‹ Essai statistique sur les bibliothèques de Vienne précédé de la statistique de la Bibliothèque impériale comparée aux plus grands établissements de ce genre anciens et modernes et suivi d'un appendiceChapitre 28 sur 61 · ST. PETERSBOURG · texte numérisé non relu

ST. PETERSBOURG

Bibliothèque Impériale.

. de 80 à 300,000

*) Dan» le Journal de la Société française de Statistique universelle. 2) Dans le Journal de la Société française de Statistique universelle. 8) Dans les deux éditions du Précis de Malte -Brun.

*) En citant Hassel pour la première estimation, et Galletti pour la seconde. 5) Ert j comprenant la bibliothèque de PHermitag*.

AUTEURS NOMBRE DES

VOIUBKY MAHl «ÇBITS nittHHTATIO*» ,

brochures, pièces fugitive* etc.

Vont. Bfbl. Impériale h PETERSBOURG.

Schnabel » 800,000 . • • 11,000

Le Bulletin (1828) >) 800,000 12,000

Stein (1825) 300,000 . . - 12,000

Schnitzler 800,000 13,000

Rebutés par cette étonnante disparité, d'opinions, plus d'une fois nous avons été sur le point d'abandonner un sujet si difficile; mais, regrettant le temps considérable consommé dans ces recherches, nous avons fait un effort sur nous-mêmes pour les continuer. Nous avons même essayé de remonter à la source de ces évaluations si différentes ; et nous espérons l'avoir trouvée dans les causes, que nous avons indiquées dans le mémoire déjà mentionné.

11 en est encore de cette partie de la statistique comparée comme il en était de la population de Etats tlans la seconde moitié du siècle passé. On n'a que des données approximatives sur les bibliothèques les plus connues; les opinions les plus opposées sont émises sur la richesse de toutes les autres. Les nationaux tantôt répètent sans aucune critique les évaluations exagérées sorties de la bouche ou de la plume d'un bibliothécaire peu consciencieux, qui croit relever l'éclat de l'établissement confié à ses soins en exagérant le nombre de ses volumes ; tantôt ils répètent celles qu'ils tiennent de père en fils, et qui, presque toujours, sont les plus erronées. Tantôt, poussés par un amour-propre excessif, et appuyés sur des calculs approximatifs , qu'ils ont fait eux-mêmes sur des bases erronées , ils accusent hardiment d'ignorance ou

l) I* Bolletin des Science* géogruphi^n» da baron deFcnmac , en citant l'He*peru«.

d'inexactitude l'écrivain consciencieux, qui émettra une opinion contraire à la leur, après avoir examiné tout ce qui a été écrit sur la même bibliothèque par d'autres nationaux instruits, ou par des étrangers éclairés qui l'ont visitée. D n'y a que trop de savans, qui, étrangers aux connaissances variées qu' exige la statistique, habitués à regarder comme exactes les évaluations erronées, dont fourmillent toutes les géographies, tous les dictionnaires, toutes les encyclopédies, tous les tableaux statistiques, et maint et maint ouvrages qui passent pour classiques, n' hésitent pas à rejeter comme des erreurs les évaluations différentes, qui sont des estimations officielles, obtenues à force d'instances, ou bien des nombres moyens, résultat de longues et fastidieuses recherches, obtenus par quelques statisticiens ou par quelques voyageurs aussi instruits que consciencieux.

Une des sources principales de cette étonnante disparité d'opinions est sans doute la manière différente de calculer les richesses littéraires d'une même bibliothèque. Un auteur n'y compte que les seuls livres imprimés ; tel autre ajoute à leur nombre celui des manuscrits ; un troisième réduit à un certain nombre de volumes les dissertations, les brochures et les pièces fugitives, qu'on y conserve détachées dans des cartons, ou reliées en volumes, et que le premier a exclu entièrement de son évaluation ; un quatrième ajoute par le même procédé un certain nombre de volumes pour les gravures, les cartes et les plans, qui, ne formant partie d'aucun ouvrage, n'ont pû être compris dans les livres imprimés ; vient un cinquième, qui, regardant comme autant de volumes toutes les dissertations , toutes les brochures , toutes les pièces fugitives , croit devoir

ajouter leur nombre à celui des livres imprimés contenus dans la bibliothèque , dont il exagère ainsi extraordinairement le nombre des volumes ; enfin il y a tel autre encore , qui retranche du nombre de volumes tous ceux qui sont doubles , c'est à dire qui appartiennent à des ouvrages déjà comptés dans la masse des livres imprimés. Ces différentes manières de voir et quelques autres, qu'il serait trop long d'exposer ici , ne doivent pas être confondues avec celles que nous avons mentionnées plus haut , et qui sont la source principale des erreurs répandues par des voyageurs et des savans estimables , mais que la négligence ou l'ignorance même de quelques géographes n' hésite pas à reproduire dans leurs ouvrages.

Il en est à peu-près de la richesse des bibliothèques comme des populations de certaines grandes villes de l'Asie et de l'Afrique , dont les recensement faits de nos jours, ou la critique de juges compétens , ont réduit les millions d'habitans à quelques centaines de milliers. De même les catalogues de quelques bibliothèques récemment dressés , ou bien leur inspection faite par des voyageurs familiarisés avec la statistique ou bibliothécaires eux-mêmes , ont fait justice de ces estimations vulgaires , de ces exagérations ridicules , qui déparent encore des ouvrages justement célèbres, en réduisant d'un tiers, d'une moitié et jusque de neuf dixièmes le nombre de volumes qu'on s'accordait , on ne sait pas pourquoi, à leur assigner.

Avant la révolution , presque tout le monde en France portait à trois-cents et même à cinq-cents mille volumes la Bibliothèque du Roi» Un bibliographe judicieux, feu Mr. Barbier, l'avait réduite à 200,000 volumes dans l'Annuaire administratif et statistique

du département de la Seine pour l'an XIII. (1805) . Mais déjà son savant bibliothécaire actuel, Mr. Van Praet, ayant compté en 1791 un à un les volumes contenus alors dans cet établissement, n' en avait trouvé que 152,868, dont 2333 in-folio; £1,373 in 4. et 88,252 in 8. et de moindre format.

L'auteur d'un savant article sur la Bibliothèque de la Ville de Lyon a réduit, il n'y a pas longs-temps, à 90,000 volumes les 106,000, les 110,000 et les 120,000, que depuis quelques années on se plaisait et qu'on se plaît encore à lui accorder.

Nous avions toujours entendu dire, que la Bibliothèque de St. Marck Venise avait 150,000 volumes; nous avons cru nous approcher de la vérité en l'évaluant à 90,000 en 1822, dans la Statistique du Portugal; mais, à notre retour à Venise dans la même année , nous avons été assurés par son savant bibliothécaire , Mr. l'abbé Bettio, qu'elle ne comptait alors que 65,000 volumes et 5,000 manuscrits; ce n'est pas sans surprise, que nous voyons des savans statisticiens lui assigner encore en 1832 un nombre de volumes plus que double de celui qu'elle possède.

Les estimations populaires s'accordaient à porter à 150,000, et même à 200,000 volumes la Bibliothèque particulière de George IIL j donnée par George IV. au Musée Britannique/ l'examen vient de réduire ce nombre à 65,000 volumes seulement.

Mr. Schubert , professeur à l'université de Konigsberg, qui a fait de longues recherches sur ce sujet, et qui a visité les principales bibliothèques de l'Europe en savant et en statisticien distingué , nous assurait, en 182£, lors de son voyage à Paris, en invoquant l'autorité de Mr. Reuss, premier bibliothé-

caire de Goettingen* que ce superbe établissement, qu'on s'accorde assez généralement à estimer à 300,000 volumes, n'en comptait pas beaucoup au-delà de 200,000.

Que dirons-nous des exagérations ridicules, pour ne pas dire absurdes, qu'on trouve dans des ouvrages justement célèbres , sur le nombre des volumes des bibliothèques Vaticane à Rome, et Bodleïemie à Oxford? Que devra-t-on penser delà science géographique et statistique d'un savant naturaliste, qui dans le VIII. volume du Précis de Malte-Brun, publié en 1829, dit à la page 611 , que «la Bibliothèque Bodleïenne, à l'exception de celle du Vatican, renferme plus de livres qu'aucune antre de l'Europe ;» et qui, en 1832, à la page 78 du IV. volume de la seconde édition de ce même ouvrage, répète que tt la Bibliothèque Bodleïenne, à l'exception de celle du Vatican et de la Bibliothèque du Roi à Paris, renferme plus de livres qu'aucune autre de l'Europe?»

Dès l'année 1822, dans notre Essai statistique sur le Royaume de Portugal, aidé des lumières d'un savant bibliographe, nous avons fait justice de ces exagérations , en n' évaluant la première bibliothèque qu' à 60,000 volumes imprimés et à 60,000 (?) manuscrits j et en n' accordant aux trois bibliothèques réunies àeBodley, de Radclif et du Christ- Collège, appartenantes à l'université d'Oxford, que 400,000 volumes et 30,000 MS. Nous avons eu le plaisir de voir adopter cette dernière évaluation par Mr. de Malchus , quoique ce savant statisticien , toujours si consciencieux dans ses citations, ait oublié d'indiquer la source d'où provenait son estimation , si différente de toutes celles qu'on avait encore faites sur le nombre

des volumes de la célèbre bibliothèque Bo die ternie. Les recherches aux quelles nous nous sommes livrés depuis, et les faits que nous avons pû recuellir nous ont démontré, que nous ne nous étions pas beaucoup éloigné de la vérité. Malgré le nom imposant d' Ebert, qui en 1S23 lui accordait 300,000 volumes imprimés et 25,000 MS; malgré les 400,000 volumes imprimés et les 25 à 30,000 MS, que lui assignait en 1827 Fauteur anonyme du savant article sur les bibliothèques principales de l'Europe, reproduit dans la Revue Britannique de la même année , nous persistons à n'accorder à la bibliothèque Bodleïenne qu' environ 200,000 volumes et 25,000 manuscrits. Nous invoquons à l'appui de nôtre opinion l'autorité du savant Haendel, qui en 1827 ne lui donnait que 180,000 volumes imprimés et 17,000 MS. et le Quarterly Revient qui, en 1826, ne les portait qu'à 200,000. Nous ajouterons qu'un mathématicien distingué, Mr. de Nagy, membre de la Société philosophique de Philadelphie, et bibliothécaire du comte Caroly, qui a visité en savant toutes les principales bibliothèques de l'Allemagne méridionale, de la France , du Royaume-Uni et de la Confédération Anglo-Américaine, ne lui accorde qu'à peu-près ce nombre dans une note qu'il a bien voulu nous donner sur ce sujet. Nous croyons même devoir signaler une anomalie scientifique assez remarquable; c'est qu'après avoir parcouru attentivement toute l'histoire de l'université d'Oxford publiée avec un grand luxe typographique en 1814, nous n'avons pas trouvé, dans ses deux gros volumes in 4-., la moindre indication sur le nombre de volumes contenus dans la principale et la plus célèbre de ses bibliothèques.

A l'égard de la Bibliothèaûé Vatican* rions ne rougissons point d'avouer, qu'induit en erreur par d'imposantes autorités, nous en ayons exagéré le nombre de manuscrits^ quoique le point d'interrogation qui l'accompagne signalât assez nos doutes. Comme depuis lors la bibliothèque d'un littérateur illustre, dont l'Italie déplore la perte récente, du comte Léopold Cicognara, a ajouté près de 10,000 volumes aux imprimés de la Vaticanej nous croyons qu'on pourrait en porterie nombre actuel à près de 75,000; et nous réduisons à environ 35,000 celui de ses précieux manuscrits. Nous invoquons à l'appui de nos estimations trois juges très-compétens : le savant auteur de Vlter Italicum j Mr. Blume, qui ne lui accorde que 30,000 volumes imprimés et 25,000 manuscrits ; et les deux savans bibliothécaires Ebert et Valéry, dont le premier ne lui assigne que 30,000 volumes et 40^000 manuscrits et le second, qui porte à 80,000 les livres imprimés et réduit à 24,000 les manuscritsfNous rappellerons aussi que Mr. Cadell estime ces derniers à 30,000. Nous ne nous inquiétons guère de toutes les autres estimations concernant le nombre de volumes de cette bibliothèque, parceque ce ne sont que des répétitions des chiffres données par ces trois savans, soit littérales, soit tant soit peu modifiées pour en cacher l'origine , ou bien ce ne sont que des opinions si ridicules, qu'elles ne méritent pas l'honneur d'une réfutation.

Nous devons aussi avouer que nous nous proposions d'atteindre plus d'un but en rédigeant le tableau qui nous occupe, et nous croyons servir la science et en même temps faire un acte de justice en les proclamant avec franchise.

D'abord en offrant au lecteur tant d'opinions différentes sur le nombre de volumes d'une même bibliothèque, nous voulions lui donner une preuve matérielle des longues et fastidieuses recherches auxquelles nous avions dû nous livrer pour déterminer la richesse relative des principales bibliothèques actuellement existantes , et nous mériter par là sa confiance , non seulement pour tout ce que nous avons dit précédemment, mais aussi pour ce qui nous restait à lui dire sur ce sujet.

Ensuite nous voulions:

1°' Montrer par le rapprochement des opinions les plus disparates jusqu' où peut aller le manque de critique ou la négligence, pour ne pas nous servir d'une expression plus sévère, de certains auteurs dans leurs estimations.

2°' Indiquer l'origine de certaines erreurs , et signaler au public les sources , quelquefois trop peu connues, auxquelles des auteurs, plus ambitieux que savans et consciencieux, vont puiser à peu de frais leur vaste érudition.

3°° Signaler la source, où ces mêmes auteurs vont quelquefois puiser des documens, qu'ils qualifient d'officiels , et les prétendues communications obligeantes ou même officielles, qu'ils disent avoir pris pour base de leurs travaux statistiques.

4°* Rendre à quelques journaux justement célèbres la part qui leur est due dans les progrès de cette partie de la statistique, comme dans toutes les autres branches des connaissances humaines. A la page XXIII. de l'Introduction de notre Abrégé de Géographie nous n'avons pas rougi de citer les principaux journaux auxquels nous avions faits de nombreux emprunts

dans sa rédaction. Sans repéter ici la longue série de leurs noms, nous rappellerons au lecteur que c'est surtout dans les principales Revues Anglaises et dans lè Times j dans la Revue Britannique* dans celle des Deux-Mondes et dans la Bibliothèque Universelle de Genève j dans les Nouvelles Annales des Voyages* dans celles que Mr. Bergham publie à Berlin, dans les Jahrbiicker der Literatur, dans tAuslandj dans le Morgenblatt; dans le Journal des Débats > dans le Temps , dans tAllgemeine Zeitung* que nous ayons trouvé une foule de faits, que peu de temps après leur publication, et quelquefois même plusieurs années plus tard, nous vîmes avec surprise figurer comme des «faits nouveaux, résultats de longues recherches et de divers artifices de calculs» qui n'ont jamais été faits, ofc bien comme des «documens officiels dont on aurait obtenu la communication", documens qui cependant ne sont jamais sortis d'aucun bureau pour aller enrichir les cartons de certains statisticiens. C'est aux principaux rédacteurs des journaux scientifiques , c'est à ces magistrats littéraires qu'appartient la tâche honorable de faire justice de tous ces plagiats , qui entravent les auteurs consciencieux dans leurs travaux et font reculer les sciences, au milieu de leur mouvement progressif, par la publication d'uné foule d'ouvrages où, ne tenant a««un cempte de tout ce qui a été fait pour l'avancement ilé la sciencè , on persiste à reproduire comme des faits nouveaux, ou même comme des perfectionnemens, des erreurs démontrées comme telles par leurs dé vanci ers dans des travaux spéciaux généralement et justement applaudis.

5* Payer enfin le tribu* d'éloges que mentent le savant travail sur les bibliothèques anciennes et modernes publié par Ebert dans t Encyclopédie d'Ersch et GrubeTj et celui non moins remarquable de Mr. de Malchus j qui forme une des parties les plus intéressantes de sa Statistique de V Europe* En effet ces deux tableaux , malgré leurs lacunes considérables, et même leurs erreurs, n ? en sont pas moins tout ce qui a été fait de plus savant et de plus consciencieux sur ce sujet, tout ce qu'on a publié depuis n'offrant aucune des garanties nécessaires pour mériter la confiance du public et des sa vans. Les additions considérables relatives aux bibliothèques de la France que présentent les travaux récens de MMr. Bailly et Villenave , publiés dans le Journal de la Société française de Statistique Universelle * et dans F Encyclopédie des yens du Monde j sont bien loin d'avoir rempli les lacunes et corrigé les erreurs qu'on peut reprocher aux tableaux de ces deux savans Allemands. Mais, si l'époque de la publication de l'article du bibliothécaire de Dresde rend excusables ses imperfections, l'on ne peut être également indulgent à l'égard de la Statistique des biz hliothèques anciennes et modernes publiée en 1833 et 1834. C'est dans cette dernière surtout que nous avons reconnu le plus d'emprunts faits à Ebert sans le citer, et ce qui plus est, nous y avons vu adoptée en 183* son évaluation erronée des volumes conter nus dans la Bibliothèque Royale de Berlin , tout en citant l'histoire de cet établissement publiée par Mr. Wilken qui en est le bibliothécaire, et qui lui donne un nombre de volumes si différent de celui $ que lui assignait Ebert en 1823 !

>igmzea Dy

Cest dans ce même article où nous trouvons que la «bibliothèque de l'Escurial est la première de la Péninsule et une des plus riches du monde!» Nous ferons observer en faveur de l'opinion d'Ebert , qui ne lui accorde que- 17,500 volumes et 4,300 manuscrits , d'après une énumeration exacte faite par Ximenés, qui en a publié l'histoire, que ne pouvant raisonnablement révoquer en doute les faits positifs avancés par ce dernier, il ne reste que la supposition que depuis lors cette bibliothèque ait fait de grandes acquisitions. Mais toutes les informations , que nous avons prises de plusieurs Espagnols que nous avons eu l'honneur de connaître, viennent à l'appui de l'estimation d'Ebert. D'ailleurs Mr. le comte de Laborde, qui a bien vû et bien décrit l'Espagne , ne lui accorde en 1820 que 30,000 volumes. Nous attendons de véritables documens officiels ou des faits bien positifs, non seulement pour ranger cette bibliothèque célèbre parmi les plus riches du monde , mais même pour lui assigner les 130,000 volumes que Mr. André lai accordait il y a quelques années, et les 130,000 imprimés et les 15,000 manuscrits que lui accorde la statistique de l'Espagne que Mr. Moreau de Jonnês vient de publier *) .

*) Nous aillons livrer cette feuille à la presse, lorsque par un heureux hasard nous avons reçu le cahier de Février 1835 de la Revu* Britannique, où nous avons trouvé un excellent article sur cette bibliothèque, article qui est fait avec beaucoup de soin et par un savant qui a été sur les lieux et dont nous regrettons de ne pas connaître le nom. Nous en avons extrait les passages suivans, qui viennent à l'appui de ce que nous avons dit et qui, tout en confirmant l'exactitude de l'évaluation de Mr. le comte de Laborde, obligeront le lecteur à ranger avec les estimations, qui ne méritent aucune

C'est encore dans l'article de l'Encyclopédie des gens du monde que nous lisons avec surprise que «la Bibliothèque Impërale de Viennë occupe une ancienne église avec huit grandes salles ,» et cela plus d'un siècle après qu'elle a été établie dans le magnifique local, que Charles VI. a fait bâtir tout exprès pour l'y placer ; que dans la bibliothèque de Dresde on conserve «un manuscrit écrit dans le Mexique,» ajoutant que «c'est un calendrier avec quelques fragmens de l'histoire des Incas !» Mais nous ne multiplierons pas ces exemples, pour que l'on ne soupçonne pas en nous des vues tout-à-fait étrangères à

croyance, celles des auteurs, qui de nos jours, en répétant des vieilles eneurs, portent à 180,000 le nombre de ses volumes imprimés et à 15,000 celui de ses manuscrits,

% La bibliothèque de l'Escurial, dit notre anonyme, forme trois grandes divisions: la bibliothèque d'en bas, celle d'en haut et celle des manuscrits. La première, qui est la plus considérable, se compose de trois salles, dont l'une à 190 pieds de long sur 82 de large. Les casiers sont magnifiques- et faits en bois précieux. Le nombre de volumes qu'elle renferme est de 18,000 environ, dont 700 manuscrits grecs t latins ou espagnols. Quelques-uns datent des VII. et VIII. siècles.»

»La bibliothèque d'en haut contient à peu prés le même nombre de volumes que la première. Elle a été destinée à lui servir d'annexé et se compose des mêmes élémens.»

»La partie la plus importante de la bibliothèque est celle des manuscrits. La salle qui les renferme est spacieuse et les casiers -sont d'une grande beauté. Les manuscrits arabes, à en juger par le catalogue , sont loin de la remplir en totalité. On y a déposé aussi un grand nombre de manuscrits grecs et latins ; mais l'un des principaux objets, que l'on montre aux curieux dans cette salle , est un Koran écrit au milieu du IX. siècle , en lettres de couleur pour l'usage de l'un des premiers rois de Gordoue» Outre les manuscrits portés au catalogue et qui sont au nombre de 1,631 , il y en a plusieurs d'incomplets qu'on a arrachés aux flammes.»

celles que nous avons eues en traçant ces lignes. Nous nous permettrons seulement de rappeler , que nôtre Essai statistique sur les bibliothèques principales de l'Europe, que Mr. Ebert ne pouvait pas connaître en travaillant le sien au commencement de 1823 et que Mr. de Malchus a eu la délicatesse de citer plusieurs fois, est le premier travail général qu'on ait publié sur ce sujet. Nous ajouterons que nôtre tableau fait partie d'un ouvrage annoncé avec éloge dans le Journal des Débat s le premier juge compétent de l'époque, publié en français et dans la capitale de la France, circonstances qui toutes rendent impossible la supposition qu'on serait tenté de faire, en voyant des auteurs décrire en 1833 et 1834 les principales bibliothèques du Portugal en citant, à l'appui de leurs opinions erronées, les ouvrages de Murphy et de Link!

. Pour rendre plus facile au lecteur l'usage du tableau des opinions différentes émises sur le nombre des volumes contenus dans quelques bibliothèques célèbres de l'Europe, nous avons rangé dans le tableau ci-dessous d'après l'ordre chronologique de leur publication les ouvrages, dont les auteurs y sont m m tionnés. Nous n'y avons pas ajouté les journaux, parceque l'époque de leur publication est toujours indiquée après leurs titres dans le tableau précédent , où se trouvent' aussi consignés les résultats des communications manuscrites que nous devons à l'obligeance de MMrs. Schubert et Nagyj dont les premières se rapportent à l'année 1824, et les secondes à l'année 1833. C'est aussi à cette même époque que se réfèrent les estimations que nous devons à MMrs. Gironi et Ferrucci conservateurs des bibliothèques de Brera à Milan et de l'Université à Bologne. Celle

d'Umilij concernant la bibliothèque du Musé*e Borbonico à Xaples , se rapporte à l'année 1826.

TABLEAU CHRONOLOGIQUE

de l'époque de la publication «les ouvrages, dont les auteurs sont mentionnés dans le tableau précédent.

ANNÉES. NOMS DES Al) i'F.IJ I'. S ET TlTBl.S UES OUVRAGES.

1817 .... iïusuw' : Voyage classique en Italie.

1819 Pi t't - Rrtih ! : Recherches sur les Bibliothèques

anciennes et modernes.

1819 1827. Stctu: Dictionnaire géographique; la 4. édition de

sa Géographie ; et ses voyages aux principale* capitales de l'Europe.

1819 — 1824, Hassel: ses différons ouvrages, publiés pendant

ces cinq années sous différens titres.

1820 • • • • Laborde : le 2. volume in folio de son voyage pit-

toresque en Espagne.

1821 Dibdin: Voyage bibliographique et pittoresque

dans l'Allemagne et en France.

1821 .... Blanchard -Boismar sas : Itinéraire d'un ami des

arts, ou statistique générale des académies et des bibliothèques de Paris et de la France.

1822 1823. Ebert: Histoire de la Bibliothèque Royale de

Dresde; et son grand article sur les bibliothèques anciennes et modernes dans l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber publiée à Leipzig.

1823 * • • »André: Statistique des chiffres.

1823 Bisinger: Tableau comparatif des forces et des

ressources de tous les Etats de l'Europe.

182* 1830. Blume: Iter Italicum.

1825 Wurlaff: Histoire de la Bibliothèque Royale de

Copenhague (en Danois) »

1826 .... Malchus : Statistique de l'Europe.

1827 Le Conversations - l^exikon publié à Leipzig.

1828 • • • • Wilken : Histoire de la Bibliothèque Royale de

Berlin.

1828 — 1831. Zedlitz. : Statistique delà Monarchie Prussienne ;

et son Guide du Voyageur dans la même Mo-'

narchie : Berlin.

1828 • • . BaUly: Notices historiques sur les bibliothèques

anciennes et modernes.

1828 Amati : Ricerche storico-critiche-scientifiche sulle

origini: Milano.

Page 1