétriquement atteints, d’une ostéopathie syphilitique.
Le rapprochement, de ces deux cas nous parut extrèmement intéressant, et il nous sembla utile de relater ces difficultés d'interprétation de leurs symptômes, et la similitude qui paraît en faire de véritables formes de passage entre l’osléopalhie syphililique et la maladie de
QE Pcg2l. Nous insisterons donc particulièrement sur cette possibilité de voir, chez des syphilitiqués, survenir des dystrophies osseuses redevables peut-être autant toutes deux à l'infection spécifique, mais dont le processus d’altération osseuse reste différent.
En premier lieu nous faisons l'historique de la maladie qüi nous occupe, puis son étude clinique. Nous rapportons ensuite l'observation de Sir Paget lui-même, afin de montrer ce que l’éminent chirurgien anglais savait et pensait du type qu’il créait, et de comparer, à cette observation magistrale, notre observation personnelle d’un cas que nous considérons comme typique. Puis nous joignons à notre étude des formes cliniques de la maladie une observation de maladie de Paget unilatérale. Puis l’observation de la malade pagétique dont les déformations sont localisées au tibia droit et au maxillaire inférieur, et dont les symptômes limités dirigent volontiers un diagnostic hâtif vers l’ostéite syphilitique. Notre dernière observation est celle de la malade qu’au contraire, présente une déformat on symétrique destibias à type pag‘tique et èst atteinte, comme l’a démontré la radiographie, d’ostéopathie syphilitique.
Après avoir fait l’étude radiographique, diagnostique et anatomo-pathologique de la maladie de Paget, nous nous efforcons en dernier lieu à une critique des . nombreuses théories pathogéniques qui furent successivement émises, en essayant d'envisager de façon plus éclectique la question.
Durant.ces dernières années on s’est attaché à discuter de la possibilité ou de la non possibilité de faire de la
maladie de Paget une affection essentiellement syphilitique. Nous nous efforcerons de démontrer qu’ainsi posée la question est probablement incomplète. Nous croyons en effet que la syphilis peut être une cause réelle de la maladie de Paget, mais qu’elle n’est pas la seule ; nous pensons que d'autres raisons peuvent déclancher la dystrophie osseuse, peut être par un mécanisme analogue, mais qui pour être encore indéterminées n’en sont. pas moins réelles.
Avant d’aller plus loin, il nous est particulièrement agréable de remercier ici nos maîtres et nos amis, eux tous qui se sont intéressés à nous au cours de nos études médicales. Nous avons trouvé en M. le Professeur agrégé Rathery un maître extrêmement bienveillant et de grand savoir, ne nous ménageant pas ses conseils et nous accordant toujours son plus large appui. Qu'il reçoivé l'hommage de notre profonde reconnaissance et de notre entier dévouement.