‹ Essai sur l'affection tuberculeuse des vertèbres ... connue sous le nom de Mal vertébral de PottChapitre 4 sur 4 · III · texte numérisé non relu

III

L’inoculation du virus syphilitique ne peut être contestée, mais il n’en est pas moins vrai que les antiphlogistiques au début sont trèsavantageux.

Le rhumatisme articulaire reconnaît le plus souvent pour cause une fatigue, courbature, etc., suivie de la suppression de la transpiration; sa nature est une inflammation du système séro-fibreux des

articulations; on en triomphe dans presque tous les cas à l’aide des émissions sanguines générales et locales coup sur coup.

Il est vrai que les habitudes du malade doivent être prises en considération dans les prescriptions des médicamens, et surtout des alimens auxquels on le soumet pendant sa maladie et sa convalescence; mais il est encore plus vrai que souvent c’est au détriment du malade lui-même.

Une saignée faite au début d’une maladie éruptive non-seulement n’en arrête point la marche, mais la rend moins dangereuse.

Les vésicatoires appliqués sur les abcès par congestion , les bubons, etc., non-seulement font résorber le pus, mais empêchent le décollement de la peau.

La péricardite ne se traduit souvent par aucune douleur, et ne peut être reconnue que par l’auscultation et la percussion.

De deux malades qui sont affectés de la même maladie , celui qui le premier aura recours aux secours de l’art sera le premier et le plus sûrement guéri, et le pronostic en sera le plus heureux.

Entre un médecin qui s’informe de tous les antécédens d’un ma* lade , et ne laisse passer aucun symptôme sans l’analyser, et un autre qui affecte de connaître la maladie au premier coup d’œil, le premier, s’il n’est pas instruit , est au moins consciencieux ; le second n’est qu’un faiseur de dupes, si ce n’est un vrai charlatan.

Pourquoi des moyens thérapeutiques tant vantés par leurs auteurs tombent-ils au bout d’un certain temps dans un oubli complet? II est facile d’y répondre. Ou les prétendus succès sont annoncés trop tôt et avant que les maîtres de l’art les aient comparés et sanctionnés parleur expérience, ou sont mal interprétés, ou faux, ou la nature seule a fait ce que le médicament ne pouvait faire, ou enfin ces auteurs ont voulu faire comme le renard de La Fontaine , et cela souvent au détriment du malade.

Pierre Frank disait avec raison : Comme le but de la médecine est le plus noble, il serait de même le plus facile à remplir si la négligence des hommes, les passions physiques et morales qui les tyrannisent , ne s’opposaient à la plus grande partie du succès.

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