COMPARÉE
aiii plut grands élabliiseniens île ce genre anciens et moderaca et suivi d'un
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CHEZ FRÉDÉRIC VOLHE.
Introduction.
V îenne, comme toutes les grandes capitales de l'Europe, a été décrite avec tous les détails possibles dans une foule d'ouvrages et par un grand nombre de voyageurs. Celui-ci, enchanté de sa position pittoresque , au milieu d'une vaste plaine fertile, d'un aspect très-varié, et arrosée par un des plus grands fleuves de l'Europe, s'est plu à décrire de préférence la beauté de ses environs immédiats, les collines charmantes tapissées de beaux vignobles, les belles prairies où paissent d'immenses troupeaux , les jolis et florissans villages , les maisons de campagne élégantes qui en couronnent les hauteurs, et les cimes neigeuses qui au sud terminent son vaste horizon. Celui - là , en contemplant les iles agrestes formées par les divers bras du majestueux Danube, si riche en souvenirs de toutes les époques , depuis les mythes de la fable et les temps historiques de la Grèce et
de Rome jusqu' aux sanglantes îiicursîons des Barbares,^ aux attacfues terribles des Ottomans et aux mémorables combats livrés de nos jours, s'est proposé de faire connaître tous les lieux, qui ont joué un rôle important dans la longue série des siècles. Un autre, frappé de la beauté ravissante des promenades ^le Vienne, se complaît à décrire le magnifique coup d^oeil dont on jouit en faisant le tour de ses boulevards , d'où Ton domine la vaste prairie couverte de gazon qui sépare la ville des faubourgs, et dont les longues lignes symétriques, bordées d'arbres, formées par les grands -chemins et les allées qui la coupent en tous sens, éclairées pendant la nuit par plusieurs milliers de lampes , font PefTet d^une superbe illumination. Puis il décrit le beau jardin du Belvédère et VAugarferij jadis demeure favorite de Joseph IL et rendez -vous du beau -monde, mais depuis quelques années presque entièrement délaissé ; enfin le Praferj vaste forêt, située aux portes de Vienne , qu'il proclame comme la plus belle des promenades de l'Europe , à cause de son imposante végétation , de ses nombreux cafés , des restaurants et des lieux d^amusewtens populaires dont il
est rempli , et du nombre immense de pro* meneurs élégans qui s'y rendent tous les jours à pied, à cheval et dans des éqpuipages magnifiques. ' . *
D'autres écrivains paraissent savoir pris à tâche de décrire la superbe cathédrale go* thique de St. Etienne j aux longs souvenirs, avec sa flèche hardie, qu'un auteur spirituel, Mr. Marmier, trouve plus imposante que celle de Strasbourg, plus élégante que celle d'Ulm^, plus majestueuse que celle d'Anvers ; le Burg-Thorj magnifique. propylée, qui 4e loin annonce au voyageur l^entrée de la résidence des Césars, ouvrage du célèbre Nôbile, qui avec un talent remarquable a su rénair la simplicité et rélégance avec la solidité qu^ exigeait un monument de ce g^re ; et le Manège > partie du grand palais impérial pro-jeté par le génie de Fischer d'Erlach:, justement renommé par son architecture, i^par ses dimensions colossales , par les fêtes brillantes que la Cour y a donné, ainsi que par les concerts que huit à neuf- cents ; musiciens y ont exécuté avec un ensemble admirable,^
Les chefs • d'oeuvre de sculpture qui décorent quelques églises et quelques monumens publics j les magnifiques galeries de
tableaux^ les superbes collections d'estampes, les raretés et les objets précieux conservés dans le Trçsor impérial et au Belvédère ; les richesses végétales offertes par les trentedeux jardins botaniques de Vienne et de ses environs , qui y réunies dans un seul établissement, formeraient peutêtre le plus riche jardin botanique du inonde ^ les magnifiques serres de Sehônbnmn et le charmant ensemble de ce château impérial ; les curiosités bizarres du vaste parc de JLaxenburg j avec son château gothique^ image fidèle des moeurs et des usages chevaleresques de la plus brillante époque du moyen âge ; les délices des châteaux et des parcs de Dornbach j de Pôtzleinsdorf etc. etc. celles de Badenj sL brillant, si animé pendant la saison des eaux; celles de Weitburg, magnifique ipaison de plaisance de S.on Altesse Impériale PArchiduc Charles , située dans la romantique vallée de St. Hélène (Helenentbal); tous ces lieux, tous ces objets et une foule d'autres ont été décrits dans leurs plus menus détails et justement appréciés dans plus d'un ouvrage.
Des auteurs éloquens et pleins d'esprit d'observation se sont chargés de décrire, les uns l'accueil affable et prévenant qu'on
fait à Pëtranger ; les autres l^s fêtes et le3 amusemens populaires, la magnîfiçenjQe et 1^ bon goût déployés dans Iqiurs palais par les grands et les riches propriétaire^ j d'autres la mise élégante et les ch^rqies des belles Vien^ noises, leur talent pour la peinture etl^ up^Ur sîque , leur instruction remarqucjble , la far cilité avec laquelle elles parlent toutes le? principales langues de l'Europe et le taqt avec lequel elles jugent de leurs littératures. Des juges très - compétens et imparti^u:^ oi^t mis au premier rang p^rmi les acteurs de l'Allemagne les* principaux artistes du théâtre dp la Cour j et un auteur spirituel , faisant une comparaison pleiaé de justesse entre les; dçufi capitales de la France et de TAutriche , observe que Vienne est pour les mélodies ce que Paris est pour les modes ^ car ces deux grandes villes sont chacune le point, d^où parteat les unes et les autres pour faire en peu de temps le tour de tous le pays du Grlobe, QÙ règne la civilisation européenne.
Des philosophes profonds comme iHr- Cousin j, des écrivains spirituels et éloquens comme MM. Marmier j St. Marc - Girardin ^ Menzelj Wilibàld Alexis etc. etc., des Hemes rédigées par des savans consciencieux et pro-
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fondement versés dans les matières qu^ils ont pris à traiter y telles que la Revue Britannique^ la Revue Gemumique j la France Littéraire et autres journaux français , anglais et a^Uemands^ ont déjà fait connaître le développement qu'a pris l'industrie dans tou-r tes ses branches 9 Fétat de la littérature, des sciences et des beaux -arts, celui de • rinstructipu publique et de l'administration, non seulement de la capitale de l'Autriche, . mais aussi de toute la Monarchie Autrichienne. C'est dans ces ouvrages, c'est dans ces écrits périodiques que se trouvent consignés un grand nombre de faits ^) aussi imporCans que généralement ignorés. Mais, à notre grand étonnement, aucun auteur, ni aucun journal n'a encore fait sentir toute l'importance des nombreuses bibliothèques , des riches collections d'histoire naturelle, d'antiquités et de technologie qui , sous ce rap^ port, assignent une place si distinguée à cette ville parmi les plus grandes capitales de l'Europe. Aussi plus d'un savant, parmi ceux qui s'y trouvèrent lors du congrès des naturalistes allemands tenu à Vienne en 1832 , ex-
') Voyez l'Appendice à la page 124 et suivantes.
prima sa surprise de la trouver si riche dans ce genre d^établissemens.
Les faits împortaas, dont nous avions eu connaissance à Paris en parcourant les VeUer^ làndische Blàtterj noiis avaient déjà révélé une partie considérable de ces trésors. Nous en avons consigné les plus importans dans la description de TEnipire d'Autriche de V Abrégé de Géographie. La connaissance de ces mêmes faits nous avait naturellement conduit a soupçonner l'existence d'un bien plus grand nom-, bre en voyaqit Tauguste Monarque, qui vient de descendre dans le tonqibeau, cultiver avec tant de persévérance plusieurs branches de la littérature et des sciences naturelles, sachant avec quelle ardeur tous les membres de la faniille impériale s'adonnaient chacun de son côté à l'étude spéciale d'une ou de plusieurs sciences différentes , et en apprenant que les deux Ministres, qui étaient à la tête des affaires de l'Empire , S. A. S. Mr. le prince de Metternich pour tout ce qui regarde les relations extérieures et S, E. M. le comte de Rollowrat pour tout ce qui concerne l'Intérieur , étaient eux mêmes versés dans plus d'une science et possédaient des bibliothèques aussi nombreuses que bien choisies. De si hauts
et nobles exemples ne pouvaient rester s^ni imitateurs parmi les grands et les personne^ opulentes de la capitale de l'Empire.
Nos relations avec ses savans les pln^ distingués j et les recherches que nous avons faites sur ce sujet, nous donnèrent des résultats pleinement d'accord avec nos conjectures , et nous trouvâmes qu'une ville , dont la population permanente dépasse à peine les *) deux cinquièmes de celle de Paris, et à laquelle des voyageurs touristes ont fait le reproche injuste, «que ses habitaus ne pensent qu'à s'amuser et à faire bonne chère ,» ne possède pas moins de 45 bibliothèques publiques ou pariicuKères^ 15 collections de minéralogie j 20^) de zoologie et ^^ appareils anatomiques j 23 d^anti. quUés j âiinstrumens de physique j di astronomie ^ de technologie et à! héraldique j et 20 de médailles. Et qu'on nç croye pas que ce soient des
*) Voyez l'Appendice à la page 138.
^) En 1823 on comptait 38 collections de minéralogie et $7 de zoologie et^app/nreils anatomlfues* Les achats de p]u« sieurs séries faits par le gouvernement pour compléter eclles des établissemens publics, quelques ventes à Fétranger et d'autres plus nombreuses faites à des savans de l'Empire qui résident hors de Vienne, outre les dispersions inévitables qui suivent quelquefois la mor*-des possesseurs de ces collections , expliquent la diminution remarquable que nous venons de signaler.
coliectioos mesquines^ composées, de quelques ceataines de pièces; il y en a plusieurs dans ce nombre qui peuvent soutenir la comparaison avec les premières de' leur genre que possède rEurope, comme le lecteur pour-^ ra s*en convaincre en parcourant la statistique des bibliothèques que nous lui offrons, et en lisant les deux dissertations , que nous nous proposons de publier, sur les coUectious d'histoire naturelle et sur celles d'antiquités et de numismatique. Nous ajouterons seulérment ici à l'appui de ce que nous venons de dire, que la collection technologiquêj formée par Sa Majesté le jeune Roi de Hongrie , au jour d'hui V Empereur Ferdinand l.j est la première qui existe et ne compte pas moins de 41, 500 pièces *) ; que les précieux médaUlers de M. le haron de^ Bretfdd et de M. le conseiller aulique de Wehel se composent, le premier de plus de 30,000 et le second d'environ 25,000 pièces ; que V herbier de M. le docteur Endlich^rj, employé à la Bibliothèque Impériale, né cornpte pas moins de 20,000 espèces j que celui de l'illustre botaniste baron Jacquin en compté près de trois quarts de ce nombre; et que