INTRODUCTION
« Il fut un temps, qui n'est pas éloigné de nous, où la pneumonie semblait presque résumer l'infection que nous appelons aujourd’hui infection pneumococcique. Mais à la faveur des études bactériologiques, on vit que le pneumocoque, agent de cette infection, ne reste pas toujours, il s'en faut, cantonné au poumon. Alors furent publiés de nombreux et intéressants travaux, auxquels M. Netter prit une large part. C'est ainsi que Finfection pneumococcique fut dépistée dans une foule d'organes où on ne la soupçonnait pas : pleurésie, péricardite, péritonite, méningites cérébrale et cérébro-spinale, endocardite, otite, amygdalite, arthrite furent successivement étudiées et englobé8s dans les infections pneumococciques. »
C'est en ces termes que le professeur Dieulafoy
commence sa.leçon clinique sur la gastrite ulcéreuse pneumococcique (1).
(1) Dieulafoy. -- Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu.
BP
En effet, la bactériologie, devenue l’auxiliaire indispensable de la clinique, a montré que le pneumocoque n'est pas seulement capable de produire la pneumonie, mais qu'il peut,aussi réaliser ,un grand nombre d'autres affections.
Au cours de la pneumonie, surtout dans 15s formes dites infectieuses, ce que les auteurs classiques appellent complication peut dépendre, soit d’une localisation extra-pulmonaire du pneumocoque, agissant par lui-même ou par ses toxines, soit d'une infection secondaire par un autre microbe.
Les séreuses semblèrent être le siège de prédilection de ces localisations ; la plèvre, le, péricarde, l'endocarde. les, méninges, le péritoine, les synoviales acticulaires et tendineuses apparurent atteintes au cours de la pneumonie.
Disons en,passant que l'envahissement de ces organes par le microbe de Talamon-Fraenkel, peut même être indépendant de l'envahissement pulmonaire. Les cas de péritonite.oude méningite à pneumococco sans pneumonie contemporaine ne comptent plus .en effet au nombre des curiosités pathologiques.
Le système artériel lui-même, (et la chose.ne surprendra point, si on se rappelle les analogies histologiques qui relient l'endartère et les séreuses) n'a point échappé aux coups du pneumocoque; artères et veines furent frappées, et, parmi les premières, l'aorte.
L'aortite paeumonique sans doute n'est pas chose commune. Ce motif, joint à l'authenticité des cas que