‹ Essai philosophique sur les probabilités (volume 5)Chapitre 1 sur 11 · UN VOL. IN-80, EN 2 LIVRAISONS A 50 CENTS · texte numérisé non relu

UN VOL. IN-80, EN 2 LIVRAISONS A 50 CENTS

C'est à Pascal et à Fermât qu'il faut rapporter les premiers élémens de la science des probabilités , dont la découverte peut être mise au rang des choses remarquables qui ont illustré le XVII e siècle, celui de tous qui fait le plus d'honneur à l'esprit humain ; Huygens

réunit les divers problèmes qu'avaient résolus ces deux savans géomètres et en ajouta de nouveaux.

Le grand pensionnaire De Witt en Hollande, et Halley en Angleterre , appliquèrent le calcul aux probabilités de la vie humaine. Vint ensuite Jacques Bernoulli, qui approfondit la science des probabilités, en fit l'application à plusieurs questions difficiles, concernant le hasard , et donna la démonstration, d'un théorème trèsutile , pour reeonnattre les lois et les causes des phénomènes.

D'autres savans , après eux , ont fait faire d'immenses progrès à cette branche nouvelle, et ont fait rentrer * dans son domaine une foule de questions du plus haut intérêt. Il est remarquable qu'une science qui a commencé par la considération des jeux , se soit élevée aux objets les plus importans des connaissances humaines. , L'illustre La Place a consacré tous les grands principes de ces calculs dans son immortel ouvrage.

« La théorie des probabilités n'est, dit-il, au fonc} , » que le bon sens réduit au calcul : elle fait apprécier » avec exactitude, ce que les esprits justes sentent par » une sorte d'instinct , sans qu'ils puissent souvent s'en » rendre compte. Elle ne laisse rien d'arbitraire dans le >» choix des opinions et des partis à prendre , toutes les » fois que l'on peut , à son moyen , déterminer le choix » le plus avantageux. Par là , elle devient le supplément » le plus heureux, à l'ignorance et à^la faiblesse de l'es- » prit humain. Si l'on considère les méthodes analytiques » auxquelles cette théorie a donné naissance , la vérité » des principes qui lui servent de base, la logique fine et » délicate qu'exige leur emploi dans la solution des pro- » blêmes, les établissemens d'utilité publique qui s'ap- Vpuient sur elle, et l'extension qu'elle a reçue et qu'elle » peut recevoir encore, par son application aux ques-

n tions les plus importantes de la Philosophie naturelle » et des sciences morales ; si l'on observe ensuite , que » dans les choses mêmes qui ne peuvent être soumises » au calcul, elle donne les aperçus les plus sûrs qui » puissent nous guider dans nos jugemens, et qu'elle » apprend à se garantir des illusions qui souvent nous » égarent, on verra qu'il n'est point de science plus » digne de nos méditations, et qu'il soit plus utile de » faire entrer dans le système de l'instruction publi- » que n.

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